Le fait colonial: un élément déclencheur de l’idée européenne?

« Prenez le fardeau de l’Homme Blanc, Envoyez le meilleur de votre descendance, Promettez vos fils à l’exil, Pour servir les besoins de vos prisonniers ; Pour attendre sous un lourd harnais, Un peuple folâtre et sauvage, Vos peuples boudeurs, tout juste pris, Moitié démon et moitié enfant. » telles sont les rimes de l’appel de Rudyard Kipling à l’impérialisme américain en 1899. Continuer de lire « Le fait colonial: un élément déclencheur de l’idée européenne? »

Penser les situations (post)coloniales : le cas de l’Inde colonisée et postcoloniale dans son rapport à la métropole

 

La visite de Justin Trudeau, Premier Ministre canadien, en Inde, il y a quelques semaines, a été l’occasion de nombreuses critiques quant à sa décision d’habiller toute sa famille en tenues traditionnelles indiennes. On l’a alors taxé d’appropriation culturelle, terme issu des études postcoloniales. Cette critique nous invite à nous poser la question du néocolonialisme, c’est pourquoi nous avons décidé de revenir sur le cas de l’Inde coloniale et postcoloniale dans son rapport à la métropole.

L’exemple de l’Inde est un des cas les plus étudiés pour parler de la décolonisation, mais nous avons choisi aujourd’hui de l’analyser à travers le prisme de deux articles :  « Les études postcoloniales. Une invention politique de la tradition ? » écrit par Jean-François Bayart en 2009 et « Les sciences sociales et le moment colonial : de la problématique de la domination coloniale à celle de l’hégémonie impériale » écrit par Romain Bertrand en 2006. Ces deux articles s’inscrivent dans une perspective particulière : il s’agit de porter un nouveau regard sur les sociétés extra-européennes en ne les considérant plus uniquement dans leur rapport à la colonisation. Ces auteurs tentent de démontrer l’existence de caractéristiques et donc de trajectoires qui leur sont propres. A l’inverse des études postcoloniales qui voient dans la situation coloniale et sa potentielle reproduction l’origine et la cause des rapports sociaux contemporains, Jean-François Bayart et Bertrand Romain tendent à analyser les empires coloniaux comme des espaces hétérogènes et conflictuels, à pointer l’historicité du « fait colonial » et surtout à souligner l’importance de ne pas surestimer l’emprise des empires coloniaux. Jean-François Bayart se défend notamment contre la perception d’un continent africain « lové sur lui-même, et contraint à entrer dans une histoire exogène ». Nous avons choisi le cas de l’Inde pour étudier la pertinence des différents concepts mis en évidence.

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« L’Afpak »: nouveau terrain de jeu de Daech

Alors qu’au Levant, la défaite de Daech semble imminente, la région tribale à la frontière afghano-pakistanaise est le théâtre de nouveaux affrontements, et paraît être le terrain de jeu idéal des jihadistes. La zone « Afpak » est-elle sur le point de devenir le nouveau front de Daech? Continuer de lire « L’Afpak »: nouveau terrain de jeu de Daech

Coûts et héritages de la deuxième guerre des Boers (1899-1902)

La deuxième guerre des Boers de 1899 à 1902 oppose les Boers (les Néerlandais, aussi appelés Afrikaners) et les colons britanniques, dans leur volonté de contrôler le territoire sud-africain. Bien que les Néerlandais soient des étrangers sur le sol sud-africain, ils sont considérés dans cette guerre comme les colonisés car ils se sont implantés bien avant les Britanniques. C’est donc une guerre entre deux camps … Continuer de lire Coûts et héritages de la deuxième guerre des Boers (1899-1902)