Cap-Vert : un archipel assoiffé ?

La multiplication des catastrophes naturelles, cyclones, inondations, sécheresses ou encore séismes, est sans aucun doute l’une des manifestations les plus visibles et les plus dramatiques du changement climatique. Sixième point des Objectifs de développement durable regroupés dans l’Agenda 2030 adopté par les Nations Unies en 2015, l’eau tient une place centrale dans ces tragédies. La question de son accès, de sa répartition comme de sa bonne gestion recèle de nombreux enjeux humains et financiers, bien souvent non dénués d’arrières-pensées géopolitiques. Situées en périphérie des grands conflits liés à l’eau que l’on retrouve notamment au Moyen-Orient ou au Cachemire, les îles du Cap-Vert sont elles aussi directement affectées par la raréfaction de leurs ressources en eau. Présenté par le gouvernement cap-verdien comme une «plateforme» entre le Portugal, l’Afrique et le Brésil, cet archipel dispersé en dix îles volcaniques au milieu de l’Atlantique doit veiller en permanence à ses approvisionnements en eau. Continuer de lire Cap-Vert : un archipel assoiffé ?

La gestion de la crise syrienne ou les limites de la prise en charge humanitaire des mouvements de population

2011-2020 : après presque 10 ans de guerre civile en Syrie, où en est on dans la gestion de cette crise humanitaire et la prise en charge des millions de Syriens déplacés au sein du pays ou réfugiés à l’étranger ? Aujourd’hui, ce sont près de douze millions de personnes, soit plus de la moitié de la population syrienne qui a été forcée de quitter son habitation dans un pays en proie à une des guerres les plus meurtrières de son histoire. Que ce soit sur place ou à l’étranger, les acteurs humanitaires n’ont cessé depuis lors de se mobiliser pour permettre à ces personnes de retrouver des conditions de vie dignes. Les mesures de gestion humanitaire dîtes « classiques » prises dans le cadre d’un tel conflit qui s’enracine sont-elles encore suffisantes ?

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La coupure internet généralisée en Iran : reflet de la banalisation d’une pratique de censure

    L’utilisation de la coupure internet comme outil de censure dans un contexte de contestations politiques est une pratique qui se répand de plus en plus. D’après un rapport de l’ONG Access Now, le nombre de coupures internet est en augmentation, celui-ci étant passé de 75 en 2016 à 196 dans 25 pays différents en 2018. Cependant, il est important de souligner que cette hausse des coupures internet recensées est en partie due à une meilleure détection de ces dernières. La coupure internet est un outil de censure qui se généralise bien qu’il ne soit pas nouveau et va de pair avec le développement d’un réseau internet souverain, c’est-à-dire capable de fonctionner indépendamment des serveurs internet étrangers.

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Fiche de lecture : Kenneth WALTZ, Why Iran Should Get the Bomb

Vétéran de guerre, Kenneth Waltz est un politologue américain spécialisée dans les relations internationales. Professeur dans les plus prestigieuses universités américaines telles que Berkeley et Columbia, il est considéré par ses pairs comme l’un des chercheurs les plus influents de sa discipline, tant par ses détracteurs que par ses soutiens. Fondateur du néoréalisme structurel, son objectif est de refonder le réalisme classique issue de Hans Morgenthau sur une base scientifique inspirée des modèles économiques : son attention se porte donc sur la contrainte qu’exerce la structure anarchique du système international sur le comportement des Etats. D’après Waltz, les Etats obéissent tous de la même façon à cette structure, par le self help (chaque État aspire à assurer par lui-même sa sécurité), en tant que like units (les Etats ont tous la même foncion et agissent selon le même principe) uniquement différenciés par la distribution des capacités matérielles. Autrement dit, les dominants dominent parce qu’ils le peuvent, et les dominés le sont parce qu’ils ne peuvent pas dominer.

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L’échec d’une médiation internationale dans la résolution des Printemps arabes. Le cas de la Syrie (I/III)

Le 15 mars 2018, la Syrie est entrée dans sa huitième année de guerre civile, celle-ci ayant débuté le 15 mars 2011, prenant corps dans les mouvements de révolte qui se généralisent dans le monde arabe sous le nom de « Printemps arabes » . En sept ans, le conflit avait déjà fait plus de 353 000 victimes. Dès 2012, les conférences de la paix à Genève organisées sous l’égide des Nations Unies ont eu pour objectif de trouver une solution politique au conflit syrien. Continuer de lire « L’échec d’une médiation internationale dans la résolution des Printemps arabes. Le cas de la Syrie (I/III) »