Cap-Vert : un archipel assoiffé ?

La multiplication des catastrophes naturelles, cyclones, inondations, sécheresses ou encore séismes, est sans aucun doute l’une des manifestations les plus visibles et les plus dramatiques du changement climatique. Sixième point des Objectifs de développement durable regroupés dans l’Agenda 2030 adopté par les Nations Unies en 2015, l’eau tient une place centrale dans ces tragédies. La question de son accès, de sa répartition comme de sa bonne gestion recèle de nombreux enjeux humains et financiers, bien souvent non dénués d’arrières-pensées géopolitiques. Situées en périphérie des grands conflits liés à l’eau que l’on retrouve notamment au Moyen-Orient ou au Cachemire, les îles du Cap-Vert sont elles aussi directement affectées par la raréfaction de leurs ressources en eau. Présenté par le gouvernement cap-verdien comme une «plateforme» entre le Portugal, l’Afrique et le Brésil, cet archipel dispersé en dix îles volcaniques au milieu de l’Atlantique doit veiller en permanence à ses approvisionnements en eau. Continuer de lire Cap-Vert : un archipel assoiffé ?

Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ?

A l’occasion du 50e anniversaire de l’Union africaine (héritière de l’Organisation de l’unité africaine) en mai 2013, les dirigeants africains ont signé une déclaration qui réaffirmait le projet panafricain. C’est au titre de cette vision politique qu’a été adopté l’Agenda 2063, vaste programme de développement de l’Afrique sur une période de 50 ans. Parmi les « aspirations » de ce document, on retrouve la volonté d’une « Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable » et d’un « continent intégré » notamment par le biais d’infrastructures mondiales. L’UA en fait le pari : la coopération à toutes les échelles permettra de résoudre des défis communs à l’ensemble des pays du continent, tels que la modernisation des infrastructures, la garantie pour tous d’un accès aux ressources et à des énergies principalement renouvelables (ou produites selon cette logique), une croissance pérenne et équitable. Continuer de lire « Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ? »

Les enjeux de la présidence finlandaise du Conseil de l’UE

Avec un peu plus de 5 millions d’habitants, la Finlande fait partie des “petits Etats” de l’UE. Mais lorsqu’il s’agit d’innovations et de nouvelles technologies, de lutte contre le réchauffement climatique ou encore d’éducation, le pays est souvent considéré comme un modèle. La Finlande est entrée dans l’Union européenne en 1995 en compagnie de la Suède et de l’Autriche. Depuis, elle adopte une attitude favorable à l’égard de la construction européenne et privilégie la coopération intergouvernementale afin de défendre les intérêts des petits États.

La présidence tournante de l’Union européenne est certes une opportunité pour un Etat de mettre en avant ses priorités et sa vision de l’Europe. Cependant, ses marges de manœuvre sont limitées, ce qui pose la question de l’influence qu’il peut réellement avoir sur le processus législatif européen. Entre contraintes institutionnelles et conjoncturelles, la Finlande devra jouer les équilibristes pour espérer peser sur l’agenda européen. 

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Kigali, ville verte : stratégie nationale d’urbanisation pour une ville durable

La Vision 2020 pour le Rwanda résulte de réflexions menées entre 1997 et 2000, et vise, selon les mots du président rwandais Paul Kagamé, à transformer le pays « en un pays à revenu intermédiaire où les Rwandais jouissent d’une meilleure santé, sont plus éduqués et plus prospères de façon générale ». Six piliers sont identifiés pour atteindre cet objectif : la bonne gouvernance et la gestion efficiente des affaires publiques, un capital humain qualifié, un secteur privé dynamique, des infrastructures de qualité, ainsi qu’une agriculture et un modèle d’élevage modernes. L’urbanisation du pays et le développement de la ville de Kigali s’inscrivent au cœur de ce plan directeur ambitieux. Le développement de la capitale rwandaise, en plus de répondre au besoin de croissance économique du pays, sert aussi un objectif politique et social d’unité nationale après le génocide de 1994. Continuer de lire « Kigali, ville verte : stratégie nationale d’urbanisation pour une ville durable »

Casa Pueblo, une organisation de la base locale qui converse avec le global

A l’intérieur d’une maison rose de style colonial localisée sur le territoire d’une municipalité montagneuse de Porto Rico – Adjuntas – se trouve Casa Pueblo. Cette organisation fut créée en 1980 afin de mener la lutte contre un projet de mine à ciel ouvert qui devait s’installer sur le territoire de cette même municipalité et irrémédiablement dégrader l’environnement local. Mobilisant la population locale via diverses activités culturelles, de sensibilisation, d’évènements et de manifestations, Casa Pueblo obtint une première victoire en 1995 avec la décision du gouvernement portoricain d’interdire tout projet de mine ouverte sur l’île. A la suite de cette victoire, l’organisation profita de la dynamique pour s’affirmer comme un acteur local majeur, variant ses activités et propositions en direction de l’éducation, la culture, la lutte environnementale et la promotion de solutions énergétiques renouvelables, étant toujours animée d’un désir d’innovation améliorant le bien-être communautaire. Ainsi, bien que ses projets solaires soient toujours salués, son cofondateur, Alexis Massol-González explique qu’à « travers du solaire, nous agissons dans la pratique » et que l’innovation « se découvre plus tard ». Refusant l’idée de recevoir toute forme d’aide institutionnelle pour maintenir son indépendance d’idées, Casa Pueblo se définit par son fonctionnement selon un modèle d’autogestion communautaire.

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