Argentine-Grèce : même combat ?

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Dimanche dernier, les Grecs ont voté à plus de 60% OXI -Non- au référendum portant sur l’application d’un énième plan d’austérité proposé par la Troïka. Cette victoire du gouvernement d’Alexis Tsipras a été salué par de nombreux acteurs politiques européens qui s’opposent à l’option austéritaire dominante à Bruxelles.

Mais la situation de la Grèce n’est pas une question strictement européenne. La dégradation de l’économie grecque, la perspective d’un Grexit, ses conséquences sur l’économie de la zone euro et par ricochet sur l’économie mondiale suscitent des inquiétudes par-delà les frontières du continent. Barack Obama et plus récemment Hillary Clinton ont multiplié les appels au compromis, les États-Unis étant le premier partenaire commercial de l’Union européenne.

 ● Pour en savoir plus sur les réactions des dirigeants du monde et leur position vis-à-vis de la crise grecque, consultez cette carte interactive disponible sur le site du Figaro.

A l’autre extrémité du continent américain, le gouvernement argentin a officiellement exprimé sa solidarité avec le gouvernement grec. A bien des égards la situation actuelle en Grèce rappelle celle de l’Argentine au tournant des années 2000. Le soutien de Cristina Kirchner à Alexis Tsipras s’explique par une situation semblable et des intérêts partagés par l’Argentine et la Grèce.

CFK GRECIA
Tweet officiel de la Présidente argentine « Au nom du Peuple et du Gouvernement argentin, toute notre solidarité avec le courageux Peuple grec et son Gouvernement ».

Ces deux pays ont connu une crise de la dette souveraine, un recours aux aides d’institutions financières comme le FMI, une dégradation économique continue conséquence des plans d’austérité et des négociations ardues sur le remboursement de la dette.

 ● Pour en savoir plus sur les similarités entre les cas grecs et argentins, lisez l’article de Claire Guélaud et Marie Charrel « Quinze ans après, la crise grecque rappelle le précédent argentin » publié sur lemonde.fr.

Bien qu’il existe de nombreuses différences structurelles entre ces deux pays et un contexte propre à chacun, les négociations entre le gouvernement Syriza et la troïka font échos à celles menées entre l’Argentine et ses créanciers. L’Argentine est aujourd’hui sortie de la crise mais les séquelles sont encore visibles. Toujours en lutte avec les « fonds vautours » qui exigent un remboursement total et sans décote d’une partie de la dette, le gouvernement argentin soutien donc logiquement celui d’Alexis Tsipras dans le cadre d’un rapport de force mondial visant à combattre le dogme ultralibéral dominant.

Ainsi, contrairement à ce qu’a récemment déclaré Michel Sapin, l’Argentine et le Brésil ne font pas pression sur le FMI pour que s’appliquent à la Grèce les mêmes conditions qu’ils ont subi.

 ● Pour en savoir plus sur le démenti des propos de Michel Sapin par les gouvernements argentins et brésiliens, lire l’article de Renaud Lambert en accès libre sur monde-diplomatique.fr

Nicolas Sauvain

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