Groenland et Danemark, entre passé colonial et velléités d’indépendance

Quand on évoque le Groenland, d’immenses paysages de glace aux températures inhospitalières et s’étendant à perte de vue nous viennent à l’esprit. Si ces représentations sont en partie vraies, ce territoire se distingue également par une histoire mouvementée et des rapports houleux avec sa puissance administratrice, le Danemark. Le Groenland, fort d’un gigantesque territoire de plus de 2 166 000 km2, sur lequel ne vivent guère plus de 56 000 âmes, se situe entre les océans Atlantique et Arctique. Il est aujourd’hui l’un des trois pays constitutifs du royaume du Danemark, aux côtés des îles Féroé et de la métropole danoise elle-même. Successivement colonisé par la Norvège et le Danemark, le Groenland est historiquement marqué par la domination coloniale et ses abus, dont les conséquences sont encore visibles aujourd’hui. Dès 1953, date à partir de laquelle il cesse d’être une colonie pour intégrer pleinement le royaume danois, le Groenland se lance dans une longue et progressive quête vers l’indépendance. Continuer de lire Groenland et Danemark, entre passé colonial et velléités d’indépendance

L’archipel du Svalbard, vitrine des conflits géopolitiques en Arctique

Dans un entretien donné à High North News en janvier 2020, l’écrivain norvégien Per Arne Totland souligne que l’importance stratégique du Svalbard est plus grande que jamais depuis la signature du traité qui y a trait il y a exactement 100 ans. Cela met en évidence un regain d’intérêt récent pour cet archipel situé dans l’océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, la terre de François-Joseph à l’est et l’Europe au sud. Ce territoire est sous souveraineté norvégienne depuis 1920, date de la signature du traité du Svalbard, qui lui donne un statut juridique, mettant fin au régime de terra nullius (1) qui le définissait jusqu’alors. Malgré la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de la Norvège sur cette région, le traité définit une originalité sans précédent : l’internationalisation partielle du Svalbard, dont l’interprétation va être au fondement de nombreuses tensions.

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La ruée vers les ressources sablières : un défi contemporain de gouvernance ?

L’impact de l’exploitation du sable, tant au niveau environnemental que par les modifications profondes qu’elle opère sur les sociétés, a brutalement été mis en lumière dans les dernières décennies. Néanmoins, la valorisation de cette ressource désormais hautement stratégique s’opère via des logiques économiques privées rendant d’autant plus opaques les dynamiques de sa gestion. Ce manque de transparence volontaire limite la possibilité d’en évaluer précisément les risques et d’institutionnaliser une gouvernance du sable cohérente. 

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Extractivisme et militantisme écologique en Amérique Latine

Selon l’ONG Global Witness, 207 militants écologistes ont été assassinés dans le monde en 2017, battant le record de 2016 de 200 morts. Avec 60% des meurtres, l’Amérique Latine est la région la plus dangereuse pour ces militants, qui souvent ne se définissent pas comme écologistes mais comme défenseurs de leur terre, forêt ou rivière, face à des projets d’exploitation minière ou pétrolière. Continuer de lire « Extractivisme et militantisme écologique en Amérique Latine »

Arctique : une nouvelle guerre froide sur la banquise ?

Domaine des hautes latitudes boréales, l’Arctique [1] peut être appréhendée comme l’ensemble formé de l’océan glacial Arctique et des terres continentales et insulaires bornées par le cercle polaire arctique [2]. Ainsi, et contrairement à l’Antarctique, cette région aux limites floues ne peut se définir comme un continent à part entière: en effet, ce territoire majoritairement constitué d’eaux gelées – la banquise – s’étend en réalité sur de vastes étendues terrestres, sous toutes les longitudes. On dénombre ainsi six Etats dits « riverains » de la zone et prétendant y exercer une souveraineté: le Canada, les Etats-Unis – grâce à l’Alaska, le Danemark – via le Groenland, la Russie la Norvège et l’Islande. Ces six pays, complétés de la Suède et de la Finlande, forment le Conseil de l’Arctique. Ce forum intergouvernemental fondé en 1996 n’omet pas les associations de représentants de peuples autochtones.

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