François : pape et diplomate

En 2014, Barack Obama et Raul Castro officialisent le rapprochement historique entre leur deux pays et en profitent pour remercier le pape François pour sa médiation cruciale. L’année suivante, en pleine campagne présidentielle, le désormais président des Philippines Rodrigo Duterte, a qualifié le souverain pontife de « fils de pute » pour avoir créé des bouchons lors d’une visite. Enfin, en 2017, le pape François, déjà lauréat du prix Charlemagne qui récompense « la contribution la plus précieuse pour l’entente en Europe » [1], réunit dans la chapelle Sixtine les chefs d’État de toute l’Union Européenne à l’occasion du soixantième anniversaire du traité de Rome. Trois années, trois problématiques et trois espaces différents mais pourtant un point commun : le pape François apparaît ici davantage comme un chef d’État rompu à la pratique diplomatique que comme un guide spirituel. Continuer de lire « François : pape et diplomate »

Wagner : des mercenaires sans noms ni insignes à la solde du Kremlin

À l’été 2019, alors qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se rencontraient au Fort de Brégançon, nombreux ont été ceux qui ont souligné le revirement russe de la politique étrangère française. Pourtant, quelques mois plus tôt, en janvier 2019, le Ministre français de l’Europe et des Affaires Étrangères, Jean-Yves Le Drian condamnait fermement les pratiques « antifrançaises » des mercenaires russes en République Centrafricaine. « Ce n’est pas vraiment l’armée [mais] des supplétifs qui agissent sous l’autorité d’un Monsieur qui s’appelle M. Prigozhin… Si M. Prigozhin m’entend au-delà de cette salle, qu’il sache qu’on le connaît bien », menaçait Jean-Yves le Drian dénonçant l’implantation de Wagner sur le continent africain. 

Continuer de lire « Wagner : des mercenaires sans noms ni insignes à la solde du Kremlin »

La gestion de la crise syrienne ou les limites de la prise en charge humanitaire des mouvements de population

2011-2020 : après presque 10 ans de guerre civile en Syrie, où en est on dans la gestion de cette crise humanitaire et la prise en charge des millions de Syriens déplacés au sein du pays ou réfugiés à l’étranger ? Aujourd’hui, ce sont près de douze millions de personnes, soit plus de la moitié de la population syrienne qui a été forcée de quitter son habitation dans un pays en proie à une des guerres les plus meurtrières de son histoire. Que ce soit sur place ou à l’étranger, les acteurs humanitaires n’ont cessé depuis lors de se mobiliser pour permettre à ces personnes de retrouver des conditions de vie dignes. Les mesures de gestion humanitaire dîtes « classiques » prises dans le cadre d’un tel conflit qui s’enracine sont-elles encore suffisantes ?

Continuer de lire « La gestion de la crise syrienne ou les limites de la prise en charge humanitaire des mouvements de population »

La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989)

L’auteur et spécialiste de l’Afghanistan Michael Barry décrit d’une façon intéressante la capacité de résistance et de résilience de ce pays parfois dénommé Yâghestân, c’est-à-dire le “pays de l’insolence”. Il serait comparable à une motte de terre sèche dont une puissance voudrait se saisir (puissance qui fut successivement l’empire perse, moghol, britannique et enfin soviétique). Alors que cette motte de terre semble relativement bien constituée, il suffit que ladite puissance ne l’enserre un peu trop fermement dans sa main pour qu’elle s’effrite entièrement et lui glisse entre les doigts. Continuer de lire « La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989) »

La guerre civile au Yémen : enfer et damnation ?

Depuis le début du mois d’avril, un vent nouveau souffle sur la péninsule arabique ; le conflit meurtrier au Yémen pourrait trouver son règlement à la faveur de l’épidémie de Covid-19. Dès lors, il s’agira, pour les différents protagonistes de régler leurs nombreux différends, ce qui ne sera pas chose aisée. Classe Internationale vous propose un récapitulatif du conflit.   Continuer de lire « La guerre civile au Yémen : enfer et damnation ? »