Les conflits climatiques, quelle réalité ?

Dans son livre Effondrement paru en 2005, Jared Diamond analysait les facteurs qui ont pu conduire à l’effondrement de civilisations prospères dans l’histoire, et mettait notamment en avant le facteur du changement environnemental. Il invitait également à réfléchir sur les conséquences du changement climatique et à la manière dont réagissent nos sociétés.

On peut lire de plus en plus d’articles liant des conflits récents aux changements environnementaux, qui vont parfois jusqu’à exprimer une causalité presque directe entre le changement climatique et la survenue d’un conflit. Quel est l’état de la recherche scientifique sur le sujet ?
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La lutte du Rwanda contre les déchets plastiques, révélatrice de la présidence de Paul Kagamé

Ces dernières années, de nombreux pays ont instauré des législations ayant pour but de limiter la production et l’utilisation des sacs plastiques, comme la France, l’Italie, la Chine. Parmi les pays ayant adopté une politique similaire, quinze se situent en Afrique, mais le Rwanda fait figure d’exception. Le petit pays d’Afrique des Grands Lacs (légèrement moins étendu que la Bretagne) se distingue en effet par la précocité de son engagement, les premières mesures remontant à 2004. La rigueur et la fermeté du combat mené par le Rwanda contre le plastique n’est pas non plus anodine. Non seulement sont strictement interdits les sacs plastiques, mais l’ensemble des emballages plastiques l’est tout autant – à l’exception de ceux jugés indispensables à la conservation des produits, ainsi que ceux utilisés par l’industrie pharmaceutique et les hôpitaux. Continuer de lire « La lutte du Rwanda contre les déchets plastiques, révélatrice de la présidence de Paul Kagamé »

La culture russe contre l’ivresse du monde

« L’ivresse du monde est mortelle, et nous sommes pris vous et moi, chers amis, dans son tourbillon ». Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine (Евгений Онегин), 1833.

Dame Eiffel partage désormais le ciel avec les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité. Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe surplombe les quais de Seine depuis son inauguration, à l’automne dernier. L’édifice, appelé de ses vœux par le Président russe Vladimir Poutine, comprend, en plus de son église, un centre culturel, une maison paroissiale et son auditorium, une école bilingue franco-russe, et les bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie. En ce sens, il s’inscrit pleinement dans le processus de revalorisation de l’héritage russe entériné par le Kremlin à l’aube du 21ème siècle, et impliquant à la fois politique, culture et religion. Depuis la disparition de l’Union Soviétique en effet, les élites dirigeantes russes s’efforcent non seulement de forger une identité culturelle propre à leur pays, mais aussi d’en user comme levier d’influence et d’attraction à l’étranger.  Cette constitution d’un soft-power russe va de pair avec une opposition à l’Ouest toujours plus affirmée sous la présidence de Vladimir Poutine (1). C’est ainsi qu’au beau milieu du tumulte de la crise ukrainienne ont été divulguées les grandes lignes d’une nouvelle politique culturelle russe fondée sur les valeurs différenciant la Russie et l’Occident (2). Vladimir Medinski (3) d’ajouter, lors d’une interview au journal Kommersant : « La Russie sera peut-être l’un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne » (4).  Retour sur la construction d’une croisade, celle de la culture russe contre l’ivresse du monde.                                              Continuer de lire « La culture russe contre l’ivresse du monde »

La Russie et les Occidentaux depuis 1991

Entre le 9 novembre 1989, qui voit le mur de Berlin céder, et le 25 décembre 1991, date qui marque la fin de l’URSS, l’ordre mondial structuré en deux blocs, figé par la Guerre froide pendant près de 45 ans, disparaît. Le bloc soviétique implose: d’une part, les pays satellites d’Europe de l’Est regagnent leur indépendance et d’autre part, l’Union soviétique se délite sous l’emprise de tensions politiques, économiques et sociales. Quinze Etats naissent, dont la Fédération de Russie et se rassemblent dans une nouvelle communauté, la CEI[1]. La Russie, héritière de l’Empire russe et de l’URSS, s’étend depuis 1991 sur plus de 17 millions de km2, de l’Europe à l’Extrême-Orient, et dispose d’importantes ressources naturelles ainsi que d’une population multiethnique mais vieillissante. Après la chute de l’URSS, la Russie se retrouve face à des défis colossaux : elle doit régénérer son économie, choisir un nouveau système politique, redéfinir son identité nationale et son positionnement international. Continuer de lire « La Russie et les Occidentaux depuis 1991 »

Les médias en Russie et la réalité alternative

Syrie, Ukraine, vol de la Malaysia Airlines, voici quelques exemples de batailles de réalité entre les médias russes et les médias dits occidentaux. Dès lors que la Fédération de Russie est impliquée dans un événement international, il semble que le corps médiatique russe vive dans un monde différent du reste du monde. Pourtant, les journalistes russes font le même métier que les autres, ont accès aux mêmes informations et sont supposés avoir la même déontologie. S’il paraît facile de voir dans leurs affirmations le relai du discours officiel de Moscou, si nous avons le droit de questionner leur intégrité, il n’est pas possible d’affirmer ou d’infirmer un tel lien sans preuves.

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