20 ans après : la ville de Hong Kong entre îlot démocratique et gouvernement autoritaire

Ce 9 juin 2019, une manifestation géante arpentait les rues de Hong Kong, protestant contre le projet d’autorisation de l’extradition des citoyens de l’ex-colonie britannique vers la Chine continentale. Alors que certaines sources parlent d’un million de manifestants, Carrie Lam, cheffe de l’exécutif sur l’île nommée par Pékin, maintient sa position. 

 

A cette occasion, nous vous invitons à vous replonger dans un bilan synthétique des 20 dernières années hongkongaises, pour comprendre les tensions sociales structurant la vie de cette cité. 

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Trump : un regain de climato-scepticisme aux États-Unis ?

« Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre l’industrie américaine non-concurrentielle ». Voici un tweet de Donald Trump datant du 6 novembre 2012, jour de la réélection de l’ancien président des États-Unis Barack Obama, résumant sa pensée climato-sceptique : une combinaison de rejet par principe de toute réglementation qui pourrait ralentir la croissance des États-Unis et du dogme républicain qui refuse la science du climat comme un complot quasi-communiste contre les États-Unis. Continuer de lire « Trump : un regain de climato-scepticisme aux États-Unis ? »

20 ans après : la ville de Hong Kong entre îlot démocratique et gouvernement autoritaire

En 1984, Margaret Thatcher et Deng Xiaoping trouvaient un accord prévoyant un retour progressif de Hong Kong au sein de la République Populaire de Chine (RPC). D’après leur Déclaration conjointe, texte déposé aux Nations Unies, le processus de réintégration devait débuter en 1997. Quel est donc aujourd’hui le bilan de ces quelques vingt dernières années, et comment analyser les transformations de la ville? Il semble que le retour dans le giron de Pékin ait eu des conséquences significatives. Que signifie donc, 20 ans après, l’expression « un pays, deux systèmes » (“一国两制”), que Deng Xiaoping avait avancée en 1997 ?    Continuer de lire « 20 ans après : la ville de Hong Kong entre îlot démocratique et gouvernement autoritaire »

Avril Brisé d’Ismail Kadaré, une histoire de la vendetta albanaise

Né en 1936 dans le sud de l’Albanie, Ismaïl Kadaré parachève à Moscou, à l’institut Gorki, des études de lettres. En 1960, il se lance dans le journalisme et publie de la poésie. Son premier roman, Le Général de l’armée morte, paraît en 1970 en France. En 1996, il devient membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques. En 2005, il reçoit le Man Booker International Prize et, en 2009, le prix Prince des Asturies.

En 1980, il publie Avril Brisé, traduit en français en 1982 chez Fayard, souvent considéré comme le plus ethnologique des romans de Kadaré. Dans Avril brisé, Ismaïl Kadaré présente trois regards sur la tradition du Kanun dans le Plateau albanais. Ces trois regards, l’un de l’intérieur grâce à Bjorg, et les deux autres de l’extérieur grâce au couple de citadins Bessian et Diana, illustrent les différentes perceptions de la vendetta dans les années 1980, période fortement marquée par le communisme soviétique.

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La culture russe contre l’ivresse du monde

« L’ivresse du monde est mortelle, et nous sommes pris vous et moi, chers amis, dans son tourbillon ». Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine (Евгений Онегин), 1833.

Dame Eiffel partage désormais le ciel avec les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité. Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe surplombe les quais de Seine depuis son inauguration, à l’automne dernier. L’édifice, appelé de ses vœux par le Président russe Vladimir Poutine, comprend, en plus de son église, un centre culturel, une maison paroissiale et son auditorium, une école bilingue franco-russe, et les bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie. En ce sens, il s’inscrit pleinement dans le processus de revalorisation de l’héritage russe entériné par le Kremlin à l’aube du 21ème siècle, et impliquant à la fois politique, culture et religion. Depuis la disparition de l’Union Soviétique en effet, les élites dirigeantes russes s’efforcent non seulement de forger une identité culturelle propre à leur pays, mais aussi d’en user comme levier d’influence et d’attraction à l’étranger.  Cette constitution d’un soft-power russe va de pair avec une opposition à l’Ouest toujours plus affirmée sous la présidence de Vladimir Poutine (1). C’est ainsi qu’au beau milieu du tumulte de la crise ukrainienne ont été divulguées les grandes lignes d’une nouvelle politique culturelle russe fondée sur les valeurs différenciant la Russie et l’Occident (2). Vladimir Medinski (3) d’ajouter, lors d’une interview au journal Kommersant : « La Russie sera peut-être l’un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne » (4).  Retour sur la construction d’une croisade, celle de la culture russe contre l’ivresse du monde.                                              Continuer de lire « La culture russe contre l’ivresse du monde »