L’eau dans la vallée du Jourdain : un canal de la paix pour sauver la mer Morte?

L’eau dans la vallée du Jourdain : un canal de la paix pour sauver la mer Morte?

La gestion transfrontalière de l’eau dans la vallée du Jourdain à travers le projet du Canal Mer Rouge-Mer Morte

Trous béants, fossés d’effondrements, routes défoncées, hôtels et maisons abandonnés… Le bord de la mer Morte en Israël ressemble par endroits à un véritable paysage de guerre. Ces déformations ont pour origine l’assèchement inexorable de la mer Morte, ayant déjà reculé de près d’un kilomètre. Au-delà des enjeux touristiques et écologiques, qu’en est-il des conflits liés à l’eau dans le bassin du Jourdain et comment la mer Morte peut-elle être sauvée ?

Des crevasses à Meir Abelson, Israël

Source:  timesofisrael.com, 25 novembre 2019

La vallée du Jourdain se distingue par sa géomorphologie particulière : le rift formé par la déchirure entre la plaque africaine et la plaque arabique prend la forme d’un vaste fossé d’effondrement. Ce relief est donc marqué par un paysage de plateaux et de vallées, dont la dépression la plus connue est la mer Morte, située à -400 m en-dessous du niveau de la mer. En vertu de sa salinité exceptionnelle, presque dix fois supérieure à celle de l’eau de mer, les baigneurs peuvent y flotter. Majoritairement désertique et aride, la région n’est pour autant pas dépourvue d’eau, ce qui fait de sa disponibilité et son accès un enjeu. 

Du Mont Hermon au Golfe d’Aqaba, la vallée du Jourdain constitue la frontière naturelle entre Israël, la Jordanie, la Syrie et les territoires palestiniens. Une rapide contextualisation de la situation géopolitique régionale s’impose. Après la guerre des Six jours en 1967 puis la guerre du Kippour en 1973, Israël a signé des accords de paix avec l’Egypte en 1978 et avec la Jordanie en 1994. Concernant le conflit israélo-palestinien, la situation reste tendue depuis la poignée de main historique entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin le 13 semptembre 1993. Deux années plus tard, l’accord d’Oslo II, aussi appelé Accord intérimaire israélo-palestinien, partage la Cisjordanie en trois zones d’administration. Les périodes de statu quo alternent avec des périodes de violence, surtout dans la bande de Gaza. Les territoires palestiniens ne forment pas de facto une entité politique unifiée. D’un côté, la Cisjordanie est aujourd’hui dirigée par l’Autorité palestinienne, incarnée par Mahmoud Abbas depuis 2005. De l’autre, la bande de Gaza est sous contrôle du Hamas, reconnu par l’Union européenne comme un groupe terroriste. 

Pour alimenter en eau potable cette région aride, produire de l’électricité et surtout mettre fin à l’assèchement de cette mer, le projet de canal mer Rouge – mer Morte se présente a priori comme un vecteur potentiel de stabilité régionale. 

La vallée du Jourdain (photographie satellite)

Source: NASA, Jeffrey Williams 

L’eau dans la vallée du Jourdain : une ressource convoitée au cœur des tensions politiques

« Si nous réglons tous les problèmes du Proche-Orient mais pas celui du partage de l’eau, notre région explosera. La paix ne sera pas possible » (Yitzhak Rabin, ancien Premier ministre israëlien, 1992). 

À l’ouest du Jourdain, l’hydro-hégémonie d’Israël

L’État hébreu dispose de trois principales sources d’approvisionnement en eau. Il bénéficie tout d’abord des réserves en eau douce du lac de Tibériade en Galilée, au nord du pays. Traversée par le Jourdain, cette petite mer intérieure représente 25 % des besoins en eau d’Israël. En amont, le Jourdain intercepte les eaux du de la rivière Dan, mais aussi des rivières venues de Syrie, par le Baniyas, et du Liban avec le Hasbani. Israël contrôle de plus les rivières intermittentes des hauteurs du Golan. En plus des eaux de surface, le pays peut compter sur ses aquifères côtiers, de Haïfa à Ashkelon, et les nappes phréatiques des monts de Judée, au centre du pays. Une partie de ces eaux de montagne sont situées en Judée-Samarie, partiellement administrée par Israël.

Compte tenu de l’aridité régionale et de la pression démographique, quelles sont les stratégies d’Israël pour garantir son approvisionnement en eau ? La gestion de l’eau est intrinsèquement liée au projet sioniste du développement d’Israël. Maîtriser cette ressource dans une région désertique est à la fois vecteur de souveraineté et signe d’une supériorité technique. Cette symbolique se manifeste notamment à travers la figure du père de l’État hébreu, David Ben Gourion, qui avait pour objectif de faire « fleurir » le désert du Neguev, au sud du pays. Dans son ouvrage Southwards (1956), il décrit ainsi son ambition « C’est absolument vital pour l’État d’Israël, à la fois pour des raisons économiques et sécuritaires, d’aller vers le sud : nous devons diriger l’eau et la pluie vers là-bas, y envoyer les jeunes pionniers […] ainsi que l’essentiel des ressources de notre budget au développement. » De son kibboutz de Sde Borek où il est enterré, Ben Gourion peut aujourd’hui contempler le développement du Néguev considéré comme la Silicon Valley du Levant, véritable vitrine technologique d’Israël dans les domaines de la cybersécurité, l’agriculture de pointe et la robotique. Les Israéliens ont construit dès 1959 l’aqueduc national (National Water Carrier) en déviant les eaux du Jourdain pour rééquilibrer l’accès à l’eau dans le sud du pays et approvisionner la métropole de Tel-Aviv, qui compte aujourd’hui près de 3,5 millions d’habitants. Les différents conflits qui opposent Israël à ses voisins arabes ont accru sa souveraineté hydraulique en annexant des territoires stratégiques pour les ressources en eau. La guerre des Six Jours en juin 1967 a notamment permis le contrôle du Golan et donc d’une partie des sources du Jourdain et de certaines résurgences (eaux souterraines qui ressortent en surface) en Cisjordanie. Les accords intérimaires (ou accords d’Oslo II) de 1995 entre l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et Israël, qui morcellent la Cisjordanie en trois zones, renforcent le contrôle des ressources hydrauliques du pays. Israël assure enfin son autonomie en eau grâce au développement de techniques innovantes : le dessalement et le traitement des eaux. Ces dotations en eau dites « non-conventionnelles » sont néanmoins très énergivores et les usines de dessalement rejettent en mer des saumures qui perturbent l’écosystème marin. Au sud de Tel-Aviv à Ashkelon, le pays dispose par exemple de la plus grande usine de dessalement au monde fonctionnant grâce à l’osmose inverse, un système de purification d’eau moins gourmand en énergie. Les ressources non-conventionnelles couvrent près de 50 % des besoins en eau des Israéliens. Ainsi, grâce à la mise en place de ces différentes stratégies pour exploiter au mieux cette ressource, le pays est « sorti du désert ». Pour avoir un ordre d’idée, la surface agricole irriguée a été multipliée par cinquante entre la création d’Israël et les années 1980. Ce n’est donc pas un hasard si Israël est aujourd’hui leader mondial dans les technologies de micro-irrigation.

Une de dessalement en Israël

Source : MaxPPP

Une situation précaire dans les territoires palestiniens.

           Du côté cisjordanien, la situation hydraulique est caractérisée par des ressources potentielles plutôt convenables compte tenu de l’aridité de la région grâce aux aquifères de montagne. Pour autant, la population souffre d’un déficit d’eau potable et d’une sous-irrigation de l’agriculture. Les recharges naturelles de ces aquifères ne compensent pas le pompage croissant. À Gaza, cette crise de l’eau est encore plus manifeste car la disponibilité est beaucoup moins importante. À cela s’ajoutent deux autres facteurs d’instabilité: la pression démographique (2 millions d’habitants sur 350 km²) et la pollution des nappes phréatiques. Les aquifères de Cisjordanie ont été répartis entre Israéliens et Palestiniens par les accords d’Oslo II, confirmant l’hégémonie d’Israël sur cette ressource. Ces accords ont de surcroît établi un “Comité mixte de l’eau”, composé pour moitié de Palestiniens et d’Israéliens qui disposent de facto d’un droit de veto renforçant ainsi leur contrôle. À titre d’illustration, les Palestiniens disposent d’après l’accord de 57% des ressources de l’aquifère oriental, situé entièrement en Cisjordanie, et de 6% du volume de l’aquifère occidental. En parallèle, la compagnie nationale des eaux israélienne, Mekorot, distribue jusqu’à 40% de l’eau potable en Cisjordanie. Ainsi, la question de la souveraineté de la Palestine concerne aussi le contrôle de son sous-sol en plus du tracé des frontières.

Une situation critique en Jordanie : stress hydrique et pression démographique

Le royaume hachémite se place parmi les pays les plus pauvres en eau, 92% de son territoire est désertique. Alors qu’Israël dispose de 276 m³ d’eau douce naturelle disponible par an et par habitant, la Jordanie n’en a que 179 m³, dont plus de la moitié provient des nappes phréatiques. L’ONU considère d’ailleurs qu’un pays doté de moins de 500 m³ d’eau douce par an et par habitant souffre de « stress hydrique absolu ». La Jordanie est traversée à l’ouest par le Jourdain et par deux rivières affluentes : le Yarmouk et le Zarqa, difficilement exploitables à cause de leur niveau de pollution. Les deux pays utilisent déjà au maximum les eaux de surface et se reposent sur les nappes phréatiques. Or la Jordanie n’est pas dotée d’installations hydrauliques suffisantes pour compenser par des eaux non-conventionnelles son déficit hydrique. Le royaume a pourtant mis en place des infrastructures pour rééquilibrer ses ressources en eau. C’est notamment grâce au transfert d’eau du canal du Roi Abdallah (aussi appelé canal du Ghor) en parallèle du Jourdain pour alimenter la capitale Amman où vit près de la moitié de la population. Les barrages de Maqarin et Zarka ont tout de même permis un développement de l’agriculture dans le nord-ouest du pays. À l’occasion du traité de paix avec Israël en 1994, les deux pays se répartissent le débit du Jourdain et le voisin accepte de lui vendre de l’eau du lac de Tibériade. En plus du réchauffement climatique, le stress hydrique est accru par la croissance démographique. En effet, depuis le début de la guerre civile syrienne, la Jordanie a accueilli près de 1,4 millions de réfugiés sur son sol, en plus de ses 10 millions d’habitants. La gestion de l’eau dans la vallée du Jourdain n’est pas tant conflictuelle entre les Etats riverains depuis les accords de paix, contrairement aux ressentiments des Palestiniens. 

Le canal Mer Morte-Mer Rouge: un projet ambitieux sur le plan technique et politique.

Le constat dramatique sur la mer Morte n’est pas nouveau et le projet, a priori simple sur le plan théorique, de remplir cette mer par l’eau de la mer Rouge remonte déjà à une vingtaine d’années. Pourquoi ce projet, alors même qu’il peut être un facteur de coopération politique dans une région marquée par l’aridité et les conflits, n’arrive-t-il pas à aboutir ?

La mer Morte à l’agonie

           La mer Morte n’a jamais aussi bien porté son nom. Pour mesurer l’urgence environnementale, il suffit d’observer que la mer recule à un rythme d’un mètre par an. Deux raisons expliquent cette disparition annoncée : la surexploitation du Jourdain et l’industrie de la potasse au sud de la mer qui accélère son évaporation. Conséquence du pompage des sources et affluents par les États riverains, le débit du Jourdain à son arrivée a été réduit de 95% par rapport à 1950. Par endroit, le Jourdain ressemble à un maigre filet d’eau boueuse, bien loin de l’imaginaire biblique. Les effets du réchauffement climatique ne vont faire qu’aggraver cette situation si bien que cette mer pourrait presque disparaître d’ici la fin du siècle si rien n’est fait, sachant que certaines estimations prévoient un réchauffement de plus de 6°C dans cette région. Si de loin cette étendue d’eau bleu cobalt entourée de roches escarpées et de concrétions salines fait toujours rêver les touristes, les bords de la mer Morte sont aujourd’hui défigurés par des dolines, des crevasses de plusieurs mètres formées par l’assèchement de la mer. Comment dès lors sauver à la fois la mer Morte et garantir l’accès à l’eau potable pour une population croissante ?

L’évolution de la Mer Morte, au sud les bassins servent à l’industrie de la potasse et accélèrent l’évaporation de la mer.

Source : NASA’s Earth ObservatoryThe Dead Sea 1972-2011

Un accord politique inédit pour la paix au Proche-Orient.

           A l’occasion du Sommet de la Terre de Johannesburg en 2002, Israël et la Jordanie ont créé la surprise en proposant un projet commun de canal pour sauver la mer Morte. Conscient du risque écologique, les deux pays partagent un intérêt similaire à préserver ce patrimoine naturel avec la mise en valeur par le tourisme et l’exploitation des minéraux (magnésium, potassium, sodium…). Dans le contexte de fin de la seconde intifada (de septembre 2000 à février 2005), un accord tripartite entre la Jordanie, Israël et l’Autorité palestinienne est signé dès mai 2005. Mais il faut attendre le 9 décembre 2013 avec la signature d’un protocole d’entente pour voir le projet émerger avec un projet technique clairement défini. Au-delà de sauver la mer Morte et de fournir de l’eau potable et de l’électricité aux trois signataires, cet accord inédit est un signe de paix et de coopération concrète au Proche-Orient. Ce projet suscite en effet de l’espoir pour la communauté internationale et reçoit d’ailleurs le soutien et le financement de la Banque mondiale. L’accord stipule ainsi que 2/3 de l’eau potable produite irait côté Jordanien et 1/3 côté israélien et palestinien.

Un défi technique

           Le projet du canal Mer Rouge – Mer Morte est en fait un ensemble de pipelines et de tunnels qui transfèreraient de l’eau du golfe d’Aqaba vers le sud de la mer Morte. L’eau serait pompée dans la mer Rouge côté jordanien puis acheminée vers une usine de dessalement pour fournir la région en eau potable. Un pipeline de 180 km relierait ensuite cette usine à la mer Morte, et plusieurs usines hydroélectriques profiteraient de la dépression naturelle pour alimenter la région en énergie renouvelable. Pour rappel la Mer Morte est située à -400 m en dessous du niveau de la mer. De son côté, Israël promet d’augmenter les décharges en eau dans le lac de Tibériade pour accroître le débit du Jourdain. L’Agence de l’eau israélienne prévoit aussi de vendre près de 30 millions de m³ d’eau potable en Cisjordanie.

Le projet Mer Rouge – Mer Morte

Source : Puiser dans la mer Rouge pour faire revivre la mer Morte – Le Point

Un désastre écologique ?

Sur le papier le projet semble très intéressant et pourrait bénéficier à toutes les parties. Mais en y regardant de plus prêt cette solution ingénieuriale de la distribution de l’eau pourrait au contraire s’avérer néfaste pour l’environnement. En voulant restaurer la mer Morte, ce projet pourrait au contraire aggraver sa situation. Tout d’abord, les scientifiques s’interrogent sur le mélange entre la saumure (riche en sulfate) venant des usines de dessalement et l’eau de la mer morte (riche en calcium) qui pourrait provoquer un blanchiment de cette dernière. Il faudrait dès lors procéder par un transfert d’eau progressif pour observer les effets du transfert d’eau dans cet écosystème particulier. Le second défi écologique serait la différence de salinité entre les deux mers. Si la mer Morte a un taux de salinité de 37%, celui de la mer rouge de s’élevant qu’à 7% : le mélange des deux pourrait rendre la mer Morte rouge à cause du développement de micro-algues. En parallèle, les récifs coralliens de la mer Rouge pourraient être affectés par les rejets de saumure de l’usine de dessalement. Enfin, les pipelines sont vulnérables face aux aléas sismiques de la région. Que le projet aboutisse ou non, les scientifiques s’accordent pour dire qu’il y aura dans tous les cas des complications.

Un projet dans l’impasse

           Au-delà du défi technique et environnemental, le projet ne peut avancer sans volonté politique. Or il faut noter une certaine asymétrie entre les partenaires du projet, qui y ont des intérêts divergents. Côté israélien, sauver la mer Morte est une nécessité pour maintenir le tourisme balnéaire. C’est aussi un levier pour garantir son contrôle hydraulique sur la Cisjordanie, Israël ne faisant pas confiance à l’Autorité palestinienne pour la gestion de l’eau. L’État hébreu est conscient du potentiel pacificateur de ce projet et a besoin d’un partenaire stable dans la région. Il a donc tout intérêt que le royaume hachémite garantisse sa souveraineté en hydraulique. Cependant, les relations israélo-jordaniennes sont actuellement au plus bas. La Jordanie quant à elle est de loin la plus intéressée par ce projet compte tenu de sa situation critique. Le coût du projet s’élève à 5 milliards de dollars :  malgré un soutien de la Banque mondial, le canal mer Rouge-mer Morte reste une infrastructure onéreuse surtout pour la Jordanie. Enfin, l’eau potable produite par les usines de dessalement aurait un coût de 1,5 dollar le m³, ce qui est moins que l’eau produite actuellement en Jordanie mais plus cher qu’en Israël, renforçant ainsi l’asymétrie des intérêts.

Les alternatives 

Des voix s’élèvent face à l’urgence climatique pour trouver une solution plus durable à ce projet dans l’impasse. La leçon à tirer de l’échec des négociations et de la concrétisation du projet est qu’une logique purement techniciste couplée à une démarche descendante ne peut pas correspondre à la complexité des enjeux locaux. Les ONG environnementalistes proposent des alternatives pour tenter de régler le problème en amont. Par exemple, l’ONG EcoPeace milite pour la réhabilitation du cours du Jourdain avant même qu’il ne se déverse dans le lac de Tibériade. En effet, ce lac souffre aussi de la sécheresse et a reculé de 3,5 mètres de largeur depuis 2013. Dans tous les cas, le seul projet  de canal mer Rouge-mer Morte ne pourrait pas suffire à combler le déficit historique du Jourdain. Sa réhabilitation passe donc par une utilisation plus durable dans l’industrie et dans l’agriculture. 

In fine, la gestion transfrontalière de l’eau dans la vallée du Jourdain répond à la fois à un défi environnemental, alimentaire, sanitaire et économique. Pompage, dessalement, transfert : Israël a pris le contre-pied de son aridité pour assurer sa souveraineté hydraulique. Le pays cherche à contrôler le plus de ressources en eau possible, parfois au détriment des Cisjordaniens. De son côté, la Jordanie voit dans le projet de canal mer Rouge-mer Morte un moyen vital pour assurer son approvisionnement en eau potable. Les accords de paix israélo-jordaniens ont servi de base à une coopération politique inédite. Malgré l’accord trouvé sur le projet de canal a priori gagnant-gagnant, les logiques de pouvoir reprennent le dessus. Pierre Blanc, auteur de l’ouvrage  Proche-Orient. Le pouvoir, la terre et l’eau résume : “qui a le pouvoir sur l’eau a le pouvoir sur la terre”. Si ce projet est aujourd’hui à l’arrêt, l’urgence climatique pourrait le remettre sur la table des négociations. 

Samuel Potier


Sources scientifiques:

– FUSTEC Klervi, « Qualifier la gestion de l’eau, se positionner par rapport au conflit : les cas de l’usine de dessalement dans la bande de Gaza et du canal entre la mer Rouge et la mer Morte », Développement durable et territoires, Vol. 8, n°1, Avril 2017 URL :http://journals.openedition.org.janus.bis-sorbonne.fr/developpementdurable/11677  

– BLANC Pierre. Proche-Orient. Le pouvoir, la terre et l’eau. Presses de Sciences Po, 2012 

– BENDELAC Jacques, « Israël : l’eau à la croisée des chemins », Confluences Méditerranée, n°58, 2006.

Sur le même sujet: 

– Le naufrage des relations israélo-jordaniennes laisse la mer Morte agoniser | The Times of Israël (timesofisrael.com) 

– RENDALL Terri, « Peut-on sauver la mer Morte? Enjeu méditerranéen et désastre écologique. », 2019, (Documentaire Arte) 

ClasseInternationale

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