Al Jazeera : une chaîne au cœur des intérêts du Qatar ?

En arabe Al-djazira désigne la péninsule et renvoie à la « presqu’île des Arabes », une zone qui s’étend de la frontière saoudo-jordanienne au sultanat d’Oman et qui est occupée par le Royaume d’Arabie Saoudite au flanc duquel le Qatar constitue une petite péninsule au bord du Golfe Persique. La conscience de la vulnérabilité d’un petit pays, indépendant depuis 1971, de 160 kilomètres de long pour 50 à 80 kilomètres de large, peu peuplé et sans capacité militaire, face à ses deux puissants rivaux que sont l’Arabie Saoudite (qui lui dispute ses frontières) et l’Iran conduit le pays à développer une politique volontariste visant à le rendre indispensable auprès de ses voisins. Le Qatar est devenu de plus en plus influent sur la scène internationale grâce à l’extrême richesse tirée de l’exploitation des ressources pétrolifères et gaziers de son sous-sol et son exportation. La famille Al-Thani au pouvoir cherche alors à utiliser la rente qu’elle possède pour obtenir une réputation internationale grâce à la « diplomatie du chéquier »[1] : elle achète son influence dans le monde par ses investissements. Le Qatar est donc dépourvu de hard power mais jouit d’un véritable soft power, d’une « influence sans puissance » : ce sont les enjeux gaziers et la lutte entre grands producteurs pour influer sur le marché et déterminer les voies d’acheminement du gaz qui expliquent les grandes orientations de la diplomatie qatarie.
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