L’essor du tourisme dans les Petites Antilles : une invisibilisation des réalités socio-économiques et environnementales ?

Destination bien souvent fantasmée et désirée, les Petites Antilles désignent l’archipel s’étendant de l’est de Porto Rico au large du Vénézuela. Depuis les années 1980, ces paradis insulaires attirent un nombre croissant de touristes et se sont progressivement transformés en lieux de villégiature privilégiés des vacanciers, notamment nord-américains et européens. Aujourd’hui, le tourisme représente pour ces pays une source majeure de revenus et une part conséquente de leur économie. Néanmoins, ce cadre idyllique ne doit pas faire oublier les problématiques inhérentes à cet archipel, où les inégalités socio-économiques restent majeurs et l’importance de l’économie souterraine une réalité. Le développement massif du tourisme dans l’espace caribéen a également induit une modification considérable des paysages ainsi qu’une mutation des équilibres écologiques. De telles évolutions sont indéniablement accentuées par les enjeux climatiques actuels, comme en témoignent les récentes catastrophes naturelles qui ont défiguré la région.

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Une carte du bassin caribéen : l’archipel des Petites Antilles en bleu 
(©️ Wikimedia Commons)

Ainsi, il s’agira d’appréhender les Petites Antilles comme un espace de mutations profondes, constamment modelé par l’anthropisation croissante des espaces à la fois terrestres et maritimes. Face à la réalité des problèmes socio-économiques et des enjeux environnementaux récents, le tourisme antillais connaît de profondes mutations qui seront déterminantes dans la structuration future des territoires de la région.

L’arc insulaire des Petites Antilles : l’essor d’un tourisme sous les tropiques

Si les îles des Grandes Antilles sont connues pour être parmi les destinations les plus touristiques du globe ― à l’instar de Cuba, de la République Dominicaine ou encore des Bahamas ―, il ne faut pas oublier que le dynamisme des Petites Antilles, qui se sont ouvertes au tourisme plus tardivement, est bien réel. Elles constituent un pôle d’attractivité non négligeable dans la région et se sont imposées comme une destination majeure durant la deuxième moitié du XXème siècle. Néanmoins, il ne s’agit pas d’envisager l’espace des Petites Antilles comme un bloc où les flux touristiques se sont multipliés uniformément et dans les mêmes proportions. Au contraire, ceux-ci se sont développés à des moments différents et dans des contextes distincts. On peut donc légitimement différencier plusieurs temps du développement touristique dans la région :

  • dès les années 1950, la Barbade fait figure d’exception au sein des Petites Antilles puisqu’elle est très tôt marquée par un fort développement touristique ;
  • les années 1970 et 1980 voient l’essor du tourisme dans les Antilles françaises (Martinique, Guadeloupe, Saint Martin, Saint Barthélémy), les îles hollandaises (Aruba, Curação et Sint Maarten) et anglaises (Anguilla, Îles Vierges) ou encore dans des pays tels que Sainte-Lucie ;
  • plus récemment, enfin, au tournant des années 2000, le tourisme a gagné des pays où il se faisait encore timide à la fin du siècle dernier, à l’image de la Grenade, de la Dominique ou de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

De manière générale, cette explosion touristique doit se comprendre à l’aune du développement massif des compagnies aériennes, notamment américaines et européennes, qui multiplient les vols long courrier vers les grandes villes caribéennes. Certaines îles de l’arc des Petites Antilles se sont même dotées de compagnies aériennes locales telles que Caribbean Airlines à Trinité-et-Tobago, LIAT à Antigua-et-Barbuda ou encore Winair à Saint-Martin. S’il existe des liens privilégiés évidents entre certaines destinations de la région et des métropoles européennes (Paris avec la Martinique et la Guadeloupe, Londres avec Anguilla, Amsterdam avec Curação par exemple), la grande majorité des effectifs touristiques provient néanmoins du nord du continent américain. Ainsi, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) (1), parmi les 386 000 touristes entrés sur le territoire de Sainte-Lucie en 2017, 55% sont de nationalité étatsunienne ou canadienne. Chaque année, les touristes américains qui sont déjà les plus nombreux dans la région, sont également ceux dont le nombre augmente le plus rapidement.

Face à un tel essor de la fréquentation touristique, des initiatives se sont développées et les acteurs de la région ont dû s’adapter aux attentes des nouveaux venus. De nouvelles niches touristiques se sont dès lors ouvertes, à l’image du développement de la croisière et de la « grande plaisance ». L’avantage de l’espace des Petites Antilles est qu’il s’adapte bien à la logique croisiériste, car composé de nombreuses petites îles relativement proches, ce qui limite le nombre d’heures passées à bord. Dans ce domaine, Sint Maarten ― la partie hollandaise de Saint-Martin ― fait office de géant de la région, avec plus de 1,5 million de croisiéristes en 2018. Le port de Philipsburg, la capitale de Sint Maarten, s’est transformé depuis plusieurs années en un véritable hub touristique où transitent des milliers de croisiéristes chaque semaine, profitant des atouts de la très renommée « friendly island ». Le développement de la grande plaisance s’est dès lors accompagné d’une modification radicale des îles du bassin caribéen, qui doivent accueillir des touristes de plus en plus nombreux. Entre construction d’immenses complexes hôteliers, aménagement de marinas (2) flambant neuves et développement d’infrastructures touristiques de loisir, les paysages insulaires se sont retrouvés considérablement modifiés. L’exemple de Castries, la capitale de Sainte-Lucie, dont le projet d’extension du port s’est achevé en janvier 2018, est révélateur. En effet, depuis les années 1970, la ville a dû développer des infrastructures capables d’accueillir les plus grands navires de croisière du monde, mais également des cargos et des paquebots. Dès lors, il n’est pas rare que la petite baie de Castries se remplisse de quatre voire cinq grands bateaux de croisière.

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Port de Castries, capitale de Sainte-Lucie, où sont amarrés trois bateaux de croisière.
Il s’agit d’un des ports des Petites Antilles avec le plus de profondeur d’eau, ce qui permet à plusieurs navires de stationner. 
(©️ Flickr)

La mise en valeur des façades maritimes va de pair avec le développement de politiques gouvernementales qui soutiennent et financent la mise en place d’aménagements touristiques. À la Barbade, l’Hotel Aids Act de 1956 s’impose comme la pierre angulaire de la promotion du tourisme et du développement d’infrastructures hôtelières dans l’île. Cette loi instaure un allègement fiscal important sur les dépenses de construction et de rénovation d’hôtels mais également sur celles de mise en place de digues. En 2002, une nouvelle loi ― Tourism Development Act ― renforce cette mise en valeur touristique. Entre 1956 et aujourd’hui, le nombre d’hôtels à la Barbade a presque été multiplié par dix. La fréquentation touristique galopante dans la région s’est en outre accompagnée de l’intégration de logiques du luxe dans le tourisme. Les Petites Antilles se sont transformées en une des vitrines mondiales du « très haut de gamme » et attirent un nouveau type de clientèle aux attentes bien particulières. Les multiplications des villas mais aussi la privatisation d’îles entières par des groupes hôteliers sont autant de marqueurs de ce tourisme de luxe. L’île de Petit Saint Vincent, située dans l’archipel des Grenadines, peut être considéré comme un des parangons de cette forme de tourisme. Appartenant en partie à l’homme d’affaires et philanthrope américain Phil Stephenson, l’île abrite un complexe hôtelier composé de dizaines de cabanes luxueuses, de spas et d’un centre de plongée inauguré par l’océanographe et explorateur français Jean-Michel Cousteau en 2014.

Le développement massif du tourisme dans les pays des Petites Antilles a induit un changement considérable de leur structure économique. Auparavant, les sociétés caribéennes étaient majoritairement soutenues par l’exportation de cultures traditionnelles dites de plantation (3), de laquelle elles étaient très dépendantes. L’essor touristique a dès lors contribué à diversifier l’économie de ces pays, qui bénéficient depuis la deuxième moitié du XXème siècle de débouchés importants. Et même dans les territoires dont l’économie ne dépendait pas exclusivement de l’exportation de produits agricoles, à l’image de Curação ou d’Aruba qui ont su développer un secteur pétrolier offshore important, le tourisme s’est imposé comme la source principale de revenus. A ce titre, l’émergence d’un secteur tertiaire a pu générer de nouveaux emplois pour les populations locales, l’économie touristique supplantant les économies de plantation dès la fin des années 1980. Cela participe du processus de désenclavement des îles des Petites Antilles, qui ont peu à peu été intégrées dans les systèmes économiques internationaux, notamment grâce à l’augmentation des flux touristiques qui a conduit à une progression massive des Investissements Direct à l’Étranger (IDE) (4) dans ces territoires.

Un développement touristique qui ne doit pas faire oublier la réalité socio-économique de la région

Si les pays des Petites Antilles ont pu à première vue bénéficier des revenus liés à l’essor du tourisme, cela ne doit pas invisibiliser la réalité de la pénétration de capitaux étrangers. En effet, plus de la moitié des structures hôtelières appartiennent à des pays étrangers ou à des individus privés. Ce ne sont donc pas directement les pays de l’arc antillais qui bénéficient de la plus grande part des revenus du tourisme mais bien des investisseurs internationaux. On remarque bien que le développement touristique cache des logiques sous-jacentes de dépendances économiques à l’égard des pays investisseurs. À titre d’exemple, le nouvel aéroport international de Saint-Vincent, inauguré en 2017, est l’aboutissement d’efforts financiers et technologiques de divers pays : Taïwan en a financé une grande partie (30 millions de dollars), l’Iran a apporté son aide pour la piste, le Mexique a fait parvenir le ciment, Cuba a mis à disposition des ingénieurs, la Turquie a également participé, etc. De même, le Glossy Bay Resort ― ouvert en 2017 sur l’île de Canouan, situé dans l’archipel des Grenadines ― a été financé à hauteur de 60 millions de dollars par l’homme d’affaires irlandais Dermot Desmond et à hauteur de 25 millions par l’investisseur italien Antonio Saladino, laissant néanmoins au gouvernement vincentais le financement de la moitié du complexe touristique (c’est-à-dire 125 millions de dollars). Ces deux exemples sont bien la confirmation que la récente économie touristique des Petites Antilles est en réalité sous domination, du moins partielle, des investisseurs étrangers. Plus généralement, les économies locales deviennent l’apanage de groupes multinationaux extérieurs, à l’image de la raffinerie de pétrole de Isla, qui représente près de 10% du PIB de Curação, et qui est exploitée depuis 1985 par la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA. Les Petites Antilles apparaissent dès lors comme des supports d’accueil dont le contrôle échappe aux populations locales qui voient leur marge de manœuvre réduite par des logiques globalisantes et internationalisées. Le corollaire de l’afflux touristique de ces dernières décennies est en réalité la « dollarisation » croissante des économies insulaires, qui ne peuvent faire le poids face aux géants financiers des pôles mondiaux dominants.

Les logiques économiques inhérentes au développement touristique conduisent les pays de la région à entrer en concurrence. Chacun cherche à attirer le plus grand nombre de touristes en mettant en avant divers atouts : alors que les îles les plus riches défendent des logiques sécuritaires, d’autres proposent des séjours peu chers facilités par des charges salariales réduites. Les revenus issus du tourisme sont très inégaux selon les territoires. En effet, les grands pôles touristiques des Petites Antilles où le nombre de touristes est souvent plus élevé (Curação, Aruba, Îles Vierges américaines, Saint-Martin, etc.) font oublier les petites îles qui n’ont pas les moyens de développer la même offre, à l’image de Montserrat qui ne totalise que 8 000 touristes en 2017 ― conséquence de l’éruption volcanique de juin 1997 qui a ravagé la moitié sud de l’île ― et qui semble difficilement pouvoir rivaliser avec les 1 million de visiteurs annuels d’Aruba ou de Curação. Les Petites Antilles peuvent être appréhendées comme un espace à plusieurs vitesses, au sein duquel les dynamiques économiques divergent profondément.

Il ne s’agit pas non plus de sous-estimer le développement récent d’un secteur financier offshore qui s’accompagne de l’émergence de paradis fiscaux (4) dans lesquels les contraintes économiques et les charges salariales sont moindres. L’espace caribéen est en première ligne des dénonciations internationales concernant l’opacité des systèmes fiscaux et financiers, la majorité des pays et territoires des Petites Antilles se trouvant régulièrement parmi les listes de paradis fiscaux de l’OCDE ou de l’UE. En 2017, le seul pays du monde à se trouver sur la liste noire de l’OCDE (6) est un pays des Petites Antilles : Trinité-et-Tobago.

 

En outre, le tourisme occulte l’importance de l’économie souterraine dans de nombreux pays de la région. Les Petites Antilles se sont imposées comme une des plates-formes privilégiées du transbordement du cannabis à destination des États-Unis, tirant profit d’une situation géographique avantageuse, à mi-chemin entre Amérique du Sud et du Nord. De nombreuses îles se sont également transformées en de hauts lieux de la production de cannabis, à l’image de Saint Vincent, qui en vient à concurrencer des pôles majeurs comme la Jamaïque. Cette omniprésence de la drogue dans l’arc antillais a contribué à y développer la criminalité organisée. Dans certains pays comme Sainte-Lucie, Trinité-et-Tobago ou Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les taux d’homicides sont parmi les plus élevés du monde, dépassant les 30/100 000 habitants. Néanmoins, les logiques touristiques ne recoupent presque jamais cette réalité. En effet, l’essor massif du tourisme a conduit le vacancier à évoluer le long de sentiers minutieusement balisés qui ne rencontrent que rarement la société et la population locale. La force des compagnies de voyage est dès lors d’entretenir chez le touriste ce fantasme d’un ailleurs paradisiaque sans jamais le confronter à la réalité locale, dans la mesure où il reste dans un mode de vie qui le dépayse peu, entre bronzage sur une plage et prélassement sur la terrasse d’un restaurant. Le touriste n’entrevoit donc que très peu les inégalités socio-économiques et les problèmes locaux qui l’environnent (7).

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Ville de Port d’Espagne, capitale de Trinité-et-Tobago, qui affiche un des taux d’homicide les plus élevés de la planète. On y dénombre près de 500 meurtres par an, avec un pic de 530 environ atteint en 2008. Les quartiers les plus touchés sont ceux de l’Est de la ville, où les problèmes liés aux cartels de drogue sont omniprésents. 
(©️ Wikimedia Commons)

Les conséquences environnementales de l’essor touristique

L’anthropisation massive que connaît les îles des Petites Antilles, qui s’accompagne d’une inévitable modification des paysages, représente une menace sérieuse pour la protection et la préservation des écosystèmes locaux. L’intensification des flux touristiques a amené les territoires antillais à développer des complexes urbains divers qui participent de cette dégradation progressive des littoraux. Le complexe touristique de Glossy Bay Resort, sur l’île de Canouan, a par exemple nécessité la mise à niveau d’une grande partie du Sud de l’île afin d’y construire une grande marina. Le développement des croisières s’est quant à lui accompagné de nouvelles préoccupations, notamment à cause des paquebots qui accostent dans les petites îles prises d’assaut durant quelques heures, créant des phénomènes d’embouteillages dans les ports, que ce soit Philipsburg à Sint Maarten ou Oranjestad à Aruba. Tout cela a été à l’origine de la mise en place d’initiatives, à l’image de la création de l’organisation privée Island Resources Foundation en 1972 dans les Îles Vierges américaines, qui a aidé à développer des programmes socio-économiques reconnaissant la vulnérabilité des environnements insulaires. Un réel travail de prévention a également été effectué, avec une attention particulière portée à la sensibilisation des touristes aux enjeux climatiques et environnementaux de l’activité humaine. Néanmoins, ces initiatives restent ponctuelles et, de manière générale, on remarque une insuffisance voire une inexistence des politiques environnementales de lutte contre la pollution plastique et la dégradation des ressources naturelles. Ces législations peu contraignantes sont ainsi mises à profit par des grandes entreprises qui peuvent exploiter les ressources de la région sans faire grand cas des considérations environnementales.

Dans cette région réputée pour ses richesses naturelles, les fonds marins et la faune qui l’habite connaissent des risques de dégradation majeurs. L’intensification des mouillages dans les zones coralliennes, fragilisées par le raclement des ancres marines, illustre le fait que les plaisanciers ne sont que trop rarement sensibilisés à la préservation des écosystèmes locaux. Ce problème est relativement nouveau dans des zones qui étaient auparavant préservées du tourisme, comme l’archipel des Grenadines ou celui de Los Roques au large du Vénézuela. Cependant, ces territoires ont su développer des politiques de préservation des milieux marins, dans lesquelles le rôle des habitants est primordial. En 1997, le gouvernement de Saint-Vincent-et-les-Grenadines promulgue le Marine Parks Act, qui transforme les îles de l’archipel des Tobago Cays (Grenadines) et les eaux environnantes en un parc marin protégé. Deux réserves, l’une d’oiseaux et l’autre de tortues marines, sont créées peu de temps après. Le parc naturel, en plus d’adopter une liste de règles strictes ― comme l’interdiction de toucher ou de prendre du corail, de pêcher, d’endommager la végétation, etc… ―, met en place un système de tarifs concernant le mouillage des bateaux et la plongée, ce qui permet de limiter considérablement le flux de touristes. En 2005, la réserve marine des Tobago Cays est placée parmi les sites protégés les plus exemplaires selon l’Organisation des État de la Caraïbe Orientale (OECO) (8).

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Vue aérienne des Tobago Cays, situés dans l’archipel des Grenadines (Saint-Vincent-et-les-Grenadines). Les abords de la petite île de gauche abritent le Baradal Turtle Sanctuary, la réserve de tortues, principale attraction du site. 

Cependant, il ne s’agit pas de penser que les problèmes environnementaux auxquels doivent faire face les pays de l’arc antillais sont tous causés par l’essor touristique des dernières décennies. En effet, la région est confrontée plus récemment à un nouveau fléau : celui de la prolifération d’algues nocives et nauséabondes, les sargasses. Par les substances toxiques qu’elles dégagent ― à savoir de l’hydrogène sulfuré ―, ces algues présentent un danger réel notamment pour les humains mais aussi pour les écosystèmes locaux. Les autorités locales sont souvent forcées de fermer des plages face à la venue massive de ces « marées brunes ». La résistance tenace et la croissance très rapide des sargasses en font une espèce invasive difficile à éradiquer. Le réchauffement des mers et océans ainsi que la destruction massive de la mangrove américaine, censée retenir les nutriments provenant des fleuves, sont autant d’hypothèses pouvant expliquer l’invasion de ces algues. Une première Conférence Internationale sur les sargasses s’est tenue fin octobre à Baie-Mahault en Guadeloupe et a défendu la mise en place d’une action concertée et coopérative entre les pays de l’arc antillais dans le but de lutter contre leur prolifération et de réduire ainsi la pollution occasionnée.

 

En définitive, si on associe souvent les Petites Antilles à des archipels paradisiaques aux températures rêvées, cela ne doit pas faire oublier les réalités auxquelles sont confrontées ces sociétés insulaires. L’espace caribéen doit se comprendre comme un espace d’évolutions dans lequel les logiques touristiques ont certes une importance non négligeable mais n’englobent pas toute la complexité des mutations à l’œuvre. Les stratégies adoptées face à ces transformations seront déterminantes pour le devenir des Petites Antilles, notamment dans un moment de profonds bouleversements climatiques et environnementaux.

 

Hugo Texier

 

(1) L’OMT est une agence spécialisée des Nations Unies qui entend promouvoir le développement du tourisme à l’échelle mondiale. Elle a été créée en 1975 et son siège social se situe à Madrid. 

 

(2) Une marina désigne un ensemble touristique de bord de mer qui combine à la fois des habitations et un port de plaisance. 

 

(3) L’économie de plantation désigne le mode de développement économique basé sur les cultures dites intensives (canne à sucre, café, caoutchouc, etc.). Ce modèle s’impose dans les colonies dès le XVème siècle mais persiste encore dans de nombreux territoires ex-coloniaux, y compris à la fin du XXème siècle.

 

(4) Les IDE désignent les mouvements de capitaux à l’échelle internationale qui permettent d’exercer une influence sur la gestion d’une entreprise étrangère. Les IDE sont le moyen de l’internationalisation des firmes.

 

(5) Selon l’OCDE, un territoire peut être appréhendé comme un paradis fiscal si les impôts y sont largement réduits, si le régime fiscal se caractérise par son opacité et s’il ne communique aucun renseignement fiscal avec un autre territoire.  

 

(6) La liste noire des paradis fiscaux établie par l’OCDE désigne la liste regroupant tous les pays ou territoires considérés comme hautement non coopératifs dans la lutte contre l’évasion fiscale. 

 

(7) Cette analyse peut être rapprochée du concept de « bulles touristiques » ― développé par Dennis R. Judd dans Constructing the tourist bubble (1999) ―, qui désigne des enclaves touristiques très isolées de leur contexte spatial, permettant ainsi aux touristes de ne pas se confronter directement aux réalités socio-culturelles à proximité.

 

(8) L’OECO est une organisation de coopération mise en place entre plusieurs pays et dépendances des Petites Antilles. Créée en 1981, une de ses activités principales est de développer un tourisme durable dans la région.

 

Bibliographie 

 

Olivier Dehoorne, Caroline Tafani, « Le tourisme dans les environnements littoraux et insulaires : permanences, limites et perspectives », Etudes Caribéennes, Université des Antilles, 2013. 

URL : http://etudescaribeennes.revues.org/5774.ffhal-00830502f

 

Philippe Joseph, « La problématique du développement durable dans les Petites Antilles (quelques enseignements généraux) », 2004. 

URL : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00003054/document

 

Olivier Dehoorne, « Le tourisme dans l’espace caribéen. Logiques de flux et enjeux de développement », 2007. 

URL : https://journals.openedition.org/teoros/1582

 

Olivier Dehoorne, « L’avènement du tourisme de masse sous les tropiques. Eléments de réflexion sur les enjeux touristiques dans l’espace caribéen », Etudes caribéennes, juillet 2006.

URL : https://journals.openedition.org/etudescaribeennes/733

 

Michel Desse, Jusline Rodne Jeanty, Monique Gherardi et Simon Charrier, « Le tourisme dans la Caraïbe, un moteur du développement territorial », 2018.

URL : https://journals.openedition.org/ideas/4239

 

Saint Lucia: Country-specific: Arrivals of non-resident tourists at national borders, by country of residence 2013 – 2017 (10.2018)

URL : https://www.e-unwto.org/doi/abs/10.5555/unwtotfb0662011220132017201810

 

« Le grand retour des croisiéristes en partie hollandaise », Guadeloupe La 1ère, 16 janvier 2018

https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe/saint-martin/grand-retour-croisieristes-partie-hollandaise-549893.html

 

  1. B. Potter, « Tourism and Development : the case of Barbados, West Indies », Geography, Vol. 68, No. 1 (January 1983), pp. 46-50

URL : https://www.jstor.org/stable/40570611

 

Romain Cruse, Daurius Figueira, « Géopolitique du cannabis dans la Caraïbe insulaire », 2014

URL : https://journals.openedition.org/espacepolitique/3233#tocto2n4

 

Tobago Cays Marine Park Site 

URL : http://www.tobagocays.org/

 

« C’est quoi le problème avec les sargasses, ces algues toxiques qui prolifèrent dans les Antilles ? », France Info, 29 septembre 2018

https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/c-est-quoi-le-probleme-avec-les-sargasses-ces-algues-toxiques-qui-proliferent-dans-les-antilles_2962815.html

 

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