Élections en Suède. La droite populiste, fleur bleue aux racines néo-nazies

 

    Comme à chaque meeting, ce sont de multiples pancartes « Heja Jimmie » (« Aller Jimmie ») et des drapeaux suédois qui accueillent Jimmie Åkesson, le jeune leader des Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna, SD), après leur nouvelle percée aux élections générales [1] du 9 septembre 2018. Le parti populiste anti-immigration a remporté 17,5 % des suffrages. Son ascension fulgurante depuis son entrée au Parlement en 2010 bouleverse le paysage politique du pays et témoigne de l’effritement de la social-démocratie, pilier de la construction de l’Etat social.

    La stratégie d’assainissement des Démocrates de Suède ces dernières années semble porter ses fruits. Le signe le plus visible est sans doute le changement de logo du parti en 2006. L’ancienne torche enflammée a été remplacée par une innocente anémone bleue aux pistils jaunes, les couleurs du drapeau suédois. Ces retouches ont néanmoins une motivation certaine : dissimuler un héritage politique qui puise ses racines dans des mouvements néo-nazis.

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“If I Die in a Combat Zone”: a personal account of the Vietnam War

Can the foot soldier teach anything important about war, merely for having been there? I think not. He can tell war stories.

        2018 is a year charged with political symbolism. It marks not only the 50th anniversary of May 1968 in France, but also one of the major events of the Vietnam War: the Tet Offensive, a series of North Vietnamese surprise attacks against South Vietnamese and U.S troops. The offensive is identified as the moment that turned U.S public opinion against the war effort, even though the conflict only officially ended in 1975.

It was in this context that American novelist Tim O’Brien was drafted to serve his country in the summer of 1968. His experience as a foot soldier in Vietnam served as a leitmotiv for most of his works, such as “If I Die in a Combat Zone”, first published in 1973. Through the 23 chapters of the book, we take on the author’s journey from a small town in Minnesota until his final days of military service in the Vietnam War. Continuer de lire « “If I Die in a Combat Zone”: a personal account of the Vietnam War »

La « rééducation » des minorités religieuses du Xinjiang : absorption du terrorisme ou dernière étape d’effacement d’une culture ?

Danses, sports et rires : c’est une clameur joyeuse qui se dégage de l’unique vidéo enregistrée au sein d’un camp de « rééducation » des populations musulmanes de la région chinoise du Xinjiang, mise en ligne il y a deux semaines par Hu Xijin[1]. Depuis un mois, l’existence prouvée de ces infrastructures fait frémir la communauté internationale et un tel enregistrement aurait dû soulager. Toutefois, cette vidéo pourrait ne pas refléter l’expérience quotidienne des détenus : Hu Xijin n’est autre que l’éditeur du Global Times, journal d’État aux mains du Parti communiste chinois (PCC). C’est ce même journal qui rapportait au mois d’octobre la parole officielle du gouvernement : « Les programmes d’éducation au Xinjiang améliorent les opportunités de vie des apprentis et des familles. » Si certaines autorités internationales ont réclamé, sans succès, l’autorisation de visiter elles-mêmes ces camps, nombre d’organisations et de think tanks ont lancé leurs propres recherches.  Continuer de lire « La « rééducation » des minorités religieuses du Xinjiang : absorption du terrorisme ou dernière étape d’effacement d’une culture ? »

Extrême droite en Europe : la fin de l’exception espagnole ?

Le 7 octobre 2018, le parti Vox de Santiago Abascal  a organisé un grand meeting réunissant plus de 10 000 personnes à Madrid. Les idées qu’il véhicule sont assez classiques des partis européens  d’extrême droite : discours europhobes, opposition à l’immigration, renouvellement de la classe politique, lutte contre la corruption ainsi que nationalisme . La crise économique qui a très lourdement frappé l’Espagne en 2011, ainsi que l’accueil de 40 000 migrants depuis le début de l’année expliquent cette popularité nouvelle de ce parti, dont la création remonte à 2013.  Pourtant Vox est un ovni dans le paysage politique espagnol, et ce pour deux raisons : le fait qu’il soit d’extrême droite et son discours centraliste.
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L’Italie, son budget 2019 et l’avenir de l’Europe

La crise que traverse actuellement l’Italie prend racine il y a environ vingt ans, avec l’adoption de l’euro. Crise économique et politique, elle met aujourd’hui l’Europe face à ses propres contradictions et invite à étudier de plus près les arguments des partis en présence.

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