François : pape et diplomate

En 2014, Barack Obama et Raul Castro officialisent le rapprochement historique entre leur deux pays et en profitent pour remercier le pape François pour sa médiation cruciale. L’année suivante, en pleine campagne présidentielle, le désormais président des Philippines Rodrigo Duterte, a qualifié le souverain pontife de « fils de pute » pour avoir créé des bouchons lors d’une visite. Enfin, en 2017, le pape François, déjà lauréat du prix Charlemagne qui récompense « la contribution la plus précieuse pour l’entente en Europe » [1], réunit dans la chapelle Sixtine les chefs d’État de toute l’Union Européenne à l’occasion du soixantième anniversaire du traité de Rome. Trois années, trois problématiques et trois espaces différents mais pourtant un point commun : le pape François apparaît ici davantage comme un chef d’État rompu à la pratique diplomatique que comme un guide spirituel. Continuer de lire « François : pape et diplomate »

«A Amazônia é nossa» : la vision de l’Amazonie dans la pensée politique brésilienne

Le sommet du G7 qui s’est tenu à Biarritz les 24-26 août derniers aura été le théâtre d’une vive passe d’armes diplomatique entre la France et le Brésil. Accusé d’avoir manqué à ses engagements en faveur du climat par Emmanuel Macron alors que la forêt amazonienne était en proie à des incendies gigantesques (1), Jair Bolsonaro n’a pas tardé à fustiger le néocolonialisme européen, arguant que l’Amazonie est une question relevant de la politique intérieure brésilienne. Doit-on conclure avec lui, que la France, qui partage avec le Brésil 730 km de frontières communes formées par l’Amazonie via la Guyane française n’a pas voix au chapitre ? Peut-on reprocher à Emmanuel Macron son «ingérence climatique» ou bien le dossier amazonien mérite-t-il, au contraire, d’être internationalisé ?

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Le Libéria de George Weah – combattre (pour) la corruption et la démocratie ?

« Le football est un jeu simple. Vingt-deux joueurs courent après un ballon pendant 90 minutes, et à la fin… » on devient président du Libéria. Oui, les Allemands gagnent d’habitude, mais ce n’est pas ce que George Weah a retenu de la citation iconique de Gary Lineker. La superstar du ballon rond des années 1990 est aujourd’hui le second chef d’État démocratiquement élu du Libéria (au XXIe siècle), un poste très difficile à occuper dans un des pays africains les plus ravagés par les guerres civiles, les coups d’État, la pauvreté et la corruption. Son élection en 2017 a été marquée par un désir de renouvellement démocratique au sein du pays. 

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George Weah and Liberia – fighting (for) corruption and democracy?

“Football is a simple game. Twenty-two men chase a ball for 90 minutes and at the end…” you become president of Liberia. Yes, the Germans usually win, but this is not what George Weah took from Gary Lineker’s famous quote. The 1990’s football superstar is now Liberia’s second democratically elected head of State (after the wars), an incredibly hard position to hold in one of Africa’s most war-torn countries. His election in 2017 was stamped by the want for a renewed democracy in a country ravaged by civil wars, political coups, poverty and corruption. Continuer de lire « George Weah and Liberia – fighting (for) corruption and democracy? »

Wagner : des mercenaires sans noms ni insignes à la solde du Kremlin

À l’été 2019, alors qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se rencontraient au Fort de Brégançon, nombreux ont été ceux qui ont souligné le revirement russe de la politique étrangère française. Pourtant, quelques mois plus tôt, en janvier 2019, le Ministre français de l’Europe et des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian condamnait fermement les pratiques « antifrançaises » des mercenaires russes en République Centrafricaine. « Ce n’est pas vraiment l’armée [mais] des supplétifs qui agissent sous l’autorité d’un Monsieur qui s’appelle M. Prigozhin… Si M. Prigozhin m’entend au-delà de cette salle, qu’il sache qu’on le connaît bien », menaçait Jean-Yves le Drian dénonçant l’implantation de Wagner sur le continent africain. 

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