Groenland et Danemark, entre passé colonial et velléités d’indépendance

Quand on évoque le Groenland, d’immenses paysages de glace aux températures inhospitalières et s’étendant à perte de vue nous viennent à l’esprit. Si ces représentations sont en partie vraies, ce territoire se distingue également par une histoire mouvementée et des rapports houleux avec sa puissance administratrice, le Danemark. Le Groenland, fort d’un gigantesque territoire de plus de 2 166 000 km2, sur lequel ne vivent guère plus de 56 000 âmes, se situe entre les océans Atlantique et Arctique. Il est aujourd’hui l’un des trois pays constitutifs du royaume du Danemark, aux côtés des îles Féroé et de la métropole danoise elle-même. Successivement colonisé par la Norvège et le Danemark, le Groenland est historiquement marqué par la domination coloniale et ses abus, dont les conséquences sont encore visibles aujourd’hui. Dès 1953, date à partir de laquelle il cesse d’être une colonie pour intégrer pleinement le royaume danois, le Groenland se lance dans une longue et progressive quête vers l’indépendance. Continuer de lire Groenland et Danemark, entre passé colonial et velléités d’indépendance

Le vivre-ensemble : utopie bien-pensante ou prérequis du contrat social ?

Le 16 octobre 2010, la chancelière allemande Angela Merkel avait déclaré que « Multikulti ist gescheitert » (le multiculturalisme a échoué), admettant la difficulté de faire coexister plusieurs cultures différentes au sein d’une même nation (1). En raison de sa présence systématique dans les débats politiques et médiatiques, le multiculturalisme est devenu un thème majeur du XXIème siècle. Les sociétés occidentales ont vu les discours se polariser entre ceux qui voient le multiculturalisme comme une opportunité de paix et de partage et ceux qui s’effraient de la menace qu’il représente pour leur propre identité. Ce thème semble désormais incarner le clivage du monde politique occidental, séparé entre les progressistes et les conservateurs. Continuer de lire « Le vivre-ensemble : utopie bien-pensante ou prérequis du contrat social ? »