Tensions entre le Japon et la Corée du Sud : aux origines de la discorde

« 고래 싸움에 새우등 터진다 » ou « Quand les baleines chahutent, les crevettes en ont le dos rompu ». Ce proverbe résume parfaitement l’histoire de la Corée, cette crevette parmi les baleines que sont la Chine, le Japon et la Russie. Ces grandes nations se sont toujours battues pour établir leur influence sur la péninsule coréenne et ainsi rebattre les cartes de la région à leur avantage. Au XXe siècle, c’est le Japon impérial qui réussit à s’imposer après maints efforts en faisant signer aux Coréens un traité mettant en place un protectorat en 1905 puis un traité d’annexion en 1910. C’est le début d’une domination de quarante ans qui prendra fin avec la chute du régime militaire japonais en 1945.

La suite est bien connue : les Américains et les Soviétiques séparent la Corée en deux zones d’influence et y instaurent des régimes opposés qui s’affrontent de 1950 à 1953, sans qu’aucun des deux ne parvienne à s’imposer. Au Nord, la dynastie Kim consolide son pouvoir en République populaire démocratique de Corée tandis qu’au Sud se succèdent une série de régimes autoritaires, jusqu’à l’installation progressive de la démocratie dans les années 1980. Le pays connaît une ascension économique et un développement fulgurant en un temps record. Il siège aujourd’hui à la 12e place mondiale en termes de PIB. Pourtant, malgré des échanges commerciaux considérables avec son voisin japonais, les relations diplomatiques entre les deux pays n’ont jamais connu une dynamique similaire. Le poids de la colonisation japonaise n’y est pas étranger et il continue d’empoisonner les rapports qu’entretiennent entre elles les deux nations, même des décennies plus tard. Un sondage de juin 2018 réalisé par le think tank coréen Asan Institute for Policy Studies indique [1] ainsi que les Sud-Coréens ont une vision moins favorable du Japon et de Shinzō Abe que de la Chine et de Xi Jinping, et même que de la Corée du Nord et de Kim Jong-un.

Cette hostilité est problématique dans un contexte mondial où les alliances traditionnelles et les relations entre Etats sont mises à rude épreuve, du fait notamment de l’imprévisibilité du président américain Donald Trump. L’Asie de l’Est ne fait pas office d’exception puisqu’au retour de la menace sécuritaire nord-coréenne (le pays a annoncé la fin du moratorium auto-imposé de deux ans sur les essais nucléaires) s’ajoute la montée en puissance continue du régime chinois. L’histoire, comme les revendications territoriales sont plus que jamais utilisées par les dirigeants politiques afin d’affermir leur pouvoir, aussi bien en Chine qu’au Japon et dans une moindre mesure en Corée du Sud. Les tensions entre le Japon et la Corée du Sud ont récemment mené le Japon à retirer la Corée du Sud de la liste de ses partenaires commerciaux privilégiés et à imposer des restrictions sur certaines exportations vers le pays. Cette initiative a largement été considérée comme une réaction à une décision de la Cour Suprême coréenne condamnant les compagnies japonaises à indemniser les Coréens forcés de travailler pour eux sous l’occupation. On peut donc voir que l’héritage de la colonisation est au cœur des tensions actuelles. En réaction, le président coréen menaça de se retirer d’un accord de coopération militaire signé avec le Japon en 2016, le seul liant les deux pays et dont la conclusion avait nécessité de nombreuses tractations de la part des États-Unis. La manœuvre de Moon Jae In permit d’obtenir le commencement d’un dialogue avec le Japon sur la levée des contrôles des exportations. Une désescalade définitive semble peu probable puisque le Japon reste campé sur ses positions historiques. Shinzō Abe a ainsi rappelé en janvier devant le Parlement japonais que le traité de normalisation des relations de 1965 réglait la question des réparation envers la Corée du Sud et qu’elle devait s’y tenir.

Il est difficile de trouver au XXIe siècle deux pays si proches à de nombreux égards et à la fois constamment rattrapés par le passé. L’enjeu ici est d’expliciter les points de discorde principaux ainsi que leur historique. Il s’agira de dresser un panorama de l’histoire contemporaine commune des deux États avant de détailler ces différents points.

Un passé au souvenir encore très vif : rappel de l’histoire contemporaine des deux pays

À différentes époques, la Corée est dominée par la Chine et par le Japon. Au XIXe siècle, après l’ouverture forcée du Japon par les États-Unis en 1853 et le début de l’ère Meiji et de ses transformations autour de l’Empereur en 1868, le pays convoite de plus en plus la Corée. Fort de de sa proximité géographique et culturelle et des souvenirs de l’invasion à l’époque de Toyotomi Hideyoshi, le Japon se persuade qu’il a sur la Corée une sorte de droit de préemption naturel. La péninsule représente également un espace stratégique dans la région, un glacis protecteur et un point d’entrée vers la Chine. Les Japonais mettront trente ans à concrétiser leurs prétentions, au détriment de leurs concurrents russes et chinois. En 1894, une révolte paysanne leur donne l’occasion de s’emparer de la capitale et d’imposer au roi Gojong un gouvernement pro-japonais qui se lance dans un train de réformes dictées par Tokyo. C’est cette prise de contrôle de la Corée qui entraîne les guerres sino et russo-japonaises. Le Japon sort vainqueur de ces deux conflits en 1895 et 1905. La défaite chinoise de 1895 et le traité de Shimonoseki signent la fin de la tutelle chinoise multiséculaire sur la péninsule. En juillet 1905, les États-Unis de Theodore Roosevelt scellent le sort de la Corée en la troquant contre la reconnaissance par le Japon de leur mainmise sur les Philippines. Le Japon est alors libre d’imposer aux Coréens un traité de protectorat qui met un terme à leur souveraineté. À la surprise des Nippons qui pensaient pouvoir contrôler le territoire via un simple protectorat, la population coréenne prend le chemin de la résistance. Malgré la prise de contrôle de l’administration par le résident japonais (autorité représentatrice de l’Empire) en 1907 et la dissolution de l’armée en 1908, une résistance s’organise et parvient en 1909 à éliminer le résident-général en Mandchourie. Les Japonais décident alors de l’annexion pure et simple de la péninsule. Le pays est rebaptisé Chôsen, version japonaise de Joseon.

S’ouvre alors une période de libéralisation relative sous l’Empereur Taisho, jusqu’à la fin des années 1920 et la crise économique de 1929. Mais inévitablement, la radicalisation du pouvoir japonais des années trente entraîne la multiplication de politiques répressives. Les journaux et associations sont interdits à compter de 1940. En 1938, la langue coréenne est prohibée à l’école et dans les lieux publics, lors des circonstances officielles. En 1940, les Coréens sont même priés de troquer leur nom contre un patronyme japonais. La Seconde Guerre mondiale amène son lot de violences. La population est mobilisée pour l’effort de guerre. Sept cent mille personnes sont expédiées au Japon pour y travailler dans des conditions proches de l’esclavage. À partir de 1942, deux millions sont également envoyés en Mandchourie où près d’un quart d’entre eux trouve la mort, victimes des mauvais traitements ou des bombardements. En 1944, désespéré, le Japon se décide à mobiliser les Coréens directement au combat. Cela n’empêchera pas la capitulation du Japon le 15 août 1945 à la suite des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki.

Le procès de Tokyo : une responsabilité incomplète 

Après la guerre, les régimes totalitaires de l’Allemagne nazie et du Japon impérial doivent répondre des atrocités commises devant les vainqueurs. Le rôle incombe aux Alliés et notamment aux États-Unis d’organiser les procès de Nuremberg et de Tokyo. Leur héritage historiographique est complexe : symboles d’une justice expéditive pour les uns, condamnations pour l’exemple sans réelle mise en cause globale de la responsabilité des sociétés pour les autres, les critiques ne manquent pas. Ces procès révèlent le réalisme voire le cynisme des Américains qui ont développé une approche différente des européens à propos des constructions fascistes. En effet, loin d’être horrifiés devant les traitements inhumains caractéristiques des unités scientifiques des régimes nazis et japonais, ils n’ont pas hésité à se servir de scientifiques nazis pour développer leur programme d’armement nucléaire ainsi que des connaissances tirées par les Japonais de leurs expériences bactériologiques. Le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, ou procès de Tokyo s’est déroulé en 1946. Il permit de juger et de condamner les hauts dirigeants japonais, politiques et militaires considérés comme étant à l’origine du conflit, à l’exception de l’Empereur, chef suprême des forces armées, qui a pourtant été le seul responsable en poste de façon continue entre 1926 et 1945. Le procès n’a concerné les guerres antérieures qu’au travers de la rétrocession des territoires acquis par le Japon après 1889 sans aborder la domination coloniale. Les vingt-cinq accusés furent déclarés coupables et sept d’entre eux furent pendus en 1948. Tous les autres furent condamnés à des peines d’emprisonnement. Pourtant, tous les responsables japonais n’ont pas été jugés. Les membres de l’unité de recherche bactériologique Unité 731, comme Shiro Ishii, ne furent pas inquiétés en échange d’informations sur les résultats de leurs « travaux » dont il ne fut fait mention devant le tribunal qu’à une brève occasion et de façon très lacunaire.

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Le banc des accusés au procès de Tokyo

L’unité 731, unité militaire de recherche bactériologique, fût créée en 1932 par mandat impérial. Elle effectuait des expérimentations sur des cobayes humains comme des vivisections sans anesthésie ou des recherches sur diverses maladies comme la peste, le typhus et le choléra en vue de les utiliser comme armes bactériologiques. On estime entre 300 et 500 000 le nombre de victimes d’expérimentations bactériologiques pratiquées au Mandchoukouo, notamment par largage aérien. En 2002, un tribunal japonais a reconnu pour la première fois l’existence de cette unité mais n’a pas accordé de compensation aux requérants chinois, justifiant un manque de base légale en droit international. La Chine, comme la Corée du Sud, n’est officiellement pas habilitée à demander des réparations de guerre au Japon, conformément aux traités de normalisation des relations diplomatiques signés respectivement en 1972 et 1965. Au vu des circonstances entourant le déroulement du procès de Tokyo, il est clair que ce dernier représente un symbole de la fin de l’ancien régime, à travers l’exécution de ses principaux instigateurs, sans pousser plus loin la quête de justice. 

Les relations d’après-guerre entre le Japon et la Corée du Sud

Au lendemain de la guerre, mis à part de faibles échanges commerciaux, les relations nippo-coréennes sont pratiquement inexistantes. Le Japon se désintéresse totalement de la Corée par désir d’oubli de la colonisation. La Corée du Sud, elle, connaît la guerre civile avec le Nord et en sort totalement exsangue. Dans les années 1950, la population vit dans la misère, dans l’un des États les plus pauvres au monde. Le pays parvient à survivre uniquement grâce à l’aide américaine, qui représente 10% du produit national brut en 1957. Le pouvoir est contrôlé de 1948 à 1960 par le dictateur Yi Seung-man ou Syngman Rhee qui se fait appeler président. En mars 1960, à la suite d’un simulacre d’élections organisé pour sécuriser son quatrième mandat, la population se soulève et le vieux dictateur prend la fuite. Une République éphémère voit le jour mais est vite renversée par le coup d’état du général Park Chung-hee du 16 mai 1961.

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Le général Park Chung-hee le jour du coup d’état

Park, qui a été formé dans une école militaire japonaise durant l’occupation ne jure que par le modèle de l’État militaire japonais. C’est lui qui va oser la réconciliation avec le Japon. Dès 1951, sous l’impulsion des États-Unis, des conversations en vue d’une normalisation des relations voient le jour mais n’aboutissent qu’en 1965 avec le traité de normalisation. Ce traité est à la fois le résultat de pressions des États-Unis, intéressés à renforcer la stabilité régionale, et d’une convergence d’intérêts, essentiellement économiques, entre la Corée et le Japon. Signé le 22 juin 1965, il consiste en l’établissement de relations diplomatiques, et en l’octroi par le Japon d’une importante aide économique à la Corée du Sud. Cette aide d’un montant total de 500 millions de dollars s’apparente pour certains à des réparations de guerre, puisque Séoul renonce à obtenir des excuses officielles en échange de la reconnaissance de la nullité des traités de protectorat et d’annexion par Tokyo. Ce traité règle donc définitivement la question des réparations. Il scelle également le sort des Coréens résidant au Japon qui doivent désormais choisir entre la nationalité nord ou sud-coréenne, tout en se voyant confirmer le statut de résidents permanents.

Malgré ses imperfections, le traité de 1965 marque une étape importante en contribuant grandement au démarrage économique sud-coréen. S’ouvre une période d’introduction massive de capitaux, technologies et informations en provenance du Japon. Les échanges entre les deux pays sont à sens unique, du Japon vers la Corée et cette dernière ne suscite pas d’intérêt particulier chez les Nippons. Elle n’émerge que sporadiquement dans les esprits comme un pays brutal et dictatorial, en témoigne en 1973 l’enlèvement à Tokyo de l’opposant Kim Dae-jung par les services de sécurité sud-coréens qui propulse le pays à la une des médias japonais. Les régimes dictatoriaux se succèdent dans la péninsule. En 1979, le général Park Chung-Hee est assassiné par Kim Jae-kyu, le directeur des services secrets sud-coréens, baptisés KCIA (Korea Central Intelligence Agency). C’est en 1980 un autre militaire, Chun Doo-hwang, qui est porté au pouvoir après un nouveau coup d’état. Partout dans le pays, on se soulève contre cette nouvelle dictature militaire. À Gwangju, ville héritière d’une longue tradition de rébellions, la répression est sans pitié et près de deux mille personnes trouvent la mort. Les Coréens n’ont toujours pas réussi à conquérir leur droit à la démocratie.

Du côté japonais, l’accession au pouvoir en 1982 de Nakasone Yasuhiro, un conservateur persuadé de la nécessité stratégique, économique et politique, d’un rapprochement avec la Corée entraîne la première visite officielle d’un chef de gouvernement japonais et une nouvelle aide économique est attribuée. La fin des années 1980 marque le début de la démocratisation en Corée du Sud avec l’élection de Roh Tae-woo en 1988 puis Kim Young-sam en 1993 et Kim Dae-jung en 1998. La corruption reste néanmoins omniprésente dans la classe politique. En 1998, une étape importante du processus de réconciliation est franchie lors d’une rencontre au sommet entre le président coréen Kim Dae-jung et le Premier ministre japonais Obuchi Keizo. Cette rencontre constitue la tentative la plus spectaculaire pour clore le chapitre de l’après-guerre. C’est la première fois que les dirigeants des deux pays font, dans un document écrit officiel, référence au passé et où le Japon exprime « de profonds remords et des excuses sincères ». Le président coréen appelle quant à lui à tourner la page. On aurait alors pu croire que la hache de guerre était définitivement enterrée. Il n’en fut rien. Malgré l’organisation commune du mondial de football en 2002, les tensions entre les deux pays émergent à intervalles réguliers. Les positions japonaises et coréennes sont-elles inconciliables ?

Des mémoires historiques inconciliables ? 

Comme indiqué plus haut, le Japon d’après-guerre se concentre sur la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale et n’entame pas de réflexion autour de sa responsabilité historique. Ce phénomène d’amnésie est récurrent après des périodes si troublées. Cet état des lieux contraste avec la situation des pays victimes que sont les deux Corées ainsi que la Chine où l’histoire est enseignée et utilisée pour rassembler la nation autour d’un sentiment anti-japonais. Il s’agira ici de passer en revue les sujets les plus représentatifs de l’état de la mémoire au Japon et en Corée du Sud.

Au Japon

Le Japon, contrairement à l’Allemagne, n’a pas effectué un travail mémoriel très poussé autour de son passé expansionniste et belliqueux. Sa responsabilité n’a pas non plus été endossée financièrement puisqu’à l’entrée dans le XXIe siècle, le Japon aura versé aux pays asiatiques un total représentant 1/40e du montant versé par l’Allemagne en Europe [2]. Un moment débattues lors de l’occupation du pays par les Américains, la mémoire de l’agression et la responsabilité coloniale disparaissent rapidement de la société japonaise après-guerre. C’est plutôt une identité de victime qui s’est construite autour de la Seconde Guerre mondiale en raison des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, perpétrés par les Américains pour accélérer la reddition du Japon, qui firent plus de 200 000 victimes, selon certaines estimations. Le Parti libéral démocrate, parti conservateur du Premier ministre actuel Shinzo Abe, a institutionnalisé cette mémoire de victime après 1955, tandis que le Japon s’engageait sur une voie étroite entre pacifisme proclamé et volonté de remilitarisation, sous l’égide des États-Unis. Les intellectuels de l’époque cherchaient surtout à déterminer les causes internes du militarisme japonais, prônant un « nationalisme sain » en opposition à « l’ultra-nationalisme » d’avant-guerre, à l’image de Maruyama Masao dans Logique et psychologie de l’ultranationalisme. Le nationalisme n’est pas perçu comme problématique, ni comme un outil menant à l’expansionnisme et au colonialisme. Un sursaut mémoriel a tout de même été perceptible après la mort de l’empereur Hirohito en 1989. La disparition de cette figure tutélaire qui régnait depuis 1901 a suscité la réouverture des débats sur la responsabilité de guerre et la responsabilité personnelle de l’Empereur épargné par les Américains en 1945. Néanmoins, le manque d’enseignement du passé militaire japonais dans les écoles a favorisé l’apparition de courants révisionnistes rattachés à la droite conservatrice. Ces courants s’expriment encore aujourd’hui, aussi bien dans la commémoration du Japon impérial que dans le combat autour de l’enseignement de l’histoire.

Le controversé sanctuaire Yasukuni

Le sanctuaire Yasukuni et les visites fréquentes qui y sont faites par les chefs d’État japonais   cristallisent incontestablement les tensions liées à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la colonisation. Ce sanctuaire fut construit en 1869 sous le nom de Shôkon-sha, c’est-à-dire « Sanctuaire pour l’accueil des âmes », afin de rendre un culte et de diviniser les âmes des militaires tombés durant la première guerre civile (1868-1869). Ce lieu est né du besoin pour le jeune État japonais d’offrir la plus haute rétribution à ceux tombés pour lui, aux militaires fidèles à l’Empereur. Le sanctuaire n’accueille donc pas les rebelles, combattants du shogunat d’Edo défait en 1869. Dès lors, ce n’est pas la logique religieuse du Shintô qui est à l’œuvre dans ce sanctuaire, mais bien la raison d’État. Arnaud Nanta (mettre la référence) le rapproche de ce que l’historien G. L. Mosse désigne sous le nom de « culte des soldats tombés au combat (Cult of the Fallen Soldiers). On révère à Yasukuni tous les serviteurs de l’Etat, ce qui inclut les militaires disparus depuis le XIXe siècle jusqu’à 1945, mais aussi ceux décédés lors des opérations de « police intérieure » dans les colonies, les « héros » des guerres coloniales des uns, les oppresseurs des autres. En 1978, on y a même déplacé les cendres de criminels de guerre de classe A jugés au procès de Tokyo en 1946, c’est-à-dire les criminels coupables de crimes contre la paix, principalement les hautes sphères du pouvoir, les planificateurs de la guerre. Ce transfert est évidemment problématique pour les Chinois et les Coréens. Parmi eux, on trouve notamment Hideki Tojo, Premier ministre de l’Empire du Japon de 1941 à 1944 et l’un des principaux responsables des massacres de civils, prisonniers et autres atrocités commises pendant la guerre. Il fut condamné à mort par le Tribunal de Tokyo et exécuté en 1948.

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Visite de la Hitlerjugend en octobre 1938

Le sanctuaire n’est plus officiellement rattaché à l’État japonais depuis  la directive Shinto de 1945 qui entraîne la séparation de l’Église et de l’État. En effet, l’occupant américain transforma radicalement le régime politique japonais pour éviter un retour du militarisme. Ces efforts ont abouti à la Constitution de 1947, votée le 3 novembre 1946 et toujours en vigueur aujourd’hui, qui inscrit le pacifisme dans la culture du pays. Par son article 9 qui interdit l’usage de la force, le Japon renonce à la guerre. C’est ce même article que Shinzo Abe, le Premier ministre actuel, souhaite modifier. Cependant, la non-affiliation du sanctuaire à l’État japonais n’a pas empêché nombre de ses dirigeants de s’y rendre officieusement. Junichiro Koizumi, Premier ministre de 2001 à 2006, est l’un des visiteurs ayant provoqué le plus de polémiques en raison du contexte de ses visites, qui entraînent des crises diplomatiques avec la Chine.

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Le sanctuaire Yasukuni de nos jours

Son successeur Shinzo Abe ne l’a visité qu’une fois en 2012, non sans controverses. Le 15 août dernier, date anniversaire de la défaite japonaise de 1945, au moment même où la Corée du Sud célèbre sa libération du joug japonais, il envoie des offrandes au sanctuaire, faute de le visiter personnellement. Abe est lui-même affilié au très influent et ouvertement révisionniste lobby Nippon Kaigi, qui nie les crimes de guerre japonais. Le nouveau Prêtre en Chef du sanctuaire, Yasuhisa Tokugawa est un membre de son comité représentatif. Sans surprise, le musée du sanctuaire est lui aussi révisionniste et met en avant la conduite héroïque du Japon qui aurait repoussé l’impérialisme occidental pendant la guerre. Il est difficile de savoir si la vision dépeinte dans ce musée est partagée par une majorité de Japonais. On ne peut pas non plus assimiler tous les visiteurs de Yasukuni à des négationnistes car reposent dans ce sanctuaire aussi bien des criminels de guerre avérés que de simples soldats morts pour leur patrie. Chacun sait l’importance accordée au fait de se battre et mourir pour l’honneur de son pays au Japon. Le hara-kiri ou suicide rituel fait partie du Bushido, un ensemble de principes moraux que les samouraïs étaient tenus de respecter. Ces idées ont imprégné la culture japonaise, même après la disparition des samouraïs au XIXe siècle. Le hara-kiri est encore pratiqué par certains soldats en 1945. Le guerrier, face à la défaite, doit assumer ses responsabilités et payer de sa vie. Par exemple, Takijirō Ōnishi, un amiral de la Marine impériale durant la guerre et concepteur du corps des kamikazes commet le suicide rituel (seppuku) dans ses quartiers le 16 août 1945 à la suite de la capitulation inconditionnelle du Japon. Dans sa note de suicide il présente ses excuses auprès des quelque 4 000 pilotes qu’il a envoyés à la mort. Cette manière de penser est capitale pour comprendre les Japonais qui honorent le sacrifice de soldats tombés au combat, sans nécessairement émettre de jugement sur leurs actions.

Les crises des manuels scolaires

Sous l’impulsion des Américains, de nouveaux manuels d’histoire furent proposés en octobre 1946 afin de remplacer des textes jugés nationalistes. Cette orientation pacifiste de la politique éducative fut de courte durée, le programme scolaire est vite modifié par le Parti libéral démocrate (droite conservatrice). L’objectif des conservateurs était d’effacer toute allusion négative aux guerres modernes du Japon afin de pouvoir former une nation à nouveau mobilisable sous les drapeaux. L’image d’un Japon victime de la Seconde Guerre mondiale s’est rapidement imposée pour perdurer jusqu’à nos jours. Le contenu des manuels scolaires est aussi rapidement devenu un point de tension avec les pays voisins. La première crise autour des manuels scolaires éclate en 1982 suite à la demande du ministère japonais de l’Éducation de remplacer, dans les manuels d’histoire, certains termes, par exemple « invasion » par « avance » pour décrire le déclenchement de la guerre sino-japonaise. L’indignation de différents pays asiatiques entraîne la promesse de futures révisions par le gouvernement et l’apaisement du différend.

Une seconde crise éclate en 2001 alors que le Japon et la Corée du Sud préparent conjointement l’organisation de la coupe du monde de football. Le ministère de l’Éducation provoque à nouveau un scandale en autorisant l’utilisation d’un manuel rédigé par un groupe d’historiens révisionnistes, intitulé simplement Nouveau manuel d’histoire qui s’insurge contre ce qu’il considère comme une approche dominante « masochiste » de l’histoire, et aspire à inculquer aux jeunes Japonais un sentiment de fierté à l’égard de l’histoire moderne de leur pays. Cette polémique menace la tenue du Mondial mais elle retombe suite au faible taux d’adoption de l’ouvrage par les établissements scolaires japonais. Ces incidents surgissent épisodiquement dans les relations entre le Japon et ses voisins, provoqués par une tendance révisionniste au sein même des dirigeants du pays et qui n’est pas prête à s’inverser sous Shinzo Abe, fervent nationaliste. Aujourd’hui encore, de nombreux manuels scolaires japonais ne mentionnent ni le massacre de Nankin de 1937, ni le système d’esclavagisme sexuel de la guerre et revendiquent ouvertement la souveraineté japonaise sur les rochers de Liancourt. Dans cette région du monde, l’enseignement de l’histoire s’est transformé en un outil militant. Hiromichi Moteki, président de la Société pour la dissémination des faits historiques, un groupement d’extrême-droite et ancien professeur d’histoire déclare en parlant de la Corée : « Le Japon a dépensé tellement d’argent là-bas qu’on pourrait dire que ce sont les Coréens qui nous ont exploités ».

Au milieu de tant d’oppositions, les initiatives conjointes d’historiens japonais et sud-coréens ne pèsent pas bien lourd. On peut citer notamment le manuel « CJK » pour « China, Japan and Korea », conçu en 2005 par un collectif d’historiens des trois pays. Passant en revue tous les sujets évités par les manuels révisionnistes, il a connu un accueil réservé au Japon, aucune grande compagnie d’édition n’ayant voulu le publier.

En Corée du Sud

En Corée du Sud, le combat pour une plus grande reconnaissance des crimes commis par le Japon pendant la colonisation s’articule autour de la question des femmes de réconfort qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis plus de vingt ans. Le sort des Zainichi, les Coréens vivant au Japon mobilise également l’opinion publique coréenne contre le Japon. L’on peut mentionner en outre le conflit autour des revendications territoriales des rochers de Liancourt, à l’origine de nombreuses crises diplomatiques.

L’épineuse question des femmes de réconfort 

La question des femmes de réconfort a souvent été présentée comme le conflit qui encore aujourd’hui fait obstacle à une amélioration des relations entre les deux pays, tant le sujet est délicat. En effet, les femmes de réconfort désignent les jeunes femmes asiatiques et notamment coréennes qui furent utilisées par les soldats japonais pendant la seconde guerre mondiale comme esclaves sexuelles, au sein d’un système mis en place par l’armée japonaise. L’idée était de mettre des femmes à disposition des soldats pour ne pas voir se répéter les viols de masse commis à Nankin en 1937 qui avaient écorné l’image du Japon à l’international. On estime le nombre de femmes de réconfort abusées dans toute l’Asie entre 80 et 200 000. Sous l’occupation japonaise, la pauvreté rendait ces jeunes femmes vulnérables aux promesses de travail de l’occupant. Leur véritable sort ne fut connu qu’après la guerre. Or, même à ce moment-là, le sujet étant devenu tabou, bien peu de victimes prirent le risque de raconter leur calvaire.

Pendant un certain temps, le sujet ne fut par conséquent jamais complètement abordé publiquement, tant en Corée du Sud qu’au Japon. Pourtant, le temps ne suffit pas à faire oublier l’histoire de ces femmes. C’est justement le risque que leur cause soit oubliée avec leur mort qui poussa les dernières survivantes à s’exprimer pour demander la reconnaissance de la part du Japon de leurs souffrances. En 2011, des manifestants anti-japonais se sont rassemblés devant une statue près de l’ambassade du Japon à Séoul pour revendiquer le boycott de produits japonais. La montée des demandes de reconnaissance au sein de la population coréenne avait abouti à la signature d’un accord entre le gouvernement de Park Geun-hye, ancienne présidente de la Corée du Sud et celui de Shinzo Abe en 2015. Le Japon avait donc versé des réparations d’un montant de 9 millions de dollars aux 46 victimes encore en vie. Néanmoins, cet accord a été critiqué par l’opinion publique qui regretta l’absence d’excuses officielles et y vit un moyen d’acheter le silence des victimes.

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Rassemblement devant l’ambassade japonaise à Séoul, octobre 2012

Loin d’être réglée, la situation n’a fait qu’empirer. Le jour de l’anniversaire du dit accord, une nouvelle statue est érigée en opposition à Busan, la deuxième ville du pays, près du consulat japonais. Le gouvernement japonais demande sa destruction et devant le refus des autorités coréennes, fait rappeler certains de ses diplomates. Avec la destitution de la présidente Park pour corruption et l’élection de Moon Jae-in, le président actuel, la Corée du Sud s’empare du  sujet, alors même que la nature des faits constituait jusque-là un tabou dans ce pays conservateur aux profondes racines confucéennes.

Le jour historique de la capitulation du Japon, le 14 août est choisi comme jour de commémoration par la Corée en 2017. Ce regain d’intérêt pour la question s’explique par le fait que cet épisode, rappelant l’humiliation aux mains du régime japonais témoigne de l’essor du nationalisme coréen. La situation semble être arrivée à une impasse. D’un côté, le Japon est réticent à renouveler des excuses éternellement pour des actions commises par un régime il y a plus de 75 ans. De l’autre côté, la Corée du Sud renoue avec une période douloureuse de son histoire marquée par la domination d’autres puissances. L’identité du pays s’est inévitablement construite autour de ce statut de victime. Le fait que les autorités coréennes aient renoncé à des indemnisations par le traité de 1965 rend difficile pour la Corée d’aller de l’avant et d’oublier les douleurs causées par le Japon. La période coloniale a été utilisée pour développer l’imaginaire d’une nation qui s’est construite contre le Japon, ceci explique pourquoi ces questions sont encore si sensibles aujourd’hui. La réalité de la colonisation est considérablement moins manichéenne que celle présentée par les Coréens. Comme sous la France de Vichy, une partie de la population a rejoint la résistance tandis qu’une autre a collaboré avec l’occupant. La colonisation a permis d’industrialiser le territoire et de nombreux commerçants ont développé leurs affaires en coopération étroite avec le Japon.

De plus, concernant directement les femmes de réconfort, la réalité est aussi plus nuancée. Il est clair que des milliers de jeunes Coréennes ont été enlevées pour servir d’esclaves sexuelles dans un système organisé par l’armée japonaise. Néanmoins, le tabou que constitue leur sort venant à peine d’être levé, il est impensable en Corée d’évoquer le fait que parmi elles, certaines étaient des prostituées rémunérées par les Japonais. Enfin, bien que le Premier ministre Miyazawa Kiichi se soit déjà excusé précisément sur ce sujet au nom du Japon en 1992 et qu’un accord en 2015 ait indemnisé les survivantes, il semble qu’aux yeux des Coréens, le Japon ne réussisse jamais à suffisamment s’excuser. Selon le sondage de 2018 cité ci-dessus [1], 87% des Coréens pensent que le Japon devrait s’excuser à nouveau à propos des femmes de réconfort, alors que seuls 11% des Japonais sont d’accord avec cette affirmation.

Le sort des Zainichi

On appelle Zainichi (在日) les descendants de Coréens venus s’établir au Japon durant l’occupation et plus particulièrement durant la Seconde Guerre mondiale. Le terme signifie littéralement « qui reste au Japon ». Il peut désigner les étrangers au sens large mais il est surtout utilisé pour désigner les Coréens et leurs descendants, qui forment le groupe minoritaire le plus important dans la société japonaise.

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Chu Seong-hun / Yoshihiro Akiyama, star de MMA, Zainichi coréen de 4e génération. Il acquiert la nationalité japonaise en 2001.

On distingue également les oldcomers des newcomers (anciens et nouveaux arrivants) installés au Japon depuis les années 1980 : ils sont désormais 180 000 environ, pour le double de Zainichi. Les Zainichi ont subi historiquement et subissent encore aujourd’hui des discriminations liées au fait que la société japonaise promeut une définition mono-ethnique et homogène de sa nation. Les minorités ethniques et les immigrés, même de troisième ou quatrième génération, sont pour eux des étrangers, ce qui explique pourquoi seuls les citoyens de nationalité japonaise peuvent voter.

Les naturalisations sont très contrôlées. En 2013, elles ont été accordées à 0.5% des nouveaux venus contre, par exemple, 2,6 % en France. Les naturalisés sont à 43 % des Coréens. Les Coréens ont longtemps constitué les quatre cinquièmes des étrangers comptabilisés au Japon. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y avait environ 2,4 millions de Coréens au Japon, dont 93 % venaient du sud de la péninsule. La majorité d’entre eux a été rapatriée vers la Corée dans les mois suivant la guerre, tandis qu’environ 650 000 sont restés au Japon en 1946. En 1951, le Traité de San Francisco signé avec les États-Unis, par lequel s’achève la période d’occupation, fait formellement renoncer le Japon à toute revendication territoriale sur la péninsule coréenne. Le départ du colonisateur entraîne la déchéance de la citoyenneté japonaise des Coréens Zainichi, leur retirant leur droit de vote. En 1965, le traité de normalisation des relations diplomatiques avec la Corée du Sud leur donne le choix entre la nationalité nord ou sud-coréenne, tout en leur accordant un statut de résidents permanents. Ne pas posséder la nationalité japonaise entraînait et entraîne toujours de nombreuses discriminations : un accès aux soins et au logement difficile, pas d’aides du gouvernement, pas d’accès aux emplois publics…

Les Zainichi sont cantonnés aux quartiers les plus pauvres. Le simple accès au marché du travail s’est avéré difficile du fait des discriminations. De nombreux Coréens choisissent de se tourner vers l’entrepreneuriat, en démontre l’essor significatif des pachinkos [3] après-guerre, majoritairement tenus par des Coréens. Certains parviennent même à faire fortune dans le milieu du divertissement. Néanmoins, la vie n’est pas facile pour eux. Les Japonais ont tendance à considérer les Coréens comme des criminels, source de désordre et d’indiscipline, comme un « problème pour l’ordre public », terme hérité de la colonisation pour désigner les révoltes et réseaux de résistance. Jusqu’à la fin des années 1980, la police japonaise traitait les résidents coréens comme de potentiels délinquants. À partir des années 1990, les ressortissants de Corée du Nord devinrent la cible principale des suspicions, en raison de kidnappings de citoyens japonais perpétrés par des espions nord-coréens entre 1977 et 1983. Au XXIe siècle, les discriminations envers les Coréens sont moins prégnantes mais n’ont pas disparu. Elles se manifestent au grand jour via des groupuscules d’extrême-droite tels la Zaitokukai, « association des citoyens contre les privilèges spéciaux des Coréens du Japon », active sur Internet et à travers des manifestations anti-coréennes. Ces dernières ont diminué depuis le passage d’une loi sur les discours haineux le 3 juin 2016, même si le groupe compterait en 2016 plus de 15 000 membres.

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Manifestation de Zaitokukai à Tokyo en 2010

Le différend territorial des rochers de Liancourt

Les rochers de Liancourt, du nom du navire français Le Liancourt qui les découvrit en 1849, sont un minuscule archipel situé à mi-chemin entre le Japon et la Corée. Les Japonais appellent ces îles Takeshima, et les Coréens les nomment Dokdo. Les rochers sont actuellement sous souveraineté coréenne, mais font l’objet d’une revendication japonaise s’appuyant sur le fait qu’ils ne sont pas mentionnés dans le traité de paix de 1951. Le Japon affirme avoir contrôlé l’archipel durant des siècles, avant de l’incorporer à son territoire en 1905. Les Coréens rejettent cette argumentation, soutenant que leur pays a toujours gouverné ces îlots et que l’incorporation fut un acte illégitime accompli dans le contexte de l’impérialisme japonais de l’époque. Cette question est ainsi intimement liée à la vision et à l’interprétation de l’histoire moderne des relations nippo-coréennes. À ce jour, le différend territorial des rochers de Liancourt est toujours pendant, et la question ne cesse de hanter les relations bilatérales. À différentes occasions, les revendications de chaque pays ont mené à des incidents diplomatiques et à des rappels d’ambassadeurs. En 2012, la Corée du Sud a refusé la proposition japonaise de porter le différend devant la Cour internationale de justice.

Vous l’aurez sûrement constaté, les sujet sensibles entre les deux voisins sont légion, faute d’avoir été traités en temps voulu. Il est clair que le contexte d’après-guerre n’a pas permis de  faciliter la résolution des problèmes entre les deux pays. Néanmoins, ce statu quo a perduré en raison d’un manque de volonté des Américains de régler la question des réparations de guerre en 1951. Par la suite, en 1965, les Japonais ont fait preuve d’opportunisme en profitant de leur supériorité économique afin d’imposer leurs conditions au Coréens, pour qui la coopération avec le Japon s’avérait vitale.

Loin de s’apaiser avec le temps, ces tensions empêchent désormais toute forme de coopération durable entre les deux nations, alors que cette coopération est plus que nécessaire dans de nombreux domaines (sécurité, technologie) pour peser face à la Chine et aux États-Unis. Le regain de velléités militaires du Japon, par l’intermédiaire du projet de modification de la Constitution, n’est pas de bonne augure pour l’avenir des relations nippo-coréennes.

 

Maddalena Bianchi 

 

 

[1] Sondage de l’Asian Institute for Policy Studies, 14 octobre 2019

[2] UTSUMI Aiko, « Livret sur les réparations après-guerre », Nashikoni sha, 1994

[3] Le pachinko est un jeu très populaire au Japon, un croisement entre un flipper et une machine à sous. Les jeux d’argent sont interdits au Japon mais les pachinkos contournent cette régulation en permettant aux joueurs d’échanger les billes au comptoir contre des cadeaux spéciaux qui à leur tour peuvent être échangés contre du liquide dans des stands à proximité du salon de pachinko. Historiquement, ces activités étaient gérées par des yakuzas dans les limites de la légalité.

 

Bibliographie

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