Iran – Arabie saoudite : Cette guerre froide… qui ne dit pas son nom !

Iran – Arabie saoudite : Cette guerre froide… qui ne dit pas son nom !

Affermir et affirmer. Affaiblir puis affronter. Depuis 2015, la guerre froide qui oppose la République Islamique d’Iran au Royaume d’Arabie saoudite se réchauffe… dangereusement. Décryptage.

 2 janvier 2016. Riyad fait exécuter le cheikh Nimr, opposant saoudien de confession chiite. Dès le lendemain, les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays. S’ensuit un mois de janvier marqué par des mouvements populaires dans le Nord-Est chiite du royaume d’Arabie saoudite, tandis qu’en Iran, des manifestants en colère attaquent l’ambassade saoudienne, à Téhéran, et le consulat, à Mashhad. Depuis la révolution islamique de 1979 les deux pays n’ont de cesse de se disputer le titre d’hégémonie régionale. Le bras de fer entre ces deux « Grands », tant d’un point de vue économique que militaire, fait trembler l’ensemble de la région.

Questionnant le déroulement de cette « guerre froide », cet article cherche à analyser la réalité des tensions qui secouent le Moyen-Orient sous le prisme du conflit entre Riyad et Téhéran.

Interviewé par Classe internationale, Bernard Hourcade, directeur de recherche émérite au CNRS et membre du Centre de recherche sur le monde iranien, pose les fondements de sa réflexion et déconstruit nombre d’idées préconçues : « Ces deux objets politiques (L’Iran et l’Arabie saoudite, NDLR) n’existaient pas il y a 40 ans. En effet, sur les domaines tant politique qu’économique, l’Arabie saoudite n’était pas aussi forte qu’aujourd’hui, et l’Iran proclamait tout juste sa nouvelle Constitution après la révolution islamique. C’est pourquoi, pour analyser la rivalité de ces objets nouveaux, il ne faut pas chercher le substrat de l’explication dans le fait que les pays soient musulmans, puisque c’est le cas depuis 1400 ans. Quant à résumer l’essentiel de l’opposition à une lutte ethnique Persans contre Arabes, cela fait 3000 ans qu’ils sont face à face et ils ne se sont jamais combattus. Ces explications ethniques et religieuses ont évidemment leur part, mais il serait absurde de vouloir donner comme explication fondamentale ces deux facteurs alors que l’opposition est politique et économique ». Pour le chercheur, si la rivalité entre ces deux pays se veut ancienne, elle répond avant tout à un désir de puissance contemporain. C’est ce que nous vous proposons d’analyser dans cet article.

 

  •       Contexte général : fondements géopolitiques et instrumentalisation des rivalités religieuses

Aux origines de la rupture chiite / sunnite

La rupture originelle entre les deux courants de l’islam remonte à la mort du Prophète, en 632. Lorsque se pose la question de sa succession, certains prennent le parti de son gendre Ali, branche chiite, qui devient la religion d’État en Iran au début du XVIème siècle lors de l’avènement de la dynastie safavide. D’autres choisissent de suivre Abou Bakr, compagnon de Mohammed, qui forgera le sunnisme. Les différences théologiques surviennent donc après ce schisme politique. 

Effectivement, quand il y a des conflits, les faits religieux, culturels et ethniques sont mobilisés. Rappelons toutefois, comme l’explique Kenneth Pollack, ancien analyste du renseignement à la CIA, que les Occidentaux ont trop souvent fait l’erreur de percevoir ces religions comme des ennemis [2] alors que la cohabitation a été pacifique pendant des centaines d’années, marquées par l’absence de guerres de religion entre sunnites et chiites.

S’il y a effectivement une détestation, il faut la penser à son échelle. Prenons l’exemple de la tradition chiite de théâtre religieux. À l’occasion des cérémonies de Tassoua et d’Achoura, les pièces populaires célèbrent le martyr d’Hussein, assassiné par le sunnite Yazid. La foule hue alors Yazid lorsqu’il monte sur scène : ceci fait partie d’un folklore religieux et ne constitue absolument pas un phénomène politique. En outre, l’exacerbation est essentiellement liée à l’émergence du wahhabisme, porté au pouvoir en Arabie saoudite par la dynastie Al Saoud qui fonde le pays en 1932. Ce « retour aux sources » devient politique et sa vision radicale exclut toutes les traditions postérieures au Coran, refusant l’interprétation, phénomène propre aux chiites.  

« L’Empire perse sassanide a été islamisé mais pas arabisé. La rivalité culturelle persan/arabe n’a jamais cessé, mais il n’y a jamais eu de conflit politique majeur et direct entre l’Iran/Perse et le monde arabe avant la guerre Irak-Iran qui n’avait rien d’un conflit ethnique ou religieux. », résume l’historien Thierry Bianquis [3].

Il s’agit donc de se méfier d’une simplification outrancière des relations internationales. Si le paramètre confessionnel est à prendre en compte, il ne peut être pensé comme étant la substance des explications sous-jacentes de l’affrontement des deux « Grands ».  « Il faut évidemment tenir compte des facteurs sociaux et politiques composant la réalité des sociétés dans leur complexité », rappelle Didier Billon. 

L’enjeu confessionnel, présenté comme central

On l’a dit l’enjeu confessionnel est trop souvent pensé comme déterminant dans la région. En dénonçant l’émergence du croissant chiite – ou de l’arc -, élément repris dans un document de la CIA  “Exporting the revolution”,  l’Arabie saoudite se positionne ainsi comme leader du monde arabo-musulman. Pour quel objectif ? Devenir le fer de lance de la majorité sunnite – bien que la légitimité sunnite des Saoudiens soit très controversée, ce débat s’est manifesté lors de la conférence de Grozny en 2016 – face à la minorité chiite qui représente environ 10% de la population musulmane. Il s’agit là d’une instrumentalisation classique en relations internationales.

Déconstruisant cette idée de guerre religieuse, Bernard Hourcade nous invite à analyser l’Iran à travers le concept des trois « i ». Le premier « i » est celui de l’Iran : un État, une culture, une économie. Ce facteur national est à prendre en compte dans la mesure où l’Iran est historiquement le premier pays indépendant du Moyen-Orient, premier pays musulman signataire du Pacte de la Société des Nations et du traité de Versailles. Cette revendication nationaliste est donc structurelle. Le second « i » est celui de l’islam : le fait religieux. L’Iran joue cette carte quand il s’agit de s’opposer à Israël, et plus spécifiquement de la carte chiite pour marquer son opposition à l’Arabie saoudite. Le troisième « i » est celui de l’international : l’Iran est un pays pétrolier qui a besoin d’accéder au marché mondial.

Il y a une hiérarchisation des trois « i » : la priorité est donnée à la nation dès lors qu’il est question de la sécurité du pays. Ainsi, lorsque l’Iran a craint que l’Azerbaïdjan, pays chiite, mette en danger ses intérêts nationaux, il a cherché à l’affaiblir par tous les moyens, d’où son soutien actif à l’Arménie pourtant chrétienne. « La fraternité chiite passe après la garantie de la sécurité nationale », relève Bernard Hourcade. De la même façon, pendant la guerre contre l’Irak, l’Iran a accepté d’acheter des armes israéliennes. Ce nationalisme iranien est un facteur essentiel et c’est bien à l’aune de l’aspect national qu’il faut penser la Realpolitik iranienne.

De son côté, l’Arabie saoudite craint un soulèvement qui aurait pour origine des revendications démocratiques, tout particulièrement de sa minorité chiite. Cette population présente un enjeu stratégique majeur dans la mesure où elle habite dans les régions pétrolières et que Riyad, longtemps premier exportateur mondial de pétrole, dépend à 90% des revenus de l’exploitation de l’or noir.

Le facteur étatsunien

Après le retrait britannique dans la région d’Aden, en 1967, puis des Émirats du Golfe, en 1971, les États-Unis cherchent à appuyer leur présence au Moyen-Orient. La politique américaine repose alors sur « les deux piliers » : le Président Richard Nixon adoube, dès 1973, l’Iran et l’Arabie saoudite et fait de ces deux pays les « gendarmes du Golfe ». Les deux nations deviennent alors les représentantes de la promotion des intérêts américains dans le Golfe, garantissant la sécurité de la fourniture en pétrole.

Concernant l’Arabie saoudite, l’ambassadeur étasunien Parker T. Hart raconte qu’en 1963, le Prince Fayçal lui confiait : « Depuis 1943, je considère que les intérêts de mon pays et de ma communauté sont les mêmes que ceux des États-Unis. Nous ne différons en rien de fondamental… Après Allah, nous avons confiance en l’Amérique » [4]. De fait, l’Arabie saoudite est l’allié privilégié des États-Unis dans la région depuis l’avènement de la dynastie Al Saoud et la découverte de pétrole, en 1938. Cette amitié est souvent résumée à la « légende du Pacte du Quincy » : il s’agirait d’un marchandage pétrole contre sécurité, en 1945, entre Franklin Roosevelt et Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud. Derrière cette métaphore simplificatrice se cache un ensemble de garanties sécuritaires et d’aides militaires mises en œuvre depuis les années 1940. À titre d’exemple, une note du 18 février 1943 accorde à l’Arabie saoudite le bénéfice de la loi prêt-bail. Roosevelt écrit : « Par la présente, je constate que la défense de l’Arabie saoudite est vitale pour la défense des États-Unis ». Cela se prolonge par la doctrine Jimmy Carter en 1980 – les États-Unis ayant perdu leur premier pilier, l’Iran – « Washington utilisera la force militaire si nécessaire pour défendre ses intérêts vitaux dans le golfe Persique » [5]. L’Arabie saoudite a été utilisée par les Occidentaux comme le soldat défendant le pétrole du Golfe Persique contre l’Iran, pays qui revendique son indépendance. La militarisation à marche forcée du Royaume fait également partie de la « nouvelle stratégie régionale » de Bill Clinton, visant le « double endiguement » de Téhéran et de Bagdad. En cassant la dynamique de dégel « double voie » amorcée par Barack Obama, Donald Trump s’inscrit dans le prolongement des politiques étrangères de ses prédécesseurs.

Concernant l’Iran, on a tendance à l’oublier, les relations furent très cordiales avec les États-Unis jusqu’à la révolution islamique de 1979. De fait, au XIXème siècle, les États-Unis se pensent comme un des leaders du « tiers monde » et dénoncent l’impérialisme russe et britannique en Iran. Cette proximité se traduit dans un premier temps par l’envoi de missionnaires, à l’image de Howard Baskerville, qui devient un soutien actif des révolutionnaires. En 1910, les Iraniens n’hésitent pas à faire appel à l’Américain Morgan Schuster comme conseiller financier pour la modernisation des finances.

Forts de ces relations historiques, les États-Unis en viendront à renverser Mossadegh qui avait nationalisé les réserves de pétrole (1951-1953), via un coup d’État orchestré par la CIA à travers l’opération Ajax [6], pour placer Mohammed Reza Pahlavi, connu sous le titre “le Chah” (1941-1979). Tout allait bien entre les deux pays jusqu’en 1978 : la révolution éclate. Le Chah s’exile aux États-Unis. Rouhollah Khomeini, ayatollah, issu de la tendance révolutionnaire religieuse, contraint à l’exil dans les années 1960, prend le pouvoir. Tout bascule le 4 novembre 1979 lorsque des étudiants attaquent l’ambassade américaine et retiennent 52 ressortissants étatsuniens en otages : ils demandent que les États-Unis leur livrent le Chah en échange. Ils sont soutenus dans un second temps par Khomeini qui en profite pour asseoir son pouvoir politique. En 1981, après la signature d’un accord, les otages sont libérés. Mais, cette expérience traumatisante et humiliante pour les États-Unis donne le ton des relations irano-américaines jusqu’en 2015, marquées par un lourd embargo économique. Le blocus est relancé par l’administration Trump, en 2018, après qu’elle se soit retirée de l’accord de Vienne, mettant par la suite fin aux dérogations autorisées à la Chine et à l’Inde notamment.

Malgré ce contexte, Bernard Hourcade nous confie qu’une partie de la population iranienne demeure relativement américanophile. En effet, répondant au « I » d’International, une majorité d’Iraniens militent pour le rétablissement des relations irano-étasuniennes. Cette bonne volonté s’était manifestée sous la présidence de Barack Obama avec la signature de l’accord de Vienne.

 

  •       Une guerre régionale par procuration  

Depuis 1979, l’Iran et l’Arabie saoudite s’affrontent par procuration, installant une guerre froide, qui touche l’ensemble des pays du Moyen-Orient au Maghreb en passant par le Machreq. Focus sur l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen.

Carte Iran - As

En Irak : l’atout chiite

En 1980, l’Irak profite de la révolution islamique pour essayer d’avancer sur le territoire iranien. C’est la première grande guerre moderne entre pays musulmans. Ces 8 ans d’affrontement se soldent par 1 million de morts et un retour aux frontières originelles. D’après Bernard Hourcade, cette guerre est la « clef de lecture de tout ce qui se passe en Iran : les gens qui ont fait la guerre Irak/Iran sont aujourd’hui les cadres du pouvoir ».

Par la suite, l’Irak joue le rôle de tampon entre les deux puissances, jusqu’à ce que l’intervention militaire menée par les États-Unis en 2003 bouleverse les équilibres régionaux. Lorsque Saddam Hussein tombe, les deux puissances essaient immédiatement d’occuper le terrain. L’Iran capitalise sur le « i » de islam. Il joue la carte chiite auprès des populations mettant en valeur les grands lieux saints chiites irakiens comme le mausolée de l’imam Ali à Najaf, ou celui de l’imam Hussein à Kerbala. Les Iraniens multiplient alors les relations amicales, religieuses et culturelle avec l’Irak… pour mieux asseoir leur influence régionale.

« Les Iraniens ont voulu contrôler l’Irak au lieu d’avoir une influence en Irak, commente Bernard Hourcade. Mais, ils n’ont pas une culture impérialiste : c’est un pays qui n’a jamais conquis de territoires adverses – sauf sous Darius au VIème siècle av. J.-C. – ni colonisé d’autres territoires ». Résultat ? Ils prennent le pouvoir et « font du sur-chiisme », encouragé par les Américains… pour qui ce courant religieux serait plus compatible avec l’émergence d’une démocratie que le sunnisme. De nombreux hommes d’État irakiens seront ainsi chiites, issus du parti Dawa comme Nouri al-Maliki ou Adel Abdel Mahdi, par exemple. Plus tard, ce sont ces nationalistes évincés du pouvoir et les religieux les plus fondamentalistes qui fomentèrent les réseaux de construction d’Al Qaïda puis de Daech.

Actuellement, en Irak, les manifestations populaires se multiplient pour réclamer la fin du régime politique mis en place depuis 2003 et le départ de l’Iran [7]. Après 450 morts et 20 000 blessés, le premier ministre Adel Abdel Mahdi est contraint à la démission. En cause, notamment, le limogeage du lieutenant-général Abdel Wahab Al-Saadi, commandant en second du service irakien de lutte contre le terrorisme (CTS). Nombre d’Irakiens ont vu derrière cette exclusion la main de l’Iran dans la mesure où il était l’un des remparts à l’influence des unités de la mobilisation populaire, la milice Hachd al-Chaabi, maillon de la chaîne iranienne dans la région.

En Syrie, affirmation de la puissance iranienne sur le plan diplomatique [8]

En Syrie, la guerre fait rage depuis 2011 : au cours de cet affrontement, l’Iran et l’Arabie saoudite abattent leurs cartes.

L’Iran considère en effet la Syrie comme son unique allié arabe historique. L’alliance conclue depuis 1980 entre les deux régimes s’explique par une opposition commune à Israël et à un ordre mondial dominé par les États-Unis. Ensemble, les deux pays mènent la lutte contre “le sionisme et l’arrogance mondiale”. En outre, d’un point de vue stratégique, la Syrie offre un corridor qui permet de fluidifier la logistique et les relations avec le Hezbollah dans la guerre menée contre Israël.

Sans oublier que Téhéran et Damas partagent une certaine proximité religieuse liée à la présence de la mosquée de Sayyida Zeinab, petite-fille du Prophète et lieu saint chiite. Les nombreux pèlerinages permettent de tisser de solides liens économiques… Alors que l’on a eu tendance à résumer le soutien de l’Iran à Bachar al Assad au nom de la proximité confessionnelle entre les alaouites et les chiites.

En réalité, l’Iran fait avant tout preuve de Realpolitik. Ainsi, Téhéran a eu peur d’une prise de pouvoir par Al-Qaïda ou Daech à Damas, les deux étant véhément anti-chiites, et ayant des liens plus ou moins confirmés avec l’Arabie saoudite. Or, Bernard Hourcade explique qu’il « n’était pas question que Daech prenne le pouvoir, au nom de la sécurité nationale iranienne ». En d’autres termes, le soutien à Bachar Al Assad s’explique au nom d’une raison d’État très machiavélienne, l’Iran se battant contre Daech avec sa force Al-Qods en concertation avec la coalition internationale. Sur le plan diplomatique, l’Iran n’aura de cesse de rappeler que toute initiative visant à mettre fin au conflit en Syrie devra reconnaître « le rôle central d’Assad » [9].

Pendant ce temps, le bloc sunnite constitué de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie apparaît divisé. Tandis que l’Arabie saoudite comptait sur une intervention américaine pour soutenir les milices sunnites, refusant catégoriquement de négocier avec Bachar Al Assad, le Qatar et la Turquie soutenaient pour leur part des groupes affiliés aux Frères Musulmans. Les factions ont ainsi prévalu dans l’opposition sunnite face à un bloc chiite cohésif. Le véritable tournant intervient en 2015 quand Riyad, Doha et Ankara se mettent enfin d’accord pour soutenir des groupes coordonnés de rebelles syriens. Cette « coalition » arrive dans la province d’Idleb en mars 2015 et menace Lattaquié, un des fiefs du régime des Assad. Proche de l’effondrement, le régime de Damas est sauvé in extremis par l’intervention russe, en septembre de la même année.

Fait historique, la guerre de Syrie marque un succès diplomatique pour l’Iran. En effet, Téhéran siège pour la première fois aux négociations de Vienne le 30 octobre 2015 aux côtés des diplomates de 17 pays, dont l’Arabie saoudite. Lors du sommet, les deux puissances s’affrontent verbalement : le ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif prend ainsi à partie son homologue saoudien et accuse le Royaume d’être responsable des attentats du 11 septembre 2001. Ripostant, Adel al-Jubeir exige le retrait des troupes iraniennes, impératif non négociable pour maintenir des relations de « bon voisinage », tandis que Téhéran comptait plus de 2000 Gardiens de la révolution en Syrie [10].

A travers le conflit syrien, l’Iran et l’Arabie saoudite sont enfin reconnus comme deux acteurs majeurs par la communauté internationale. Fin 2016, Barack Obama les prie de trouver un terrain d’entente autour d’une « paix froide ». 

Finalement, le dossier syrien se solde par un échec cuisant pour Riyad. De fait, en avril 2018, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane admet que Bachar Al-Assad restera au pouvoir. C’est un dur revers pour l’Arabie saoudite qui reconnaît sa défaite, mais laisse présager un recentrage de ses forces sur les dossiers irakiens et yéménites.     

Au Liban : la guerre de l’Arabie saoudite contre le Hezbollah

Bien que les chiites soient majoritaires au Liban, ils ont longtemps été marginalisés. On le voit notamment à leur traitement dans le Pacte national libanais de 1943, définissant la réparation religieuse des pouvoirs, où seul le président de l’Assemblée nationale est  obligatoirement chiite. Ce, malgré une tradition de formation des élites iraniennes sur le sol libanais, le Chah ayant été lui-même formé au pays du cèdre. Pendant la guerre civile libanaise (1975-1990), l’Iran pousse ses pions sur l’échiquier libanais, en apportant de l’aide matérielle et en formant les fondateurs de la Résistance islamique au Liban, organisation paramilitaire chiite créée en 1982, qui se dote d’un appendice socio-politique : le Hezbollah. 

De son côté, l’Arabie saoudite a traditionnellement une grande influence au Liban. Ainsi, le parrainage saoudien s’est manifesté dès la supervision de la signature de l’accord de paix – accord de Taëf, 1989 – mettant fin à 15 ans de guerre civile. Par la suite, Rafic Hariri est nommé à la tête du gouvernement en octobre 1992. Issu d’une famille sunnite, et ayant émigré au Royaume dans sa jeunesse, il a réussi à devenir « un des hommes de confiance du futur roi Fahd au point d’être honoré par le monarque de la nationalité saoudienne » [11]. 

Damas, qui assure la tutelle au Liban, sert de tampon face à l’influence des deux puissances, jusqu’au retrait de ses troupes en 2005. 

Au mois de mai 2008, l’influence de l’Arabie saoudite se fait à nouveau pesante : Riyad fait annuler par le Courant du Futur, parti de Saad Hariri, un accord d’entente signé entre le Hezbollah et des groupes salafistes de Tripoli, clients de l’Arabie saoudite. Par la suite, Riyad cherche à frapper le Hezbollah avec pour mesure phare, le 26 mars 2015, le gel des avoirs en Arabie saoudite de douze dirigeants présumés du Hezbollah et d’organismes économiques qui lui seraient rattachés, après que le ministère de l’Intérieur ait accusé le parti chiite de « provoquer le chaos » au Moyen-Orient. 

Le ton monte. Les événements s’accélèrent après l’exécution du cheikh chiite Nimr, en 2016. Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, condamne fermement la sentence : « l’exécution du cheikh Nimr constitue un sérieux crime commis par la famille des Saoud » [12]. Le 10 janvier 2016, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue Arabe éditent un communiqué de soutien à l’Arabie saoudite face aux « actes hostiles de l’Iran ». Le Liban commet alors l’erreur de ne pas signer ce texte en précisant garder ses distances « afin de préserver sa stabilité nationale ». La sanction du Royaume est sans appel quand le 19 février, une aide de 4 milliards de dollars, consentie au Liban deux ans plus tôt, est suspendue.

La cristallisation des tensions est palpable comme en témoigne cet échange entre Adel al-Judeir, ministre des Affaires étrangères saoudiennes et un politicien libanais : « Êtes-vous avec nous ou contre nous ? Vous ne pouvez pas être les deux à la fois » [13].

Le 2 mars 2016, l’Arabie saoudite, à la tête du Conseil de Coopération du Golfe, qualifie officiellement le Hezbollah libanais d’organisation terroriste, et gèle ses avoirs. Peu après, la 33ème conférence des ministres arabes de l’Intérieur à Tunis reprend la même terminologie dans son communiqué final. 

L’opposition prend un nouveau tournant le 4 novembre 2017 lorsque le Premier ministre Saad Hariri démissionne depuis Riyad, accusant le Hezbollah et l’Iran de tirer les ficelles au Liban. A posteriori, il semble aujourd’hui clair que l’Arabie saoudite « ait démissionné Hariri » en le séquestrant. Cette politique s’inscrivait dans un contexte plus large, à l’aune de l’arrestation d’une douzaine de princes et de dizaines de ministres saoudiens le même jour, et du renforcement du blocus imposé au Yémen deux jours plus tard. Néanmoins, comme le souligne Aurélie Daher pour Libération [14], « Riyad n’est parvenu qu’à s’autoexclure du jeu libanais. » 

Finalement réélu pour un temps en 2018 pour un troisième mandat, Hariri est perçu par les Saoudiens comme l’otage de la politique du Hezbollah. Depuis le début des manifestations populaires au Liban l’année dernière l’ayant contraint à démissionner le 29 octobre 2019, l’Arabie saoudite est accusée par le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah d’être derrière ce mouvement [15], le soupçonnant de financer l’insurrection libanaise. D’ailleurs, comme le rappelle Radwan el-Sayyed, ancien conseiller de Saad Hariri, les Saoudiens jouent la carte de la discrétion : « C’est normal qu’ils soient discrets pour que leur position ne soit pas utilisée contre les mouvements populaires, accusés d’être influencés ou manipulés par Riyad » [16]. D’après le journaliste Antoine Ajoury, Riyad attend d’avoir un gouvernement de technocrates pour appuyer concrètement le nouveau pouvoir et s’affranchir ainsi de l’influence du Hezbollah.

Le Yémen : un peuple sacrifié sur l’autel de la rivalité régionale

Dans l’onde de choc politique des « Printemps arabes », le président yéménite Ali Abdallah Saleh est contraint à la démission, en novembre 2011, sous la pression de l’Arabie saoudite et des États-Unis. Son remplaçant, Abdrabbo Mansour Hadi, s’avère incapable de mettre en œuvre un nouvel ordre politique et institutionnel.

En effet, un mouvement de contestation houthiste – du nom du fondateur Hussein Badredin Al-Houthi, groupe chiite de tendance zaydite –, représentant un tiers de la population, émerge. Se considérant comme les grands perdants de l’unification des deux Yémen en 1990, et ayant mené une première guerre au pouvoir central entre 2004 et 2010, ils reprennent la lutte et s’emparent de la capitale Sanaa, le 21 septembre 2014. L’intérêt de l’Iran est ici indirect : soutenir les rebelles pour affaiblir son grand rival et toucher directement le prince héritier de l’Arabie saoudite, Ben Salmane… qui était alors en charge de la guerre au Yémen. « L’Arabie saoudite n’a jamais accepté que le Yémen soit indépendant », explique Bernard Hourcade. Tout ce qui s’y passe concerne directement le Royaume. L’Arabie saoudite cherche toujours à se présenter comme le leader du monde arabe sunnite contre « l’expansionnisme iranien » et lance, le 26 mars 2015, l’offensive aérienne « Tempête décisive » avec l’aide d’une coalition d’une dizaine d’États arabes.

Mais l’échec militaire est cuisant et le bilan humain épouvantable : on comptabilise des dizaines de milliers de morts et, en 2017, 86% de la population est menacée par la famine. En 2019, la situation au Yémen est qualifiée de pire crise humanitaire au monde. « À certains égards, elle s’aggrave parce que les hostilités et les combats continuent et que la situation de 20 millions, soit plus des deux tiers des citoyens yéménites, nécessite une aide humanitaire », déclare à l’AFP, Achim Steiner administrateur des Nations Unies pour le développement (PNUD) [17]. La guerre s’enlise : Riyad s’avère incapable de coupler à ses frappes aériennes une force au sol déterminante.

Utilisant les techniques de guerre asymétrique, les rebelles houthis revendiquent la double attaque du 15 septembre 2019 contre les installations pétrolières de Saudi Aramco, sur les sites d’Abqaiq, bien que l’Arabie Saoudite accuse directement l’Iran. Conséquence : la production saoudienne de pétrole est divisée par deux… soit l’équivalent de 6% de la production mondiale !  

 

  •       Une guerre froide… qui se réchauffe

L’économie : l’autre guerre

En 1960, l’Iran et l’Arabie saoudite fondent l’OPEP lors de la conférence de Bagdad avec le Koweït, l’Irak et le Venezuela. Mais un premier désaccord intervient entre les deux pays lors de la réunion du cartel à Vienne, en septembre 1975. D’un côté, l’Iran soutenu par le Venezuela opte pour une doctrine Hawkish (prônant une baisse de la production du pétrole afin d’augmenter les prix), là où l’Arabie Saoudite agit en leader du groupe Dovish (augmentation de la production pour viser une baisse des prix). Ce différend se conclut lors du sommet de Caracas en décembre 1977, par l’alignement de l’OPEP sur Riyad, avec un prix du Brent fixé à 12,70$. D’après Andrew Scott Cooper, la stratégie des Saoudiens a précipité l’économie iranienne vers une récession qui conduira à la révolution islamique. Par la suite, l’embargo économique imposé par les États-Unis empêchera l’Iran de développer son économie internationale et freinera le pays dans ses exportations de pétrole.  

Il faudra attendre les accords de Genève, en 2013, puis de Vienne, en 2015, pour que la situation évolue en prévoyant la levée des sanctions économiques contre l’Iran, ce qui ne fait pas le jeu saoudien. Face à l’ébranlement de la confiance entre Washington et Riyad, Adel al-Jubeir tient ces propos amers : « L’Iran est la nouvelle grande puissance du Moyen-Orient, les États-Unis en sont l’ancienne ». En effet, l’arrêt des sanctions aurait pour conséquence d’affaiblir l’Arabie saoudite trop rapidement, face à l’Iran qui dispose alors d’une économie relativement diversifiée – agricole et industrielle – et d’une attractivité certaine comme en témoignent les nouveaux investissements massifs de grands groupes internationaux.

Le 4 décembre 2015, à Vienne, lors de la réunion de l’OPEP, le ministre iranien du pétrole prévient : « Nous n’accepterons aucune discussion concernant l’augmentation de la production iranienne après la levée des sanctions ». L’Iran se positionne ainsi clairement dans son rôle de challenger pour la production et l’exportation de pétrole. Soucieux de freiner les ardeurs de son concurrent, l’Arabie saoudite imposait jusqu’ici sa politique des vannes ouvertes, visant à dresser des barrières à l’entrée et affaiblissant du même coup les producteurs américains d’huile de schiste, les Russes, et de facto l’Iran, tributaire des hydrocarbures pour financer son budget d’après Jean-Michel Bezat [18].

Mais là n’est pas la question pour Bernard Hourcade : « Le pétrole n’est plus la clef du problème ». Les États-Unis, via le pétrole de schiste, tout comme la Russie, ont intérêt à maintenir des prix élevés, au-delà de 60$ le baril. Toutefois, si la chute des cours touche relativement peu l’Iran en 2020, elle pourrait s’avérer dévastatrice à long terme pour l’Arabie saoudite dépendante des revenus de l’or noir. À ce titre, les attaques délibérées et systématiques – revendiquées par les rebelles Houthis -, contre ses installations pétrolières et dans le détroit d’Ormuz, où transite 20 % du pétrole mondial, sont une menace réelle. D’où la volonté de Mohammed Ben Salmane de sortir son pays de la rente pétrolière avec le plan « Vision 2030 »[19].

Cela dit la « pax petrolea » est nécessaire à une coexistence pacifique poursuit le chercheur. Les pays doivent s’entendre car les exportations vers l’Asie sont un impératif pour tous. Et toutes les parties prenantes ont intérêt à œuvrer pour la sécurité de l’acheminement en pétrole et l’accès aux détroits stratégiques. Ce consensus fait suite à la guerre Irak/Iran : que ce soit durant ce conflit comme pendant l’invasion du Koweït, les membres étaient parvenus à surmonter leurs divergences pour réguler le marché.

Le passage du flambeau militaire de l’Arabie saoudite aux États-Unis

« Une guerre directe n’est pas possible : ni l’Arabie saoudite, ni l’Iran n’en n’ont les moyens, estime Bernard Hourcade. Une guerre des missiles, oui. » De fait, l’Iran a une expertise historique dans cette technologie : Téhéran est, en effet, la troisième ville au monde à avoir été bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, le pays dispose d’une véritable industrie militaire centrée sur cet armement.

Aussi, la question de la bombe atomique que cherchent à obtenir les Iraniens est un sujet très sensible qui mobilise l’ensemble de la communauté internationale. De fait, la bombe atomique doit être vue, au-delà de l’arsenal militaire, comme un instrument et une arme politique, avec un risque de prolifération qui pourrait s’avérer fatal.

Reste que l’administration Trump n’a de cesse de mettre « une pression maximale sur l’Iran » depuis le retrait de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, en mai 2018. Le 8 avril 2019, les États-Unis inscrivent les Gardiens de la révolution iranienne sur leur liste des organisations étrangères terroristes. Intensifiant le blocus, envoyant soldats et groupes aéronavals, les Américains renforcent les nombreuses bases militaires qui entourent le pays.  En réaction, le Conseil suprême de sécurité iranien désigne les forces américaines comme organisation terroriste. Ces derniers mois sont marqués par une escalade de violence : recrudescence des attaques contre des pétroliers et des sites d’extractions saoudiens, tir d’un missile de croisière contre l’aéroport d’Abha dans le Sud-Ouest de l’Arabie saoudite, démantèlement de réseaux d’espionnage par Téhéran, drones américains et iraniens abattus… jusqu’à l’assassinat, le 3 janvier 2020, de Ghassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods du corps des Gardiens de la révolution par les États-Unis en Irak. Après les représailles contre les bases militaires américaines et l’erreur tragique de l’Iran qui a abattu un avion civil ukrainien, l’ensemble des acteurs régionaux appelle à une désescalade… y compris Riyad.

Alors, quel futur peut se dessiner pour cette guerre froide qui ne dit pas son nom ? Dans son discours à l’ONU, Hassan Rohani, président de la République islamique d’Iran depuis 2013, avait proposé une « coalition de l’espoir » et « une initiative de la paix d’Ormuz » avec tous les pays riverains, sous le contrôle des pays d’Asie et d’Europe notamment. Pour Bernard Hourcade : « On ne peut pas bloquer l’Iran. Être trop radical contre la République Islamique n’est pas une solution durable. Il s’agit certes de la contrôler parce que c’est le grand pays émergent de la région, surtout d’un point de vue nationaliste. Mais le bloquer est une erreur qui peut déboucher sur une radicalisation, ce qui s’est traduit lors des élections législatives en Iran début mars 2020, et risque d’encourager l’instabilité régionale ».  Comme si la citation de Raymond Aron n’avait rien perdu de son actualité : entre ces deux « Grands », « guerre improbable, paix impossible ».

Arthur Deveaux-Moncel

 

Remerciements chaleureux à Bernard Hourcade pour son expertise, ainsi qu’à la plume de  Dominique Deveaux pour sa collaboration (http://www.dominique-deveaux.net).

NOTES

[1] Merci à Kal, auteur de ce dessin pour The Economist, repris sur de nombreux médias en ligne.

[2] KENNETH POLACK, « The Middle East’s cold war, explained », Vox, 17 juillet 2017

[3] BIANQUIS T. (1996), « Méditerranée arabe, Asie musulmane, où passe la frontière ? »,

Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, n° 22.

[4] PARKER T. HARTT, Saudi Arabia and the United States : Birth of a Security Partnership, Indiana University Press, 1998.

[5] STEVEN EKOVICH « L’Arabie saoudite et les États-Unis : une alliance ambivalente et pérenne », Confluences Méditerranée, numéro 97, Printemps-Été 2016

[6] MARIE VIOLETTE BERNARD , « La CIA reconnaît avoir orchestré le coup d’état Iranien de 1953 », Libération, 20 août 2013

[7] FEURAT ALANI, « Les Irakiens contre la mainmise de l’Iran », Le Monde diplomatique, janvier 2020.

[8] MOHAMMED-REZA DJALILI et THIERRY KELLNER, « Rivalité irano-saoudienne en Syrie après la conclusion de l’accord sur le nucléaire », Confluences Méditerranée, numéro 97, printemps-été 2016

[9] « Iran Submits peace plan to Syria’s Assad : official » AFP, Septembre 3, 2015

[10] JOSH ROGIN in « Iran and Saudi Arabia clash inside Syria talks », Bloomerg Opinion, 4 novembre 2015

[11] AURÉLIE DAHER « La guerre saoudienne contre le Hezbollah libanais. Répercussions locales d’une rivalité régionale », Confluences Méditerranée, n°97, printemps-été 2016

[12] L’Orient-Le Jour, 4 janvier 2016

[13] L’Orient-Le Jour, 20 février 2016. 

[14] AURÉLIE DAHER, « Comment l’Arabie saoudite a démissionné le premier ministre libanais », Libération, 10 novembre 2017

[15] L’Orient-Le Jour, 20 novembre 2019

[16] ANTOINE AJOURY, « L’Arabie saoudite a-t-elle laissé tomber le Liban ? », L’Orient-Le-Jour, 20 novembre 2019

[17] AFP « Yémen : un nouvel appel de l’ONU pour mettre fin « à la pire crise humanitaire au monde » Le Figaro, 29 juillet 2019.

[18] JEAN MICHEL BEZAT « Pétrole : l’autre guerre irano-saoudienne. » Le Monde, 2016.

[19] YVES BOURDILLON ,  « Vision 2013 : la crédibilité du projet saoudien en question », Les Echos, 13 octobre 2018.

 

SOURCES

BILLION D. (2018), Géopolitique des mondes arabes, Eyrolles.

HARTT P.T. (1998) Saudi Arabia and the United States : Birth of a Security Partnership, Indiana University Press.

HOURCADE B. (Février 2018), « l’Iran se réinvente en puissance régionale », Le Monde diplomatique.

HOURCADE B. (1er trimestre 2016) « L’Iran et le monde arabe, une rivalité dépassée ? », Hérodote n°160-161, La Découverte, p. 337 – 361.

LEVALLOIS A. & THERME C. (printemps-été 2016), Iran / Arabie saoudite : une guerre froide, Confluences, n°97, l’Harmattan, printemps-été 2016.

LITVAK M. HOURCADE B. SAMUEL A.T.  (2017) Constructing Nationalism in Iran, Routledge.

LUIZARD PJ. QUESNAY A. VERDEIL C. (2 mars 2020) L’Irak en mouvement, entre révolution et guerre civile, table ronde organisée par l’Inalco.   

MARDAM BEY S. & SAIKALI É. (17 Septembre 2019) « Le conflit entre l’Iran et l’Arabie saoudite expliqué en 4 points », Courrier international.

NAVHANDI F. (22 janvier 2020) « Iran/ Etats Unis : une amitié oubliée », The conversation,

RICHARD Y. (2016), L’Iran de 1800 à nos jours, 3ème édition, Flammarion.

WARDE I. (Décembre 2017), « Singulière amitié entre Riyad et Washington », Le Monde diplomatique.

 

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