Ukraine – Russie : guerre des mots, guerre des mémoires.

Depuis l’intensification de la crise politique ukrainienne au mois de janvier et davantage encore depuis l’intervention russe en Crimée en mars, l’Ukraine fait l’objet de multiples commentaires. Beaucoup de chose ont été dites et les propos souvent biaisés par les prismes nationaux. Un pays complexe à l’histoire méconnue et des rivalités géostratégiques qui rappellent l’histoire récente, l’essentiel est réuni pour produire des analyses partielles et partiales. Tout en prenant en compte leurs lacunes, les références historiques qui essaiment les discours des commentateurs et des acteurs de la crise nous renseignent sur leurs cadres de pensée. Les expressions et les champs lexicaux employés par les journalistes, les décideurs ou les locaux révèlent le poids des représentations mentales. On note la récurrence des références à l’Histoire ukrainienne, russe et régionale, que ce soit des allusions à la Russie tsariste, à la première république ukrainienne, à la Seconde Guerre mondiale ou encore à la Guerre froide. En fonction des locuteurs, la lecture d’une période historique varie sensiblement, notamment sur la question de la Seconde Guerre mondiale. L’absence de mémoire historique nationale commune est un facteur important et peu commenté de la division du pays. La question linguistique est fréquemment mise en avant pour illustrer la division de l’Ukraine, schématiquement entre l’ouest ukrainophone et l’est russophone. Certes la langue est un élément d’identification national fort, mais la division est-ouest sur le critère linguistique cache le fait qu’une majorité de la population ukrainienne est bilingue. De plus, cette distinction porte à confusion : elle amène à confondre russophone et citoyen russe ou de penser le citoyen ukrainien comme nécessairement ukrainophone. La réalité ukrainienne est complexe et plurielle. De même le rapport de la population ukrainienne à son histoire révèle des approches très différentes, les statues de Lénine en sont l’incarnation. Déboulonnées par les manifestants de la place Maïdan comme symbole de l’autoritarisme et de la domination russe, elles sont défendues par les populations de l’est comme les reliques d’un passé glorieux.

A droite : un prêtre frappe à coups de marteau sur une statue de Lénine déboulonnée, à l'issue d'un rassemblement massif à Kiev, le 8 décembre. (SERGEY DOLZHENKO/EPA/MAXPPP). A gauche : un rassemblement pro-russe à Kharkiv autour de la statue de Lénine (@fpleitgenCNN)  https://twitter.com/fpleitgenCNN/status/437571019822608384/photo/1
A gauche : un prêtre frappe à coups de marteau sur une statue de Lénine déboulonnée, à l’issue d’un rassemblement massif à Kiev, le 8 décembre. (SERGEY DOLZHENKO/EPA/MAXPPP). A droite : un rassemblement pro-russe à Kharkiv autour de la statue de Lénine (@fpleitgenCNN) https://twitter.com/fpleitgenCNN/status/437571019822608384/photo/1

Stepan Bandera : le point Godwin ukrainien.

La Seconde Guerre mondiale tient une place incontournable dans la mémoire nationale ukrainienne, mais fait l’objet d’interprétations divergentes. Un personnage controversé incarne la double lecture de cette page traumatisante de l’histoire ukrainienne : Stepan Bandera (1909-1959), héros national pour les uns et collaborateur honni pour les autres.

A security volunteer stands in front of a Stepan Bandera banner on Kiev's Independence Square, known as Maidan, on Sunday, March 23, 2014. CLAUDIA HIMMELREICH — MCT http://www.mcclatchydc.com/2014/03/28/222800/hero-or-villain-wwii-partisan.html
A security volunteer stands in front of a Stepan Bandera banner on Kiev’s Independence Square, known as Maidan, on Sunday, March 23, 2014. CLAUDIA HIMMELREICH — MCT http://www.mcclatchydc.com/2014/03/28/222800/hero-or-villain-wwii-partisan.html

Figure centrale du nationalisme ukrainien, Bandera a combattu successivement les Polonais, les Soviétiques et les Allemands. Un moment collaborateur allié à l’Allemagne nazie, il participe à des massacres contre les minorités polonaises et juives. Le Reich finit par réprimer les nationalistes ukrainiens, Bandera survit à la déportation au camp de Sachsenhausen. Fondateur de l’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et dirigeant de l’organisation des nationalistes ukrainiens (OUM), il est vénéré par les militants nationalistes ukrainiens. Sur la place Maïdan et dans les bâtiments publics occupés de l’ouest son portrait est affiché et le drapeau rouge et noir de l’UPA planté parmi les drapeaux ukrainiens et européens.

Le drapeau rouge et noir de l’UPA porté par les manifestants sur la place Maïdan, le 14 décembre 2013. Guillaume Herbaut. http://www.guillaume-herbaut.com/en/maidan-revolution-ukraine/
Le drapeau rouge et noir de l’UPA porté par les manifestants sur la place Maïdan, le 14 décembre 2013. Guillaume Herbaut.
http://www.guillaume-herbaut.com/en/maidan-revolution-ukraine/

L’Ukraine une fois indépendante a cherché à établir dans son récit historique officiel une continuité avec la première république populaire ukrainienne (1917-1920). Mais cet héritage est refusé par une partie importante de la population qui menace aujourd’hui de faire sécession. La question de la réhabilitation des personnalités nationalistes ukrainiennes s’est posée aux lendemains de l’indépendance. Les propositions de faire de Bandera un héros national ont provoqué des réactions épidermiques. Le débat autour de sa mémoire incarne l’impossible consensus historique en Ukraine. La nécessité de construire une mémoire commune s’est heurtée à l’opposition des récits historiques, la tentation est grande d’en livrer plusieurs versions. Sous la présidence de Léonid Koutchma (1994-2005), les commémorations prennent un sens différent selon les régions. Le livre de la mémoire de l’Ukraine propose deux versions qui s’adressent à deux publics distincts, une qui dénonce les collaborateurs de l’OUN et une qui honore leur mémoire. Tandis que dans l’ouest des monuments à la gloire du chef de l’UPA sont érigés, des monuments semblables sont déboulonnés à Kharkiv. A Simféropol, en Crimée un mémorial à la mémoire des victimes des collaborateurs du nazisme fut édifié en 2007 en réaction aux monuments bandéristes comme celui de Lviv, bastion nationaliste de l’ouest où Bandera culmine du haut de ses 7 mètres [1].

https://news.pn/en/politics/72956
https://news.pn/en/politics/72956

Avec la crise politique actuelle ces mémoires historiques régionalisées sautent aux yeux. Les partisans de Bandera se font appelés les banderovtsy, ce même terme est aussi le qualificatif péjoratif employé par nombre d’habitants de l’est à l’encontre du nouveau pouvoir central. Pour les sympathisants de la Russie, « banderovtsy » est synonyme de « fasciste ». Ce motif d’accusation est incontournable dans le discours de l’époque soviétique, tout acte de subversion était alors qualifié de fasciste. On retrouve ce type d’argumentaire dans le discours russe actuel, mais le succès de la rhétorique antifasciste auprès des populations de l’est de l’Ukraine s’explique par la nature d’une partie non négligeable des forces politiques du nouveau pouvoir de Kiev. Les groupuscules ultranationalistes ont joué un rôle fondamental dans les événements de Maïdan et ils sont les héritiers du nationalisme ukrainien d’extrême droite porteur d’un discours raciste et hostile à la démocratie libérale. Les références et les discours de groupe comme le Praviy Sektor (Secteur Droite) ne sont pas éloignés du fascisme, dans certains bâtiments publics occupés par ces groupes à Kiev des croix gammées sont dessinées sur les murs. Lors du référendum en Crimée, les panneaux électoraux en faveur du « Oui » à l’indépendance et au rattachement à la Russie montrent l’usage de la référence à la Seconde Guerre mondiale à des fins de propagande prorusse.

« Le 16 mars nous choisirons ». http://www.onenewspage.us/video/20140311/1671793/Albright-decodes-Crimea-Nazi-billboard.htm
« Le 16 mars nous choisirons ».
http://www.onenewspage.us/video/20140311/1671793/Albright-decodes-Crimea-Nazi-billboard.htm

La Grande Guerre patriotique : la réactivation d’un mythe fondateur de l’Union soviétique.

La Grande Guerre patriotique est le nom donné à la Seconde Guerre mondiale en Union soviétique et constitue un élément fédérateur au cœur de la mémoire soviétique. La victoire sur le nazisme vient même concurrencer voire remplacer les célébrations de la révolution de 1917 dès les années 1960. Mythe unificateur central de l’historiographie et de la propagande soviétique, la Grande Guerre patriotique symbolise l’union victorieuse des peuples soviétiques contre l’ennemi fasciste. L’action décisive pour la chute du Reich au prix d’un tribut humain et matériel incomparable, a été érigée en pilier incontestable de la légitimité du régime soviétique et en source de fierté indéniable pour les citoyens soviétiques. Les célébrations du Jour de la victoire se déroulent le 9 mai (la différence à un jour près souligne également la volonté de différenciation des rôles entre les Alliés dans la victoire) et sont l’occasion de grandes cérémonies et défilés en Russie. Le soixantième anniversaire en 2005 a été l’occasion d’une « réactivation » de la mémoire de la Grande Guerre Patriotique, mobilisée pour affirmer le sentiment national russe selon la ligne politique préconisée par Vladimir Poutine.

Vladimir Poutine lors des commémorations du 65e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. © RIA Novosti. Alexey Druzhinin http://en.ria.ru/photolents/20100514/159014597_9.html
Vladimir Poutine lors du 65e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. © RIA Novosti. Alexey Druzhinin http://en.ria.ru/photolents/20100514/159014597_9.html

Sous les mandats de Vladimir Poutine la question nationale a pris une place importante dans le débat politique russe. Le pouvoir tente d’investir les notions de patriotisme et propose un récit historique officiel qui célèbre la continuité de la « Grande Russie ». Le spectacle d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014 en est une démonstration. La Russie actuelle exalte aussi bien le passé de la Russie éternelle tsariste que la gloire de la lutte soviétique contre le nazisme. Tout récit national se construit avec sa part de contradiction, la France en est un cas d’école, on célèbre pêle-mêle le souvenir des rois médiévaux, de la Révolution et de Napoléon. En Russie comme ailleurs cela conduit à des syncrétismes. Le ruban noir et orange de l’Ordre de Saint-Georges en est un exemple. Cet ordre militaire créé par Catherine II de Russie a été aboli en 1917 puis ses couleurs ont été réutilisées par le pouvoir soviétique pour l’Ordre de la Guerre patriotique de 1942. Comme le coquelicot que portent les Britanniques les 11 novembre en mémoire des victimes de la Première Guerre mondiale, le ruban de Saint-Georges est distribué aux Russes chaque 9 mai. Les bandes horizontales noires et oranges deviennent un signe de ralliement à la Russie poutinienne fière de son passée et qui réaffirme son statut de puissance. Ces deux couleurs sur un morceau de tissu ont traversé l’histoire russe et on les retrouve aujourd’hui sur les vestes des sympathisants prorusses dans l’est de l’Ukraine.

Manifestants pro-Russes à Donetsk
Manifestants pro-Russes à Donetsk

Célébrer la « Russie éternelle » : servir les intérêts stratégiques russes en se référant à une prétendue légitimité historique.

On trouve dans le discours russe justifiant l’intervention en Ukraine des éléments historiques plus ou moins pertinents. L’objectif de cet argumentaire est d’affirmer une version nationaliste de l’histoire prouvant que telle terre est une « terre russe ». En réalité la Crimée est une terre de passage. Grecs, Scythes, Tatars, Allemands, Arméniens, Turcs, Russes et Ukrainiens sont ou ont été des habitants de la presque-île. L’attachement particulier de la Russie à la Crimée se trouve en partie dans les hauts-lieux de l’histoire russe qu’elle abrite. La mutinerie du cuirassé Potemkine en 1905 ou encore le martyr de la « ville-héros » de Sébastopol entre 1942 et 1944 sont des événements marquant de l’histoire russe et soviétique. Surtout, la Russie a installé une base navale dès la fin du XVIIIe siècle qui reste aujourd’hui un site hautement stratégique et symbolique. La recherche d’accès aux mers chaudes est une constante dans la politique extérieure russe. La base de Sébastopol est l’une des rares bases navales russes en mer chaude, celle-ci revêt de plus d’une importance relativement accrue avec la guerre civile syrienne qui menace sur le long terme la présence navale russe à Tartous. L’annexion de la Crimée se justifie donc selon les autorités russes par la protection de ses intérêts stratégiques ainsi que par une légitimité historique revendiquée.

Les Russes avancent que le rattachement de la Crimée à la République Socialiste Soviétique (RSS) d’Ukraine en 1954 par octroi de Khrouchtchev peut difficilement être compris comme la reconnaissance de l’ukrainité de la presque-île. En effet la question nationale n’était pas abordée de la même manière du temps de la Russie soviétique, elle ne signifiait pas la reconnaissance d’une souveraineté ukrainienne mais une modification administrative dans un ensemble qui avait vocation à rester uni par delà les différences nationales. Toujours est-il que suite à l’éclatement de l’Union soviétique, l’Ukraine indépendante a adopté les frontières de la RSS d’Ukraine. La Russie a alors reconnu ces frontières, malgré la présence d’importantes minorités russes hors de la Fédération de Russie. La chute de l’URSS a constitué un traumatisme majeur pour beaucoup de Russes et vécu comme un abandon forcé. Les nationalistes russes voient dans l’actuel retour en force de la Russie sur la scène régionale, un juste « retour à la normale ». Début mars 2014, certains journaux moscovites appelaient le pouvoir à stopper les prétendus pogroms antirusses en Ukraine pour éviter que l’histoire ne se répète. Les plus va-t-en-guerre ont même appelé à la tenue d’opérations similaires dans les anciennes RSS où de fortes minorités russes subsistent. Au Kazakhstan les Russes représentent 24% de la population, en Estonie et en Lettonie ils sont près de 30% de la population [2]. En 2007 en Estonie les tensions communautaires ont dégénéré suite au déplacement du « Soldat de bronze » monument commémoratif de l’Armée rouge à Tallinn. La Russie a répliqué par des attaques informatiques de grande ampleur contre les intérêts estoniens. La question des politiques mémorielles et leur expression physique dans les monuments aux morts est un sujet sensible dans ces anciennes RSS et la Russie profite de ces questions pour justifier ses interventions au nom de la protection des droits des russophones. Cette thématique du secours aux frères russes est aujourd’hui intensément utilisée dans l’est de l’Ukraine surnommée la « Petite Russie » pour souligner son statut de berceau de la civilisation russe. L’argumentaire des autorités russes puise dans le registre de l’époque soviétique en évoquant une « assistance fraternelle ». Cette expression était utilisée par les gouvernements soviétiques pour justifier l’intervention auprès d’un régime communiste allié et menacé, comme ce fut le cas en Afghanistan en 1979. De la solidarité socialiste on est revenu à une forme plus réduite de la solidarité slave [3], c’est le moment de la solidarité russe.

 L’Occident et la Russie : le poids de l’histoire dans les discours.

Poutine a parlé « d’intérêt légitime » [4] de la Russie en Ukraine, cette expression rappelle celle d’Hitler à propos des Sudètes. Des apprentis historiens ont rapidement dressé des parallèles hasardeux aux conséquences néfastes. Genève en 2014 n’est pas Munich en 1938, mais cela n’a pas empêché le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble de comparer Poutine à Hitler et la situation en Crimée à celles des Sudètes [5]. Pour de nombreux Russes cette comparaison n’est pas seulement insultante mais va à l’encontre du bon sens puisque la Russie en tant qu’héritière de l’Union soviétique jouit de l’aura de la victoire sur le nazisme. Lorsqu’un ministre européen, qui plus est allemand, se permet ce genre de comparaison, le sentiment dominant en Russie est la colère face à ce qui est perçu comme de l’ingratitude de la part d’une Europe aujourd’hui libre grâce au sacrifice des Soviétiques.

Demonstrators gather outside the Russian Embassy in Vilnius, Lithuania, to protest against Russian intervention in Ukraine. Picture: MINDAUGAS KULBIS/AP http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/ukraine/10670603/Ukraine-in-pictures-Threat-of-war-between-Ukraine-and-Russia.html?frame=2840376
Demonstrators gather outside the Russian Embassy in Vilnius, Lithuania, to protest against Russian intervention in Ukraine. Picture: MINDAUGAS KULBIS/AP http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/ukraine/10670603/Ukraine-in-pictures-Threat-of-war-between-Ukraine-and-Russia.html?frame=2840376

Si les discours des responsables russes et ukrainiens actuels sont marqués par les références à l’histoire, c’est aussi le cas du camp « occidental ». Le fait même de parler de l’« Occident » comme d’un tout révèle déjà la permanence d’une logique dépassée. Le mur est tombé, l’Europe en 2014 n’est plus celle de 1947 ou 1961 et la division est-ouest bien que commode car simplifiée à outrance n’est plus une réalité tangible. Pourtant les unes de journaux européens ou américains ne manquent pas de dénoncer le « nouvel impérialisme russe », de pointer la menace d’une « nouvelle Guerre froide » ou du « retour du rideau de fer ». Ces titres nous renseignent sur les grilles de lecture employées par de nombreux acteurs et commentateurs occidentaux dont beaucoup ont vécu la Guerre froide, ce qui explique la difficulté de changer de grille d’analyse. Les représentations mentales sont caractérisées par leur inertie comparée aux évolutions politiques et culturelles réelles. Les cerveaux mettent du temps à acter un changement, d’autant plus lorsque celui-ci est radical et remet en question des schémas de pensée qui sont restés en vigueur pendant des décennies. Si peu pertinentes qu’elles soient, ces analyses ont l’intérêt de révéler l’importance de ces schémas anciens et donc leur influence sur les décisions prises. Toutefois certains ne font simplement pas l’effort de réflexion qu’exige une nouvelle donne géopolitique et pèchent par facilité ou par opportunité en usant des réflexes de langages dépassés. Par facilité car parler de l’Ouest contre l’Est permet de se passer d’analyses plus longues et complexes soulignant les divergences internes à ces deux camps supposés. Par exemple il faudrait discuter des liens économiques forts entre la City de Londres et les milieux d’affaires russes qui expliquent en partie les réactions prudentes de la Grande-Bretagne suite à l’annexion de la Crimée. Par opportunité enfin, car l’utilisation de récits préconçus usant de symboles facilement compréhensibles permet de convaincre plus facilement les opinions publiques. La couverture proposée par certains médias français des événements a parfois viré à la caricature, opposant d’un côté l’insurrection romantique populaire et démocratique du peuple de Maïdan à une population manipulée par le retour de l’ours russe, couteau entre les dents. Ces interprétations desservent la stabilité régionale car elles éludent les questions complexes qui sont au fondement du problème actuel. Ce sont les questions relatives à la répartition des richesses, au développement mais aussi celles de la reconnaissance des droits des minorités, la question du vivre-ensemble, d’un sentiment national fondé sur une mémoire historique commune.

Nicolas SAUVAIN.   [1] Andriy Portnov, « Mémoire et Mémoriaux de la Grande guerre pour la Patrie en Belarus, Moldova et Ukraine : quelques observations pour établir des comparaisons« , In Le Passé au présent: gisements mémoriels et politiques publiques en Europe centrale et orientale, Paris, Michel Houdiard Editeur, 2010, p.187-202.. [2] http://abonnes.lemonde.fr/international/visuel/2014/04/01/apres-la-crimee-d-autres-territoires-convoites-par-poutine_4393152_3210.html [3] Le panslavisme est un mouvement actif au XIXe siècle et au début du XXe siècle promouvant les liens politiques et culturels entre les peuples slaves d’Europe centrale, Polonais, Tchécoslovaques, Serbes et la Russie perçue comme la « grande-sœur ». [4] http://www.rtl.fr/actualites/info/international/article/ukraine-washington-veut-offrir-une-issue-a-poutine-7770175884 [5] http://allemagne.blog.lemonde.fr/2014/03/31/schauble-compare-poutine-a-hitler/

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3 réflexions sur “Ukraine – Russie : guerre des mots, guerre des mémoires.

  1. Les russes ont gagné fascisme et le fait de comparer c’est  »débile » . La jalousie des américains et européens que la Russie devient puissante… Les USA à la place de Russie aurait déjà bombarde Crimée

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