Quelle place pour la France en Arctique ? Tour d’horizon des intérêts stratégiques français dans cette région polaire

L’actualité récente en Arctique ne se résume pas à la proposition déconcertante de Donald Trump d’un éventuel achat du Groenland au Danemark en août dernier, ni aux suspicions de détournement des fonds alloués à l’ancienne ambassadrice des pôles, Ségolène Royal. Si ces informations font la une des gros titres, il en est d’autres, non moins intéressantes, qui pourraient susciter notre attention. Ainsi, du 9 au 13 décembre dernier, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères accueillait l’Arctic Week 2019, une conférence internationale dédiée aux enjeux contemporains en Arctique organisée par le CEARC (1). Ce fut l’occasion d’étudier tant les questions environnementales et climatiques que sociales, politiques ou internationales, en impliquant, au-delà des scientifiques, chercheurs et responsables politiques, des étudiants et surtout les peuples autochtones, souvent délaissés des questionnements récents à propos de l’Arctique. 

Cet évènement est symptomatique du regain d’intérêt que connaît la région ces dernières années. L’Arctique polarise à lui seul de nombreux questionnements sur l’avenir du monde et des relations internationales : réchauffement climatique, commerce international, multilatéralisme, préservation de la biodiversité, recherche scientifique, etc.

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Trump : un regain de climato-scepticisme aux États-Unis ?

« Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre l’industrie américaine non-concurrentielle ». Voici un tweet de Donald Trump datant du 6 novembre 2012, jour de la réélection de l’ancien président des États-Unis Barack Obama, résumant sa pensée climato-sceptique : une combinaison de rejet par principe de toute réglementation qui pourrait ralentir la croissance des États-Unis et du dogme républicain qui refuse la science du climat comme un complot quasi-communiste contre les États-Unis. Continuer de lire « Trump : un regain de climato-scepticisme aux États-Unis ? »

Arctique : une nouvelle guerre froide sur la banquise ?

Domaine des hautes latitudes boréales, l’Arctique [1] peut être appréhendée comme l’ensemble formé de l’océan glacial Arctique et des terres continentales et insulaires bornées par le cercle polaire arctique [2]. Ainsi, et contrairement à l’Antarctique, cette région aux limites floues ne peut se définir comme un continent à part entière: en effet, ce territoire majoritairement constitué d’eaux gelées – la banquise – s’étend en réalité sur de vastes étendues terrestres, sous toutes les longitudes. On dénombre ainsi six Etats dits « riverains » de la zone et prétendant y exercer une souveraineté: le Canada, les Etats-Unis – grâce à l’Alaska, le Danemark – via le Groenland, la Russie la Norvège et l’Islande. Ces six pays, complétés de la Suède et de la Finlande, forment le Conseil de l’Arctique. Ce forum intergouvernemental fondé en 1996 n’omet pas les associations de représentants de peuples autochtones.

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Les micros Etats insulaires du Pacifique Sud face au changement climatique : diplomatie, anticipation de crise et construction d’un discours international


La montée des eaux, la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, la disparition des terres arables et l’approvisionnement en eau douce sont autant de problématiques qui touchent les Etats insulaires encore plus que les autres. Continuer de lire « Les micros Etats insulaires du Pacifique Sud face au changement climatique : diplomatie, anticipation de crise et construction d’un discours international »

Les enjeux de l’estimation des ressources énergétiques

    

Comme l’a dit Niels Bohr, prix Nobel de physique en 1922 : “l’art de la prévision est très difficile surtout lorsqu’il a trait à l’avenir” [1].  Publiées par des entreprises privées, des États ou encore des organisations internationales, les estimations des ressources énergétiques sont aujourd’hui au cœur de nombreux débats quant à leur véracité, leur fiabilité et à l’usage qu’il convient d’en faire. Lorsque l’on nous assène de tableaux, graphiques et autres diagrammes alarmants (ou au contraire très rassurants) les chiffres utilisés sont rarement bien définis. Dans la majorité des cas, ils font référence à l’énergie primaire, c’est-à-dire “un potentiel énergétique brut” [2] portant particulièrement sur les énergies fossiles. Or, certaines estimations jouent sur les définitions, les chiffres, les apparences : rien n’est jamais limpide très longtemps. Continuer de lire « Les enjeux de l’estimation des ressources énergétiques »