Mobutu, espoir des Congolais devenu paria

Mobutu a régné sur le Congo pendant près de 32 ans de manière officielle, de 1965 à 1997. On peut même évoquer un règne de 37 ans, de 1960 à 1997. Le Congo accède à l’indépendance le 30 juin 1960, devient la République fédérale du Congo en 1961, puis République démocratique du Congo en 1964. En 1967, deux ans après sa prise de pouvoir officielle, Mobutu renomme le pays Congo-Kinshasa, puis République du Zaïre en 1971, quand le dictateur met en place la Zaïrianisation du pays.

Cette doctrine s’inscrit dans la volonté du chef de l’Etat d’unir le pays, véritable puzzle ethnique, en révélant son identité et ses traditions. Cette doctrine va de pair avec l’idéologie de l’Authenticité présentée la même année. Le règne de Mobutu n’a pas toujours été condamné comme il l’est aujourd’hui, puisque le régime du militaire s’enregistrait parfaitement dans le contexte de Guerre froide. Grand allié du bloc occidental, proche de la Belgique, des Etats-Unis, de la France, Mobutu a pourtant gouverné son pays à coups de corruption, de pillages des richesses, de crimes sanglants et de projets pharaoniques. La gestion du pays et son abandon conduiront à la chute du dictateur en 1997.

Prise du pouvoir

Les débuts de Mobutu et l’indépendance

A Bruxelles pour l’Exposition universelle de 1958, Mobutu, militaire de formation reconverti en journaliste, rencontre les figures de proue du nationalisme congolais, et commence à montrer ses opinions politiques, sous l’influence de Patrice Lumumba. Ce dernier fonde le Mouvement national congolais (MNC) en octobre 1958, parti nationaliste prônant l’indépendance, les libertés fondamentales et l’unité nationale. Mobutu y adhère dès le mois de décembre. Après des émeutes faisant 47 morts et 241 blessés du côté congolais  début janvier 1959, le roi belge Baudoin promet l’indépendance, mais aucun calendrier n’est annoncé. En janvier 1960, les ténors congolais, dont Patrice Lumumba, sont à Bruxelles pour négocier l’indépendance, qui est fixée au 30 juin 1960. Mobutu n’était pas présent à la table des négociations, mais jouait en coulisses. C’est là qu’il rencontre Larry Devlin, chef de poste de la CIA au Congo.

Avant l’indépendance, les partis nationalistes gagnent. Lumumba, Premier ministre et ministre de la défense (poste qu’il refuse à Mobutu), fonde un gouvernement hétérogène le 24 juin 1960, puis le Parlement élit Kasa-Vubu Président. Mobutu est secrétaire d’état à la présidence du conseil. L’indépendance a lieu le 30 juin 1960 en présence du roi belge Baudoin, du président Kasa-Vubu et de Lumumba.

La prise de pouvoir de Mobutu

L’insouciance de l’indépendance ne dure que quatre jours. Le 4 juillet, des soldats de la Force publique, fatigués, frustrés, refusent d’obéir. La mutinerie gagne l’ensemble du pays. Le 8 juillet, le Conseil des ministres décide d’africaniser la Force publique, rebaptisée Armée nationale congolaise (ANC). Mobutu devient chef d’Etat-Major, numéro deux de l’armée. Mais le 11 juillet, Moïse Tshombe, président du gouvernement provincial, proclame l’indépendance du Katanga avec l’appui d’officiers et de conseillers belges. Le 13 juillet, des para-commandos belges s’emparent de l’aéroport de Léopoldville, le Congo rompt ses relations avec la Belgique et prend contact avec l’URSS : le Congo devient un nouveau front de la Guerre froide, et l’Occident voit Lumumba comme un communiste. En août, la répression de la sécession du Sud-Kasaï conduit au massacre de centaines de civils, et Lumumba passe aux yeux du monde pour le principal responsable de ces crimes.

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Provinces congolaises. Source : Wikimedia Commons

Le 5 septembre, le président Kasa-Vubu annonce révoquer Lumumba, et ce dernier destitue à son tour Kasa-Vubu. En réponse, Mobutu, après avoir obtenu l’aval des Etats-Unis par l’intermédiaire de Larry Devlin, annonce le 14 septembre que l’armée a neutralisé Kasa-Vubu et Lumumba. Le 14 septembre est donc le premier coup d’état de Mobutu, qui dira ensuite “Je n’ai pas pris le pouvoir. Quel pouvoir ? Il n’y en avait plus”. Même si Mobutu n’est alors ni Président, puisque Kasa-Vubu le reste, ni Premier ministre, Larry Devlin disait “Tout le monde savait que Mobutu était le pouvoir caché du gouvernement”.

Lumumba, assigné à résidence, est réduit au silence, exilé politique dans son propre pays. Le 28 novembre 1960, il s’échappe de sa résidence, mais est capturé le 2 décembre et exécuté le 17 janvier 1961. Sa mort est restée secrète pendant près d’un mois, avant qu’on annonce qu’il a été tué par des villageois après s’être évadé de détention. Mobutu n’a jamais assumé la moindre responsabilité morale dans ce meurtre.

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Patrice Lumumba à Bruxelles, le 26 janvier 1960 pendant les négociations pour l’indépendance du Congo. Source : Nationaal Archief Fotocollectie

Il reste alors deux adversaires à Mobutu : le premier est Moïse Tshombe au Katanga. Il continue la rébellion et appelle les Katangais à continuer à résister. La sécession se termine le 14 janvier 1963 après deux ans et demi. Tshombe s’exile et reviendra un an plus tard, appelé par Mobutu pour vaincre le deuxième adversaire de Mobutu, Pierre Mulele. Cet ancien ministre de l’Education sous Lumumba s’est battu au Kwilu pour l’indépendance de cette région avant la prise de pouvoir définitive de Mobutu en 1965, et qui se soldera pas la mort de près d’un million d’opposants.

La gloire de Mobutu

Consolidation du pouvoir de Mobutu

Comme en 1960 entre Kasa-Vubu et Lumumba, novembre 1965 est marqué par un contexte de querelles politiques entre le président Kasa-Vubu et Tshombe. Le 25 novembre 1965 à 5h30, Mobutu annonce la destitution de Kasa-Vubu. Mobutu le remplace, et dit : “Il ne s’agit pas d’un coup d’Etat militaire”, déclarant que l’armée n’avait pas le choix, que la seule solution était la prise du pouvoir pendant cinq ans pour “reconstruire ce qui avait été détruit en cinq ans”. Mobutu transforme le pays en dictature :

  • Il se dote dès novembre de pouvoirs spéciaux,
  • En décembre, les partis politiques sont supprimés, la compétence des tribunaux militaires est élargie.
  • Le 23 mars 1966, Mobutu s’attribue le pouvoir législatif, puis propose que le président de la République soit élu au suffrage universel. Le Parlement ne joue plus aucun rôle.

Sur le plan économique, dès la première décennie de son règne, Mobutu met en avant le nationalisme. Par exemple, en 1967 il nationalise l’Union minière du Haut-Katanga, qui représente 50 % des revenus de l’Etat, 70 % de ses entrées de devises, et fait vivre 100 000 personnes. Ces politiques de nationalisation vont de pair avec la politique de zaïrianisation et d’authenticité présentée à la même époque par Mobutu.

Sur le plan étatique, Mobutu est un centralisateur : il redessine le pays en douce provinces et les prive de toute autonomie. Le 24 juin 1967, la nouvelle constitution proclame le bipartisme : “Il ne peut être créé plus de deux partis dans la République”, à savoir le Mouvement Pour la Révolution (MPR) et … personne, puisque personne n’ose s’opposer à Mobutu. Le bipartisme sera finalement rayé de la Constitution en 1970. D’autres changements sont aussi à noter :

  • Les syndicats perdent toute autonomie,
  • Les fédérations de jeunesse et d’étudiants sont toutes regroupées au sein de la Jeunesse du MPR,
  • Le droit de grève est suspendu.

Le règne de Mobutu n’est pas seulement dictatorial, il est aussi sanglant et pervers. Un exemple de ce règne sanglant est le sort réservé à Pierre Mulele. En 1968, Mobutu, qui avait proclamé l’amnistie cette même-année, la lui refuse. Mulele est torturé le 2 octobre 1968 publiquement, mais son assassinat reste secret. Mobutu fait croire à un jugement comme criminel de guerre, et Mulele est condamné à mort le 8 octobre. Officiellement, Pierre Mulele est mort le 9 octobre. Pierre Mulele devient alors un martyr du régime de Mobutu, déterminé à éliminer ses opposants, peu importe les moyens employés.

Sur le plan international, Mobutu entretient d’étroits liens avec les puissances occidentales. Les Etats-Unis sont un allié de taille depuis la première heure, d’abord par l’intermédiaire de la CIA et de Larry Devlin, puis de manière officielle dès 1963 quand Kennedy reçoit Mobutu. Le Congo, puis le Zaïre de Mobutu, a toujours été un allié des Etats-Unis dans ce contexte de guerre, puisqu’il représentait un front, un rempart contre l’expansion du communisme sur le continent africain. En outre, la coopération entre le Congo et la Belgique n’a pas cessé après l’indépendance, et les liens entre Mobutu et la Belgique ont été volatiles mais importants sur toute la durée de son règne. Paul-Henri Spaak a octroyé une assistance technique, civile et militaire pendant l’insurrection de Mulele. Les relations se sont toutefois souvent détériorées, comme en 1967 pendant les mutineries des mercenaires de l’Armée. Mais en juin 1970, le roi belge Baudoin revient au Congo pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance.

Le 1er novembre 1970, Mobutu brigue seul sa succession et obtient 10 131 699 voix contre 157. Il y a plus de bulletins en sa faveur que d’électeurs. Fort de ce score, Mobutu développe alors sa doctrine de l’authenticité et la Zaïrianisation

Zaïrianisation et authenticité

Assez rapidement après son accession au pouvoir, Mobutu a commencé à affirmer que le processus de décolonisation ne s’arrête pas à l’indépendance formelle, et insiste notamment sur l’importance, selon lui, du nationalisme économique. Dès 1967, il rédige le « Manifeste de N’Sélé », dans lequel il évoque pour la première fois le « nationalisme congolais authentique », qui doit conduire à l’authenticité zaïroise. C’est selon Mobutu, une révolution “essentiellement pragmatique”, porté par le MPR qui devient officiellement parti unique en 1970. Pour bien comprendre cette notion d’authenticité, il faut partir d’une citation ultérieure de Mobutu : « À notre sens, l’authenticité consiste à prendre conscience de notre personnalité, de notre valeur propre, à baser notre action sur des prémices résultant des réalités nationales pour que cette action soit réellement nôtre, et partant, efficace ».

En effet, la notion d’authenticité part du principe que les Congolais, et plus largement les peuples colonisés, n’ont pas seulement été dominés par la force des colonisateurs, mais ont également subit une aliénation mentale, ces peuples étant dépossédés de leur culture. Ainsi, si la domination physique cesse avec le départ du colonisateur, l’aliénation mentale, elle, perdure. La solution que propose donc l’authenticité, c’est, par ce qui est appelé un « recours au passé » d’utiliser sa propre culture – donc ici la culture pré-coloniale – pour fonder toute action. En effet, les penseurs de l’authenticité, dont Mobutu n’est que l’élément le plus émergé, pensent qu’il est indispensable d’avoir recours à ce qu’ils appellent les « valeurs propres », donc les valeurs fondant leur propre culture, pour permettre un véritable développement économique et un progrès social. Il s’agit pour ces intellectuels à la fois de ne pas se renier en tant que Congolais, et de permettre le développement qui, selon eux, ne peut se faire autrement. Pour Mobutu, la politique d’authenticité avait également pour objectif de construire une unité nationale dans un pays qui en était largement dépourvu à l’indépendance, comme le montre les troubles importants qu’il a connu alors.

Si la notion d’authenticité est donc un peu lâche et floue, elle a toutefois eu un impact concret très important sur les Congolais et sur leur quotidien, du fait de la zaïrianisation. Ce processus, qui tire son nom de l’ancienne appellation du fleuve Congo, est voulu comme étant cette décolonisation mentale prônée par Mobutu. C’est en fait une modification du mode de vie de tout un pays, avec un double mouvement de rejet de l’héritage colonial – et des idéologies occidentales –, et de recours et redécouverte de la culture préexistante.

Ce processus débute dès 1966, avant même la publication du Manifeste de N’Sélé, avec l’abandon des noms coloniaux pour désigner les trois premières villes du pays, au profit d’appellations congolaises : Elisabethville, Stanleyville et Léopoldville deviennent respectivement, Lumumbashi, Kisanguani, et Kinshasa.

Dans le même mouvement, en 1971, le pays change de nom devenant le Zaïre, et quelques mois plus tard, les prénoms chrétiens sont interdits. Mobutu montre lui-même l’exemple, en abandonnant son ancien nom Joseph-Désiré Mobutu, pour Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga, dont la traduction approximative est “guerrier tout puissant qui de conquêtes en conquêtes reste invincible”. En 1973, 1500 à 2000 entreprises et plantations détenues par des étrangers sont nationalisées, avec peu ou pas de compensations. Enfin en 1974, Mobutu fait remplacer l’enseignement de la religion par des cours sur le mobutisme et l’authenticité.

Cette politique de Mobutu est symbolisée par ce qu’il appelle « l’animation politique », qui touche l’intégralité des Zaïrois dans leur quotidien. L’animation politique est en effet l’ensemble des manifestations culturelles, et notamment des chants, issues des cultures traditionnelles, et respectant donc en cela la politique d’authenticité, mais adaptées pour servir de propagande au régime. Cette animation politique prend une place de plus en plus prépondérante dans la vie du pays, jusqu’au milieu des années 1980, lorsque celle-ci devient obligatoire dans toutes les organisations, y compris les entreprises privées. Partout, la journée de travail commence alors avec des chants congolais dont les paroles ont été remplacées de façon à être à la gloire de Mobutu et de la zaïrianisation.

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Mobutu, en avril 1976. Source : Wikimedia Commons

Mais la politique d’authenticité et de zaïrianisation a été globalement un échec, comme nous allons le voir dans une dernière grande partie

La chute de Mobutu

L’échec de la zaïrianisation

La politique d’authenticité et la zaïrianisation ont été globalement des échecs. Certes, elles ont permis l’émergence d’une véritable solidarité nationale s’ajoutant à la solidarité locale, et fait naître une véritable fierté de leur pays et de leur culture parmi les Zaïrois ou Congolais.

Mais pour le reste, ces politiques n’ont eu des effets positifs qu’assez mineurs, en grande partie du fait de la superficialité de leur mise en œuvre, et du fait qu’elles soient instrumentalisées. En effet, les mesures prises étaient bien souvent essentiellement rhétoriques, et la zaïrianisation a été ralentie par Mobutu dès 1974, qui est même revenu sur certaines mesures. Mais surtout, la zaïrianisation a présenté des effets pervers importants. Tout d’abord, la politique d’authenticité a été vécue comme remettant en cause son rôle par l’Eglise catholique, qui s’y est donc opposée. Ainsi, dès 1975, l’archevêque Monseigneur Bakole wa Ilunga dénonce un « colonialisme intérieur ». L’Eglise catholique a ainsi été une menace sous-jacente constante pour le régime et la principale opposition.

Mais de façon plus décisive, la zaïrianisation a provoqué un processus de  patrimonialisation. En effet, l’un des aspects les plus marquants la politique de Mobutu est la nationalisation de centaines d’entreprises et de commerces détenus par des occidentaux. Or, Mobutu mettait ensuite à la tête de ces entreprises ses proches, des hommes politiques qu’il voulait récompenser de leur loyauté, ou des chefs locaux afin de se constituer une clientèle. C’est cela la patrimonialisation. Ainsi, ces entreprises se retrouvaient dirigées par des personnes n’ayant ni les compétences, ni l’envie de les faire fonctionner correctement. Cela a provoqué une forte instabilité économique, et une baisse des revenus de l’État. Le versement des salaires, tant dans la fonction publique que dans le domaine privé, est devenu épisodique, et ils ont dès lors été partiellement remplacé par la corruption, pratiquée partout et à tous les niveaux. Cela a eu un impact extrêmement négatif sur l’économie et sur la popularité du régime.

C’est de plus l’échec de la zaïrianisation qui est révélatrice de celui plus global du régime, et qui est en partie responsable de sa chute

La chute de Mobutu

La maîtrise du pays par Mobutu commence à s’effriter dès le milieu des années 1970, avec la division par trois des prix du cuivre, principale exportation du pays. Mais surtout, en 1977 et 1978, les soldats de Mobutu sont défaits par une révolte des turbulents Gendarmes katangais, et le régime doit demander une intervention militaire marocaine dans le premier cas, et franco-belge dans la seconde pour survivre.

Mais surtout, l’exaspération d’une partie de la population commence à se faire ressentir parmi les politiques, et une dizaine de parlementaires écrivent en 1980 une lettre ouverte incendiaire au président, puis créent un parti politique clandestin. C’est la première véritable exigence de démocratisation dans un pays où la contestation était efficacement muselée.

En parallèle la situation économique fait exploser le montant de la dette extérieure du Zaïre, jusqu’à dépasser son PIB. Mobutu décide alors de plafonner le paiement des intérêts à 20% du budget de l’État, ce qui provoque le mécontentement de ses partenaires occidentaux, qui commençaient déjà à s’écarter du Président.

La situation continue alors de s’envenimer, et Mobutu est forcé et contraint d’annoncer, les larmes aux yeux, la fin du système de parti unique en 1990 et la convocation d’une Conférence nationale souveraine chargée de la transition politique, alors que chaque année, le pays connaît au moins un soulèvement dévastateur, la plupart du temps du fait de mécontentement de soldats n’étant pas payés.

Le coup final sera porté par les conséquences du génocide au Rwanda qui déstabilise l’Est du Zaïre. Une force armée menée par Joseph-Désiré Kabila se soulève dans cette zone, et parvient à gagner en ampleur jusqu’à prendre le contrôle du pays et de la capitale le 17 mai 1997. Mobutu, malade, fuit au Maroc où il meurt en septembre, marquant la fin du mobutisme et du Zaïre, le pays devenant l’actuelle République démocratique du Congo.

Lors de son accession au pouvoir, Mobutu a symbolisé et concrétisé l’espoir d’un retour à l’ordre suite à la période troublée de l’après indépendance. De même, sa politique d’authenticité a été vue comme un moyen de redonner aux Congolais et plus largement aux Africains une dignité qui leur avait été largement volée par la colonisation. Mais la trentaine d’années de règne de Mobutu s’est avéré être un cuisant un échec : durant ces années, le PIB par habitant du pays a été quasiment divisé par deux. Pour comparaison, il est pendant ce temps multiplié par trois au Congo-Brazzaville voisin.

La politique de l’authenticité, qui devait donc être le fer de lance du renouveau du pays, s’est avéré être le stigmate de l’échec de Mobutu, et le synonyme de la corruption et de l’abus de pouvoir rampant. Surtout, il est apparu clair que toutes les décisions prises par Mobutu étaient sous-tendues par le même but : renforcer son pouvoir. Ainsi notamment par exemple de la nationalisation des entreprises détenues par les étrangers, base de la zaïrianisation, et dont le véritable but semble d’avoir permis à Mobutu d’utiliser ces entreprises pour son intérêt et son pouvoir personnel.

Cela explique que le Mobutisme, sous l’essentiel de ses aspects, a été liquidé par Kabila devenu président, comme l’illustre l’abandon de la désignation Zaïre.

 

Lisa Verriere et Arthur Bennet

 

SOURCES

Jean-Pierre Langellier, Mobutu, Perrin biographie, 2017

Hélène d’Almeida-Topor, L’Afrique du 20e siècle à nos jours, Armand Collin, 4e édition, Collection U Histoire contemporaine

Thierry Michel, documentaire Mobutu, Roi du Zaïre, Cinélibre, 1999

Clément Makiobo, Église catholique et mutations socio-politiques au Congo-Zaïre.La contestation du régime de Mobutu, L’Harmattan, 2004

Charles-Didier Gondola, The History of Congo, Greenwood Press, 2002

Bob White, “L’incroyable machine d’authenticité : l’animation politique et l’usage de public de la culture dans le Zaïre de Mobutu”, Anthropologie et sociétés, 2006

Stephen R. Weissman, Opening the Secret Files on Lumumba’s Murder, Washington Post, 21 juillet 2002 ; URL : http://www1.udel.edu/globalagenda/2003/student/readings/CIAlumumba.html

Jacques Brassinne, : La coopération belgo-zaïroise 1960 – 1985, Courrier hebdomadaire du CRISP, 1985, URL : https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-1985-34-page-1.htm

Ilanca Mathieu, La contre-insurrection en République démocratique du Congo : le défi des “forces négatives”, Revue Sécurité globale, ESKA 2010, URL : https://www.cairn.info/revue-securite-globale-2010-4-page-97.htm?1=1&DocId=395051&hits=6873+6099+3821+2418+1545+1495+1455+1397+1178+1128+957+831+671+

Ludo De Witte, Nicolas Manchia, Exclusif : le discours de Lumumba, texte-fondateur, Le Vif / L’Express, 27 juin 2015, URL : http://www.levif.be/actualite/international/exclusif-le-discours-de-lumumba-texte-fondateur/article-normal-402789.html

Clément Arbrun, L’ascencion et la chute de Mobutu, l’homme-léopard qui a ravagé le Congo, Les Inrocks, URL : http://mobile.lesinrocks.com/2017/04/16/actualite/lascension-et-la-chute-de-mobutu-lhomme-leopard-qui-ravage-le-congo-11927600/

Digithèque de matériaux juridiques et politiques, Constitution du 1er août 1964, Constitution du 1er août 1964, Constitution du 24 juin 1967, et Loi n°70-001 du 23 décembre 1970 portant sur la révision de la Cosntitution, URL : http://mjp.univ-perp.fr/constit/cd1964.htm ; http://mjp.univ-perp.fr/constit/cd1967.htm ; http://mjp.univ-perp.fr/constit/cd1967.htm#11 

V S. Naipaul, Un nouveau roi pour le Congo, Le Débat 1981/1 (n° 8), p. 22-49. DOI 10.3917/deba.008.0022

 

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