Il était une fois, une lueur à l’Est…

 

Au cours de la nuit du 6 et 7 novembre 1917, le croiseur Aurore, symbole de la Révolution, tire un coup de canon sur la Neva. Presque sans résistance de la part du gouvernement, le Palais d’hiver est occupé par les bolcheviques et le régime libéral de Kerenski doit capituler. Membre du parti socialiste révolutionnaire, Kerenski occupa d’abord des postes ministériels avant de devenir le chef du gouvernement de juillet à octobre. Après trois années de guerre qui n’ont cessé d’enfoncer le pays dans un marasme des plus profonds, l’insurrection d’Octobre n’a pas seulement remis en question le modèle impérial des siècles précédents ni le modèle plus libéral issu de la révolution de Février, elle a suscité de l’espoir. Un espoir immense, au même titre que la Révolution française. C’est « cette grande lueur venue de l’Est » comme le décrivait Romain Rolland. Un événement qui, au-delà des frontières, sous couvert d’un messianisme universel, devait libérer l’ensemble des travailleurs. A l’approche de son centenaire, que reste-il en Russie de cet événement qui a su faire la grandeur du pays mais qui a également conduit à sa décadence ? Continuer de lire « Il était une fois, une lueur à l’Est… »

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Cent ans plus tard, portraits de femmes au cœur de la révolution russe

Alexandra Mikhaïlovna Kollontaï

Alexandra Kollontaï (Александра Михайловна Коллонтай) est la première femme à avoir obtenu le titre de ministre et de diplomate dans l’histoire. Elle naît en 1872 à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique, fille du général Michel Domoutovitch. Adhérente aux idées socialistes dès sa jeunesse, son père la marie de force avec le colonel Kollontaï pour l’écarter des idées révolutionnaires. Loin de la faire rentrer dans le moule prescrit aux jeunes femmes de son milieu, ce mariage forcé ne fait que renforcer ses envies d’indépendance. Elle quitte donc son mari et la Russie pour l’université de Zurich, les femmes n’étant pas autorisées à faire des études supérieures en Russie à cette époque. D’origine carélienne (1), elle a une attirance naturelle pour la culture et la langue finlandaise, et ne se prive pas d’émettre des critiques à l’encontre de la politique tsariste en Finlande. Ces déclarations lui vaudront l’exil alors qu’elle rentre en Russie, surveillée de près par l’Okhrana, le service de la police politique impériale. Continuer de lire « Cent ans plus tard, portraits de femmes au cœur de la révolution russe »

La Russie est-elle un Etat européen ?

Entre fascination et révulsion, l’identité et la puissance russes se sont construites par rapport à l’Europe occidentale. Le “dilemme russe” continue de marquer les relations russo-européennes jusqu’à aujourd’hui, et les frontières de l’Europe n’étant pas strictement délimitées à l’Est, il faut prendre en compte les représentations afin de déterminer l’appartenance géographique et culturelle de la Russie à l’Europe. Ainsi, si l’Europe est essentielle à la construction de l’identité russe, la place de la Russie influence également le processus de construction européenne au cours du XXème siècle. Continuer de lire La Russie est-elle un Etat européen ?