« Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts » I. Newton

 Les murs du XXIème siècle illustrent cette triste remarque du scientifique, destinés à conjurer la peur de l’autre, ils prennent la forme de murs anti-immigrés. Entre les Etats-Unis et le Mexique, les enclaves espagnoles de Ceutat et Melilla et le Maroc, Israël et Palestine, les murs s’érigent comme autant de barrières d’incompréhension et d’isolement entre deux peuples. Entre l’Inde et le Bangladesh, le mur, dont la construction a débuté en 1993, s’étend aujourd’hui sur 3200km le long de la frontière. Le plus long mur du monde sépare une puissance émergente forte de son milliard d’habitant au PIB en forte hausse depuis 2008 et un pays où l’extrême pauvreté se conjugue à d’importantes catastrophes naturelles et aux actions violentes d’un terrorisme sous-jacent.

La légitimation de ce mur porte sur la lutte indienne contre l’infiltration de terroristes, l’immigration clandestine et la contrebande. Mais cette lutte s’accompagne d’actes de torture, de mort ainsi que de nombreuses arrestations menés par les hommes de l’India’s Border Security Forces, déployés en nombre important le long du mur.
Ces actes violents ne sont dénoncés et poursuivis ni par le gouvernement indien, ni par le gouvernement bangladais, dépendant de New Delhi et corrompu. Les Bengalis demeurent pourtant nombreux à tenter de passer ce mur, poussés par une misère profonde, particulièrement présente dans cette région du Bangladesh. Ces migrations économiques persistent en même temps que la contrebande. Passent par-dessus le mur, entre deux passages de soldats, des médicaments, des épices etc. infimes soutiens à l’allure de ponts éphémères. L’arrivée au pouvoir de Narendra Modi, hindouiste connu pour ses actions et son engagement antimusulmans, consolide le bien-fondé de ce mur protecteur auprès de la population indienne. La popularité croissante du mur ne laisse pas présager la mise en place d’un contrôle des actes commis par les troupes indiennes, ni d’une aide à une population en grand besoin.
Pour comprendre la situation géopolitique entre Bangladesh et Inde et les particularités de cette frontière :
Pour comprendre la situation et les réalités du mur :
En reportage photographique sur le mur en 2013, le photographe belge Gaël Turine (il expose son travail «Le mur et la peur», exposition de photos à la Galerie Fait et Cause, 58 rue Quincampoix, 75004 Paris, jusqu’au 28 février) revient sur son témoignage et fait le point sur la situation aujourd’hui :

Mathilde Blayo

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s