2020. L’année qui a bouleversé les États-Unis – Épisode 3 : L’élection présidentielle, un enjeu politique qui cristallise les tensions et met en lumière deux Amériques irréconciliables.

2020. L’année qui a bouleversé les États-Unis – Épisode 3 : L’élection présidentielle, un enjeu politique qui cristallise les tensions et met en lumière deux Amériques irréconciliables.

Nous y sommes ! Voilà déjà quatre ans que Donald Trump est arrivé, contre toute attente, à la Maison-Blanche. Quatre ans d’une présidence confuse et agitée au rythme des frasques d’un président qui n’a jamais vraiment pris la mesure de sa fonction et de ses responsabilités. Quatre ans durant lesquels le milliardaire américain a suscité plus de peur que d’espoir aussi bien aux États-Unis qu’à travers le monde. Après quatre années de tumultes, voilà déjà que l’heure de rendre des comptes est arrivée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bilan du 45e président américain est loin d’être reluisant. Une économie en berne, une gestion chaotique de la crise sanitaire, une société plus divisée que jamais, une politique étrangère en lambeau sans oublier le procès en destitution, les tweets et les scandales à répétition – accusations d’agressions sexuelles, refus de publier ses feuilles d’impôt, ingérence russe dans la campagne de 2016, polémique de Charlottesville. Autant d’affaires qui ont fait couler beaucoup d’encre et entacher quasi quotidiennement ces quatre années de gouvernance.

Le 3 novembre prochain, les Américains seront appelés aux urnes pour choisir leur prochain président. Reconduiront-ils le très contesté Donald Trump dans ses fonctions ou opteront-ils pour le choix de la raison incarné par Joe Biden ? Le mystère reste entier à quelques jours du scrutin. Même si le candidat démocrate conserve une longueur d’avance de près de 10 points dans les intentions de vote et devrait remporter les États-clés, Donald Trump a lui-même démontré que les sondages n’étaient pas toujours fiables, lui qui était donné perdant face à Hillary Clinton en 2016. Quoi qu’il en soit, cette élection 2020 restera unique dans l’histoire de la politique américaine, et ce pour plusieurs raisons. Elle met tout d’abord aux prises les deux plus vieux candidats – Donald Trump est âgé de 74 ans, Joe Biden, lui, de 77 ans. Elle se déroule ensuite dans un contexte sanitaire extrêmement pesant qui est devenu le sujet numéro un de la campagne, les États-Unis étant le pays le plus touché dans le monde par la pandémie de coronavirus avec plus de 230 000 morts. Enfin, elle n’a jamais suscité autant de division dans la société américaine, déjà fracturée sur la question raciale, les violences policières et la crise du coronavirus. Retour sur cette présidence hors norme et sur les enjeux de l’élection présidentielle à venir, entre nécessité de redorer un blason entaché et devoir de reconstruire une nation déchirée.

  • Le bilan politique bien terne de Donald Trump

Le 20 janvier 2017, lors de son discours d’investiture, Donald Trump déclarait avec un ton apocalyptique « le bain de sang s’arrête ici et maintenant ». Durant sa campagne, il promettait de s’attaquer aux flux migratoires, au libre-échange mondial et à l’establishment de Washington. Force est de constater qu’il ne reste, quatre ans plus tard, que les flux incessants de tweets, les scandales et une polarisation politique et sociale poussée à l’extrême. Cet écran de fumée de controverses masque de nombreuses promesses non tenues, mais aussi toute une série de réalisations.

Donald Trump a d’abord mené une révolution judiciaire. Il s’agit certainement de son plus grand héritage. Il a nommé depuis le début de son mandat 218 juges fédéraux à travers tout le pays. À l’exception de Jimmy Carter, aucun autre président n’a fait mieux en quatre ans depuis la Seconde Guerre mondiale. Ces juges, qui sont dans la très grande majorité des hommes blancs, ont été sélectionnés pour leurs orientations conservatrices sur les plans économique, social et religieux. Compte-tenu de leur nomination à vie, bien qu’ils puissent aussi être destitués par la Chambre des représentants dans le cas où ils enfreindraient la loi, ces juges pourront ainsi défendre pendant des décennies les valeurs conservatrices du programme républicain et revenir sans doute sur certaines avancées sociales majeures telles que le droit à l’avortement, légal sur l’ensemble du territoire américain depuis l’arrêt Roe v. Wade de 1973. Ce risque est d’autant plus probable que Donald Trump a également nommé trois juges conservateurs à la Cour Suprême – Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett. Aucun président depuis Richard Nixon n’avait autant marqué de son empreinte la plus haute juridiction des États-Unis.

Donald Trump n’a ensuite cessé de vanter ses prouesses en matière d’économie. En novembre 2018, ce dernier déclarait : « Nous avons désormais l’économie la plus florissante du monde ». À sa décharge, il est vrai que l’économie américaine ne s’était pas aussi bien portée depuis des décennies. Les démocrates eux-mêmes avaient du mal à le nier. En 2019, le taux de chômage était descendu au plus bas depuis cinquante ans (3,5% de la population active), y compris pour les Afro-Américains. Le taux de pauvreté n’avait jamais été aussi faible depuis les années 1960 (10,5% de la population). La croissance économique, quant à elle, se maintenait durablement entre 2 et 3%. Certes, Donald Trump n’est pas à l’origine de cette réussite et a hérité d’une situation déjà très prospère sous Barack Obama. Néanmoins, sa politique économique protectionniste et sa réforme fiscale ont permis de soutenir le pouvoir d’achat des ménages tout en contribuant à jouer sur la profitabilité des entreprises américaines, ce qui a favorisé l’investissement, la demande et donc permis à l’activité économique de s’accroître sur le sol américain. Mais voilà, cette prospérité économique dont Donald Trump se targuait d’être l’architecte a volé en éclats en 2020, quand l’épidémie de coronavirus a frappé les États-Unis. Même si la FED a inondé l’économie de liquidités pour éviter les faillites dès le mois de mars, la crise sanitaire a perduré, accentuée par la volonté du président et des élus républicains de relancer l’économie à marche forcée. Le choix insensé de ne pas endiguer la maladie a eu un effet contre-productif sur l’économie. Les experts annoncent que des licenciements massifs sont à venir, notamment dans le tourisme et l’aérien, et prévoient la fermeture des petits commerces et la faillite de certaines collectivités locales qui, du fait de l’absence de réponse fédérale coordonnée pendant cette crise, ont dû orienter leurs dépenses vers les secteurs de la santé, conduisant à la fermeture prochaine de services sociaux et d’écoles. À la veille de l’élection présidentielle, le taux de chômage s’élève à 7,9% de la population active alors qu’il était huit mois plus tôt de 3,5%. Donald Trump perd ainsi l’un de ses arguments de campagne les plus solides : son bilan économique.

Il faut dire que les performances économiques évoquées ci-dessus se sont faites au détriment d’un déficit budgétaire insoutenable, avoisinant les 5% du produit intérieur brut, et d’une dette publique atteignant les 22 000 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB des États-Unis, en 2019. Ce sont les cadeaux fiscaux faits aux ménages les plus aisés et aux entreprises qui expliquent en grande partie cette augmentation de la dette, estimée à plus de 3 000 milliards de dollars en trois ans. Cette réforme fiscale, qualifiée de réforme anti-État social par ses détracteurs, n’a d’ailleurs eu aucune visée redistributrice et n’a absolument pas corrigé les inégalités. Les 1% les plus riches ont économisé 60 milliards de dollars d’impôts en 2019 tandis que les 22,5% de la population touchant moins de 20 000 dollars par an verront leur impôts baisser de seulement 2,2 milliards de dollars. Si les effets négatifs de ces mesures ne sont pas immédiats, soyez sûrs qu’ils le seront dans le futur. Cela va contribuer à accroître les inégalités de revenus mais aussi les inégalités de patrimoine car on assiste depuis 2016 à une envolée des prix des actifs et des cours boursiers aux États-Unis, ce qui profite aux ménages les plus aisés. Ces inégalités vont s’ajouter aux nombreuses autres que Donald Trump n’a pas manqué de creuser, notamment celles concernant l’accès aux soins. En effet, les républicains ont en grande partie démantelé l’Obamacare, la loi de protection sociale mis en place sous Barack Obama. Les Américains n’ont désormais plus l’obligation légale de souscrire à une assurance santé. Cette décision défavorise ainsi les pauvres qui ont été les plus touchés par la crise du coronavirus, alors que les plus aisés avaient, eux, les moyens de s’assurer.

En matière d’immigration, le bilan de Donald Trump est, là aussi, en demi-teinte par rapport aux engagements qu’il avait pris durant sa campagne en 2016. Le nombre d’arrestations à la frontière mexicaine a sans surprise grimpé en flèche – plus de 900 000 en 2019. Cependant, le discours radical du président a découragé bon nombre de candidats à la migration et fait baisser drastiquement le nombre de migrants illégaux aux États-Unis. En 2018, il n’a pas hésité à envoyer l’armée à la frontière mexicaine et séparer de leurs parents des enfants mineurs entrés illégalement dans le pays. Des images choquantes d’enfants en pleurs derrière des barreaux ont provoqué d’énormes protestations aux États-Unis poussant Donald Trump à faire marche arrière. Pour autant, le nombre d’expulsions a continué d’augmenter chaque année, même si les chiffres sont encore loin d’atteindre ceux de son prédécesseur démocrate Barack Obama, dont l’administration a expulsé près de 2,5 millions de migrants clandestins. De plus, Donald Trump a interdit l’entrée sur le territoire de résidents issus de plusieurs pays musulmans, et ce après trois jugements condamnant cette démarche. Quant au fameux « Build the wall », qu’il scandait à longueur de meetings, force est de constater que Donald Trump n’a pas tenu sa promesse. Seulement 56 kilomètres de mur ont été construits sur une frontière longue de 3 142 kilomètres. Fidèle à lui-même, il se défend avec des contrevérités et affirme que 507 kilomètres de mur ont été construits. Une enquête de la BBC Mundo démontre pourtant que sur ces 507 kilomètres, la plus grande partie du travail a constitué à réparer ou à substituer des structures déjà en place, soit 451 kilomètres de mur préexistant. 

Enfin, pour conclure ce bilan, que peut-on dire de la politique étrangère de Donald Trump et de sa rupture avec le multilatéralisme ? À l’occasion de son premier discours devant l’Assemblée générale de Nations Unies, en 2017, le nouveau président américain a confirmé le cap énoncé pendant la campagne : « America First ». Un slogan, mais aussi une vision des relations internationales reposant sur le chacun pour soi, transactionnelle, sans affect, révisant les rapports avec alliés et régimes autoritaires et faisant fi des contingences du passé. La politique étrangère de Donald Trump a été jalonnée de ruptures. Il a tenu parole en remettant en cause les projets ou accords conclus par son prédécesseur ou antérieurs à cette administration démocrate. Mais à quel prix. La constitution d’une zone de libre-échange entre pays riverains du Pacifique (TPP) est abandonnée dès son arrivée dans le bureau ovale. Le retrait des États-Unis aux accords de Paris contre le réchauffement climatique suit quelques mois plus tard, comme celle concernant le compromis sur le nucléaire iranien. Cette méthode de la boule de destruction a eu pour victime collatérale principale le multilatéralisme, comme l’a illustré la sortie des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé, en juillet, en pleine pandémie de la Covid-19. Enfin, il a déclaré une guerre commerciale à la Chine à qui il reproche des pratiques commerciales déloyales. Pour réinstaurer des échanges commerciaux qui soient plus favorables aux États-Unis et booster des secteurs-clés de l’économie américaine, Donald Trump a donc décidé de taxer les importations chinoises. Mais ces taxes imposées par Washington pénalisent les entreprises et les consommateurs américains, lesquels consomment en fait énormément de produits made in China.

  • Une campagne agitée entre deux candidats que tout oppose 

Ce bilan, Donald Trump tente de le défendre coûte que coûte, quitte à avoir recours très souvent aux approximations et aux fake news pour le mettre en valeur. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il s’est lancé officiellement dans la course à la présidence dès juin 2019, soit un an et demi avant le scrutin, quand les chiffres parlaient encore en sa faveur. Mais voilà. La crise sanitaire est passée par là, et tout a volé en éclats. Il a d’abord tenté de surfer sur la vague de contestation sociale qui a éclaté dans tout le pays à la suite de la mort de George Floyd, un Afro-Américain assassiné par la police dans le Minnesota. Il a dénoncé des actes de « terrorisme intérieur » alors que des centaines de milliers d’Américains protestaient contre les violences policières. Sa seule préoccupation était de faire respecter la loi et rétablir l’ordre, menaçant même de déployer l’armée pour faire cesser les manifestations. Dans l’Amérique de Trump, les Noirs sont vus avant tout comme des délinquants menaçant la sécurité des quartiers résidentiels blancs et jamais comme les victimes de violences policières et de discriminations systémiques. Pas question donc pour le président-candidat de montrer une once d’empathie pour les victimes, ni de nier les violences policières ou d’essayer de changer le système, au risque de froisser une partie de son électorat. Cependant, alors qu’il comptait sur ces protestations pour détourner l’attention des médias de sa gestion de la crise sanitaire, son hospitalisation après avoir contracté lui-même le virus a eu l’effet inverse. Toute l’attention s’est portée sur la maladie et l’état de santé du président, qui, selon son entourage, aurait été à un moment très inquiétant. Et ce, alors même que l’épidémie s’intensifiait dans tout le pays. Un sondage a montré que 63% des Américains jugent irresponsable la façon avec laquelle Donald Trump a géré cette crise.

Peu importe, ce qui compte pour lui, c’est de s’imposer en tant que gardien de la civilisation occidentale, à l’image de l’homme providentiel qui sera le plus à même de sauver l’American way of life tel qu’il a pu le montrer en s’affichant en héros de la Nation, au balcon de la Maison-Blanche, dans une posture stalinienne, en se targuant d’avoir vaincu le coronavirus en un temps record. Toute sa stratégie de campagne se fonde sur un triptyque assez simpliste : l’Amérique sera « assiégée de l’intérieur » si les démocrates gagnent ; ces derniers sont des extrémistes de gauche ; « je suis celui qui fera régner la loi et l’ordre dans ce pays ». Si son programme est relativement évasif, le projet de société reste inchangé. Comme en 2016, Donald Trump fait référence avant tout à la sécurité et à l’identité menacée de la Nation. Il s’adresse aux Américains qui ont peur du changement démographique et de l’immigration, qui sont attachés au libre port d’armes, qui rejettent les régulations économiques pour préserver l’environnement et les politiques sociales, et qui redoutent le féminisme et l’antiracisme. En d’autres termes, l’Amérique blanche et patriarcale mythifiée, telle qu’elle a existé dans les années 1950. Mais c’est là que le bât blesse. Cette Amérique ne correspond pas aux États-Unis de 2020. C’est une société plus multiculturelle que jamais, sensible en grande partie – y compris chez beaucoup de républicains – au racisme systémique et aux revendications du mouvement #MeToo, et qui vit quotidiennement les effets du dérèglement climatique (assèchement des fleuves, ouragans, sécheresse) que le président ne cesse de dénigrer. En définitive, cette élection met aux prises une Amérique plurielle que défend Joe Biden, bras droit du premier président noir américain, contre une Amérique conservatrice qu’incarne Donald Trump.

Face aux invectives toujours plus incessantes de son adversaire, que le cacophonique premier débat a permis de mettre en exergue, Joe Biden se pose en candidat de la raison. Sa stratégie de campagne a été celle de l’évitement et de l’effacement, dans un contexte sanitaire qui ne facilite pas les déplacements. Cette stratégie a un double effet, à la fois pratique et contraignant. D’un côté, Donald Trump se suffit à lui-même pour démontrer qu’il n’est pas apte à diriger la première puissance mondiale. La preuve avec les nombreux meetings qu’il enchaîne à une allure soutenue dans les États-clés, faisant fi des consignes sanitaires, alors même qu’un sondage Ipsos a montré que, pour 92% des personnes interrogées, la participation à un meeting est risquée. D’un autre côté, le fait que Joe Biden reste en retrait pour prouver que, lui, respecte les mesures sanitaires, pousse le président à remettre en cause la condition physique du candidat démocrate, âgé de 77 ans. D’anciens stratèges de l’équipe de Barack Obama s’étaient inquiétés publiquement en voyant Joe Biden se cantonner à cette posture défensive. Ce dernier peut faire valoir qu’elle ne lui a pas empêché, jusqu’à présent, de garder l’avantage sur le président sortant en termes d’intentions de vote au niveau national et dans les swing states, qui seront décisifs pour son élection. Joe Biden l’a bien compris. Le rejet de l’actuel locataire de la Maison-Blanche reste son meilleur atout pour mobiliser ses électeurs. C’est d’ailleurs tout le paradoxe. Le démocrate est en pole position pour l’emporter le 3 novembre prochain alors que les feux des projecteurs sont braqués sur son adversaire, qui n’en finit pas de détonner par les controverses qu’il alimente continuellement.

  • Un électorat plus divisé que jamais

Cette élection a montré que la division de la société américaine se faisait à plusieurs niveaux. Elle s’observe d’abord au sein de l’électorat. Donald Trump a cristallisé avec une telle vigueur la société que l’on se retrouve aujourd’hui avec deux camps irréconciliables. D’un côté, les démocrates, rejoints par une minorité de républicains modérés emmenée par les familles Bush et McCain, l’ancien secrétaire d’Etat Colin Powell ou encore le sénateur de l’Utah et ancien candidat à la présidence en 2012 Mitt Romney, qui font corps derrière Joe Biden. De l’autre, les partisans conservateurs de Donald Trump dont le profil n’a pas beaucoup changé depuis 2016 : blanc, souvent peu voire pas diplômé, vivant dans les territoires ruraux, dont une minorité appartient à des groupes suprémacistes. D’ailleurs, la campagne et les sondages ont montré que les électeurs étaient certains de leur choix et que la part de la population encore indécise à quelques jours du scrutin était très faible (3% selon un sondage publié le 27 octobre par l’Emerson College). À cela, il est important de souligner que l’électorat féminin conservateur s’est beaucoup détourné de Donald Trump, et ce dès les élections de mi-mandat de novembre 2018, au point que le fossé qui sépare aujourd’hui Biden de Trump dans les enquêtes d’opinion atteint 20, voire 25 points parmi les femmes, toutes catégories sociales et origines confondues, ce qui est considérable.

On constate également une division au sein de chaque parti, bien qu’elle soit plus relative. Nous l’avons dit, l’électorat républicain est fracturé entre une minorité de modérés et les éternels pro-Trump. Un sondage a montré que 90% des républicains continuaient de soutenir Donald Trump. Au niveau politique, le président américain a réussi le tour de force de faire du Grand Old Party « son » parti, et il y sera parvenu, non par son pouvoir de conviction quant à un agenda novateur ou visionnaire, mais par la menace et la peur. Insultes sur Twitter, campagne de dénigrement en circonscription, possibilité de se voir opposé, dans les primaires, un ou une candidate plus à droite… Le risque d’être décrédibilisé par un président auquel n’aurait pas été assurée une loyauté totale en a dissuadé plus d’un de le critiquer publiquement, voire d’afficher une simple divergence. Chez les démocrates, le clivage idéologique s’est observé surtout au moment des primaires, entre l’aile progressiste incarnée par Bernie Sanders et Elizabeth Warren et l’aile davantage centriste et modérée que représente aujourd’hui le ticket Biden-Harris. Depuis, la gauche américaine a mis de côté ses dissensions et s’est rassemblée derrière son chef de fil. Le candidat démocrate a d’ailleurs diversifié son programme pour séduire les électeurs les plus progressistes, notamment les jeunes, peu séduits par le programme du septuagénaire, jugé trop centriste. Joe Biden a adapté ses projets qui, aujourd’hui, relèvent d’une véritable politique social-écologique en proposant de doubler le salaire minimum, augmenter la taxe sur le capital et les impôts des plus fortunés ou encore mettre en place un plan de 2 000 milliards de dollars pour les énergies renouvelables.

Au-delà de l’élection, tout un tas d’événements sont venues exacerber encore un peu plus ces divisions. La crise du coronavirus a mis en exergue les inégalités d’accès aux soins entre les riches et les pauvres, et particulièrement les minorités. Elle a également divisé le pays autour de la question du port du masque et du choix de confiner des États entiers. Des milices armées ont par exemple pénétré dans le Capitole du Michigan pour manifester leur mécontentement face aux mesures drastiques prises par la gouverneure de l’État. Le mouvement Black Lives Matter a, lui aussi, mis en lumière les divisions de la société américaine sur la question raciale. La mort de George Floyd a été le catalyseur d’une vague de protestations qui a duré plusieurs semaines, dans un pays déjà mis à rude épreuve par l’épidémie. Outre la mort indigne de cet Afro-Américain, tué par la police avant tout parce qu’il était noir, ces manifestations ont surtout eu pour but de pointer du doigt les inégalités systémiques entre les Noirs et les Blancs et le comportement de la police vis-à-vis de cette minorité qui représente presque 15% de la population américaine, près de soixante ans après les luttes contre la ségrégation. Cette ambiance générale, associée aux nombreux scandales dont Donald Trump est au cœur, a entraîné un pessimisme ambiant qui se ressentira à coup sûr dans les urnes. Paradoxalement, les chiffres montrent que ce sentiment pessimiste ne se traduirait, non pas par une abstention, mais par une volonté globale de changement, et donc par une forte participation.

  • Les sondages sont-ils plus fiables aujourd’hui qu’il y a quatre ans ? 

Cependant, la partie est encore loin d’être terminée. Donald Trump a lui-même montré en 2016 que les sondages pouvaient se tromper. Même si Joe Biden conserve une avance confortable de près de 10 points dans les intentions de vote au niveau national, le système électoral américain rend l’issue de cette élection incertaine jusqu’au bout. La disproportion entre le vote populaire et le collège électoral existe, et celui-ci est davantage favorable aux républicains du fait du nombre plus important d’États rouges. Il y a quatre ans,  Hillary Clinton avait récolté près de 3 millions de voix de plus que Donald Trump mais ce dernier avait raflé la majorité des grands électeurs grâce à la règle du winner-take-all – « le vainqueur rafle toute la mise » – qui s’applique dans 48 des 50 États. Le candidat en tête empoche ainsi l’intégralité des votes. La Floride et la Pennsylvanie, avec ses 46 grands électeurs en tout, avaient permis à Donald Trump de l’emporter en 2016. Cette année, ces deux États seront de nouveau décisifs au même titre que l’Arizona, la Caroline du Nord, le Michigan et le Wisconsin, qui avaient tous été gagnés par le magnat de l’immobilier quatre ans plus tôt. Aujourd’hui, l’ensemble de ces swing states sont donnés à l’avantage de Joe Biden. Pourtant, ils étaient aussi prédestinés à offrir la victoire à Hillary Clinton en 2016. La différence réside dans le fait que l’ancien sénateur du Delaware a une avance beaucoup plus importante que n’en avait la candidate démocrate de l’époque. Compte-tenu de la cristallisation de l’opinion publique, il est difficile d’imaginer un rebondissement à seulement quelques jours de l’élection.

Pourquoi devrait-on alors se fier aux sondages cette année ? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, les sondeurs avaient à l’époque sous représenté dans leurs échantillons les personnes blanches sans diplôme universitaire. Or, c’est cette partie de la population, oubliée par la classe politique depuis des années et à qui s’est adressée Donald Trump pendant sa campagne, qui s’était déplacée en masse pour mettre un bulletin Trump dans l’urne. De plus, les instituts de sondages ont modifié leur méthodologie. Ils ont éliminé cet angle mort et ont accentué leur étude dans les États-clés peu sondés la dernière fois. Ils soulignent également une grande stabilité. En effet, depuis le printemps, Joe Biden mène avec une avance moyenne qui n’est jamais tombée sous les quatre points. En 2016, les courbes Clinton-Trump s’étaient croisées à deux reprises, illustrant une course plus incertaine qu’on ne se le remémore. De plus, dans un pays extrêmement polarisé, il y a beaucoup moins d’indécis susceptibles de changer la donne au dernier moment. Cet électorat avait en partie fait la bascule de 2016, beaucoup d’Américains démocrates choisissant de bouder les urnes car insatisfaits par la candidature Clinton, jugée éloignée des préoccupations des classes populaires. Enfin, l’homme d’affaires novice en politique était une nouveauté, et les nouveautés sont toujours difficiles à appréhender par les sondeurs. Aujourd’hui, chacun s’est fait son opinion sur lui, il n’y a plus vraiment d’effet surprise autour de Donald Trump.

  • Le vote par correspondance, un enjeu à part entière

Sondeurs et analystes prennent toujours soin de rappeler que les intentions de vote ne sont pas une prédiction et qu’il y a une marge d’erreur. De plus, l’inscription sur les listes électorales aux États-Unis varie énormément, ce qui rend particulièrement difficile de prédire la participation. Cette année, 208 millions d’Américains sont inscrits sur les listes électorales, et compte-tenu de l’enjeu, il y a fort à parier que la participation soit record pour cette présidentielle. Il existe plusieurs façons de voter aux États-Unis. Les Américains peuvent se rendre directement dans leur bureau le jour de l’élection. Ils peuvent également procéder à un vote anticipé en déposant en personne leur bulletin dans des lieux prévus à cet effet, entre 5 et 46 jours avant le jour de l’élection selon les États. Enfin, ils ont la possibilité de voter par correspondance en déposant leur bulletin dans une boîte sécurisée. Les bulletins sont ensuite acheminés par la poste vers les lieux de comptage sécurisés où ils seront ouverts et dépouillés avant ou le jour de l’élection. Cette année, l’inconnue principale reste celle de l’impact de l’épidémie sur les électeurs. Pour cette raison, les Américains ont privilégié massivement le vote par correspondance. Selon une estimation du New York Times réalisée plusieurs mois avant l’élection, 80 millions d’électeurs devraient opter pour le vote par correspondance, contre 33 millions en 2016. A cinq jours de l’élection, plus de 82 millions d’Américains (soit plus d’un tiers des inscrits sur les listes électorales) avaient déjà voté, dont 53 millions par correspondance et 28 millions par vote anticipé, selon The U.S. Elections Project. Ce chiffre de 82 millions correspond à 60% du total des votes exprimés en 2016. Parmi ces votants, 18 millions de démocrates ont choisi ce mode de vote contre près de 12 millions de républicains. Il est possible de connaître ces données car la particularité du système américain est que les électeurs, dans presque tous les États, mentionnent le parti pour lequel ils votent lors de leur inscription sur les listes électorales. 

Ces mail ballots, comme on les appelle aux États-Unis, ont une incidence capitale sur le résultat, qui ne sera pas connu avant plusieurs jours. En effet, les votes par correspondance sont dépouillés dès réception des bulletins dans certains États ou le jour de l’élection dans d’autres. Étant donné que le recours à ce type de vote a explosé cette année, il est fort probable que le résultat donné le 3 novembre prochain au soir ne soit qu’une estimation et qu’il faille attendre plusieurs jours avant que ne tombe le verdict final. Ces bulletins de vote, envoyés par la poste, font l’objet d’une campagne de désinformation de la part de Donald Trump, qui en dénonce quotidiennement le fonctionnement. Bien que le vote par correspondance soit déjà en place depuis les années 1960, le président américain accuse un système favorisant la fraude massive. Celui-ci a même invité les électeurs à doubler leur vote par correspondance d’un bulletin dans l’urne, ce qui, au passage, est une incitation à commettre un délit. Alimentée par le président ainsi que par les républicains, l’idée que cette autre façon de voter puisse provoquer une fraude massive est largement diffusée dans l’électorat républicain. Les personnalités politiques de droite craignent surtout que l’accroissement du nombre d’électeurs par correspondance favorise le vote démocrate, bien que plusieurs études ne prouvent pas cette hypothèse. De son côté, le camp démocrate dénonce les mesures de réduction des capacités logistiques de la poste américaine prises depuis le mois de juin par la nouvelle direction du service postal gouvernemental, nommée par Donald Trump. L’équipe de campagne de Joe Biden perçoit cette décision comme « un effort pour saper la mission du service postal américain et menace la capacité des Américains à voter pour l’élection de novembre ». Ces mesures ont alors été suspendues, au moins jusqu’à la fin de l’élection, pour assurer la prise en compte de l’ensemble des votes par correspondance. 

Selon une enquête Ipsos réalisée en août, près de la moitié des démocrates ont exprimé leur intention de recourir au vote par correspondance pour ce scrutin, contre seulement 25% de l’électorat républicain. Ainsi, les sondages de sortie des urnes risquent de mettre en lumière une surreprésentation des électeurs du Grand Old Party puisqu’ils sont majoritaires à se déplacer dans les bureaux de vote le jour de l’élection ; c’est ce que les analystes politiques qualifient de « mirage rouge ». Cependant, compte-tenu du délai qu’il faut pour dépouiller les votes par correspondance, il est fort probable que le décompte des voix au cours des journées suivant le 3 novembre ne fasse pencher la balance du côté de son rival démocrate, Joe Biden ; c’est ce que le professeur Edward B. Foley appelle le « virage bleu ». Un des risques que ce délai fait peser sur le bon déroulement du scrutin est la possibilité qu’un camp ou l’autre décide de proclamer sa victoire, sur la base de résultats incomplets, le soir de l’élection, semant ainsi la confusion dans tout le pays. 

Au-delà des inepties formulées par le président américain, il est vrai que ce vote par correspondance a suscité bon nombre d’inquiétudes. En 2005, une commission bipartisane sur la réforme du processus électoral fédéral, présidée par l’ancien président démocrate Jimmy Carter, avertissait de l’existence du risque de fraude potentielle. Cependant, aucune donnée chiffrée tangible ne vient étayer l’idée d’un risque majeur. Heritage Foundation, un think tank conservateur, a rédigé un article sur ce sujet et avancé l’idée qu’un bulletin sur cinq a été invalidé dans le cadre des opérations de vote par correspondance les plus récentes, et ce pour des raisons très diverses : problème de signature, non-conformité du document… Moyennant quoi, cette modalité de vote a aussi ses avantages. La généralisation de ce système a permis une progression sensible de la participation électorale dans les États qui l’ont adopté. Par exemple, dans le Colorado, 77% des citoyens en âge de voter ont envoyé un bulletin en 2016. Dans l’Oregon, ils étaient 72% et dans l’État de Washington, 68%, soit un engagement citoyen supérieur à la moyenne nationale, établie à 63%.

Ce qui pose davantage question, c’est la position de Donald Trump autour du vote par correspondance et de l’incidence qu’il pourrait avoir sur son score le 3 novembre prochain. En effet, le 23 septembre dernier, le président américain a appelé sur Twitter à une annulation des bulletins envoyés par la poste, qu’il qualifie de canular monté par les démocrates : « Débarrassons-nous de ces bulletins et ce sera très pacifique, il n’y aura pas de transfert vraiment, ce sera une continuation ». Outre le fait que Donald Trump semble être certain de sa victoire, ce tweet a surtout provoqué un tollé car l’actuel président n’a visiblement pas l’intention de s’engager dans une transition pacifique du pouvoir en cas de défaite, une garantie pourtant constitutionnelle que tous les présidents avant lui se sont engagés à respecter. Interrogé par un journaliste en conférence de presse sur ce sujet, le milliardaire a répondu de la même façon : « On verra ce qu’il se passera ». En définitive, ce n’est pas très étonnant. En 2016 déjà, il avait refusé de dire qu’il reconnaîtrait sa défaite face à Hillary Clinton le cas échéant. Aujourd’hui, Donald Trump est persuadé que cette élection se finira devant la Cour Suprême, en passe d’être composée de six juges conservateurs pour trois juges progressistes, une fois que le Sénat aura confirmé la nomination d’Amy Coney Barrett à la place de Ruth Bader Ginsburg, décédée à la mi-septembre. Même si les juges doivent être politiquement indépendants, leurs orientations pourraient trahir leur impartialité, de la même façon que leurs opinions religieuses et leur spiritualité guident très souvent leurs décisions sur des sujets tels que les armes à feu ou l’avortement. Rien ne dit donc, qu’en raison du vote par correspondance que Donald Trump décrit comme frauduleux, ces derniers considèrent que ce mode de vote doit être invalidé. La Cour Suprême pourrait donc jouer les arbitres en cas de contentieux, comme lors de l’élection présidentielle de 2000 entre le démocrate Al Gore et le républicain George W. Bush, déclaré vainqueur sur le fil. D’un autre côté, rien ne dit non plus que la victoire de Joe Biden sera sans équivoque.

Une chose est sûre, Donald Trump n’est pas certain de gagner ce qui pourrait être son ultime bataille. Alors qu’il espère que les tribunaux fédéraux, qu’il a repeuplés en masse, empêchent les États de compter les bulletins par correspondance après le 3 novembre, pour ainsi annuler des millions de votes, majoritairement démocrates, et compte sur eux pour l’aider à justifier que l’élection est truquée, un de ces juges, Nicholas Ranjan, a rejeté la plainte de l’équipe de campagne du président. Celle-ci avait entamé une action en justice en prétextant un risque de fraude électorale en Pennsylvanie et tenter ainsi de rendre le vote de cet État-clé inconstitutionnel. Le juge de district a considéré que cette plainte était fondée uniquement sur des spéculations et y a autorisé le vote. Les Républicains de Pennsylvanie ont ensuite porté devant la Cour Suprême des États-Unis une plainte pour annuler la prolongation du délai de vote par correspondance de trois jours après le scrutin, qui a été refusée par quatre voix contre quatre – la décision du juge en chef prévaut en cas d’égalité. Cependant, la confirmation par le Sénat de la très conservatrice Amy Coney Barrett au poste de juge à la Cour Suprême pourrait faire pencher la balance et donner gain de cause à la plainte des Républicains, ce qui aurait potentiellement une incidence sur le vote de cet État-pivot, donné pour le moment à l’avantage de Joe Biden. 

  • Le trumpisme a-t-il un avenir sans Donald Trump ?

Dans ce contexte, comment parvenir à calmer les foules ? Comment arriver à un consensus politique ? Comment réconcilier et rassembler le peuple américain ? C’est tout l’enjeu de cette élection. Même si le président Trump finit par concéder une éventuelle défaite face à Joe Biden, comment vont réagir ses millions de partisans, convaincus que ce dernier est un criminel, qui aurait fraudé aux élections et serait vendu à la Chine ? Comment reconstruire une Nation quand un président-candidat fait chanter à ses supporters « Enfermez Biden » ? Cela questionne l’avenir de l’Amérique, de la démocratie et, dans une moindre mesure, l’avenir du trumpisme. Donald Trump a personnifié une idéologie multiforme qui existait déjà avant lui, faite de nationalisme, de libertarisme et complotisme, le tout inspiré par une conception évangéliste de la religion chrétienne. Ces idées continueront d’exister, même sans Trump au pouvoir. Le risque est désormais que leur expression se fasse d’une manière beaucoup plus radicale et violente. C’est la conséquence directe et finalement inévitable des divisions que Donald Trump n’a cessé d’exacerber tout au long de son mandat. Pour prévenir ce risque, et c’est dire combien il est important, le géant de la distribution Walmart a retiré les munitions et les armes à feu de ses grandes surfaces, anticipant de possibles débordements à l’issue du scrutin.

Alors après tout cela, peut-on dire que Donald Trump a redonné sa grandeur à l’Amérique ? D’un point de vue politique, ce qui reste comme sans doute le principal héritage de sa présidence, c’est cette redéfinition nationaliste religieuse du parti républicain qui s’est propagée jusque dans les hautes sphères de la justice américaine. De même, la réhabilitation du rôle de l’État dans l’économie, du moins pour faire face à la Chine, survivra également à Donald Trump, quel que soit le résultat de l’élection prochaine. Cependant, il a été pendant quatre années le visage de l’Amérique, son porte-parole, celui qui la représentait à la table des grands de ce monde. Mais ses frasques à outrance, ses invectives indignes d’un chef d’État à l’encontre des médias et de ses adversaires et son comportement irresponsable sur la scène internationale ont contribué à dévaloriser considérablement l’image de l’Amérique dans le monde mais aussi en son sein. En 2016, son élection était dans l’air du temps, celui du populisme et du souverainisme. Une fois en fonction, il est vite apparu comme hors du temps, détaché d’une réalité pourtant si évidente, entre ses réticences pour les combats contemporains des droits des femmes et des minorités et son refus d’accepter que le réchauffement climatique n’est pas une invention chinoise. Souvenez-vous de ce que Donald Trump disait lors de son discours d’investiture : « le bain de sang américain s’arrête ici et maintenant ». Une chose est sûre, si le bain de sang américain n’est pas nouveau, il n’a rien fait pour l’arrêter. Bien au contraire.

Théo Quiers

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