Arctique : une nouvelle guerre froide sur la banquise ?

Domaine des hautes latitudes boréales, l’Arctique [1] peut être appréhendée comme l’ensemble formé de l’océan glacial Arctique et des terres continentales et insulaires bornées par le cercle polaire arctique [2]. Ainsi, et contrairement à l’Antarctique, cette région aux limites floues ne peut se définir comme un continent à part entière: en effet, ce territoire majoritairement constitué d’eaux gelées – la banquise – s’étend en réalité sur de vastes étendues terrestres, sous toutes les longitudes. On dénombre ainsi six Etats dits « riverains » de la zone et prétendant y exercer une souveraineté: le Canada, les Etats-Unis – grâce à l’Alaska, le Danemark – via le Groenland, la Russie la Norvège et l’Islande. Ces six pays, complétés de la Suède et de la Finlande, forment le Conseil de l’Arctique. Ce forum intergouvernemental fondé en 1996 n’omet pas les associations de représentants de peuples autochtones.

En septembre 2012, la glace de mer en Arctique a atteint son record de fonte. C’est précisément cette fonte des glaces et le changement climatique qui renouvellent les enjeux de sécurité en Arctique. En effet, la région arctique est riche en ressources naturelles (pétrole, gaz, poisson), dont l’accès est facilité par le changement climatique. Cela pousse les six Etats mais aussi d’autres à s’accaparer la région, ce qui entraîne nécessairement des tensions. Les enjeux sont alors d’ordre politique, économique, sécuritaire et environnemental, et se sont relativement renouvelés depuis le XXème siècle et les guerres mondiales.

 

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Comment s’explique le renouvellement des tensions sécuritaires en Arctique ? 

La région arctique connaît un réchauffement plus rapide et intense que le reste du monde. Les travaux du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) montrent que la température globale de la Terre a augmenté de 0,5°C au cours des quarante dernières années ; mais elle a augmenté de plus de 1°C en Arctique. De plus, lorsqu’on évoque une hausse des températures de 2°C sous nos latitudes tempérées à l’horizon 2050, le réchauffement serait plutôt de 4 à 5 degrés au pôle arctique. Les scénarios les plus noirs évoquent même 7°C pour 2100. La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine tient quotidiennement un état de la surface de la banquise, fondé sur des relevés satellitaires depuis 1979. Grâce à ces relevés, on peut observer que la banquise de l’océan arctique diminue de plus en plus durant les périodes estivales, période de fonte habituelle.

File:Oldest Arctic Sea Ice is Disappearing.png
La banquise arctique en 1980 (en-bas) et en 2012 (en-haut). Source : satellite de la NASA.

L’exploitation des ressources naturelles dans la région circumpolaire a connu des développements différents selon les pays. Ainsi, la pêche est l’activité principale des Inuits et des Islandais depuis des siècles. Au Canada l’exploitation minière, pétrolière et gazière a débuté en 1920. En Russie, du temps du régime soviétique, la planification d’extraction des ressources et de développement des régions de Sibérie a entraîné la construction de villes ex-nihilo au-delà du cercle polaire et l’ouverture de la route maritime du Nord-Est en été et en hiver. Au Groenland danois, l’activité minière est présente depuis le début du XXe siècle.

L’accès aux ressources naturelles de la région arctique est facilité par le réchauffement climatique, alors que deux limites ont empêché jusqu’à aujourd’hui leur pleine exploitation : le froid et la présence de la banquise, et le manque de connaissances scientifiques spécifiques à l’extraction de ressources en milieu polaire. L’exploration et l’exploitation des matières premières ont également longtemps été freinées par les cours de ces matières premières en comparaison des difficultés d’intervention. Cependant dans les années 1970, le double choc pétrolier voit le cours du baril s’apprécier fortement et permet par exemple au Canada d’adopter un programme énergétique national visant à favoriser l’exploration des ressources naturelles. Cette politique a été facilitée par la découverte d’un gisement de pétrole en Alaska en 1968. C’est également à cette période que les premiers forages ont lieu en Norvège. Toutefois, si le prix du pétrole augmente, ce n’est le cas, ni du gaz, ni des minerais, ce qui entraîne une rentabilité trop peu importante.

Dans les années 2000, la concomitance de deux évènements va changer la donne : le réchauffement climatique et la fonte de la banquise estivale, et l’envolée du cours des matières premières vont soudain rendre rentable ce qui ne l’était pas avant. On parle alors d’une « nouvelle ruée vers l’or » pour l’exploitation des minerais (zinc, fer, plomb, nickel, étain, platine, uranium, diamants, or ou encore terres rares). Selon une étude de l’US Geological Survey de 2008, la zone arctique recèlerait plus de 22 % des réserves mondiales d’hydrocarbures non encore découvertes, mais techniquement exploitables. Plus précisément, l’Arctique contiendrait plus de 10 % des réserves mondiales de pétrole et près de 30 % des réserves de gaz naturel (20 % du gaz naturel liquide). L’Amérique du Nord abriterait les deux tiers des réserves de pétrole, l’Arctique russo-européen disposerait de près des 3/4 des réserves de gaz.

Fait marquant de ces dernières années, les ressources onshore ont tendance à s’épuiser. Hors Alaska, l’essentiel des ressources estimées dans la zone se trouvent en offshore, c’est-à-dire en mer. Or, l’exploitation offshore est beaucoup plus onéreuse que l’exploitation onshore. Gazprom, Total et BP, pour ne citer que les plus importants, ont dû reporter ou même renoncer à plusieurs projets d’exploitation offshore. Ce recul connaît plusieurs origines : le coût, les conditions naturelles extrêmes, les limites technologiques actuelles et enfin le risque énorme pour l’environnement. En effet, il faudrait bien plus de temps à une marée noire pour se dissiper dans des eaux proches de l’état de glace que dans des eaux tempérées. Cela pourrait même être impossible de lutter contre une telle catastrophe écologique (cf rapport d’Alexandre Taithe).  

Les chances de voir l’Arctique devenir une zone majeure de transit commercial restent donc limitées sur le court et moyen terme. Toutefois, la diminution des glaces d’été et des glaces permanentes va conduire à rendre la Route maritime du nord (nord de la Russie) et le Passage du nord-ouest (nord de l’Amérique) beaucoup plus accessibles. Depuis 2008, pour la première fois dans l’histoire récente, les deux passages sont d’ailleurs simultanément accessibles en été.

Une dernière source de tension en Arctique réside dans le fait que 95 % de ces ressources estimées seraient situées dans la Zone Économique Exclusive (ZEE, [3]) des États côtiers de l’Arctique. C’est donc chaque pays qui fixe les conditions d’exploration et d’extraction des ressources. Cela détermine nécessairement leur stratégie dans la région et dans la compétition économique mondiale pour l’accaparement des minerais et autres gaz naturels. La délimitation des Zones économiques exclusives est, depuis leur reconnaissance par la Convention de Montego Bay, une source de litige importante en raison des enjeux multiples liés à la possession de ces zones. Les enjeux sont symboliques puisque la ZEE touche à la souveraineté des Etats, économiques en raison des ressources dont ces zones recèlent, et enfin des enjeux sécuritaires car la présence de nombreux acteurs pour l’exploitation des ressources créent des tensions en termes de cohabitation.

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Carte de l’Arctique, montrant les frontières reconnues, les limites équidistantes et les revendications territoriales russes. © Sémhur / Wikimedia Commons

 

Quelle a été l’évolution des tensions sécuritaires en Arctique depuis le XXème siècle ?

Depuis la Seconde Guerre mondiale et surtout la fin de la Guerre froide, les tensions sécuritaires en Arctique ont évolué : il y a un certain apaisement des tensions malgré la découverte de nouvelles voies maritimes et l’exploitation toujours plus importante des ressources.

Durant la Seconde guerre mondiale, l’Arctique était une voie d’accès stratégique, découvrant le plus court chemin pour permettre aux convois de navires américains de ravitailler l’URSS engagée dans le conflit armé contre les nazis, via les ports de Mourmansk et d’Arkhangelsk. Par la suite, pendant la Guerre froide, l’Arctique est restée un passage stratégique mais la banquise constituait désormais surtout un abri très prisé des sous-marins des deux blocs pour aller espionner l’adversaire, voire s’approcher suffisamment pour pouvoir envoyer des ogives nucléaires. Cela a entraîné la multiplication des systèmes de surveillance et d’alerte dans la région. Plus proche de nous, l’Arctique est devenu une pièce essentielle du réseau nécessaire aux défenses anti-missiles et il n’y aurait pas eu « Guerre des étoiles » sans l’Arctique. La région a accueilli de nombreux sous-marins nucléaires et missiles dans la logique de confrontation des deux blocs.

Aujourd’hui, l’Arctique a tous les attributs d’un des grands enjeux stratégiques du XXIe siècle. La valeur militaire de l’Arctique est évidente pour des raisons géographiques : la région se situe à la fois entre la Russie et l’Amérique du Nord, et entre les États-Unis et l’Asie. Elle reste donc centrale dans le face-à-face stratégique entre Washington et Moscou en termes de repérage et détection, de patrouilles sous-marines, etc. De nombreux pays ont des intérêts sécuritaires dans la zone : Norvège, Suède, Groenland, Finlande, pays européens et asiatiques… Nous allons nous concentrer sur quatre grandes puissances arctiques : la Russie, les Etats-Unis, le Canada et la Chine, nouvel acteur de la zone.

L’ouverture de l’Arctique à une plus grande présence internationale renforce le sentiment d’encerclement sécuritaire de la Russie. Celle-ci tend donc à dramatiser non seulement l’évolution des politiques militaires des autres États riverains, mais aussi les intentions de l’Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord (OTAN) dans la région. La Russie a d’ailleurs repris ses patrouilles stratégiques aériennes (2007) et maritimes (2008) dans l’Arctique – une première depuis la fin de la Guerre froide dans les années 1990. Vladimir Poutine a justifié la présence militaire dans l’Arctique par un appel à conquérir ce qui s’apparente à une « nouvelle frontière ». De fait, l’Arctique représente 15 % du territoire russe, 20 % de son PIB et 25 % de ses exportations (gaz naturel, cf rapport d’Alexandre Taithe). En Arctique elle disposerait de 75 % des réserves connues de pétrole et de 90 % des réserves de gaz. Le président russe présente, certainement à juste titre, l’Arctique comme « notre maison et notre avenir ». Selon Alexandre Charavine, directeur de l’Institut d’analyse politique et militaire, « la Russie n’a [cependant] pas besoin d’un important contingent militaire en Arctique », qu’il serait de toute façon impossible de déployer. Il s’agit plutôt d’une présence de dissuasion, ce qui pourrait s’apparenter à la création de tensions platoniques dignes d’une nouvelle Guerre froide – bien sûr relativement moins importante en comparaison avec les conflits actuels en Ukraine ou Syrie par exemple, qui retiennent bien plus l’attention des grandes puissances [4]. En effet, la préservation d’un équilibre militaire vis-à-vis des États-Unis est indispensable pour la Russie.

De leur côté, les Etats-Unis sont un État circumpolaire par l’intermédiaire de leur 49e État, l’Alaska. Les États-Unis se définissent comme une « Nation arctique, avec des intérêts variés et supérieurs dans la région », ce qui reste assez vague. Toutefois, trois points peuvent expliquer cette position. De nouveaux gisements d’hydrocarbures ont été découverts en Alaska, ce qui pousse les Etats-Unis à exploiter ces gisements afin de renforcer l’indépendance énergétique de l’Amérique. De plus, la position américaine sur le statut international des passages du Nord-Est et du Nord-Ouest fait des Américains un acteur majeur de la zone. Ils plaident en faveur de la liberté de navigation dans les eaux internationales, contrairement au Canada notamment. Enfin, argument majeur, le défi sécuritaire : les dernières provocations nucléaires, balistiques et verbales de la Corée du Nord ont rappelé avec vigueur cet impératif. Pour l’aviation américaine, l’Alaska constitue ainsi une base très précieuse pour d’éventuelles opérations aériennes majeures en Asie. En effet, la distance vers la Chine, le Japon et la Corée du Sud est inférieure à ce qu’elle est depuis la côte ouest des États-Unis. Au total, ce sont plus de 22 000 militaires ou 65 avions de chasse qui sont déployés en Alaska. Mais les États-Unis semblent un peu en retrait par rapport à leurs voisins. Toutefois, l’Arctique ne figure pas parmi les premières priorités des États-Unis, à la différence du Canada, de la Russie ou de la Norvège qui font de l’Arctique une pierre angulaire de leur politique étrangère, voire une partie de leur identité.

Marines patrol during exercise Arctic Edge 2018.
Marines patrol during exercise Arctic Edge 2018 at Indian Mountain Air Force Station, Alaska, March 12, 2018. Marine Corps photo by Cpl. Bethanie Ryan Source : U.S Department of Defense

Ainsi, 40 % du territoire canadien est situé au-delà du cercle polaire arctique. En matière de sécurité et de défense, le Canada affiche alors sa volonté de renforcer ses capacités militaires et de police en Arctique, instruments essentiels d’affirmation de sa souveraineté. Le premier ministre Harper déclarait en 2007 :  « the first principle of Arctic sovereignty is : Use it or Lose it » (“Le premier principe de la souveraineté en Arctique est : l’exploiter ou la perdre”) . Dans cette optique, le Canada refuse toute implication de l’OTAN sur son territoire et organise des opérations militaires ultra médiatisées. Par ailleurs, le Canada a adopté une position très fermée de la gestion de l’Arctique à travers le Conseil de l’Arctique : il est opposé à la participation d’États non arctiques à la gouvernance de la région et hostile à toute internationalisation du statut de l’Arctique, notamment à l’égard de l’Union européenne qui tente de s’y faire une place depuis des années.

Enfin, la présence des pays asiatiques en Arctique montre un réel renouvellement des enjeux sécuritaires dans cette zone. Parmi eux, la Chine cherche à se faire une place dans la région comme les autres puissances mondiales. La recherche scientifique est l’une de ses portes d’entrée. L’intérêt chinois pour l’Arctique est avivé par les perspectives offertes dans le domaine du transport maritime et des ressources, étant très intéressée par l’accaparement potentiel des sols et sous-sols de la haute mer arctique au-delà de la ZEE des États riverains. Elle souhaite par ailleurs un statut d’observateur au Conseil arctique et s’engage progressivement dans la région grâce à des accords avec l’Islande la Suède et le Groënland. Par ses investissements, la Chine veut prendre la place du Groenland et supplanter l’UE comme nouvel acteur du cercle polaire. La position chinoise est donc à la fois attentiste (« Wait & See », “Attendre & Observer”) et vigilante : elle n’a pas d’ambition stratégique dans cette zone, mais est vigilante à ce que les États riverains de l’océan Arctique ne s’arrogent pas abusivement des droits ou des territoires.

Dans le même temps, le risque de conflit ouvert dans la région elle-même est sans doute très faible. Les conditions météorologiques et géographiques – distances, relief, glaces – ne se prêtent guère à des affrontements majeurs. Les capacités militaires disponibles pour emploi dans la région en termes de surveillance, détection, repérage et projection de forces, restent faibles.

En ce qui concerne les ressources, la grande majorité des hydrocarbures se trouve sur le territoire souverain de l’un des cinq riverains, en onshore ou offshore. Certains des différends majeurs qui subsistaient entre les pays riverains ont été réglés au cours des dernières années. C’est le cas de ceux qui opposaient le Danemark, l’Islande et la Norvège pour la délimitation du plateau continental en 2006 par exemple et surtout la Russie et la Norvège pour la délimitation de leur frontière maritime commune en 2010. Quand des conflits demeurent, ils opposent pour la plupart des pays alliés comme le Danemark et le Canada pour les questions du pôle Nord, de la mer de Lincoln ou encore de l’île de Hans. De plus,dès 1988, Washington et Ottawa ont décidé conjointement de mettre de côté la question de la souveraineté dans le Passage du Nord-Ouest.

La possibilité d’un conflit en Arctique est d’autant plus réduite que l’OTAN a la responsabilité de la défense de cinq pays de la région contre la Russie. Les troupes de l’Alliance atlantique conduisent des exercices annuels en Norvège et en Islande, mais l’intérêt de l’OTAN pour l’Arctique depuis la fin de la Guerre froide reste assez faible, surtout en l’absence de motivation américaine. Selon les analystes de la région, le seul risque géopolitique qui existe est celui d’un scénario où les conséquences du réchauffement climatique se confirmeraient, ce qui poserait la question de la sécurité environnementale dans toute la région. Toutefois, bien qu’il y ait une entente tacite des Etats arctiques, l’OTAN reste désireuse de s’impliquer davantage, y compris en coopération avec la Russie.

Forces norvégiennes pendant un entraînement militaire de l’OTAN (« Cold Response », 2009).

Ainsi, aucun incident sérieux n’a eu lieu dans la région depuis la fin de la Guerre froide, à l’exception d’arrestations ponctuelles de navires de pêche russes dans des eaux revendiquées par la Norvège dans les années 2000. Ces petites tensions sont d’ailleurs résumées par le slogan norvégien « High North, Low Tension » (“Grand Nord, Faible Tension”). L’autre réel incident notable est celui de la provocation russe de 2007 quand un drapeau russe a été déposé sur le plateau continental au niveau du pôle Nord.

Ice Camp Sargo, located in the Arctic Circle, serves as the main stage for Ice Exercise (ICEX) 2016 and will house more than 200 participants from four nations over the course of the exercise. ICEX 2016 is a five-week exercise designed to research, test, and evaluate operational capabilities in the region. ICEX 2016 allows the U.S. Navy to assess operational readiness in the Arctic, increase experience in the region, advance understanding of the Arctic environment, and develop partnerships and collaborative efforts. (U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Tyler Thompson)
Ice Camp Sargo, located in the Arctic Circle, serves as the main stage for Ice Exercise. (U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Tyler Thompson)

Ainsi, de manière générale, le comportement des puissances non alliées de la région montre une claire préférence par défaut pour la coopération. Ainsi, la Russie respecte dans les faits la gestion des pêches par la Norvège autour de Svalbard, et la Norvège laisse la Russie procéder à l’exploration des ressources possibles en hydrocarbures. Si de nouvelles tensions sont soulevées par l’accélération du changement climatique depuis les années 2000, tout risque de conflit militaire réel demeure improbable dans les années à venir. Toutefois, la coopération par défaut n’est possible que parce que tous les Etats présents en Arctique ont intérêt à maintenir un environnement stable pour favoriser l’exploitation économique des ressources. Une catastrophe environnementale importante dans la région ne manquerait sûrement pas de déstabiliser la relative tranquillité de la zone ; et de nombreux pays n’ayant pas d’intérêts directs dans la zone la surveillent de très près, comme la France et d’autres Etats européens, soulignant ainsi la prégnance stratégique de l’Arctique dans la scène géopolitique mondiale.

 

Aliénor Chéreau

 

[1] Du grec ancien ἄρκτος, signifiant ours, en référence aux constellations de la Grande Ourse et de la Petite Ourse, situées près du pôle nord céleste.

[2] Le cercle arctique est l’un des cinq parallèles principaux indiqués sur les cartes terrestres. Il s’agit du parallèle de 66° 33′ 46,978″ de latitude nord, et il marque la limite sud du jour polaire lors du solstice de juin et de la nuit polaire lors du solstice de décembre.

[3]  Une zone économique exclusive (ZEE) est, d’après la Convention de Montego Bay de 1982, un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources. Elle s’étend à partir de la ligne de base de l’État jusqu’à 200 milles marins (environ 370 km) de ses côtes au maximum – au-delà il s’agit des eaux internationales.

[4] Cf l’article de la Conférence du Diploweb : L’Arctique est-il vraiment stratégique ?

Bibliographie :

Alexandre Taithe, Isabelle Facon, Patrick Hébrard, Bruno Tertrais, « Arctique : perspectives stratégiques et militaires », collection Recherches et documents, Fondation pour la Recherche Stratégique. [En ligne], consulté le 17 mars 2018. URL : https://www.files.ethz.ch/isn/174253/RD_201303.pdf

André Gattolin, « Arctique : préoccupations européennes pour un enjeu global », Rapport d’information n° 684 (2013-2014) au nom de la Commission des affaires européennes du Sénat. [En ligne], publié le 2 juillet 2014, consulté le 17 mars 2018. URL : http://www.senat.fr/rap/r13-684/r13-684.html

Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, « Le grand défi de l’Arctique. Feuille de route nationale sur l’Arctique ». [En ligne], publié en juin 2016, consulté le 17 mars 2018. URL : https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/frna_-_vf_-17-06-web-bd_cle8b359f.pdf

Jules Dufour, « Arctique : militarisation ou coopération pour le développement ? », Centre de recherche canadien sur la mondialisation. [En ligne], publié le 31 juillet 2017, consulté le 17 mars 2018. URL : https://www.mondialisation.ca/l-arctique-militarisation-ou-coop-ration-pour-le-d-veloppement/6417

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