Le rapport « Russie 2017 » de l’Observatoire franco-russe

Créé en 2012 à l’initiative du Conseil économique de la Chambre du commerce et de l’industrie France-Russie, l’Observatoire franco-russe publie chaque année un rapport sur l’état de la Russie qu’il présente au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Ce rapport, qui établit au travers des analyses de plusieurs dizaines de spécialistes un panorama des évolutions économiques, politiques et sociales de la Russie, a également été présenté … Continuer de lire Le rapport « Russie 2017 » de l’Observatoire franco-russe

La culture russe contre l’ivresse du monde

« L’ivresse du monde est mortelle, et nous sommes pris vous et moi, chers amis, dans son tourbillon ». Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine (Евгений Онегин), 1833.

Dame Eiffel partage désormais le ciel avec les dômes dorés de la cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité. Le Centre spirituel et culturel orthodoxe russe surplombe les quais de Seine depuis son inauguration, à l’automne dernier. L’édifice, appelé de ses vœux par le Président russe Vladimir Poutine, comprend, en plus de son église, un centre culturel, une maison paroissiale et son auditorium, une école bilingue franco-russe, et les bureaux du service culturel de l’ambassade de Russie. En ce sens, il s’inscrit pleinement dans le processus de revalorisation de l’héritage russe entériné par le Kremlin à l’aube du 21ème siècle, et impliquant à la fois politique, culture et religion. Depuis la disparition de l’Union Soviétique en effet, les élites dirigeantes russes s’efforcent non seulement de forger une identité culturelle propre à leur pays, mais aussi d’en user comme levier d’influence et d’attraction à l’étranger.  Cette constitution d’un soft-power russe va de pair avec une opposition à l’Ouest toujours plus affirmée sous la présidence de Vladimir Poutine (1). C’est ainsi qu’au beau milieu du tumulte de la crise ukrainienne ont été divulguées les grandes lignes d’une nouvelle politique culturelle russe fondée sur les valeurs différenciant la Russie et l’Occident (2). Vladimir Medinski (3) d’ajouter, lors d’une interview au journal Kommersant : « La Russie sera peut-être l’un des derniers gardiens de la culture européenne, des valeurs chrétiennes et de la véritable civilisation européenne » (4).  Retour sur la construction d’une croisade, celle de la culture russe contre l’ivresse du monde.                                              Continuer de lire « La culture russe contre l’ivresse du monde »

Il était une fois, une lueur à l’Est…

 

Au cours de la nuit du 6 et 7 novembre 1917, le croiseur Aurore, symbole de la Révolution, tire un coup de canon sur la Neva. Presque sans résistance de la part du gouvernement, le Palais d’hiver est occupé par les bolcheviques et le régime libéral de Kerenski doit capituler. Membre du parti socialiste révolutionnaire, Kerenski occupa d’abord des postes ministériels avant de devenir le chef du gouvernement de juillet à octobre. Après trois années de guerre qui n’ont cessé d’enfoncer le pays dans un marasme des plus profonds, l’insurrection d’Octobre n’a pas seulement remis en question le modèle impérial des siècles précédents ni le modèle plus libéral issu de la révolution de Février, elle a suscité de l’espoir. Un espoir immense, au même titre que la Révolution française. C’est « cette grande lueur venue de l’Est » comme le décrivait Romain Rolland. Un événement qui, au-delà des frontières, sous couvert d’un messianisme universel, devait libérer l’ensemble des travailleurs. A l’approche de son centenaire, que reste-il en Russie de cet événement qui a su faire la grandeur du pays mais qui a également conduit à sa décadence ? Continuer de lire « Il était une fois, une lueur à l’Est… »

Cent ans plus tard, portraits de femmes au cœur de la révolution russe

Alexandra Mikhaïlovna Kollontaï

Alexandra Kollontaï (Александра Михайловна Коллонтай) est la première femme à avoir obtenu le titre de ministre et de diplomate dans l’histoire. Elle naît en 1872 à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique, fille du général Michel Domoutovitch. Adhérente aux idées socialistes dès sa jeunesse, son père la marie de force avec le colonel Kollontaï pour l’écarter des idées révolutionnaires. Loin de la faire rentrer dans le moule prescrit aux jeunes femmes de son milieu, ce mariage forcé ne fait que renforcer ses envies d’indépendance. Elle quitte donc son mari et la Russie pour l’université de Zurich, les femmes n’étant pas autorisées à faire des études supérieures en Russie à cette époque. D’origine carélienne (1), elle a une attirance naturelle pour la culture et la langue finlandaise, et ne se prive pas d’émettre des critiques à l’encontre de la politique tsariste en Finlande. Ces déclarations lui vaudront l’exil alors qu’elle rentre en Russie, surveillée de près par l’Okhrana, le service de la police politique impériale. Continuer de lire « Cent ans plus tard, portraits de femmes au cœur de la révolution russe »

La Russie est-elle un Etat européen ?

Entre fascination et révulsion, l’identité et la puissance russes se sont construites par rapport à l’Europe occidentale. Le “dilemme russe” continue de marquer les relations russo-européennes jusqu’à aujourd’hui, et les frontières de l’Europe n’étant pas strictement délimitées à l’Est, il faut prendre en compte les représentations afin de déterminer l’appartenance géographique et culturelle de la Russie à l’Europe. Ainsi, si l’Europe est essentielle à la construction de l’identité russe, la place de la Russie influence également le processus de construction européenne au cours du XXème siècle. Continuer de lire La Russie est-elle un Etat européen ?