Covid-19 et relations internationales

 Il n’est pas exagéré de dire que la crise sanitaire que le monde traverse depuis début 2020 est la plus importante de ces trois dernières générations. Si elle a d’ores et déjà des répercussions flagrantes sur le quotidien des populations, il est également très probable qu’elle en ait sur les moyens et longs termes. Dans une période durant laquelle on pourrait s’attendre à plus de coopération entre les pays, finalement, ce sont souvent les rivalités qui continuent de prendre le dessus. Le début de l’année 2020 est donc particulièrement riche en données permettant l’analyse et la prospection en matière de relations internationales. Par ailleurs, cette pandémie se prête particulièrement bien à l’étude des effets politiques d’un facteur géographique, un virus dans le cas présent, autrement dit à l’analyse géopolitique.

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Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ?

A l’occasion du 50e anniversaire de l’Union africaine (héritière de l’Organisation de l’unité africaine) en mai 2013, les dirigeants africains ont signé une déclaration qui réaffirmait le projet panafricain. C’est au titre de cette vision politique qu’a été adopté l’Agenda 2063, vaste programme de développement de l’Afrique sur une période de 50 ans. Parmi les « aspirations » de ce document, on retrouve la volonté d’une « Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable » et d’un « continent intégré » notamment par le biais d’infrastructures mondiales. L’UA en fait le pari : la coopération à toutes les échelles permettra de résoudre des défis communs à l’ensemble des pays du continent, tels que la modernisation des infrastructures, la garantie pour tous d’un accès aux ressources et à des énergies principalement renouvelables (ou produites selon cette logique), une croissance pérenne et équitable. Continuer de lire « Intégration énergétique de l’Afrique de l’Est : la solution éthiopienne ? »

Quelle place pour la France en Arctique ? Tour d’horizon des intérêts stratégiques français dans cette région polaire

L’actualité récente en Arctique ne se résume pas à la proposition déconcertante de Donald Trump d’un éventuel achat du Groenland au Danemark en août dernier, ni aux suspicions de détournement des fonds alloués à l’ancienne ambassadrice des pôles, Ségolène Royal. Si ces informations font la une des gros titres, il en est d’autres, non moins intéressantes, qui pourraient susciter notre attention. Ainsi, du 9 au 13 décembre dernier, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères accueillait l’Arctic Week 2019, une conférence internationale dédiée aux enjeux contemporains en Arctique organisée par le CEARC (1). Ce fut l’occasion d’étudier tant les questions environnementales et climatiques que sociales, politiques ou internationales, en impliquant, au-delà des scientifiques, chercheurs et responsables politiques, des étudiants et surtout les peuples autochtones, souvent délaissés des questionnements récents à propos de l’Arctique. 

Cet évènement est symptomatique du regain d’intérêt que connaît la région ces dernières années. L’Arctique polarise à lui seul de nombreux questionnements sur l’avenir du monde et des relations internationales : réchauffement climatique, commerce international, multilatéralisme, préservation de la biodiversité, recherche scientifique, etc.

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Extractivisme et militantisme écologique en Amérique Latine

Selon l’ONG Global Witness, 207 militants écologistes ont été assassinés dans le monde en 2017, battant le record de 2016 de 200 morts. Avec 60% des meurtres, l’Amérique Latine est la région la plus dangereuse pour ces militants, qui souvent ne se définissent pas comme écologistes mais comme défenseurs de leur terre, forêt ou rivière, face à des projets d’exploitation minière ou pétrolière. Continuer de lire « Extractivisme et militantisme écologique en Amérique Latine »