La culture russe contre l’ivresse du monde

« L’ivresse du monde est mortelle, et nous sommes pris vous et moi, chers amis, dans son tourbillon ». Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine (Евгений Онегин), 1833.

Dame Eiffel partage désormais le ciel avec les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité. Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe surplombe les quais de Seine depuis son inauguration, à l’automne dernier. L’édifice, appelé de ses vœux par le Président russe Vladimir Poutine, comprend, en plus de son église, un centre culturel, une maison paroissiale et son auditorium, une école bilingue franco-russe, et les bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie. En ce sens, il s’inscrit pleinement dans le processus de revalorisation de l’héritage russe entériné par le Kremlin à l’aube du 21ème siècle, et impliquant à la fois politique, culture et religion. Depuis la disparition de l’Union Soviétique en effet, les élites dirigeantes russes s’efforcent non seulement de forger une identité culturelle propre à leur pays, mais aussi d’en user comme levier d’influence et d’attraction à l’étranger.  Cette constitution d’un soft-power russe va de pair avec une opposition à l’Ouest toujours plus affirmée sous la présidence de Vladimir Poutine (1). C’est ainsi qu’au beau milieu du tumulte de la crise ukrainienne ont été divulguées les grandes lignes d’une nouvelle politique culturelle russe fondée sur les valeurs différenciant la Russie et l’Occident (2). Vladimir Medinski (3) d’ajouter, lors d’une interview au journal Kommersant : « La Russie sera peut-être l’un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne » (4).  Retour sur la construction d’une croisade, celle de la culture russe contre l’ivresse du monde.                                              Continuer de lire « La culture russe contre l’ivresse du monde »

Fiche de lecture : Marianne HAGELSTEIN, Soft Power et diplomatie culturelle. Le cas de Taiwan

A l’heure de l’avènement de Taïwan sur la scène de la « pop culture asiatique » aux côtés de la Corée du Sud et du Japon, Yang Tzu-Pao propose de s’interroger sur les fondements et les caractéristiques de la diplomatie culturelle taïwanaise. En effet, dans un séminaire donné à l’université catholique de Fu Jen à Taipei en novembre 2012, l’ancien ministre des Affaires étrangères taïwanais présente les différentes influences définissant le modèle diplomatique et les stratégies aujourd’hui mises en œuvre par le pays afin d’acquérir une légitimité sur la scène internationale. Dans l’ombre de la République Populaire de Chine, Taïwan cherche à se démarquer en valorisant sa position de carrefour entre cultures occidentale et asiatique.

Continuer de lire « Fiche de lecture : Marianne HAGELSTEIN, Soft Power et diplomatie culturelle. Le cas de Taiwan »