Classe Internationale

Votre revue d'analyse internationale

La « guerre hybride » (3/4) : la seconde guerre du Liban (2006), le parfait exemple d’un « conflit hybride » ?

Classe Internationale continue sa série sur la « guerre hybride », et vous propose aujourd’hui d’explorer le déroulement de la Seconde Guerre du Liban, souvent présentée comme l’archétype d’un conflit « hybride ». Le conflit s’est déroulé entre le 12 juillet et le 14 août 2006. Elle fut déclenchée à la suite d’une attaque de militants armés du Hezbollah sur une patrouille israélienne, près de la ville de Zarit située le long de la frontière séparant Israël du Liban, au matin du 12 juillet. La patrouille était formée de réservistes appartenant à la 300ème Brigade de réserve de la 91ème division. À l’issue de l’attaque, deux réservistes de Tsahal (les forces armées israéliennes) sont capturés et la mort de trois autres est à déplorer. L’attaque, très violente, a été conduite au moyen de missiles antichars. Deux heures après, la patrouille envoyée sur le lieu de l’attaque subit le même sort ; cinq soldats y perdent la vie. Au total, Tsahal perdit huit hommes en une seule journée. Persuadées de la puissance de leur outil de combat aérien, les forces armées israéliennes sont structurellement déséquilibrées en 2006, lorsqu’elles affrontent le Hezbollah, acteur politico-militaire résilient et évolutif.

Quelle place pour l’action humanitaire dans le cadre du terrorisme d’État ?

Quand la raison d’État est poussée à l’extrême : répressions et privations de libertés des Ouïghours en Chine

A contrario de ce que les attentats ayant bouleversé la fin du XXe siècle et le début du XXIe ont pu montré, la notion de terrorisme est intrinsèquement liée à une pratique étatique française. En se gardant de toute lecture partisane, il apparaît que le terrorisme était un instrument de gouvernement utilisé par le Comité de Salut Public révolutionnaire pendant la période de la Terreur, allant de 1793 à 1794. Les exécutions et emprisonnements arbitraires de citoyens perçus comme contre-révolutionnaires par le pouvoir a entraîné la routinisation de certaines exactions meurtrières commanditées par l’État révolutionnaire français dans un objectif d’imposition de légitimité d’un nouveau pouvoir politique au peuple. Si le terrorisme est, d’après Raymond Aron, une action violente dont les «effets psychologiques sont hors de proportion avec ses résultats purement physiques », on comprend dès lors pourquoi les actes terroristes sont un mode opératoire privilégié : ceux-ci marquent fortement les esprits en suscitant de forts émois instaurant un climat de peur et facilitant des manœuvres politiques facilitant la neutralisation de l’opinion des populations.

Le regain d’intérêt des États-Unis pour l’Arctique

Peut-on parler d’un regain d’intérêt des États-Unis pour l’Arctique ?

L’océan Arctique, qui occupe toute la partie centrale du nord du globe, couvre environ quatorze millions de km², soit plus de cinq fois la mer Méditerranée. Cet espace gigantesque, riche de ressources, reste cependant encore difficilement accessible et relativement méconnu. Mais le réchauffement climatique, plus rapide encore aux pôles que dans le reste du monde [1], bouscule l’échiquier géopolitique et permet aux puissances riveraines d’investir progressivement la région.

Ngungunyane : un roi mozambicain aux Açores

Les vainqueurs « oublient » souvent les perdants de l’Histoire qu’ils s’évertuent à réduire au silence. L’histoire de Ngungunyane et de ses compagnons d’infortune n’échappe pas à cette règle. Roi mozambicain qui a eu le tort de s’opposer aux Portugais venus s’approprier son royaume à la fin du XIXème siècle, le « lion de Gaza », surnom qu’il tire de son royaume éponyme au sud du Mozambique actuel, aura suivi une trajectoire étonnante le conduisant jusqu’à l’archipel des Açores. Plus d’un siècle après sa disparition, si le Portugal conserve les traces de son exil, le destin tragique de Ngungunyane est toujours bien vivant dans la mémoire collective mozambicaine.

A global democratic recess: legally undermining democracy

The plummeting confidence in representative democracy is a challenge that many countries will have to face in the twenty-first century. What seemed to be a century of democratic splendor in its very beginning, seems now to have become one of those moments in history in which predictability becomes a goal one could only dream to achieve.

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