Le coupé-décalé : Entre diversion et construction d’un nouveau mode politique dans l’Afrique francophone des années 2000

Les origines du mouvement du coupé-décalé sont assez obscures, comme ce qui en relève exactement. Pour le définir, il est primordial de préciser les revendications particulières d’artistes qui ne sont pas formellement organisés. Nous pouvons tenter de caractériser ce mouvement comme un mouvement musical qui naît dans les boîtes de nuit de Londres et de région parisienne, créé par des artistes principalement d’origine ivoirienne, réimporté en Afrique francophone. Il incorpore des rythmes différents des rythmes occidentaux, qui s’inspirent à la fois du zouglou ivoirien et du n’dombolo congolais, deux styles de musique traditionnelle dans leurs pays d’origine. Douk Saga, un DJ ivoirien qui se produit en région parisienne avant de revenir à Abidjan en 2002 et  figure emblématique du mouvement, revendique sa création. L’une de ses caractéristiques essentielles est de rendre hommage aux grands Hommes d’Afrique de l’Ouest, dans une langue alliant français, dérivés locaux du français et des langues locales. Continuer de lire « Le coupé-décalé : Entre diversion et construction d’un nouveau mode politique dans l’Afrique francophone des années 2000 »

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Penser les situations (post)coloniales : le cas de l’Inde colonisée et postcoloniale dans son rapport à la métropole

 

La visite de Justin Trudeau, Premier Ministre canadien, en Inde, il y a quelques semaines, a été l’occasion de nombreuses critiques quant à sa décision d’habiller toute sa famille en tenues traditionnelles indiennes. On l’a alors taxé d’appropriation culturelle, terme issu des études postcoloniales. Cette critique nous invite à nous poser la question du néocolonialisme, c’est pourquoi nous avons décidé de revenir sur le cas de l’Inde coloniale et postcoloniale dans son rapport à la métropole.

L’exemple de l’Inde est un des cas les plus étudiés pour parler de la décolonisation, mais nous avons choisi aujourd’hui de l’analyser à travers le prisme de deux articles :  « Les études postcoloniales. Une invention politique de la tradition ? » écrit par Jean-François Bayart en 2009 et « Les sciences sociales et le moment colonial : de la problématique de la domination coloniale à celle de l’hégémonie impériale » écrit par Romain Bertrand en 2006. Ces deux articles s’inscrivent dans une perspective particulière : il s’agit de porter un nouveau regard sur les sociétés extra-européennes en ne les considérant plus uniquement dans leur rapport à la colonisation. Ces auteurs tentent de démontrer l’existence de caractéristiques et donc de trajectoires qui leur sont propres. A l’inverse des études postcoloniales qui voient dans la situation coloniale et sa potentielle reproduction l’origine et la cause des rapports sociaux contemporains, Jean-François Bayart et Bertrand Romain tendent à analyser les empires coloniaux comme des espaces hétérogènes et conflictuels, à pointer l’historicité du « fait colonial » et surtout à souligner l’importance de ne pas surestimer l’emprise des empires coloniaux. Jean-François Bayart se défend notamment contre la perception d’un continent africain « lové sur lui-même, et contraint à entrer dans une histoire exogène ». Nous avons choisi le cas de l’Inde pour étudier la pertinence des différents concepts mis en évidence.

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