Les enjeux de la présidence finlandaise du Conseil de l’UE

Avec un peu plus de 5 millions d’habitants, la Finlande fait partie des “petits Etats” de l’UE. Mais lorsqu’il s’agit d’innovations et de nouvelles technologies, de lutte contre le réchauffement climatique ou encore d’éducation, le pays est souvent considéré comme un modèle. La Finlande est entrée dans l’Union européenne en 1995 en compagnie de la Suède et de l’Autriche. Depuis, elle adopte une attitude favorable à l’égard de la construction européenne et privilégie la coopération intergouvernementale afin de défendre les intérêts des petits États.

La présidence tournante de l’Union européenne est certes une opportunité pour un Etat de mettre en avant ses priorités et sa vision de l’Europe. Cependant, ses marges de manœuvre sont limitées, ce qui pose la question de l’influence qu’il peut réellement avoir sur le processus législatif européen. Entre contraintes institutionnelles et conjoncturelles, la Finlande devra jouer les équilibristes pour espérer peser sur l’agenda européen. 

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Les pays nordiques et la construction européenne : quel bilan en marge des élections ?

À l’approche des élections du Parlement européen ce dimanche 26 mai, les pays nordiques membres de l’Union européenne, à savoir le Danemark, la Suède et la Finlande, se préparent à élire leurs députés. L’occasion de revenir sur les voies empruntées par ces pays jusqu’à leur adhésion, leur engagement au sein de la Communauté européenne ainsi que les grands enjeux que représente l’élection de 2019. Bien que souvent réunis dans une appellation commune, leurs destins européens ont divergé du fait de considérations économiques et géopolitiques. Ainsi la Finlande a été contrainte par ses relations avec l’URSS durant la Guerre froide. Les autres pays nordiques ont eu une attitude globalement hostile face aux transferts de souveraineté dans divers domaines, caractéristique d’un certain paradoxe, à mi-chemin entre foi européiste et réticence à l’égard d’une intégration européenne trop approfondie.

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Mer de Barents : quelle coexistence en Arctique pour la Russie et la Norvège ?

Le 27 avril 2010 à Oslo, la Russie et la Norvège avaient mis fin à un différend frontalier vieux d’une quarantaine d’années dans la mer de Barents [1], située en Arctique au nord de la Russie occidentale et de la Norvège. Le Président russe, Dmitri Medvedev, et le Premier ministre norvégien, aujourd’hui Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avaient alors réglé cette question source de tensions entre les deux pays.

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La Suède et l’OTAN : pacsés mais pas mariés

Depuis les élections de septembre dernier, la Suède traverse une crise politique majeure. La percée historique des Démocrates de Suède, formation populiste anti-immigration, rend la constitution d’une majorité difficile. Cette situation délicate fait de l’ombre au sujet hautement sensible des relations du pays avec l’OTAN. Alors que la Suède n’a de cesse de renforcer sa coopération avec l’Alliance atlantique ces dernières années, la question d’une éventuelle adhésion du pays est loin de faire consensus au sein de l’opinion et de la scène politique suédoises. Continuer de lire « La Suède et l’OTAN : pacsés mais pas mariés »

Élections en Suède. La droite populiste, fleur bleue aux racines néo-nazies

 

    Comme à chaque meeting, ce sont de multiples pancartes « Heja Jimmie » (« Aller Jimmie ») et des drapeaux suédois qui accueillent Jimmie Åkesson, le jeune leader des Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna, SD), après leur nouvelle percée aux élections générales [1] du 9 septembre 2018. Le parti populiste anti-immigration a remporté 17,5 % des suffrages. Son ascension fulgurante depuis son entrée au Parlement en 2010 bouleverse le paysage politique du pays et témoigne de l’effritement de la social-démocratie, pilier de la construction de l’Etat social.

    La stratégie d’assainissement des Démocrates de Suède ces dernières années semble porter ses fruits. Le signe le plus visible est sans doute le changement de logo du parti en 2006. L’ancienne torche enflammée a été remplacée par une innocente anémone bleue aux pistils jaunes, les couleurs du drapeau suédois. Ces retouches ont néanmoins une motivation certaine : dissimuler un héritage politique qui puise ses racines dans des mouvements néo-nazis.

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