Le coupé-décalé : Entre diversion et construction d’un nouveau mode politique dans l’Afrique francophone des années 2000

Les origines du mouvement du coupé-décalé sont assez obscures, comme ce qui en relève exactement. Pour le définir, il est primordial de préciser les revendications particulières d’artistes qui ne sont pas formellement organisés. Nous pouvons tenter de caractériser ce mouvement comme un mouvement musical qui naît dans les boîtes de nuit de Londres et de région parisienne, créé par des artistes principalement d’origine ivoirienne, réimporté en Afrique francophone. Il incorpore des rythmes différents des rythmes occidentaux, qui s’inspirent à la fois du zouglou ivoirien et du n’dombolo congolais, deux styles de musique traditionnelle dans leurs pays d’origine. Douk Saga, un DJ ivoirien qui se produit en région parisienne avant de revenir à Abidjan en 2002 et  figure emblématique du mouvement, revendique sa création. L’une de ses caractéristiques essentielles est de rendre hommage aux grands Hommes d’Afrique de l’Ouest, dans une langue alliant français, dérivés locaux du français et des langues locales. Continuer de lire « Le coupé-décalé : Entre diversion et construction d’un nouveau mode politique dans l’Afrique francophone des années 2000 »

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Mobutu, espoir des Congolais devenu paria

Mobutu a régné sur le Congo pendant près de 32 ans de manière officielle, de 1965 à 1997. On peut même évoquer un règne de 37 ans, de 1960 à 1997. Le Congo accède à l’indépendance le 30 juin 1960, devient la République fédérale du Congo en 1961, puis République démocratique du Congo en 1964. En 1967, deux ans après sa prise de pouvoir officielle, Mobutu renomme le pays Congo-Kinshasa, puis République du Zaïre en 1971, quand le dictateur met en place la Zaïrianisation du pays. Continuer de lire « Mobutu, espoir des Congolais devenu paria »

La crise politique en République Démocratique du Congo, dernier épisode d’une instabilité chronique

La crise politique en République Démocratique du Congo (RDC) a débuté en septembre 2016 avec des manifestations à Kinshasa faisant plusieurs morts. Il paraissait alors évident pour les milliers de manifestants hostiles à Joseph Kabila, président au pouvoir, que ce dernier allait enfreindre la Constitution en briguant un troisième mandat. Le 20 décembre, date de la fin officielle du mandat présidentiel, Kabila a effectivement annoncé le report sine die de l’élection présidentielle. Ce n’est que le 31 décembre, que les négociations entreprises pour régler cette crise politique ont abouti à un accord avec Kabila. Élaboré avec la médiation de l’Église catholique, des membres du gouvernement et de l’opposition, cet accord prévoit le retrait du Président et la tenue d’élections avant fin 2017.

Si ces élections ont lieu, elles permettront potentiellement la première transition politique par les urnes depuis l’indépendance du pays en 1960.  Moise Katumbi s’est déjà déclaré candidat pour les élections présidentielles prévues en 2017. Cet homme politique populaire de l’opposition, fréquemment emprisonné pour son activisme, est à l’origine de la fondation de « Front citoyen 2016 ». Cette coalition formée en décembre 2016, qui rassemble l’opposition et la société civile congolaise, s’est engagée pour le respect du calendrier électoral. Continuer de lire « La crise politique en République Démocratique du Congo, dernier épisode d’une instabilité chronique »