L’archipel du Svalbard, vitrine des conflits géopolitiques en Arctique

Dans un entretien donné à High North News en janvier 2020, l’écrivain norvégien Per Arne Totland souligne que l’importance stratégique du Svalbard est plus grande que jamais depuis la signature du traité qui y a trait il y a exactement 100 ans. Cela met en évidence un regain d’intérêt récent pour cet archipel situé dans l’océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, la terre de François-Joseph à l’est et l’Europe au sud. Ce territoire est sous souveraineté norvégienne depuis 1920, date de la signature du traité du Svalbard, qui lui donne un statut juridique, mettant fin au régime de terra nullius (1) qui le définissait jusqu’alors. Malgré la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de la Norvège sur cette région, le traité définit une originalité sans précédent : l’internationalisation partielle du Svalbard, dont l’interprétation va être au fondement de nombreuses tensions.

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Les enjeux de la présidence finlandaise du Conseil de l’UE

Avec un peu plus de 5 millions d’habitants, la Finlande fait partie des “petits Etats” de l’UE. Mais lorsqu’il s’agit d’innovations et de nouvelles technologies, de lutte contre le réchauffement climatique ou encore d’éducation, le pays est souvent considéré comme un modèle. La Finlande est entrée dans l’Union européenne en 1995 en compagnie de la Suède et de l’Autriche. Depuis, elle adopte une attitude favorable à l’égard de la construction européenne et privilégie la coopération intergouvernementale afin de défendre les intérêts des petits États.

La présidence tournante de l’Union européenne est certes une opportunité pour un Etat de mettre en avant ses priorités et sa vision de l’Europe. Cependant, ses marges de manœuvre sont limitées, ce qui pose la question de l’influence qu’il peut réellement avoir sur le processus législatif européen. Entre contraintes institutionnelles et conjoncturelles, la Finlande devra jouer les équilibristes pour espérer peser sur l’agenda européen. 

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Quand l’amitié italo-russe se paye de mots

Lors de son allocution devant la Duma (1), Roberto Fico, président italien de la Chambre des députés rappelle les liens historiques existant entre l’Italie et la Russie. Ce dernier, né à Naples, évoque en première instance un architecte lui aussi napolitain, Carlo Rossi, qui a pris part à la construction de la ville de Saint-Pétersbourg. Continuer de lire « Quand l’amitié italo-russe se paye de mots »

Comment Federica Mogherini existe-t-elle sur la scène internationale ?

 

Le 6 décembre dernier, à la suite de la déclaration du Président américain Donald Trump sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël, les réactions des chefs d’États et de gouvernement ont été nombreuses. L’une des premières a été celle de Federica Mogherini, la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Cette dernière s’est positionnée contre la capitale unique et pour la solution à deux États avec Jérusalem comme capitale israélienne et palestinienne. Ce n’est pas la première fois que celle qui occupe le poste équivalant à un ministre des affaires étrangères de l’Union réagit aussi rapidement à l’actualité, rappelant à chaque fois la légitimité de l’Union européenne à s’exprimer sur des problématiques extra-européennes. Néanmoins la politique étrangère reste du domaine des high politics, domaine de souveraineté que les États n’ont pas intérêt à se déléguer à l’Union. Continuer de lire « Comment Federica Mogherini existe-t-elle sur la scène internationale ? »

Mobutu, espoir des Congolais devenu paria

Mobutu a régné sur le Congo pendant près de 32 ans de manière officielle, de 1965 à 1997. On peut même évoquer un règne de 37 ans, de 1960 à 1997. Le Congo accède à l’indépendance le 30 juin 1960, devient la République fédérale du Congo en 1961, puis République démocratique du Congo en 1964. En 1967, deux ans après sa prise de pouvoir officielle, Mobutu renomme le pays Congo-Kinshasa, puis République du Zaïre en 1971, quand le dictateur met en place la Zaïrianisation du pays. Continuer de lire « Mobutu, espoir des Congolais devenu paria »