La « guerre hybride » (3/4) : la seconde guerre du Liban (2006), le parfait exemple d’un « conflit hybride » ?

La « guerre hybride » (3/4) : la seconde guerre du Liban (2006), le parfait exemple d’un « conflit hybride » ?

Affiche du Hezbollah dans les rues de Beyrouth pendant la Seconde Guerre du Liban, en 2006. La seule utilisation de la langue anglaise n’a rien du hasard : il s’agit de marquer les opinions publiques internationales  (Crédits : Wikimedia).

Classe Internationale continue sa série sur la « guerre hybride », et vous propose aujourd’hui d’explorer le déroulement de la Seconde Guerre du Liban, souvent présentée comme l’archétype d’un conflit « hybride ». Le conflit s’est déroulé entre le 12 juillet et le 14 août 2006. Elle fut déclenchée à la suite d’une attaque de militants armés du Hezbollah sur une patrouille israélienne, près de la ville de Zarit située le long de la frontière séparant Israël du Liban, au matin du 12 juillet. La patrouille était formée de réservistes appartenant à la 300ème Brigade de réserve de la 91ème division. À l’issue de l’attaque, deux réservistes de Tsahal (les forces armées israéliennes) sont capturés et la mort de trois autres est à déplorer. L’attaque, très violente, a été conduite au moyen de missiles antichars. Deux heures après, la patrouille envoyée sur le lieu de l’attaque subit le même sort ; cinq soldats y perdent la vie. Au total, Tsahal perdit huit hommes en une seule journée. Persuadées de la puissance de leur outil de combat aérien, les forces armées israéliennes sont structurellement déséquilibrées en 2006 (1), lorsqu’elles affrontent le Hezbollah, acteur politico-militaire résilient et évolutif (2).

Soldats israéliens en patrouille dans la ville de Naplouse en Cisjordanie, en 2002 (Crédits : Wikimédia).

Section 1. Tsahal en 2006 : une force militaire déséquilibrée

La riposte israélienne à l’attaque du 12 juillet fut quasi-exclusivement fondée sur des bombardements, au prétexte que seule la technologie serait porteuse de victoire (1)

§1. La riposte israélienne à l’attaque du 12 juillet ou l’archétype d’une riposte trop technologique

Quelques heures après l’attaque, les premiers bombardements aériens frappent les positions du Hezbollah au sud-Liban. Les opérations israéliennes qui débutent alors ont des objectifs très ambitieux : « Nous voulons éloigner le Hezbollah de notre frontière, obtenir le déploiement de l’armée libanaise jusqu’à cette frontière, désarmer le Hezbollah et enfin récupérer nos deux soldats enlevés [1] » selon le président de la commission parlementaire des Affaires Étrangères Tsahi Hanegbi. Les buts sont clairs : détruire la puissance militaire du Hezbollah. Toutefois, les dirigeants israéliens, dont ni le Premier Ministre Ehud Olmert, ni le Ministre de la Défense Amir Peretz ne sont d’anciens militaires de carrière [2], donnent des objectifs stratégiques ambitieux, absolus, mais sans les faire corréler avec un système de forces de taille cohérente et à dominante terrestre, capable de quadriller la zone d’opérations du Hezbollah étalée sur tout le territoire du sud-Liban. En effet, les autorités israéliennes ne souhaitent pas réitérer une nouvelle offensive terrestre au pays du Cèdre, après en avoir occupé la partie sud lors de l’opération « Paix en Galilée [3]» conduite entre 1982 et 2000. À la rigueur, quelques raids terrestres conduits par les forces spéciales pourraient être consentis, étant donné le niveau opérationnel de ces forces très qualifiées, qui comptent parmi les meilleurs du monde. Dans ce contexte, le plan de riposte se fonde presque exclusivement sur des bombardements effectués soit à l’aide de la puissante artillerie dont disposent les forces terrestres israéliennes, soit par l’utilisation de toute la force de frappe de l’armée de l’air israélienne, qui ne souffre d’aucune comparaison avec ses voisins et rivaux au Moyen Orient. Cette force, très moderne, a entièrement bénéficié des budgets de la défense israéliens, pourtant passé « de 15 % du Produit National Brut dans les années 1980 à 8% [4] » en 2006, et ce, au détriment des forces terrestres. Dès lors, des déséquilibres dans la répartition du budget sont apparus entre les différentes forces armées israéliennes, et l’armée de l’air en fut la principale bénéficiaire. En 2006, c’est un aviateur, le général Dan Halutz, qui occupe le poste de chef d’état-major des forces armées israéliennes. On ne pouvait pas mieux trouver comme preuve de l’ascendant pris par l’Armée de l’Air israélienne dans l’organisation de Tsahal. C’est surtout une vision technologique de la guerre qui gagne la bataille des « cœurs et des esprits » au sommet de la hiérarchie politico-militaire israélienne dans les années 2000, comme le dénonce le général israélien à la retraite Yossi Peled : « nous avons perdu l’équilibre entre les armes, en donnant crédit à l’habileté de l’armée de l’air de résoudre n’importe quel problème. Une « vache sacrée » vit le jour et prit le nom de « technologie » : beaucoup crurent qu’elle nous amènerait à la victoire [5] ». Dans le même moment, les forces terrestres furent reléguées à des opérations de police au sein des Territoires Palestiniens, où l’ennemi est assimilé à un délinquant, et non à un soldat, et où la victoire est acquise en cas d’affrontement. Cette accoutumance s’est traduite par une perte des savoir-faires tactiques au sein des forces terrestres. Ainsi, « l’armée israélienne est tombée amoureuse de ce qu’elle faisait avec les Palestiniens. Dans les faits, elle est devenue addictive. Lorsque vous combattez un ennemi inférieur à vous dans tous les domaines, vous pouvez peut-être perdre un homme ici ou là, vous gardez le contrôle total » selon le général israélien à la retraite Shimon Naveh [6]. De plus, la perte de savoir-faire fut accentuée par la réticence à la prise de risque au sein des forces armées israéliennes dans ses opérations dans les territoires palestiniens : « Nous n’avons pas connu de guerre depuis 24 ans. Les commandants, jusqu’au niveau de la division, n’ont pas d’expérience de la guerre […] Nous avons pris pour habitude de dire que, dans les Territoires [Palestiniens] un ratio « ennemis tués/soldats perdus » de 1-0 était préférable à celui de 3-1 » selon le général israélien à la retraite Yoram Rair [7]. La liberté de manœuvre des forces terrestres israéliennes fut alors considérablement ralentie par l’accumulation de procédures visant à préserver la vie des soldats, dont la grande majorité sont des jeunes conscrits. Ainsi, les forces armées israéliennes se sont empêtrées dans une dangereuse routine les rendant rétives à se risquer dans des opérations terrestres d’envergure à l’extérieur du territoire israélien, tout en devenant addicte à la guerre par la technologie en général et l’arme aérienne en particulier.

Formation de F-15I Eagle israéliens. Fer de lance de l’armée de l’air israélienne, l’avion est un chasseur-bombardier lourd apte à mener des frappes en territoire hostile (Crédits : Wikimédia).

§2. La confiance excessive dans les capacités de l’arme aérienne pour vaincre les ennemis d’Israël

En effet, celle-ci est capable d’instaurer un rapport chronologique reconnaissance de cible-frappe aérienne extrêmement court quel que soit la dangerosité de la menace. Qu’il s’agisse d’éliminer un groupe de miliciens ou de procéder à une frappe de précision sur bunker protégé, l’armée de l’air israélienne dispose des moyens matériels et des savoir-faires pour y parvenir.  L’utilisation massive et précoce des drones par Israël permet l’instauration d’une surveillance permanente sur l’ensemble du sud-Liban, absent de toute capacité de défense anti-aérienne. Armés, les drones peuvent traiter une cible en un délai très court, ou bien transmettre la mission d’élimination à l’aviation de chasse-bombardement apte au combat aérien dans un contexte de menace caractérisée si nécessaire [8]. À l’époque chef d’état-major de l’armée de l’air israélienne en 2002, le général Dan Halutz démontre toute sa confiance dans l’outil aérien dont s’est doté Israël : « la puissance aérienne peut décider seule ou, au moins, être le principal acteur d’une telle décision [9] ». La riposte israélienne fut conçue dans le respect de ce dogme technologique et chercha, par conséquent, l’anéantissement définitif du Hezbollah. Pour y parvenir, les forces armées israéliennes cherchent à couper les lignes logistiques du Hezbollah en détruisant les routes, ponts et autres infrastructures de transport. L’aéroport international de Beyrouth, principal point d’entrée et de sortie au Liban, est attaqué dès le 13 juillet. Un blocus maritime est également mis en oeuvre par la marine israélienne. Au fur et à mesure du conflit, le Liban est coupé du monde, et la population libanaise est privée de toute possibilité de se ravitailler et de se déplacer. Les forces israéliennes cherchent également à tuer les principaux responsables du Mouvement. Ainsi, tout un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, où est implanté le quartier général du Hezbollah, fut soufflé le 17 juillet par les 23 tonnes de munitions larguées par les forces israéliennes dans le but de « décapiter » l’état-major du Hezbollah ; 100 civils libanais y trouvèrent la mort, alors que l’objectif principal de la frappe ne fut pas atteint. En tout, 11 897 missions de combat furent effectuées par les aéronefs de l’armée de l’air israélienne pendant les 33 jours du conflit, soit plus que lors de la Guerre du Kippour de 1973 (11 223 missions) et de l’opération Paix en Galilée au Liban en 1982 (6 052 missions réalisées). 170 000 obus d’artillerie ont été tirés, ce qui représente une multiplication par deux du nombre d’obus tirés en 1973 [10].  L’opprobre internationale s’abat sur Israël à mesure que les exactions contre les civils augmentent. Le bombardement de la ville libanaise de Qana le 30 juillet 2006 en constitue l’apogée, étant donné qu’il expose la brutalité de la riposte israélienne : « Le seul projectile tiré à Qana a fait presque autant de victimes que 2 500 roquettes lancées par le Parti de Dieu » selon le colonel Michel Goya et le capitaine Marc-Antoine Brillant [11]. Ce jour-là, 58 personnes sont mortes, dont en majorité des enfants. En un peu plus d’un mois de conflit, 1183 civils trouvent la mort, et plus de 4000 sont blessés. 900 000 personnes ont dû fuir leur maison, dans un pays où la majorité des infrastructures sont détruites. La riposte sous la forme de bombardements effectués à distance de sécurité fut disproportionnée, alors que seul l’emploi massif des forces terrestres nettoyant une par une les positions du Hezbollah par un combat de corps-à-corps au sud-Liban pouvait donner réalité aux objectifs du gouvernement israélien. Ainsi, les forces armées israéliennes adoptèrent une stratégie vouée à l’inefficacité étant donné le décalage entre les moyens employés et les objectifs affichés : détruire le Hezbollah, qui n’est pas une milice armée comme les autres.

 Un convoi de la FINUL passe sous un portique édifié à la gloire du Hezbollah, sur lequel y est représenté un milicien armé d’une roquette et le leader du Mouvement Hassan Nasrallah au Sud-Liban en 2007 (Crédits : Flickr)

Section 2. Le Hezbollah, un acteur politico-militaire résilient et évolutif

§1. Un acteur politique important au Liban et dans le monde arabe

« Nous ne sommes pas une armée régulière et nous ne combattons pas comme une armée régulière [12] ». Cette déclaration d’Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, démontre le décalage de la riposte israélienne, adaptée à une menace conventionnelle, mais inefficace contre une force armée refusant la logique conventionnelle, et camouflant ses atouts pour ne les utiliser que lorsque la victoire est acquise. Le but est davantage de « frapper » les opinions publiques israéliennes et internationales que de croiser le fer avec une force aussi puissante que Tsahal. L’objectif n’est pas de détruire Israël, ce qui est quasi-mission impossible. Il s’agit de réduire le champ de riposte possible de ce dernier. Pendant l’ensemble du conflit, les forces armées israéliennes furent acculées à ne pouvoir utiliser seulement leur puissance de manière disproportionnée en comparaison des dégâts causés par les attaques du Hezbollah. In fine, le but du Hezbollah est de porter atteinte au mythe, généralement admis, que Tsahal serait « invincible » par l’exploitation des nombreuses faiblesses de la stratégie israélienne. Fondé en 1982, le « Parti de Dieu » est un mouvement sub-étatique politico-religieux chiite établi au Liban et dont la formation armée s’est distinguée par ses actions d’amélioration des tactiques de la guérilla à des fins de démonstration de puissance. En effet, le Hezbollah est le premier mouvement à faire usage des attaques-suicides [13], dont il a notamment fait l’usage contre les armées françaises en 1983[14]. Né dans la guerre, le mouvement a acquis une grande expérience au combat contre des forces régulières. Il a développé un outil d’acquisition de renseignement qui lui permet de ne rien manquer des développements technologiques poursuivis par Tsahal afin d’en déduire les faiblesses. C’est ainsi que le Hezbollah fut le premier mouvement sub-étatique à concevoir des I.E.D.[15], qu’il a utilisé dès la fin des années 1990. En 1999, le mouvement réussit un « coup médiatique » puissant en faveur de sa crédibilité militaire et politique, lorsque le général israélien Erez Gerstein trouva la mort à la suite de l’explosion d’un I.E.D. au passage de son véhicule. Le Hezbollah se distingue également par son souci de construire un outil de communication pour pouvoir asseoir son assise politique au Liban. La chaîne de radio Al-Nour est fondée en 1988, trois ans avant la création de la chaîne de télévision Al-Manar, alors que les forces armées israéliennes occupent le Liban dans les heures les plus sombres de la guerre civile. Le conflit est très dur, et la population civile affronte nombre d’épreuves, que le Hezbollah ne manque pas d’exploiter. Des dispensaires, hôpitaux et écoles furent constitués à destination des populations de Beyrouth durement frappées par les destructions, et ce, de manière médiatisée. L’artisan de cette mue d’un mouvement terroriste en un mouvement proto-étatique est Hassan Nasrallah, secrétaire général de l’organisation depuis 1989. En 1992, c’est lui qui pousse en faveur de la participation du Hezbollah aux élections législatives libanaises, où 8 sièges sont obtenus. Le désintérêt d’Israël pour le Liban, dont les forces armées se retirent en 2000, laisse ensuite le champ libre au développement politico-militaire du Hezbollah. Déjà doté en roquettes de courte et moyenne portée, le mouvement profite de la relative accalmie pour densifier son système de force sur la base des retours d’expérience des combats menés entre 1982 et 2000 contre Tsahal.

§2. La stratégie opérationnelle « hybride » du Hezbollah

Le deuxième volet de notre série a mis en lumière que l’acteur « hybride » déploie toute son imagination militaire dans le combat de l’information, et qu’il ne voit pas d’inconvénient à « penser autrement » sa stratégie et ses moyens déployés pour atteindre son but.  Le Hezbollah s’est orienté vers cette voie et a construit sa stratégie opérationnelle en respectant deux principes. Premièrement, il prend en compte le manque de résilience de l’économie israélienne. Parce que rétive aux pertes civiles et militaires, toute la population située au nord d’Israël se confine immédiatement en cas d’attaques de roquette, mettant à l’arrêt l’économie. Dès lors, Israël, qui excelle dans le domaine de la « guerre éclair » [16], ne peut que difficilement se permettre un engagement long et incertain à l’instar des dix-huit années d’engagement au Liban, entre 1982 et 2000. En effet, le port d’Haïfa, principal port israélien, est à portée de tir des roquettes du Hezbollah. Deuxièmement, les actions militaires d’Israël ont perdu de leur crédibilité à la suite des opérations au Liban et des massacres de Sabra et Chatila, perpétrés par des milices chrétiennes alliées de Tsahal, et des excès dans l’emploi de la force militaire sont constatés dans les Territoires Palestiniens. Dès lors, Israël voit sa liberté de manœuvre entravée par les pressions internationales qui se mettent en œuvre dès qu’un accrochage entre les forces israéliennes et leurs adversaires dégénère en conflit ouvert. Pour respecter ces principes, le Hezbollah opte pour un système mobile ; il ne se dote pas de chars de combat ni de systèmes d’artillerie trop complexes, afin de ne pas gâcher des ressources pour l’obtention d’équipements très vulnérables au système de reconnaissance-frappe israélien. La majorité des roquettes sont tirées depuis des rampes montées sur camion ou portées à dos d’hommes, et sont systématiquement déplacées après chaque frappe. Le Hezbollah se constitue aussi une infanterie légère adaptée pour mener des actions d’embuscades et de harcèlement sur les forces mécanisées de Tsahal, afin de ralentir l’avancée de ces dernières. Cette infanterie est soutenue par un réseau de bases souterraines établies en zone urbaine, afin de se camoufler des drones et autres capacités israéliennes de renseignement et de « durcir » les infrastructures de communication et de contrôle des opérations du Hezbollah. Ainsi, la liaison entre les différents maillons de la chaîne de commandement s’effectue par des moyens de téléphonie filaires [17], afin de ne pas utiliser les réseaux de téléphonie mobile infiltrés par les moyens d’interception israéliens. Ce « réseau de 160 villages plus ou moins fortifiés et de 600 ouvrages souterrains reliés par des tunnels [18] » a pour mission de ralentir encore plus l’avancée des forces israéliennes dans un environnement complexifié par la forte présence de personnels civils sur les lieux-mêmes des combats. En parallèle, le Hezbollah élabore un arsenal de roquettes et de missiles afin d’entretenir le sentiment d’insécurité établi dans la moitié nord du territoire israélien et d’accentuer la pression médiatique et publique sur le gouvernement israélien. Ces équipements sont en majorité fournis par la Syrie et l’Iran et comprennent à la fois le vénérable missile antichar A.T.-3 Stagger  mais aussi les missiles tactiques Zelzal 2 et 3, de fabrication iranienne, et capables d’atteindre Tel-Aviv. Ce stock diversifié est considérable : « grâce à l’Iran et à la Syrie, le Hezbollah dispose en juillet 2006 d’un stock de 14 à 16 000 roquettes [19] ». En 2006, le Hezbollah a atteint une masse critique lui permettant de ralentir l’avancée et l’efficacité de Tsahal, afin d’accroître les pressions contradictoires sur celle-ci. En effet, les forces armées israéliennes doivent à la fois répondre aux attentes de la population israélienne, souhaitant des résultats rapides, tout en obtenant le feu-vert de communauté internationale, qui souhaite limiter l’emploi de la force par Israël. Pour le Hezbollah, le but est alors de pousser Israël à la faute militaire et politique afin de l’exploiter militairement et médiatiquement pour renforcer la position du mouvement chiite sur la scène politique intérieure libanaise. Ce but est poursuivi au moyen d’une stratégie « hybride » mûrie par l’exploitation du retour d’expériences des conflits précédents et de renseignements patiemment acquis sur l’ensemble des modes tactiques et moyens utilisés par Tsahal.

 Missiles A.T.-3 Stagger retrouvés dans une voiture capturée par les forces armées israéliennes le 8 août 2006 (Crédits : Flickr)

Section 3. La victoire médiatique du Hezbollah est due à l’impréparation israélienne dans la conduite d’opérations militaires face à un acteur « hybride »

§1. Israël n’a pas atteint ses objectifs du fait de son impréparation

Le 11 août 2006, la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies astreint les parties prenantes à un cessez-le-feu, ce qui met un terme au conflit le 14 août. Les forces israéliennes n’ont pas atteint leurs objectifs énoncés au début de la riposte, qui étaient très ambitieux afin de rassurer une population perçue comme devenue rétive aux opérations militaires longues par les dirigeants israéliens. Il s’agissait non seulement de récupérer les soldats israéliens kidnappés tout en neutralisant la branche militaire du Hezbollah et faire cesser les tirs de roquette sur le territoire israélien, ainsi que d’éliminer le leader du mouvement, Hassan Nasrallah. Rien de tout cela n’a été atteint, aux termes d’opérations aériennes de bombardement sur un ennemi insaisissable car adapté au système de forces israélien. Ce dernier n’a réagi que trop tard au défi politico-militaire posé par le Hezbollah. Le constat de l’inefficacité des opérations aériennes conduites a contraint les décideurs israéliens à changer de stratégie et de se tourner vers l’emploi de la force terrestre. À la fin juillet 2006, plus de 30 000 soldats israéliens opèrent alors au sud-Liban. Toutefois, et comme dit ci-dessus, la force terrestre israélienne a perdu nombre de ses savoir-faires tactiques. De graves erreurs de planification et d’emploi de la force ont été commises, soulignant l’incapacité israélienne à mener des opérations interarmées. Dès le début des opérations terrestres dans le village frontalier de Maroun-el-Ras, un premier char israélien est détruit et deux hélicoptères d’attaque se percutent en vol le 20 juillet 2006. En deux jours d’opération, Tsahal perd ainsi 8 hommes et ne réussit jamais à confisquer l’initiative du feu des miliciens du Hezbollah. Le scénario se reproduit dans le village de Debel dans la nuit du 9 au 10 août, où 9 soldats réservistes trouvent la mort et 11 sont blessés suite à une frappe d’un missile antichar A.T.-3 Stagger sur le bâtiment où les soldats se sont réfugiés. La section touchée n’avait pas connaissance des diversités d’usage des missiles antichars présents en nombre dans l’arsenal du Hezbollah, mais inexistants dans les Territoires Palestiniens où ils avaient l’habitude d’opérer. Certes, l’AT-3 Stagger est inefficace contre les dernières évolutions des blindés israéliens. Dès lors, l’arme est détournée de son usage conceptuel pour une autre utilisation possible, mais non conventionnelle et de facto non anticipable par les soldats israéliens, en l’occurrence la frappe d’un bâtiment. Cette attaque, et tant d’autres pendant le conflit, créa un double traumatisme pour les forces armées israéliennes. Premièrement, le moral de celles-ci fut durement touché par les nombreuses pertes ; la société israélienne n’était pas prête à supporter la perte de plus de 10 hommes en une seule journée, du jamais vu depuis la fin de l’opération « Paix en Galilée » en 2000. Deuxièmement, Tsahal oublia un des principes fondamentaux de la guerre : l’ennemi s’adapte à son adversaire. L’oubli de ces fondamentaux par les forces terrestres se révéla encore plus cruel le 12 août lors de l’attaque de l’oued Saluqi, un lit de rivière asséché bordé par des falaises. L’état-major israélien souhaite alors profiter des dernières négociations préalables à la mise en place d’un cessez-le-feu pour lancer une ultime opération terrestre. Des éléments de la 401ème brigade blindée furent stationnés à l’entrée de l’oued. Les chars de combat Merkava IV – la version la plus moderne de l’engin – et leur suite logistique n’y passèrent pas inaperçus, étant donné qu’ils y restèrent stationnés pendant cinq jours. Ce délai a été pleinement exploité par le Hezbollah. Le Mouvement a eu tout le temps nécessaire pour prendre connaissance de la nature du dispositif israélien et déduire toutes les opportunités offertes par le relief de l’oued. Des équipes légères dotées de missiles antichars modernes 9M133 Kornet (code O.T.A.N. A.T. – 14 Spriggan) de fabrication russe sont alors positionnées en surplomb du lit du fleuve. Pour le Hezbollah, la certitude que les forces israéliennes vont emprunter le lit de la rivière se révèle à l’aune des mouvements de la force blindée en direction de l’oued avant que la mission ne soit annulée. L’impréparation des états-majors israéliens et le manque de connaissance du terrain se sont traduits par d’importantes tergiversations à tous les niveaux de la chaîne de commandement, cette dernière étant exclusivement établie sur l’arrière des opérations. Les décideurs étaient uniquement reliés aux forces sur le terrain par des moyens de communication modernes et instantanés. Aucun officier supérieur n’était présent aux côtés des troupes engagées, constituées en majorité de conscrits pouvant ressentir le besoin d’un chef expérimenté vers qui se tourner en cas d’imprévus. Par conséquent, l’état-major fut saturé d’informations nombreuses et contradictoires, compliquant ainsi la prise de décision. Le général israélien à la retraite Matan Vilnai identifia bien ce défaut induit par une conduite des opérations déconnectée du terrain : « vous pouvez certes gérer un restaurant Mc Donald’s par des écrans plasmas, pas une bataille [20] ». Les tergiversations de l’état-major sur la nécessité de l’attaque par le fleuve Saluqi ont également contribué à révéler la position et le plan de la mission potentielle des éléments de la 401ème brigade blindée. Lorsque cette dernière fut autorisée à l’aube du 12 août, la force blindée israélienne s’engagea cependant sans le soutien de l’infanterie. Or, cette dernière aurait permis de réduire les abris protégés du Hezbollah, d’où partirent au même moment une vingtaine de missiles antichars. Le bilan de cette attaque « en essaim », dont le principe était déjà décrit comme caractéristique de la manœuvre « hybride » dans le précédent volet de notre série, fut édifiant : « sur les 24 chars ayant participé aux combats, 11 ont été touchés par des missiles antichars, huit membres d’équipage ont été tués [21] » selon Michel Goya et Marc-Antoine Brillant.

Char de combat Merkava IV en opération. La survivabilité de l’engin est exceptionnelle, tant par sa conception – le moteur est placé à l’avant de l’engin afin de protéger la capsule blindée de l’équipage située à l’arrière – que par la puissance de son armement et de ses capteurs, faisant de l’engin un outil polyvalent. En effet, le Merkava est capable, par un fort débattement de son canon, de traiter les nombreux objectifs situés en surplomb dans les zones urbaines, tout en demeurant rapide et agile dans le combat blindé classique (Crédits : Flickr).

§2. Le Hezbollah a gagné la bataille de l’information en brisant le mythe de « l’invincibilité » israélienne

En soi, c’est moins la valeur tactique que politico-médiatique de la défaite infligée à Tsahal qui marque les esprits comme le montre le chercheur Joseph Henrotin, pour qui « les engagements de chars israéliens Merkava par des combattants du Hezbollah, en 2006, n’avaient pas tant pour but de « casser » l’assaut israélien que de démontrer la vulnérabilité de Tsahal et le courage des miliciens [22] ».  Le char Merkava a fait l’objet d’un quasi-culte au sein des forces armées israéliennes comme étant le « meilleur char du monde ». Il est vrai que tant sa conception que son armement font de l’engin un des meilleurs de sa catégorie, tant en termes de protection offerte à l’équipage que de puissance de feu apportée sur le terrain. En atteste le bilan des opérations militaires israéliennes : sur les 400 engins déployés pendant le conflit, seuls 52 engins furent touchés par un missile et seuls 22 eurent leur blindage percé par un missile. Sur ces 22, seuls 11 eurent à déplorer des pertes au sein de leur équipage, alors que le Hezbollah a lancé plus de 500 missiles antichars sur les forces israéliennes pendant toute la durée du conflit [23]. Le Merkava a bien démontré sa valeur militaire sur le terrain comme l’attestent les chiffres mentionnés ci-dessus. Toutefois, le fait que cet engin, érigé en « mythe d’invincibilité », soit détruit au combat a engendré un choc considérable au sein de l’opinion israélienne et de l’état-major, persuadés que la technologie amènerait la victoire d’une manière rapide et aseptisée, sans pertes de soldats ni imprévus. La frappe d’un missile antinavire C-802 du Hezbollah sur la corvette israélienne Hanit le 14 juillet 2006 eut un écho similaire. Alors que la corvette israélienne, longue de seulement 85 mètres, aurait dû couler après avoir été frappée par un missile de plus de 700 kilos, l’attaque d’une telle arme eut un impact limité sur la flottabilité de la corvette, le navire parvenant à rentrer au port d’Ashdod par ses propres moyens, alors que la machinerie était criblée d’impacts [24]. Cette attaque aurait permis de révéler l’excellente conception du Hanit. Elle fut toutefois perçue comme un traumatisme car un deuxième mythe d’invincibilité s’effondra alors : un des navires de combat les mieux armés de la région fut atteint par une copie iranienne d’un missile antinavire chinois de conception ancienne porté sur un camion civil. Le Hezbollah mit en scène cette attaque, qui eut lieu pendant un discours d’Hassan Nasrallah, diffusé en direct. Au moment précis où le navire est atteint, le dirigeant du Hezbollah déclare : « Maintenant, en pleine mer, face à Beyrouth, le navire de guerre israélien qui a pilonné nos infrastructures, bombardé les maisons des gens et les civils, regardez-le, il brûle et il va couler [25] ». L’ensemble des chaînes d’informations en continu s’est saisi de cet évènement retentissant : une des meilleures armées du monde perd alors la face contre un mouvement sub-étatique non moins capable de mettre hors de combat un des meilleurs navires de combat de la Méditerranée. 

Ce choc fut renforcé par l’incapacité des forces armées israéliennes à faire cesser les attaques de roquettes sur le territoire israélien. Pendant toute la durée du conflit, 475 attaques de salves de 8 à 9 roquettes furent effectuées par le Hezbollah, qui perdit 300 lanceurs mobiles et individuels et entre 250 et 500 combattants, soit seulement 25 % de son arsenal [26]. Ce bilan n’est pas faible en soi, mais il ne correspond pas aux objectifs fixés par le gouvernement israélien au début de l’offensive. De manière similaire à la bonne conception de la corvette Hanit, la performance des forces israéliennes fut bonne, en parvenant à détruire une moyenne de trois lanceurs par jour, dans un environnement urbain dense et compliqué dans lequel le Hezbollah avait procédé au camouflage de ses vecteurs. Toutefois, cette bonne performance fut anticipée par le Hezbollah, qui a « accepté la destruction des lanceurs acquis en grand nombre. La quantité a compensé la vitesse de traque des israéliens et les investissements considérables qu’ils ont nécessités [27] ». En effet, depuis les frappes de missiles Scud lancés par l’Irak pendant la guerre de 1991 sur le territoire israélien, Israël a initié plusieurs programmes de systèmes de défense anti-missiles et anti-roquettes très avancés. En 2006, les systèmes Patriot, Barak et Arrow sont déployés, mais leur action ne sera pas requise pendant les hostilités. Ces systèmes, très complexes à mettre en œuvre, ont une efficacité relative contre un missile balistique de moyenne à longue portée. Toutefois,ils ne sont pas conçus pour traiter les roquettes et missiles de petite taille massivement employés par le Hezbollah. Alors que chaque missile Arrow coûte entre 2 à 3 millions de dollars U.S. [28], le Hezbollah parvint à augmenter le nombre de missiles tirés dans les derniers jours du conflit, où plus de 250 tirs furent recensés. Israël n’a pas réussi à diminuer la fréquence des attaques de roquette du Hezbollah, alors que le conflit aurait coûté 6 milliards de dollars U.S., « soit presque 10 millions de dollars par ennemi tué » selon Michel Goya [29]. Ainsi, le Hezbollah parvint à opposer un système de force « hybride » car construit sur la flexibilité organisationnelle du mouvement et sa stratégie des moyens construite sur l’exigence d’efficacité tactique comme seule source de l’innovation technologique. Les forces israéliennes renversèrent ce paradigme, et elles subirent une défaite politico-stratégique, en dépit des résultats tactiques atteints contre le Hezbollah. Israël perdit la guerre de l’information face à un ennemi qui fit le choix de contourner la puissance de Tsahal, et de ne jamais franchir le seuil l’exposant à la puissance de feu de cette dernière. Aucun des objectifs fixés par le gouvernement israélien ne fut atteint, alors que 119 soldats et 42 civils israéliens perdirent la vie et que l’emploi trop rigide d’une force militaire privilégiant la frappe de décapitation à « distance de sécurité » écorna durablement l’image du pays sur la scène internationale, sans que ne soit écornée la force militaire et l’assise politique du Hezbollah. Pour avoir oublié que la guerre est un « davantage qu’un caméléon qui adapte ses caractéristiques à la situation [30] » comme le rappelle Carl von Clausewitz pendant les guerres napoléoniennes, les forces armées israéliennes payèrent un prix élevé. Toutefois, ce prix proportionné à la désorganisation d’une force armée peut-être trop confiante en la technologie pour atteindre ses objectifs. Dès lors, il peut être déduit une première limite au concept de « guerre hybride » : présenter ce concept comme une nouvelle révolution militaire ne servirait qu’à cacher les échecs organisationnels et matériels des forces armées occidentales et israéliennes. C’est pourquoi Classe Internationale s’interrogera, dans le volet suivant de la série, sur la validité du concept de « guerre hybride ».

La corvette INS Lanav, sister-ship de la corvette Hanit. Petite – le navire fait 85 mètres de long – mais furtive, la corvette reçoit néanmoins une forte dotation en missiles anti-aériens (64) et anti-navires (entre 8 à 16), ainsi qu’une importante suite en moyens de détection (Crédits : Wikimédia). 

Louis Ouvry


[1] Tsahi HANEGBI, mentionné dans Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, Israël contre le Hezbollah. Chronique d’une défaite annoncée. 12 juillet – 14 août 2006, éditions du Rocher, Monaco, 2013, p. 22.

[2] Beaucoup d’hommes et de femmes politiques israéliens sont d’anciens militaires de carrière. L’actuel Premier ministre, Benyamin Netanyahu, fut membre de l’unité de renseignement stratégique Sayeret Matkal, membre du commandement des forces spéciales israéliennes.

[3] Les forces armées israéliennes occupèrent le sud-Liban entre 1982 et 2000, afin de lutter contre les factions armées palestiniennes et libanaises établies au Liban. Pendant ces dix-huit années de conflit, le Liban fut plongé dans une violente guerre civile. 

[4] « Tsahal, désarroi et questions », Sylvain CYPEL, Le Monde, 7 septembre 2006.

[5] Général Yossi PELED, cité par Avi KOBER, « The Israel Defense Forces in the Second Lebanon War : why the poor performance ? », revue Journal of Strategic Studies, éd. Routledge, Abingdon-on-Thames (U.K.), 5 juin 2008, p. 18. Texte original traduit : « We have lost the balance between the arms, giving credit to the IAF’s ability to solve any problem. A golden calf was created and named technology ; many believed it could win the war ».

[6] Général Shimon NAVEH interviewé par Matt MATTHEWS, « Operational Leadership Experiences. Interview with B.G. (Ret) Shimon NAVEH », Combat Studies Institute, 1er novembre 2007. Texte original traduit : « the IDF fell in love with what it was doing with the Palestinians. In fact, it became addictive. When you fight a war against a rival who’s by all means inferior to you, you may lose a guy here or there, but you’re in total control ».

[7] Général Yoram RAIR, cité par Avi KOBER, Ibid, p. 14. Texte original traduit : « We have not had war for 24 years now. Commanders from the division level downwards had no war experience. […] We used to say that in the territories a casualty rate of 1:0 was better than 3:1 ».

[8] L’opération de bombardement Opéra effectuée en 1981 avec succès sur un réacteur nucléaire irakien en construction atteste de la maitrise par l’armée de l’air israélienne de savoir-faire exigeants dans le domaine de la pénétration d’environnements théoriquement bien défendus.

[9] Dan HALUTZ, cité dans Avi KOBER, op.cit., p. 22. Texte original traduit : « Airpower alone can decide, and let alone be the senior partner to such decision ».

[10] Chiffres mentionnés par Avi KOBER, Ibid, pp. 23-24.

[11] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, op. cit., p. 74.

[12] Hassan NASRALLAH mentionné par Mark Williams PONTIN, « The Missiles of August », MIT Technology Review, 16 août 2006.

[13] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, op.cit., p. 36.

[14] Le 23 octobre 1983, un camion kamikaze frappa le bâtiment « Drakkar » occupé par les forces françaises de la Force Multinationale de l’ONU. 58 militaires français y perdirent la vie.

[15] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, Ibid, p. 42. Un I.E.D. (Improvised Explosive Device) est un engin explosif improvisé, fabriqué à partir de ce que le combattant a à sa portée (engrais, carburant, gazinière, clous…).

[16] Israël s’est distingué par la qualité de ses forces aériennes et de ses forces blindées. Équipée des meilleurs avions de combat disponibles (F-16 A, B, C, D, I et F-15 A, I), les forces armées israéliennes ont également conçu le char Merkava, dont les observateurs considèrent qu’il figure parmi les meilleurs engins de sa catégorie.

[17] Joseph HENROTIN, op.cit., p. 83.

[18] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, op.cit., p. 55. 

[19] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, Ibid, p. 58.

[20] Général Matan VILNAI, cité par Avi KOBER, op.cit., p. 18. Texte original traduit : « You can run McDonald’s with plasma screens, not a battle ».

[21] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, op.cit., p. 126.

[22] Joseph HENROTIN, op.cit., p. 100.[22] La survivabilité de l’engin est exceptionnelle, tant par sa conception – le moteur est placé à l’avant de l’engin afin de protéger la capsule blindée de l’équipage située à l’arrière – que par la puissance de son armement et de ses capteurs, faisant de l’engin un outil polyvalent. Le Merkava est capable, par un fort débattement de son canon, de traiter des objectifs situés en surplomb, tout en demeurant rapide et agile dans le combat blindé classique.

[23] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, op. cit., p. 118-119.

[24] Jean-Louis PROMÉ, « Heyl Ha’Yam : une marine moins discrètement ambitieuse ! », revue Défense et Sécurité Internationale hors-série n° 9 « Tsahal. L’armée israélienne aujourd’hui », éd. Areion Group, Paris, 2009, pp. 48-53.

[25] Aurélie DAHER, Le Hezbollah. Mobilisations et Pouvoirs. Presses Universitaires de France, collection « collection Proche Orient », Paris, 2014. 

[26] Ben MOORES, « A preliminary military assessment of the Lebanon conflict », Defence Aerospace, 18 août 2006.

[27] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, op.cit., p. 105.

[28] Michel GOYA et Marc-Antoine BRILLANT, Ibid, p. 103.

[29] Michel GOYA, « Dix millions de dollars le milicien », Politique étrangère, 2007/1, IFRI, p. 192.

[30] Carl von CLAUSEWITZ, On War, éd. Princeton University Press, Princeton (U.S.), 1989, p. 142. Texte original traduit : « war is more than a true chameleon that slightly adapts its characteristics to the given case ».

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