Le retour de la Russie au Moyen-Orient

Contrairement à l’idée souvent relayée dans les médias selon laquelle la Fédération de Russie jouerait aujourd’hui une carte nouvelle dans sa politique extérieure en s’intéressant au Moyen-Orient, le pays a pendant des siècles affirmé sa présence dans cette région du monde. Aussi a-t-il été important de nommer cette conférence tenue à l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (IReMMO (1)) le 3 mai 2016 « le retour de la Russie au Moyen-Orient ». Durant cette conférence, trois intervenants ont pris la parole à tour de rôle afin de nous éclairer sur différents aspects de la politique étrangère russe au Moyen-Orient. Taline Ter Minassian professeure d’histoire et civilisations à l’INALCO, spécialiste de la Russie, du Caucase et de la politique russe au Moyen-Orient. Elle est l’auteure de Colporteurs du Komintern, L’Union soviétique et les minorités au Moyen-Orient, Presses de Sciences po, 1997, et a publié récemment Most Secret Agent of Empire, Reginald Teague-Jones, Master spy of the Great Game, Hurst, Oxford University Press, 2014. Clément Therme, chargé d’enseignement à l’INALCO et à Sciences Po Paris. Il est également chercheur associé à l’EHESS. Il est notamment l’auteur de Les relations entre Téhéran et Moscou depuis 1979 (PUF, 2012). Denis Bauchard, ancien ambassadeur en Jordanie, il a été notamment directeur Afrique du Nord Moyen-Orient au MAEDI. Aujourd’hui conseiller auprès de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

Journalists attend a briefing at the headquarters of Russia's defence ministry in Moscow, Russia, December 25, 2015. Russia's air force has made 5,240 sorties since it started the strikes in Syria on Sept. 30, including 189 sorties on Thursday alone, Russia's defence ministry told reporters on Friday. REUTERS/Maxim Zmeyev - RTX201CH
« Journalists attend a briefing at the headquarters of Russia’s defence ministry in Moscow, Russia, December 25, 2015. Russia’s air force has made 5,240 sorties since it started the strikes in Syria on Sept. 30, including 189 sorties on Thursday alone, Russia’s defence ministry told reporters on Friday. » REUTERS/Maxim Zmeyev – RTX201CH


La politique extérieure de la Russie au Moyen-Orient : panorama depuis la fin du XVIIIe siècle (Taline Ter Minassian)

Cette conférence avait un intérêt tout particulier au regard du contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient. Depuis les années 2000, la Russie est revenue en force dans cette région. Madame Ter Minassian a dans un premier temps insisté la politique étrangère soviétique vis-à-vis du Moyen-Orient, objet de sa première thèse. En revenant sur l’histoire russe du XXe siècle elle nous a offert un panorama historique de la présence russe au Moyen-Orient, indispensable pour saisir les enjeux actuels. Selon elle, le public occidental est généralement mal à l’aise lorsqu’il s’agit d’évoquer la présence russe au Moyen-Orient et bien davantage depuis septembre 2015 période durant laquelle Vladimir Poutine a annoncé devant les Nations unies son intention de se placer en première ligne dans la lutte contre l’Etat islamique. L’Occident semble mal habile dans son appréhension de la politique étrangère russe si bien que se livre depuis plusieurs mois voire années une  guerre médiatique en Europe occidentale à ce propos.

Ce qui intéresse l’historienne ce n’est pas de savoir si Poutine « a fait un coup de maître » en s’emparant de la question syrienne au détriment des Etats-Unis, mais bien les évolutions qui se sont opérées depuis la chute de l’URSS dans la politique menée par l’Etat russe vis-à-vis des problématiques moyen-orientales. La Russie a reporté son intérêt dans cette région du monde depuis une dizaine d’années sans doute poussée à s’en éloigner après l’enlisement du conflit afghan (1979-1989). La fin des années 1990 pour la Fédération de Russie est perçue comme une décennie sombre, qui semble avoir duré jusqu’à l’arrivée, qu’on pourrait dire, rétrospectivement, « providentielle » de Vladimir Poutine aux affaires (1999). Avec lui émerge une nouvelle rhétorique de restauration de la puissance russe. Lui-même et son ministre des affaires étrangères depuis 2004, Sergueï Lavrov, défendent une vision très westphalienne de l’ordre international.

Il existe une ancienne tradition de contact entre la Russie et le Moyen-Orient. Dans les phases de constitution de son empire, la Russie, du moins depuis le XVIIIe siècle, n’a cessé de buter sur le Moyen-Orient. Elle est partie prenante dans la question d’Orient en 1853 (guerre de Crimée (2)), sans compter son soutien au mouvement d’émancipation aux nations balkaniques dans les années 1870 (guerres russo-turques de 1877-1878 (3)). Pour aller plus loin, il est important de considérer que la Russie a une définition de l’Orient qui lui est propre et qui pour des raisons historiques et surtout géographiques est bien différente de celle d’un Etat d’Europe occidentale.  Le Proche-Orient d’un point de vue russe n’est autre que celui qu’il connait le mieux : l’Empire ottoman, donc d’une certaine manière la Turquie actuelle avec qui elle a eu durant longtemps une frontière commune via les Républiques socialistes soviétiques du Caucase, l’Afghanistan et ses zones adjacentes. En France, par Proche-Orient, l’on entend plutôt le Levant méditerranéen ainsi que les anciens mandats français comme le Liban et la Syrie. Il est aussi intéressant de noter que la Russie semble associer aux questions d’Orient, les problématiques qui se jouent au sein des Balkans (pourtant à son Occident !). Par son expérience du terrain, la Russie donne sur le Moyen-Orient une voix originale et informée dotée d’une certaine capacité d’expertise.

L’historienne s’est par la suite attardée sur la question de l’URSS au Moyen-Orient. Elle a commencé par rappeler que comme dans de nombreuses situations la puissance soviétique au Moyen-Orient avait résidé dans l’instrumentalisation des minorités (exemple de l’ingérence à l’égard de l’Empire ottoman en instrumentalisant la question arménienne). Cette stratégie a été un des points d’appuis traditionnels des puissances aux visées moyen-orientales. On peut penser au cas français qui s’est emparé de la question des maronites libanais et des chrétiens d’Orient pour justifier son intérêt et sa puissance pour son Proche-Orient. La révolution bolchévique de 1917 a eu deux conséquences importantes sur la politique étrangère vis-à-vis du Moyen-Orient : tout d’abord le gouvernement bolchévique a dans un premier temps décidé d’être un Etat à part en dénonçant les traités secrets de la Première Guerre mondiale (les accords concernant les démantèlement de l’Empire ottoman sur lequel s’étaient entendues les puissances alliées). Ce révisionnisme bolchévique est intéressant dans la mesure où il illustre une position très particulière de l’Etat russe (en marche vers le soviétisme) vis-à-vis des puissances alliées auxquelles il était pourtant lié jusqu’à la Paix de Brest Litvosk mais aussi de l’Empire ottoman, ennemi et concurrent depuis plusieurs siècles. Par la suite, la Russie adresse aux peuples de l’Orient un message important. Zinoviev lors du congrès des peuples de l’Orient tenu à Bakou en 1920 (4) appelle les masses musulmanes à la révolte contre l’Occident colonial et ses oppresseurs en passant par le djihad. On remarque que le tournant soviétique amorce un complet retour de situation. Il démontre surtout la véritable capacité d’adaptation de la Russie à cet Orient musulman qu’elle a appris à connaître au fil des siècles.

Toutefois, l’Etat communiste ne parviendra pas à étendre la pensée révolutionnaire en Orient comme souhaité : son expansion en Iran du Nord est avortée, tout comme en Azerbaïdjan. Si bien que rapidement, les ambitions de la Russie soviétiques se réduisent en Orient comme peau de chagrin. Ainsi, tout au long du XXe siècle la politique du l’URSS au Moyen-Orient a eu une composante originale. La politique soviétique a agi à travers deux ou trois canaux différents : tout d’abord en insistant sur les relations inter étatiques avec ces Etats d’Orient surtout lorsque les Etats sont aux mains de minorités, comme les alaouites en Syrie ; en développant les relations entre les partis communistes étrangers et Moscou ; en soutenant plus ou moins officieusement certains groupuscules terroristes qui agissaient dans la région à la fin des années 1970 tel que l’OLP (5), des groupes d’extrême gauche, le PKK à partir de 1984 et la mouvance terroriste arménienne.

Au travers de cette courte rétrospective, on peut voir que l’URSS a été un Etat animé par des intentions qui pouvaient être subversives à l’égard de l’ordre international tel qu’il apparaissait immuable à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui la Russie n’a plus la volonté de mener des révolutions dans le monde entier, Moscou adopte une logique plus proche de la conservation des statu quo. Il s’agit bien d’une realpolitik russe, qui lui permet de jouer un rôle croissant dans la région et ce parce qu’inévitablement les questions qui portent sur le Moyen-Orient affectent plus ou moins directement son arrière cour caucasienne.

Quels sont aujourd’hui les déterminants de la politique russe au Moyen-Orient ? (Denis Bauchard)

La Russie n’a jamais oublié qu’elle était une grande puissance, elle a gardé cette volonté d’influence héritée du tsarisme et de l’Etat soviétique et est restée préoccupée par les enjeux de sécurité, la protection de certaines minorités et notamment les chrétiens.  L’ancien ambassadeur a insisté sur les déterminants conjoncturels récents qui expliquent le retour russe dans la région. Tout d’abord le Printemps arabe. Il a été perçu avec suspicion par les Russes. Pour eux il ne s’agissait pas véritablement d’un printemps des peuples, ni d’une voie nouvelle s’élevant sans arrière pensée vers la démocratie. De leur point de vue, ce qui émergeait véritablement c’était un printemps islamiste. Ils ont considéré à l’époque que les Occidentaux étaient naïfs de croire que ces mouvements se feraient nécessairement au profit des forces libérales locales et dans le calme. Les plus complotistes des analystes géopolitiques russes de l’époque ont pu même penser qu’il s’agissait d’un complot américain, ce qui n’a pu que renforcer la suspicion à l’égard de ces mouvements populaires.

La Russie a aussi été traumatisée par l’intervention franco-britannique en Libye. Cet épisode a fait débat au sein du gouvernement russe, Medvedev et Poutine ne partageant pas le même point de vue sur la nécessité de cette intervention occidentale en Orient. Les Nations unies ont valider cette intervention au nom de la responsabilité de protéger les populations. Lors de vote de cette résolution, la Russie a oscillé entre un vote contre et l’abstention. Medvedev, président à l’époque s’est finalement abstenu, conscient que l’attitude de Khadafi était de plus en plus belliqueuse – ce-dernier avait affirmé sa volonté d’éradiquer la révolte de Bengazi, et qu’il ne fallait sans doute par bloquer le processus d’intervention. Or, cette résolution 1973 a connu dans son application quelques inflexions : les Russes considèrent qu’il y a eu un changement complet de l’esprit de l’intervention. En effet, une intervention favorable au regime change s’est substitué à la volonté initiale de protéger les populations menacées par le régime. Les forces occidentales se sont davantage attelées à fournir un appui logistique ainsi qu’à lancer des frappes aériennes dans le but de faire tomber le régime libyens. Ce retournement de situation a profondément choqué les Russes, désormais le mécanisme de responsabilité de protection des populations semble mort aux Nations unis, car il se confronte irrémédiablement au blocage russe.

Le troisième facteur important est le constat fait par les Russes que l’influence états-unienne est en déclin dans la région. Le Moyen-Orient n’est plus une priorité dans leur politique étrangère considérant que les événements en Syrie et en Irak n’affectent pas les enjeux majeurs de leur pays. Ce déclin d’influence s’est accompagné d’une perte de crédibilité des Etats-Unis aux yeux de certains Etats du Moyen-Orient (l’Arabie saoudite notamment) : ils ne sont pas parvenus à faire bouger les positions d’Israël sur la question palestinienne, ont lâché Moubarak lors de la révolution égyptienne (6), ont fait preuve d’immobilisme en Syrie. Pour eux, ce qui se passe en Syrie et Irak n’affecte pas les enjeux majeurs américains, ont changé radicalement de position vis-à-vis de l’Etat iranien en menant des négocations pour normaliser leur relation et régler le litige nucléaire en 2015.

Les Russes ont senti le flottement américain, Poutine a tenté d’utiliser ce recul pour effectuer son retour dans la région et montrer qu’il y est un acteur incontournable. Quelle y est la politique menée depuis ces dernières années ? Dans un premier lieu, il s’agit de sauvegarder les zones d’influence traditionnelle mais également d’être présent dans des régions qui leurs sont nouvelles comme l’Egypte où la Russie a pu s’imposer dans la mesure où les relations entre les Etats-Unis et le Maréchal Sissi sont mauvaises. Ainsi, Poutine y a effectué plusieurs voyages et depuis l’année 2015 a été signe un accord de coopération militaire et d’approvisionnement en céréales entre les deux pays. Israël est aussi devenu un pion intéressant dans la politique russe menée au Moyen-Orient. Les relations personnelles entre Netanyahu et Poutine sont excellentes, l’ambassade d’Israël à Moscou a une influence importante dans la capitale russe. Cela étant monnayé par le silence russe concernant les questions palestiniennes… Avec l’Arabie saoudite, les relations restent ambiguës. Le Prince Mohammed – vice-prince héritier et ministre de la Défense – a déjà rencontré à plusieurs reprises l’actuel président de la Fédération de Russie, les deux pays sentent qu’ils ont réciproquement besoin de l’un et l’autre. Pour l’ Etat arabe, entretenir de bonnes relations diplomatiques avec la Russie est le moyen d’exprimer leur mécontentement aux Etats-Unis mais aussi celui de diversifier ses partenaires, comme l’Etat l’a déjà entrepris en se rapprochant de la Chine et en faisant d’elle son actuel premier partenaire économique (7).

Quelle est la politique russe menée en Syrie ? L’objectif russe semble très clair : maintenir son ancrage en Syrie, si ce n’est pas avec Bachar al Assad, ce sera avec un régime qui sera en tout cas favorables aux intérêts russes. Le président syrien s’est rendu récemment en Russie. A cette visite on peut présenter plusieurs interprétations : il y a reçu le soutien des Russes, ou bien un avertissement du président l’invitant à calmer le jeu pour un retour à la stabilité en Syrie. L’important désormais est d’éviter de faire durer encore davantage un chaos dans la région qui menace la sécurité mondiale. Les Russes apporte un soutien militaire et sans faille sous forme d’approvisionnement en armes, d’envois de conseillers, et des frappes aériennes. Le retrait annoncé par Vladimir Poutine est partiel, manifestement les Russes jouent toujours un rôle important d’appui à l’armée de Bachar Al-Assad comme peuvent l’illustrer la reprise de Palmyre et les frappes récentes sur Alep. Le processus de Genève (8) amorcé il y a plus de six moins apparaît  comme mort depuis la rupture du cessez-le-feu. Cette situation montre bien les profonds désaccords qui persistent entre les différents acteurs qui souhaitent régler le conflit syrien. Une comparaison qui aurait été exprimée par Lavrov à son homologue américain John Kerry est particulièrement intéressante. Si on a eu tendance à entendre que Bachar Al-Assad avait une relation privilégiée avec les Russes et une docilité certaine vis-à-vis d’eux, il s’avérerait que le ministre des Affaires étrangères russes n’ait guère davantage de prise sur le président syrien que les Etats-Unis en ont sur Israël. Quelle est la position des Russes par rapport au sort de Bachar Al-Assad ? Il est difficile de déterminer de leur point de vue si le président syrien est une partie du problème ou une partie de la solution. Ce qui semble leur importer pour l’instant c’est la transition politique du régime, qui s’accompagnera ensuite de décisions prises à l’égard de Bachar Al-Assad. C’est notamment sur ce point que les puissances occidentales et la Russie se font face. Ce qui est clair c’est que le revirement belliqueux de ses derniers mois est de mauvais augures quant à la stabilisation et pacification de la région. Il met en péril le succès éventuel de l’intervention russe et nous rapproche d’une possible implosion de la Syrie.

Depuis peu, la Russie semble aussi avoir pris conscience de l’importance que revêt une mobilisation contre les mouvements djihadistes qui sont présents en Syrie. ces derniers sont sans doute les combattants les plus efficaces et les plus performants à l’heure actuelle dans le pays. En menant des attaques contre Raqua, le contingent russe semblent donc s’intéresser davantage à la menace de représente l’EI.


Les relations irano-russe : des anciens ennemis aux puissances « alliées » ? (Clément Therme)

Il est amusant de remarquer que la perception occidentale de l’Iran comme de la Russie a considérablement évolué en l’espace de 10 ans. Ces puissances sont passées de dangereuses, persona non grata, au statut d’alliés probables, de nouveaux partenaires. De nos jours, l’ennemi n°1 pour l’Occident n’est autre que Daech. Les perceptions de l’Occident évoluent à une vitesse extrêmement rapide c’est pourquoi Clément Therme rappelle qu’il faut se méfier des publications très conjoncturelles. Entre les années 1980 et 2000, Iran et Russie formaient les rangs de cet « axe du Mal » décrié par le président G. W. Bush, reprenant presque mot pour mot l’expression de Ronald Reagan prononcé à l’encontre de l’URSS.

Outre ce regard tantôt méfiant tantôt ouvert à l’égard de ces deux Etats, l’histoire commune entre les deux anciens empires est ancienne. Les relations commerciales entre les deux pays ont débuté au XVIe siècle. Ils partageaient alors des préoccupations commerciales commune ainsi que le même souci de lutter contre l’Empire ottoman. Ils entretiennent jusqu’au XVIIIe siècle une relation d’égal à égal. Le XIXe siècle amorce une asymétrie dans leur rapport, exacerbé par le traité de 1929 qui signe la perte des territoires du Caucase pour l’empire perse. L’opinion publique iranienne porte à cette date un regard critique à l’égard de la Russie.

De nos jours, la Russie tente d’établir un rapprochement avec l’Iran. L’URSS avait déjà tenté de rétablir les liens entre les deux puissances notamment via le soft power soviétique : la pensée communiste. Les Iraniens de gauche donnaient à l’époque une image positive de l’URSS sous le Shah et participaient à la diffusion des idées modernes comme la prise de distance avec les religions. Une forte tradition anticléricale étaient soutenues par la gauche et les communistes iraniens. Cette stratégie de rapprochement a été effective jusqu’en 1983, période à laquelle l’URSS adopte une attitude ambiguë à l’égard de la révolution iranienne.

Idéologiquement, les deux puissances se font concurrence dans les années 1980. La rupture est consommée, Moscou reprend les livraisons d’armes au Président irakien, Saddam Hussein. L’Iran ne peut plus se permettre de défier l’URSS en Afghanistan à cause de la formation de ce nouveau front en Irak. En 1989, l’Ayatollah Khomeini rédige une lettre visionnaire à Gorbatchev, l’invitant à se convertir à l’islam car le communisme est sur le point de sombrer (9). Dans les années 2000, Iran et Russie se retrouvent en ayant un même axe stratégique dans le Caucase. L’Iran y joue un rôle constructif et stabilisant, suite aux indépendances des ces anciennes RSS. Ils sont de plus deux précurseurs dans la dénonciation d’une menace qu’ils croient et affirment globale et non circonscrite à l’Afghanistan au début des années 2000 ou à la Syrie de nos jours. Pour ces deux puissances, il est probable que la menace islamiste se déploie en Asie centrale. De nombreux recruteurs de l’EI travaillent au Tadjikistan et en Russie. La menace islamiste dans la région ne peut donc que contribuer au rapprochement entre la Russie et l’Iran.

Pour aller plus loin, lire notre article : Ce que veut la Russie

Maud Sampo-du Cray

(1) http://www.iremmo.org/spip/spip.php?page=accueil

(2) Guerre de Crimée de 1853

(3) Guerres russo-turques de 1877-1878

(4) Sur le congrès des peuples d’Orient : http://www.contretemps.eu/interventions/moment-despoir-congr%C3%A8s-bakou-1920

(5) Organisation de libération de la Palestine

(6) Episode du « lâchage » américain de d’Hosni Moubarak http://www.rfi.fr/ameriques/20110201-americains-prets-lacher-moubarak/

(7) Politique arabe en Chine : http://www.politique-actu.com/dossier/strategie-arabe-chine-mohamed-troudi-chercheur/364302/

(8) Processus de Genève fondé sur la mise en place d’un cessez-le-feu, d’un gouvernement de transition et l’organisation d’élections libres

(9) Lettre de l’ayatollah Khomeini à Gorbatchev : http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1989_num_24_1_2190


Pour aller plus loin :

http://www.rfi.fr/emission/20160416-russie-moyen-orient-grand-jeu-vladimir-poutine

http://www.moyenorient-presse.com/ : Magazine Moyen-Orient n° 30

http://www.cairn.info/revue-geoeconomie-2015-4-page-95.htm

http://orientxxi.info/magazine/l-histoire-meconnue-des-interventions-militaires-russes-au-proche-orient,1311,1311

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