La « rééducation » des minorités religieuses du Xinjiang : absorption du terrorisme ou dernière étape d’effacement d’une culture ?

Danses, sports et rires : c’est une clameur joyeuse qui se dégage de l’unique vidéo enregistrée au sein d’un camp de « rééducation » des populations musulmanes de la région chinoise du Xinjiang, mise en ligne il y a deux semaines par Hu Xijin[1]. Depuis un mois, l’existence prouvée de ces infrastructures fait frémir la communauté internationale et un tel enregistrement aurait dû soulager. Toutefois, cette vidéo pourrait ne pas refléter l’expérience quotidienne des détenus : Hu Xijin n’est autre que l’éditeur du Global Times, journal d’État aux mains du Parti communiste chinois (PCC). C’est ce même journal qui rapportait au mois d’octobre la parole officielle du gouvernement : « Les programmes d’éducation au Xinjiang améliorent les opportunités de vie des apprentis et des familles. » Si certaines autorités internationales ont réclamé, sans succès, l’autorisation de visiter elles-mêmes ces camps, nombre d’organisations et de think tanks ont lancé leurs propres recherches.  Continuer de lire « La « rééducation » des minorités religieuses du Xinjiang : absorption du terrorisme ou dernière étape d’effacement d’une culture ? »

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Penser les situations (post)coloniales : le cas de l’Inde colonisée et postcoloniale dans son rapport à la métropole

 

La visite de Justin Trudeau, Premier Ministre canadien, en Inde, il y a quelques semaines, a été l’occasion de nombreuses critiques quant à sa décision d’habiller toute sa famille en tenues traditionnelles indiennes. On l’a alors taxé d’appropriation culturelle, terme issu des études postcoloniales. Cette critique nous invite à nous poser la question du néocolonialisme, c’est pourquoi nous avons décidé de revenir sur le cas de l’Inde coloniale et postcoloniale dans son rapport à la métropole.

L’exemple de l’Inde est un des cas les plus étudiés pour parler de la décolonisation, mais nous avons choisi aujourd’hui de l’analyser à travers le prisme de deux articles :  « Les études postcoloniales. Une invention politique de la tradition ? » écrit par Jean-François Bayart en 2009 et « Les sciences sociales et le moment colonial : de la problématique de la domination coloniale à celle de l’hégémonie impériale » écrit par Romain Bertrand en 2006. Ces deux articles s’inscrivent dans une perspective particulière : il s’agit de porter un nouveau regard sur les sociétés extra-européennes en ne les considérant plus uniquement dans leur rapport à la colonisation. Ces auteurs tentent de démontrer l’existence de caractéristiques et donc de trajectoires qui leur sont propres. A l’inverse des études postcoloniales qui voient dans la situation coloniale et sa potentielle reproduction l’origine et la cause des rapports sociaux contemporains, Jean-François Bayart et Bertrand Romain tendent à analyser les empires coloniaux comme des espaces hétérogènes et conflictuels, à pointer l’historicité du « fait colonial » et surtout à souligner l’importance de ne pas surestimer l’emprise des empires coloniaux. Jean-François Bayart se défend notamment contre la perception d’un continent africain « lové sur lui-même, et contraint à entrer dans une histoire exogène ». Nous avons choisi le cas de l’Inde pour étudier la pertinence des différents concepts mis en évidence.

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Avril Brisé d’Ismail Kadaré, une histoire de la vendetta albanaise

Né en 1936 dans le sud de l’Albanie, Ismaïl Kadaré parachève à Moscou, à l’institut Gorki, des études de lettres. En 1960, il se lance dans le journalisme et publie de la poésie. Son premier roman, Le Général de l’armée morte, paraît en 1970 en France. En 1996, il devient membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques. En 2005, il reçoit le Man Booker International Prize et, en 2009, le prix Prince des Asturies.

En 1980, il publie Avril Brisé, traduit en français en 1982 chez Fayard, souvent considéré comme le plus ethnologique des romans de Kadaré. Dans Avril brisé, Ismaïl Kadaré présente trois regards sur la tradition du Kanun dans le Plateau albanais. Ces trois regards, l’un de l’intérieur grâce à Bjorg, et les deux autres de l’extérieur grâce au couple de citadins Bessian et Diana, illustrent les différentes perceptions de la vendetta dans les années 1980, période fortement marquée par le communisme soviétique.

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Les mouvements de jeunesse en Afrique : le cas de Balai Citoyen au Burkina Faso

Les mouvements de contestation issus de la jeunesse se développent en Afrique, notamment depuis le Printemps Arabe qui a débuté en décembre 2010 en Tunisie. On observe ainsi l’émergence de « Filimbi » (coup de sifflet) en République Démocratique du Congo, « Y’en a marre » au Sénégal et de « Balai Citoyen » au Burkina Faso. Ces mouvements tentent de se rassembler pour favoriser une prise de parole et pour exercer une influence plus forte à l’échelle nationale, voire régionale. Continuer de lire « Les mouvements de jeunesse en Afrique : le cas de Balai Citoyen au Burkina Faso »

Malaisie : d’hier à aujourd’hui, une société multiethnique en paix ?

Bahasa melayu, mandarin, tamoul, anglais : lorsque j’ai foulé le sol malaisien pour la première fois, j’ai été marquée par les diverses langues que j’y entendais parler. Dans la capitale, Kuala Lumpur, temples taoïstes, hindouistes, mosquées et quelques églises se côtoient dans les rues et forment une mosaïque culturelle et religieuse étonnante. Les trois ethnies dont sont issus la plupart des citoyens du pays semblent, d’un point de vue extérieur, se mélanger et former une société harmonieuse. Le pays offre ainsi aux touristes de plus en plus nombreux [1] la vitrine d’un pays à la multiculturalité exemplaire. Cependant, l’histoire de la Malaisie et les politiques qui y sont menées révèlent l’existence de tensions intercommunautaires.

Les élections législatives de 2008 et 2013 semblent indiquer que des divisions ethniques persistent dans la société malaisienne. Que penser alors de la multiculturalité du pays ? Retour en arrière et état des lieux. Continuer de lire « Malaisie : d’hier à aujourd’hui, une société multiethnique en paix ? »