Les pays nordiques et la construction européenne : quel bilan en marge des élections ?

À l’approche des élections du Parlement européen ce dimanche 26 mai, les pays nordiques membres de l’Union européenne, à savoir le Danemark, la Suède et la Finlande, se préparent à élire leurs députés. L’occasion de revenir sur les voies empruntées par ces pays jusqu’à leur adhésion, leur engagement au sein de la Communauté européenne ainsi que les grands enjeux que représente l’élection de 2019. Bien que souvent réunis dans une appellation commune, leurs destins européens ont divergé du fait de considérations économiques et géopolitiques. Ainsi la Finlande a été contrainte par ses relations avec l’URSS durant la Guerre froide. Les autres pays nordiques ont eu une attitude globalement hostile face aux transferts de souveraineté dans divers domaines, caractéristique d’un certain paradoxe, à mi-chemin entre foi européiste et réticence à l’égard d’une intégration européenne trop approfondie.

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Le Botswana face à l’Afrique du Sud (1885-1994) : entre dépendance et affirmation économique et politique

Le Botswana est souvent désigné comme un pays à la réussite impressionnante, à la richesse insolente, et devant servir de modèle de développement à toute l’Afrique subsaharienne. Sont pour cela mis en avant les indicateurs économiques et les rapports d’ONG : désigné comme le pays le moins corrompu d’Afrique par Transparency International [1], son PIB en parité de pouvoir d’achat par habitant est supérieur à … Continuer de lire Le Botswana face à l’Afrique du Sud (1885-1994) : entre dépendance et affirmation économique et politique

Bilan du monde en 2017

 

Une année encore commence, une année où nous efforcerons d’analyser l’actualité internationale dans sa complexité. Pour mieux comprendre les évènements de 2018, nous vous proposons ce bilan de l’actualité dans le monde en 2017 par zone géographique. Continuer de lire « Bilan du monde en 2017 »

Gazprom au coeur de la puissance russe

     En 1965, a été créé le ministère soviétique de l’industrie gazière, chargé de la prospection, de l’extraction, du transport et de la distribution du gaz naturel. A la chute du bloc soviétique, ce ministère s’est transformé en Gazprom, une société d’Etat par actions. Depuis l’arrivée de Vladimir Poutine, l’Etat n’a cessé de renforcer son emprise sur Gazprom afin d’en faire un outil politique. Avec l’Etat comme actionnaire principal, Gazprom est devenu une donnée essentielle dans la construction de la politique intérieure et extérieure de la Russie. Détentrice d’environ 16.8% des réserves de gaz mondial, cette dernière gère ses ressources telle une “Gazocratie”, un système dépendant de ses ressources gazières. D’un côté elle utilise son emprise sur les énergies pour exercer des pressions sur ses clients et d’un autre, elle dégage des revenus immenses, essentiels à la stabilité économique et sociale de la société russe. Il s’agit en réalité d’un système paradoxal du fait des logiques économiques et politiques contradictoires qui coexistent au sein de la société Gazprom. Cette coexistence témoigne de la promiscuité entre la géopolitique de Gazprom et la géopolitique de la Russie.
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La culture russe contre l’ivresse du monde

« L’ivresse du monde est mortelle, et nous sommes pris vous et moi, chers amis, dans son tourbillon ». Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine (Евгений Онегин), 1833.

Dame Eiffel partage désormais le ciel avec les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité. Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe surplombe les quais de Seine depuis son inauguration, à l’automne dernier. L’édifice, appelé de ses vœux par le Président russe Vladimir Poutine, comprend, en plus de son église, un centre culturel, une maison paroissiale et son auditorium, une école bilingue franco-russe, et les bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie. En ce sens, il s’inscrit pleinement dans le processus de revalorisation de l’héritage russe entériné par le Kremlin à l’aube du 21ème siècle, et impliquant à la fois politique, culture et religion. Depuis la disparition de l’Union Soviétique en effet, les élites dirigeantes russes s’efforcent non seulement de forger une identité culturelle propre à leur pays, mais aussi d’en user comme levier d’influence et d’attraction à l’étranger.  Cette constitution d’un soft-power russe va de pair avec une opposition à l’Ouest toujours plus affirmée sous la présidence de Vladimir Poutine (1). C’est ainsi qu’au beau milieu du tumulte de la crise ukrainienne ont été divulguées les grandes lignes d’une nouvelle politique culturelle russe fondée sur les valeurs différenciant la Russie et l’Occident (2). Vladimir Medinski (3) d’ajouter, lors d’une interview au journal Kommersant : « La Russie sera peut-être l’un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne » (4).  Retour sur la construction d’une croisade, celle de la culture russe contre l’ivresse du monde.                                              Continuer de lire « La culture russe contre l’ivresse du monde »