Colombie : les données d’une économie émergente.

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Infographie – Les Echos

L’économie colombienne est la quatrième économie d’Amérique latine après le Brésil, le Mexique et l’Argentine. Le PIB de la Colombie est passé de 117 milliards de dollars en 2004 à 378 milliards de dollars en 2013. Classée au 11e rang des Best Emerging Market selon Bloomberg, la Colombie fait partie des marchés émergents prometteurs avec une croissance prévue de 4 à 5% pour 2014-2015 (elle a atteint près de 7% en 2006, 2007 et 2011).

Le dynamisme actuel de l’économie colombienne se comprend par la diminution du conflit en intensité, la stabilité politique et la sécurité étant une garantie essentielle pour les investissements. La Colombie obtient de bons résultats au niveau des indicateurs macro-économiques, elle dispose surtout de plusieurs atouts essentiels : sa population et ses ressources.

Avec plus de 48 millions d’habitants, la population colombienne est la troisième d’Amérique latine, après le Brésil (202 millions d’habitants) et le Mexique (124 millions), mais devant l’Argentine (42 millions). Selon les projections démographiques de l’ONU, la population colombienne pourrait atteindre 63 millions en 2050.

Un pays riche.

La Colombie dispose de nombreuses ressources agricoles, minières, hydrocarbures et halieutiques. Le secteur pétrolier a fait l’objet d’investissements importants, il est aujourd’hui la « locomotive » de la croissance colombienne. Les exportations de pétrole sont en hausse, la Colombie a passé la barre symbolique des 1 million de barils par jours en 2013, ce qui en fait le 3ème producteur du continent après le Venezuela (environ 3 millions de barils par jour) et le Brésil (près de 2 millions).

Un pivot géostratégique.

L’un des atouts majeurs de la Colombie est sa position géographique. En plus d’être un pivot Nord-Sud entre l’Amérique centrale et du Sud, la Colombie est le seul pays d’Amérique du Sud à avoir deux façades maritimes. La façade Ouest donne sur l’Océan Pacifique, centre d’attraction dominant de l’économie mondiale et sa façade Est est tournée vers la mer des Caraïbes, les Antilles, le Golfe du Mexique et les Etats-Unis mais aussi vers l’Atlantique. La Colombie comme le Nicaragua cherchent à profiter de sa position charnière et à concurrencer le canal de Panama. Le projet de « canal à sec » envisage de construire un ensemble routier et ferroviaire transocéanique. Les Russes et Chinois dans le cadre de leurs politiques latino-américaines se montrent très intéressés par ce projet. Mais un « canal à sec » a plusieurs handicaps : la concurrence du canal de Panama en cours d’élargissement, le coût du transport par voie ferroviaire, l’impact écologique d’un tel projet et la réticence des Etats-Unis de voir Russes et Chinois concurrencer le nœud stratégique historique de leur « arrière-cour ».

Des défis persistants : développements, inégalités, corruption.

Malgré ces atouts géostratégiques et certains bons résultats des indicateurs macroéconomiques classiques, d’autres chiffres montrent une réalité plus contrastée. Si au niveau du continent la Colombie n’est jamais dans les extrêmes (les pays les plus riches sont l’Uruguay et le Chili, le plus pauvre la Bolivie), elle se trouve généralement dans la moyenne basse.

-En 2014, selon l’OCDE 32,7% de la population vit sous le seuil de pauvreté national, ce taux était à 47,4% en 2004. Malgré une diminution continue, la pauvreté touche encore près d’un tiers de la population et constitue le défi majeur pour l’avenir de la Colombie.

-La pauvreté recule mais la Colombie reste un pays très inégalitaire. Selon l’OCDE l’indice de Gini est de 0,6 à la fin des années 2000, les derniers chiffres de la Banque mondiale l’évaluent à 0,53.

Colombie Inégalités OCDE
Source : Synthèse du rapport de l’OCDE : Evaluation économique, Colombie, janvier 2013.

-En 2013, l’IDH (indice de développement humain) de la Colombie était de 0,711, à titre de comparaison l’IDH du Venezuela est de 0,764, l’Argentine 0,808 et la France 0,884.

-L’indice de perception de la corruption (IPC) établi par l’ONG Transparency International place la Colombie au 94e rang mondial, sur 177, en comparaison avec les autres pays d’Amérique du Sud la Colombie est dans la moyenne, la perception de la corruption est moindre au Chili, Uruguay, Pérou et Brésil, mais bien pire en Argentine, Bolivie et Venezuela.

Nicolas SAUVAIN

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