Les Européens peinent à tenir le cap fixé par l’OTAN

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’OTAN, à l’issue du Sommet de Newport, en septembre 2014. (source: BBC Images)
Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de l’OTAN, à l’issue du Sommet de Newport, en septembre 2014. (source: BBC Images)

L’année 2015 a été qualifiée “d’année noire” par le nouveau Secrétaire Général de l’OTAN, le norvégien Jens Stoltenberg. Cette annonce fait suite à la publication mardi 24 février d’une étude réalisée par le centre de réflexion londonien European Leadership Network (ELN). Il y compile 14 différents budgets européens en matière de défense pour vérifier si ceux-ci sont à la hauteur des engagements pris au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Parmi les 14 Etats membres européens étudiés, aucun ne sera en mesure de moderniser son bras armé avec l’effort actuel.

Lors du dernier sommet de l’OTAN au Pays de Galles, les 28 États membres de l’Organisation s’étaient engagés à revoir leurs budgets de défense d’ici à 2024 afin que celui-ci représente au moins 2% de leur produit intérieur brut. Cette volonté affichée d’en venir à bout avec une baisse constante des budgets depuis 2008 répond aux enjeux actuels : à l’est, une Russie agressive, et une situation toujours plus inquiétante en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Les anciens pays satellites de l’Union Soviétique sont ainsi les plus enclins à augmenter leurs dépenses budgétaires en matière de défense, comme la Pologne ou les pays baltes. C’est notamment le cas de l’Estonie qui est en 2015 le seul État membre européen de l’OTAN a respecter l’engagement avec une part de la défense dans son PIB de 2,05%. De même, la Roumanie affiche une part du budget allouée à la défense en hausse en 2015.

Selon Alexander Matelaar, professeur à l’Université de Bruxelles, il est nécessaire de réévaluer les participations de chaque État membre. En effet, seuls cinq pays sur vingt-huit respectaient l’engagement en 2015. C’est donc d’autant plus important en Europe, où la crise continue d’entamer les budgets nationaux. Il souligne deux problèmes majeurs auxquels font face les États signataires du traité sur le vieux continent. D’abord, les budgets de défense souffrent d’une crise conjoncturelle et systémique. Les trois géants de la défense en Europe, à savoir la Grande-Bretagne, l’Allemagne et enfin la France, voient tous leurs budgets baisser ou stagner en 2015. Le budget britannique est d’ailleurs à son plus bas depuis vingt-cinq ans. Ensuite, le professeur Matelaar analyse la composition des budgets de défense nationaux. Il montre que le budget belge amputé des dépenses de fonctionnement ne représente finalement plus que 1% du PIB belge, ce qui ne laisse que peu de place à l’investissement. De même, en France, le budget de la défense nationale comptabilise les retraites. Sans ces dernières, ce budget ne représente plus que 1,5% du PIB français.

La réflexion entamée par le European Leadership Network vient ainsi mettre à mal les paroles de l’ancien secrétaire général Anders Fogh Rassnussen, qui se félicitait des objectifs établis à 2% des budgets nationaux d’ici à 2024. Cette étude rappelle l’engagement pris par les différents États signataires, notamment européens, en vue des différentes menaces et enjeux identifiés et perçus de manière commune par l’OTAN.

 Alexandre Verpoort

Pour en savoir plus :

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