Richard Wagner : de Hecker à Hitler

La plupart du temps, le nom « Wagner » évoque immédiatement le compositeur allemand, mais dans le champ des relations internationales, il s’agit de la dénomination d’une société militaire privée russe. Évidemment, il est pertinent dans le cadre d’une plateforme consacrée aux relations internationales de s’intéresser à l’influence de cette société sur les différents conflits internationaux impliquant plus ou moins directement la Russie. Cependant, il peut être aussi intéressant d’interroger ce que les arts et la culture peuvent nous apprendre au sujet des enjeux internationaux. L’objectif de cet article est de montrer à travers une étude de cas précise la pertinence d’une réflexion sur les liens entre enjeux culturels et enjeux internationaux. Continuer de lire Richard Wagner : de Hecker à Hitler

François : pape et diplomate

En 2014, Barack Obama et Raul Castro officialisent le rapprochement historique entre leur deux pays et en profitent pour remercier le pape François pour sa médiation cruciale. L’année suivante, en pleine campagne présidentielle, le désormais président des Philippines Rodrigo Duterte, a qualifié le souverain pontife de « fils de pute » pour avoir créé des bouchons lors d’une visite. Enfin, en 2017, le pape François, déjà lauréat du prix Charlemagne qui récompense « la contribution la plus précieuse pour l’entente en Europe » [1], réunit dans la chapelle Sixtine les chefs d’État de toute l’Union Européenne à l’occasion du soixantième anniversaire du traité de Rome. Trois années, trois problématiques et trois espaces différents mais pourtant un point commun : le pape François apparaît ici davantage comme un chef d’État rompu à la pratique diplomatique que comme un guide spirituel. Continuer de lire « François : pape et diplomate »

Wagner : des mercenaires sans noms ni insignes à la solde du Kremlin

À l’été 2019, alors qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se rencontraient au Fort de Brégançon, nombreux ont été ceux qui ont souligné le revirement russe de la politique étrangère française. Pourtant, quelques mois plus tôt, en janvier 2019, le Ministre français de l’Europe et des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian condamnait fermement les pratiques « antifrançaises » des mercenaires russes en République Centrafricaine. « Ce n’est pas vraiment l’armée [mais] des supplétifs qui agissent sous l’autorité d’un Monsieur qui s’appelle M. Prigozhin… Si M. Prigozhin m’entend au-delà de cette salle, qu’il sache qu’on le connaît bien », menaçait Jean-Yves le Drian dénonçant l’implantation de Wagner sur le continent africain. 

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La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989)

L’auteur et spécialiste de l’Afghanistan Michael Barry décrit d’une façon intéressante la capacité de résistance et de résilience de ce pays parfois dénommé Yâghestân, c’est-à-dire le “pays de l’insolence”. Il serait comparable à une motte de terre sèche dont une puissance voudrait se saisir (puissance qui fut successivement l’empire perse, moghol, britannique et enfin soviétique). Alors que cette motte de terre semble relativement bien constituée, il suffit que ladite puissance ne l’enserre un peu trop fermement dans sa main pour qu’elle s’effrite entièrement et lui glisse entre les doigts. Continuer de lire « La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989) »

L’archipel du Svalbard, vitrine des conflits géopolitiques en Arctique

Dans un entretien donné à High North News en janvier 2020, l’écrivain norvégien Per Arne Totland souligne que l’importance stratégique du Svalbard est plus grande que jamais depuis la signature du traité qui y a trait il y a exactement 100 ans. Cela met en évidence un regain d’intérêt récent pour cet archipel situé dans l’océan Arctique, entre le Groenland à l’ouest, la terre de François-Joseph à l’est et l’Europe au sud. Ce territoire est sous souveraineté norvégienne depuis 1920, date de la signature du traité du Svalbard, qui lui donne un statut juridique, mettant fin au régime de terra nullius (1) qui le définissait jusqu’alors. Malgré la reconnaissance de l’exercice du pouvoir de la Norvège sur cette région, le traité définit une originalité sans précédent : l’internationalisation partielle du Svalbard, dont l’interprétation va être au fondement de nombreuses tensions.

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