Cartographier la politique étrangère américaine avec Henry Kissinger

« Les morts gouvernent les vivants » écrit Auguste Comte, et Henry Kissinger se charge à juste titre de nous le rappeler. A l’heure du crépuscule du système international uni-multipolaire (1) , un retour historique sur la politique étrangère américaine s’impose, non pas pour en tirer mécaniquement les évolutions futures, mais pour comprendre les racines intellectuelles des choix passés, pour mieux circonscrire les ré-interprétations futures de l’exceptionnalisme américain, déjà enclenchées par Donald Trump. Bien qu’imprévisible dans ses choix, d’un isolationnisme de campagne à un interventionnisme unilatéral (en Iran, au Venezuela), parfois même une synthèse des deux (guerre commerciale avec la Chine) le Président américain s’en tient à ce qu’il peut tirer du corpus culturel américain : n’est pensé, puis mis en œuvre, que ce qui est pensable. Continuer de lire « Cartographier la politique étrangère américaine avec Henry Kissinger »

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L’Insoutenable légèreté de l’être: un tableau de l’histoire tchécoslovaque par Milan Kundera ?

L’Insoutenable légèreté de l’être, roman publié en 1984, a très souvent été analysé sous un angle philosophique et littéraire : Milan Kundera lui-même se défend d’y dénoncer une réalité historique. Toutefois, il plonge ses personnages dans une histoire inspirée de la sienne, dans un contexte qu’il a connu, qui a marqué l’histoire tchécoslovaque et qu’il est intéressant d’analyser. Continuer de lire « L’Insoutenable légèreté de l’être: un tableau de l’histoire tchécoslovaque par Milan Kundera ? »

Le système politique chinois, un nouvel équilibre autoritaire. Jean-Pierre Cabestan

 

Le système politique chinois, publié en 2014, est un ouvrage de science politique écrit par Jean-Pierre Cabestan, sinologue, professeur et directeur du département de science politique de l’université baptiste de Hong-Kong, chercheur associé à l’Asia Centre de Paris et directeur de recherche au CNRS. Ce livre réalise une synthèse sur le système politique chinois et émet plusieurs hypothèses sur son articulation avec la société. La première postule que les transformations économiques et sociales de la Chine ont progressivement corrompu son système politique. La seconde est que le système politique chinois actuel peut être défini selon la catégorie déterminée par Samuel Huntington d’« Etat de parti unique établi » dans lequel le Parti Communiste Chinois (PCC) est parvenu à mettre en place un « nouvel équilibre autoritaire ». A partir de l’analyse de ce nouvel équilibre autoritaire, JP Cabestan formule l’hypothèse d’un « continuum dégradé », c’est-à-dire l’hypothèse d’une continuité entre Etat et Société qui est de plus en plus friable car mouvante et contestée selon différents types de relations entre pouvoir, pouvoir et société, structures et rapports sociaux. Continuer de lire « Le système politique chinois, un nouvel équilibre autoritaire. Jean-Pierre Cabestan »

“If I Die in a Combat Zone”: a personal account of the Vietnam War

Can the foot soldier teach anything important about war, merely for having been there? I think not. He can tell war stories.

        2018 is a year charged with political symbolism. It marks not only the 50th anniversary of May 1968 in France, but also one of the major events of the Vietnam War: the Tet Offensive, a series of North Vietnamese surprise attacks against South Vietnamese and U.S troops. The offensive is identified as the moment that turned U.S public opinion against the war effort, even though the conflict only officially ended in 1975.

It was in this context that American novelist Tim O’Brien was drafted to serve his country in the summer of 1968. His experience as a foot soldier in Vietnam served as a leitmotiv for most of his works, such as “If I Die in a Combat Zone”, first published in 1973. Through the 23 chapters of the book, we take on the author’s journey from a small town in Minnesota until his final days of military service in the Vietnam War. Continuer de lire « “If I Die in a Combat Zone”: a personal account of the Vietnam War »

Russie, l’envers du pouvoir

Marie Mendras est politologue au CNRS et au Centre d’Etudes et de Recherches Internationales (CERI). Elle est également professeure à Sciences Po Paris où elle enseigne la politique étrangère russe au sein de la Paris School of International Affairs (PSIA).

Elle a été jusqu’en 1991 consultante au Centre d’Analyse et de Prévision du Ministère des Affaires Étrangères, puis de 1992 à 1998 consultante à la délégation aux Affaires Stratégiques du Ministère de la Défense. Cela lui a permis de nouer des liens avec des responsables politiques russes, des membres des élites, dont les témoignages font la richesse de ses recherches. Elle étudie ainsi le système politique russe, les élites et la société dans Russie l’envers du pouvoir, publié en 2008, après l’ « élection » de Medvedev aux présidentielles. Cette recherche a été complétée par la publication de Russian Politics. The Paradox of a Weak State en 2012.

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