Covid-19 et relations internationales

 Il n’est pas exagéré de dire que la crise sanitaire que le monde traverse depuis début 2020 est la plus importante de ces trois dernières générations. Si elle a d’ores et déjà des répercussions flagrantes sur le quotidien des populations, il est également très probable qu’elle en ait sur les moyens et longs termes. Dans une période durant laquelle on pourrait s’attendre à plus de coopération entre les pays, finalement, ce sont souvent les rivalités qui continuent de prendre le dessus. Le début de l’année 2020 est donc particulièrement riche en données permettant l’analyse et la prospection en matière de relations internationales. Par ailleurs, cette pandémie se prête particulièrement bien à l’étude des effets politiques d’un facteur géographique, un virus dans le cas présent, autrement dit à l’analyse géopolitique.

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Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ?

A l’occasion du 50e anniversaire de l’Union africaine (héritière de l’Organisation de l’unité africaine) en mai 2013, les dirigeants africains ont signé une déclaration qui réaffirmait le projet panafricain. C’est au titre de cette vision politique qu’a été adopté l’Agenda 2063, vaste programme de développement de l’Afrique sur une période de 50 ans. Parmi les « aspirations » de ce document, on retrouve la volonté d’une « Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable » et d’un « continent intégré » notamment par le biais d’infrastructures mondiales. L’UA en fait le pari : la coopération à toutes les échelles permettra de résoudre des défis communs à l’ensemble des pays du continent, tels que la modernisation des infrastructures, la garantie pour tous d’un accès aux ressources et à des énergies principalement renouvelables (ou produites selon cette logique), une croissance pérenne et équitable. Continuer de lire « Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ? »

La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989)

L’auteur et spécialiste de l’Afghanistan Michael Barry décrit d’une façon intéressante la capacité de résistance et de résilience de ce pays parfois dénommé Yâghestân, c’est-à-dire le “pays de l’insolence”. Il serait comparable à une motte de terre sèche dont une puissance voudrait se saisir (puissance qui fut successivement l’empire perse, moghol, britannique et enfin soviétique). Alors que cette motte de terre semble relativement bien constituée, il suffit que ladite puissance ne l’enserre un peu trop fermement dans sa main pour qu’elle s’effrite entièrement et lui glisse entre les doigts. Continuer de lire « La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989) »

L’archipel du Svalbard, vitrine des conflits géopolitiques en Arctique

Dans un entretien donné à High North News en janvier 2020, l’écrivain norvégien Per Arne Totland souligne que l’importance stratégique du Svalbard est plus grande que jamais depuis la signature du traité qui y a trait il y a exactement 100 ans. Cela met en évidence un regain d’intérêt récent pour cet archipel situé dans l’océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, la terre de François-Joseph à l’est et l’Europe au sud. Ce territoire est sous souveraineté norvégienne depuis 1920, date de la signature du traité du Svalbard, qui lui donne un statut juridique, mettant fin au régime de terra nullius (1) qui le définissait jusqu’alors. Malgré la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de la Norvège sur cette région, le traité définit une originalité sans précédent : l’internationalisation partielle du Svalbard, dont l’interprétation va être au fondement de nombreuses tensions.

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Génocide des « Rohingyas » au Myanmar : du conflit de classe au conflit ethnique

Le 10 décembre 2019, soit 20 ans jour pour jour après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte contre la junte militaire en Birmanie, Aung San Suu Kyi, Conseillère d’État du Myanmar, a été auditionnée par la Cour Internationale de justice à la Haye pour les actes génocidaires commis dans son pays contre les « Rohingyas » ayant causés la mort de près de 7000 personnes et le déplacement d’1,1 million d’autres, notamment en direction du Bangladesh. La Birmanie, renommée Myanmar par la junte militaire, est un pays-passerelle entre la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Bangladesh et l’Inde qui abrite 150 millions de groupes ethnolinguistiques et dont 90% de la population est bouddhiste (1). Continuer de lire « Génocide des « Rohingyas » au Myanmar : du conflit de classe au conflit ethnique »