La gestion de la crise syrienne ou les limites de la prise en charge humanitaire des mouvements de population

2011-2020 : après presque 10 ans de guerre civile en Syrie, où en est on dans la gestion de cette crise humanitaire et la prise en charge des millions de Syriens déplacés au sein du pays ou réfugiés à l’étranger ? Aujourd’hui, ce sont près de douze millions de personnes, soit plus de la moitié de la population syrienne qui a été forcée de quitter son habitation dans un pays en proie à une des guerres les plus meurtrières de son histoire. Que ce soit sur place ou à l’étranger, les acteurs humanitaires n’ont cessé depuis lors de se mobiliser pour permettre à ces personnes de retrouver des conditions de vie dignes. Les mesures de gestion humanitaire dîtes « classiques » prises dans le cadre d’un tel conflit qui s’enracine sont-elles encore suffisantes ?

Continuer de lire « La gestion de la crise syrienne ou les limites de la prise en charge humanitaire des mouvements de population »

La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989)

L’auteur et spécialiste de l’Afghanistan Michael Barry décrit d’une façon intéressante la capacité de résistance et de résilience de ce pays parfois dénommé Yâghestân, c’est-à-dire le “pays de l’insolence”. Il serait comparable à une motte de terre sèche dont une puissance voudrait se saisir (puissance qui fut successivement l’empire perse, moghol, britannique et enfin soviétique). Alors que cette motte de terre semble relativement bien constituée, il suffit que ladite puissance ne l’enserre un peu trop fermement dans sa main pour qu’elle s’effrite entièrement et lui glisse entre les doigts. Continuer de lire « La résistance afghane et l’étranger durant l’invasion soviétique (1979-1989) »

Hypocrisie européenne : la détresse des demandeurs d’asile sur les îles grecques

Lorsqu’elles s’engagent dans le périple qui les conduira, dans le meilleur des cas à obtenir l’asile politique en Europe via la Turquie, l’enfer traversé par les personnes fuyant la guerre en Syrie ne fait que commencer. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), les conditions de vie des demandeurs d’asile[1] se sont considérablement détériorées ces quatre dernières années sur les îles grecques du fait de la surpopulation dans les infrastructures d’accueil. Quelques 30 000 demandeurs d’asile vivent actuellement dans cinq centres d’accueil, situés sur les îles de la mer Égée, dont la capacité est seulement de 5 400 personnes.  En d’autres termes, la population accueillie est plus de cinq fois supérieure au nombre de places disponibles. Comment a-t-on pu laisser s’envenimer la situation à ce point alors que les pays de l’Union européenne sont au fait de cette urgence depuis 2015 ? L’objet de cet article est de donner un éclairage sur les dysfonctionnements de la coopération européenne qui ont conduit à des situations humanitaires déplorables notamment sur l’île grecque de Lesbos.

Continuer de lire « Hypocrisie européenne : la détresse des demandeurs d’asile sur les îles grecques »

La loi des ghettos au Danemark : reflet du durcissement de la politique anti-migratoire nationale

Le Danemark, petit pays de l’Europe du Nord, est connu pour être l’un des pays les plus “heureux” au monde, pour être le pays du « hygge »[1], avec un système d’État providence unique, ou encore pour être un pays progressiste où les questions environnementales et écologiques ont une importance clé. Cependant, malgré ce bonheur apparent, le pays est remué par des tensions internes qui divisent une société déjà très fragmentée. La question migratoire par exemple, fait débat. Si le Danemark est aujourd’hui considéré comme un modèle dans plusieurs domaines, il l’est aussi dans celui des politiques anti-immigration restrictives, notamment pour les partis d’extrême droite à travers l’Europe. Il s’agit en effet d’un des pays ayant la politique migratoire la plus stricte d’Europe.  Continuer de lire « La loi des ghettos au Danemark : reflet du durcissement de la politique anti-migratoire nationale »

La politique du Vatican en Amérique latine et l’action du Pape François

Le mois dernier, le Pape François se rendait à Panama pour célébrer aux côtés de nombreux jeunes les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) (1). Un événement qui permet de s’intéresser à l’influence du Vatican sur le continent latino-américain et notamment au rôle qu’y joue le Pape. L’Amérique latine est considérée comme le continent le plus catholique au monde, mais depuis plusieurs années l’influence de l’Église catholique traverse une crise durable dans cette région, notamment auprès des populations. Depuis l’arrivée des colons en 1492, l’Église a toujours eu une place très importante sur le continent, notamment au travers de nombreuses missions d’évangélisation. En revanche, depuis plusieurs décennies le monopole de la religion catholique est remis en question par l’émergence de nouveaux courants religieux, en particulier les évangélistes qui rassemblent de plus en plus de fidèles. Face aussi à un processus de sécularisation de la société et à des faits sociaux de plus en plus répandus, sur lesquels l’Église est parfois jugée trop conservatrice, on remarque un réel recul de la foi catholique dans la région. En 2013, l’élection du premier Pape latino-américain, le Pape François, a initié un nouvel élan pour la politique du Vatican en Amérique latine et a offert de nouvelles perspectives pour le rôle de l’Église dans la région. Continuer de lire « La politique du Vatican en Amérique latine et l’action du Pape François »