Le coupé-décalé : Entre diversion et construction d’un nouveau mode politique dans l’Afrique francophone des années 2000

Les origines du mouvement du coupé-décalé sont assez obscures, comme ce qui en relève exactement. Pour le définir, il est primordial de préciser les revendications particulières d’artistes qui ne sont pas formellement organisés. Nous pouvons tenter de caractériser ce mouvement comme un mouvement musical qui naît dans les boîtes de nuit de Londres et de région parisienne, créé par des artistes principalement d’origine ivoirienne, réimporté en Afrique francophone. Il incorpore des rythmes différents des rythmes occidentaux, qui s’inspirent à la fois du zouglou ivoirien et du n’dombolo congolais, deux styles de musique traditionnelle dans leurs pays d’origine. Douk Saga, un DJ ivoirien qui se produit en région parisienne avant de revenir à Abidjan en 2002 et  figure emblématique du mouvement, revendique sa création. L’une de ses caractéristiques essentielles est de rendre hommage aux grands Hommes d’Afrique de l’Ouest, dans une langue alliant français, dérivés locaux du français et des langues locales. Continuer de lire « Le coupé-décalé : Entre diversion et construction d’un nouveau mode politique dans l’Afrique francophone des années 2000 »

Publicités

Leningrad, ou le nihilisme à la russe

« Sur des p*****s de Louboutin, dans un p***** de pantalon ». Difficile de faire plus clair, Leningrad n’est pas là pour ménager son auditoire. Ni qui que ce soit d’autre. Le groupe qui a fêté ses vingt ans en 2017 est aujourd’hui un phénomène majeur dans la musique russe contemporaine, dont le succès ne semble pas prêt de s’essouffler. Pourtant, si vous tapez leur nom sur un quelconque moteur de recherche « occidental », il vous faudra fouiller un peu avant de trouver la moindre information pertinente, la page Wikipédia francophone ne contenant que deux paragraphes dans la catégorie biographie, et d’une maigre discographie qui ne va pas au-delà de l’année 2014. A contrario, sur Yandex, moteur de recherche russophone par excellence, le groupe Leningrad va jusqu’à détrôner l’appellation révolutionnaire de la Venise du Nord, dont le groupe et son nom sont issus.

Continuer de lire « Leningrad, ou le nihilisme à la russe »

Passe-droit et dorure, un week-end à Kazan

Il est 23h00. Nous attendons sagement sur le quai, au début de la première plateforme de la gare Moscou Kazanskaya. Le départ est prévu pour 23h38. La gare n’est plus très animée, les quelques boutiques d’alimentation ici et là sont encore ouvertes alors que les vendeurs de souvenirs ont déjà déserté. Continuer de lire « Passe-droit et dorure, un week-end à Kazan »