Génocide des « Rohingyas » au Myanmar : du conflit de classe au conflit ethnique

Le 10 décembre 2019, soit 20 ans jour pour jour après avoir reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa lutte contre la junte militaire en Birmanie, Aung San Suu Kyi, Conseillère d’État du Myanmar, a été auditionnée par la Cour Internationale de justice à la Haye pour les actes génocidaires commis dans son pays contre les « Rohingyas » ayant causés la mort de près de 7000 personnes et le déplacement d’1,1 million d’autres, notamment en direction du Bangladesh. La Birmanie, renommée Myanmar par la junte militaire, est un pays-passerelle entre la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Bangladesh et l’Inde qui abrite 150 millions de groupes ethnolinguistiques et dont 90% de la population est bouddhiste (1). Continuer de lire « Génocide des « Rohingyas » au Myanmar : du conflit de classe au conflit ethnique »

Quel avenir pour le Mozambique ?

Destination bien souvent méconnue, le Mozambique est un pays qui s’étend le long de la côte orientale de l’Afrique australe. Fort d’un territoire de 800 000 km carrés et de plus de 27 millions d’habitants, ce pays est en passe de devenir une puissance africaine incontournable grâce aux innombrables ressources ─ notamment énergétiques ─ dont il dispose. Depuis quelques années, le Mozambique a su miser sur son potentiel d’envergure pour se relever d’un passé difficile, marqué à la fois par les abus de la colonisation portugaise ainsi que par les affres d’une guerre civile dévastatrice. En outre, par sa position stratégique, le territoire mozambicain s’est imposé comme un lieu de passage privilégié par lequel transite une part non négligeable des flux commerciaux mondiaux. Dès lors, les ressources du Mozambique sont l’objet de la convoitise de nombreuses puissances, à l’image de la Russie, du Brésil ou de la France, qui cherchent à s’implanter durablement dans le pays et à faire de celui-ci un partenaire économique de choix. Continuer de lire « Quel avenir pour le Mozambique ? »

Cent ans plus tard, portraits de femmes au cœur de la révolution russe

Alexandra Mikhaïlovna Kollontaï

Alexandra Kollontaï (Александра Михайловна Коллонтай) est la première femme à avoir obtenu le titre de ministre et de diplomate dans l’histoire. Elle naît en 1872 à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique, fille du général Michel Domoutovitch. Adhérente aux idées socialistes dès sa jeunesse, son père la marie de force avec le colonel Kollontaï pour l’écarter des idées révolutionnaires. Loin de la faire rentrer dans le moule prescrit aux jeunes femmes de son milieu, ce mariage forcé ne fait que renforcer ses envies d’indépendance. Elle quitte donc son mari et la Russie pour l’université de Zurich, les femmes n’étant pas autorisées à faire des études supérieures en Russie à cette époque. D’origine carélienne (1), elle a une attirance naturelle pour la culture et la langue finlandaise, et ne se prive pas d’émettre des critiques à l’encontre de la politique tsariste en Finlande. Ces déclarations lui vaudront l’exil alors qu’elle rentre en Russie, surveillée de près par l’Okhrana, le service de la police politique impériale. Continuer de lire « Cent ans plus tard, portraits de femmes au cœur de la révolution russe »