Cap-Vert : un archipel assoiffé ?

La multiplication des catastrophes naturelles, cyclones, inondations, sécheresses ou encore séismes, est sans aucun doute l’une des manifestations les plus visibles et les plus dramatiques du changement climatique. Sixième point des Objectifs de développement durable regroupés dans l’Agenda 2030 adopté par les Nations Unies en 2015, l’eau tient une place centrale dans ces tragédies. La question de son accès, de sa répartition comme de sa bonne gestion recèle de nombreux enjeux humains et financiers, bien souvent non dénués d’arrières-pensées géopolitiques. Situées en périphérie des grands conflits liés à l’eau que l’on retrouve notamment au Moyen-Orient ou au Cachemire, les îles du Cap-Vert sont elles aussi directement affectées par la raréfaction de leurs ressources en eau. Présenté par le gouvernement cap-verdien comme une «plateforme» entre le Portugal, l’Afrique et le Brésil, cet archipel dispersé en dix îles volcaniques au milieu de l’Atlantique doit veiller en permanence à ses approvisionnements en eau. Continuer de lire Cap-Vert : un archipel assoiffé ?

Désenclaver l’Afrique des Grands Lacs – les défis de l’Afrique de l’Est

Rares sont les pays qui ne se sont pas construits autour des échanges maritimes et portuaires, sources, semble-t-il, inépuisables de commerce international et d’enrichissement national. Cependant, certains pays ne disposant d’aucun accès direct à la mer se sont bien constitués, formant ainsi des enclaves territoriales au sein de continents tout entiers. C’est le cas notamment de l’Ouganda, du Burundi et du Rwanda. Regroupés par une expression communément acceptée « d’Afrique des Grands Lacs », ces territoires d’Afrique centre-orientale, loin des mers et des océans, sont qualifiés d’interlacustres [1]. Rassemblés ainsi par une structuration géographique relativement abstraite, ces territoires « d’entre les lacs », bien que l’imaginaire collectif puisse parfois en faire une construction géographique fantasmée, sont pourtant des territoires aux situations géopolitiques extrêmement complexes.  Continuer de lire « Désenclaver l’Afrique des Grands Lacs – les défis de l’Afrique de l’Est »

L’Angola et les Luanda Leaks : chronique d’une fortune trop bien amassée

Pays lusophone d’Afrique australe grand comme deux fois la France, l’Angola attire traditionnellement peu les projecteurs des médias occidentaux. Jadis colonie esclavagiste du Portugal pendant quatre siècles (1575 – 1975), ce n’est qu’après les affres d’une intense guerre coloniale (1961 – 1974) que l’indépendance du pays est proclamée de haute lutte le 11 novembre 1975. Les Portugais partis, l’Angola devient un des théâtres de la … Continuer de lire L’Angola et les Luanda Leaks : chronique d’une fortune trop bien amassée

La défense européenne : à la croisée des chemins ?

La construction de la défense européenne est un processus long, qui a connu des hauts et des bas. C’est aussi un processus complexe, qui est une création née de l’harmonisation des volontés des différents États-membres qui constituent l’Union européenne, mais qui est aussi le fruit de l’influence des institutions de l’UE qui œuvrent auprès des États-membres pour sa réalisation. La défense européenne doit être distinguée de la défense de l’Europe, car elle implique la défense des États de l’Union européenne (UE) par leurs propres moyens, et non simplement la défense du continent européen. Ainsi, dans la construction d’une défense européenne, l’Union européenne est amenée à assurer, au-travers de l’action des États-membres, les moyens de sa défense contre les menaces extérieures. Il s’agit d’empêcher que celles-ci portent atteinte à la sécurité des citoyens de l’Union et l’intégrité des États-membres. La construction de la défense européenne, qui est un processus encore loin d’être achevé, vivait probablement dans la décennie 2010 des moments qui l’ont rendue plus forte mais aussi d’autres qui l’ont particulièrement chamboulée. Entre pas en avant et pas en arrière, où en est la défense européenne aujourd’hui ? Continuer de lire « La défense européenne : à la croisée des chemins ? »

Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ?

A l’occasion du 50e anniversaire de l’Union africaine (héritière de l’Organisation de l’unité africaine) en mai 2013, les dirigeants africains ont signé une déclaration qui réaffirmait le projet panafricain. C’est au titre de cette vision politique qu’a été adopté l’Agenda 2063, vaste programme de développement de l’Afrique sur une période de 50 ans. Parmi les « aspirations » de ce document, on retrouve la volonté d’une « Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable » et d’un « continent intégré » notamment par le biais d’infrastructures mondiales. L’UA en fait le pari : la coopération à toutes les échelles permettra de résoudre des défis communs à l’ensemble des pays du continent, tels que la modernisation des infrastructures, la garantie pour tous d’un accès aux ressources et à des énergies principalement renouvelables (ou produites selon cette logique), une croissance pérenne et équitable. Continuer de lire « Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ? »