Pour mieux comprendre le système cubain

Cuba, c’est un peu l’empire des idées reçues. Pour certains, le régime est une dictature et donc nécessairement condamnable en tout point. Pour d’autres, le castrisme aura avant tout mis en œuvre l’un des systèmes de santé et d’éducation les plus performants d’Amérique latine. A la mort du leader maximo le 25 novembre dernier, il était d’ailleurs assez navrant d’entendre certains répéter sans cesse le même laïus sur les performances sociales du régime, omettant ainsi de parler de tous les autres pans de la politique cubaine. Pour eux, les Castro et Che Guevara sont des héros. On en oublierait presque que ces derniers ont été impliqués dans de véritables massacres et que le régime a longtemps bafoué un grand nombre de libertés les plus fondamentales et créé des camps de travaux forcés où ont été envoyés des opposants, des prêtres et des homosexuels. D’autres vous diront encore que ces révolutionnaires sont des symboles pour l’Amérique latine et pour des générations entières de révolutionnaires à travers le monde. Facile à dire pour ceux qui n’ont jamais eu à subir la dictature castriste [1]. En même temps, force est de constater qu’ils n’ont pas entièrement tort, et que la révolution aura permis aux Cubains de récupérer une indépendance nationale après le régime de Batista, sbire des Américains qui possédaient alors 25% des terres cubaines. D’ailleurs, l’impact de la politique des États-Unis envers l’île est-il si important ? L’embargo qui demeure a beau être qualifié de blocus par le régime, il n’a jamais totalement isolé Cuba.

Où se situe donc la réalité au milieu de ces positions extrêmes ? Sûrement nulle part, et un peu partout à la fois. Certes dictatorial, le modèle cubain devra peut-être être conservé encore quelques années pour éviter un chaos, aucune opposition politique n’étant encore apte à concurrencer le régime, et pour conserver des avancées sociales enviées dans d’autres pays en développement. Autre idée reçue devant être rejetée : l’impact de l’embargo américain. Car si ce dernier est une réalité, ses conséquences sont souvent exagérées et son maintien ne saurait empêcher l’ouverture en cours. Enfin, si les avancées actuelles sont réelles, notamment en matière économique, elles demeurent fragiles et incertaines.

Cuba, enfer totalitaire ?

Si Cuba se caractérise encore par un manque de libéralisme politique, l’un des attraits de la nouvelle politique d’ouverture est l’espoir de voir le régime se rapprocher d’un idéal démocratique plus respectueux des libertés fondamentales. Pourtant, un changement radical comporte certains risques et n’est pas, au moins à court terme, aussi souhaitable qu’on le pense.

Le système politique cubain repose sur une élection de l’Assemblée nationale au suffrage universel direct. Cependant, il ne peut y avoir qu’un candidat par siège, candidat choisi par des organisations de masse contrôlées par le régime. De plus, le rôle de cette assemblée élue est faible : après avoir désigné le Conseil d’Etat – dont le président est Raùl Castro – l’assemblée se transforme en simple chambre d’enregistrement des lois, le Conseil étant le seul détenteur réel du pouvoir législatif. Certes, Raul Castro a annoncé qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession en 2018 et limite la charge présidentielle à deux mandats successifs. Mais changement de président ne signifie pas changement de régime. Au contraire, la succession reste promise aux membres du Parti communiste cubain, tels que le vice-président Miguel Diaz-Canel. De plus, aucune opposition ne semble aujourd’hui apte à prendre la relève.

Fidel Castro, Raul Castro et Ernesto "Che" Guevara à l'époque de la révolution cubaine
Fidel Castro, Raul Castro et Ernesto « Che » Guevara à l’époque de la révolution cubaine

De plus, abandonner le régime actuel c’est aussi prendre le risque de perdre les droits sociaux qui font la spécificité du modèle cubain, et permettent à l’île de présenter l’un des indices de développement humain les plus élevés d’Amérique latine (0,77) plaçant le pays au 67ème rang mondial. Ainsi, Cuba se caractérise par un fort taux d’alphabétisation (près de 99% contre 45% avant la révolution) grâce à l’enseignement gratuit et obligatoire de jusqu’à 16 ans.  Le secteur de la santé est caractérisé par la gratuité des soins médicaux et par le plus faible taux de mortalité infantile d’Amérique latine (5,6‰ contre 6 ‰ aux Etats-Unis). Cuba est connu pour la qualité de la formation de ses médecins, très demandés notamment en Amérique latine. D’ailleurs, alors que Cuba ne représente que 3% de la population du sous-continent, le pays dispose de 12% des scientifiques de la zone. En 2007, 80% de la population était logée gratuitement. Des carnets de rationnement permettent la distribution égalitaire des denrées alimentaires. Or, la réduction de leur utilisation, qui risque de disparaître en cas de libéralisation totale, n’est pas sans poser de problèmes aux familles pauvres qui en dépendent. Un libéralisme total risque donc de faire disparaître des principes sociaux permettant un relatif développement, qui pourrait néanmoins être renforcé par des investissements pour renouveler des infrastructures obsolètes ou pour mettre fin aux pénuries régulières touchant diverses denrées.

En ce qui concerne les droits fondamentaux, outre le rétablissement de la peine de mort en 1959, Cuba se caractérise par de fortes atteintes aux libertés d’expression, de réunion et d’association. Bien qu’ « opposant politique » ne soit jamais le chef d’accusation officiel, les opposants sont condamnés pour troubles à l’ordre public, atteinte à l’intégrité nationale, ou pour un comportement qualifié d’« état dangereux ». En effet, le code pénal, volontairement évasif dans les termes utilisés, autorise l’application de « mesures rééducatives » telles que l’internement dans un établissement spécialisé dans le cas où un individu se trouve dans un « état dangereux », c’est-à-dire ayant « une conduite en contradiction manifeste avec les normes de la morale sociale ». Les peines encourues pour l’opposition vont de dix à vingt ans de prison. Ainsi, en 2003, le projet Varela, pétition signée par 25 000 cubains pour demander l’organisation d’élections libres et le respect des libertés civiques, a entraîné des condamnations à plus de quinze ans de prison pour ses instigateurs.

Mais il est important de nuancer la sévérité du régime. A titre d’exemple, si les lois cubaines permettent le recours à la peine de mort, cette dernière n’est plus appliquée depuis 2003. Les atteintes à la liberté d’expression s’accompagnent aussi d’une promotion de la culture (à condition que cela ne remette pas en cause le régime) : création d’un vaste réseau de bibliothèques, développement de l’édition… Les Comités de la révolution qui, disséminés à travers chaque quartier, avaient pour fonction d’informer le régime et de dénoncer les contre-révolutionnaires, existent toujours mais ressemblent aujourd’hui à de simples conseils de quartiers, loin des organes de délation qu’ils ont pu être.

Enfin, le caractère communiste de la dictature se manifeste dans le fonctionnement de son économie, marquée par les principes de planification ou de fixation étatique des prix. Les réformes agraires ont permis l’expropriation des grands propriétaires terriens, l’Etat devenant propriétaire de 80% des terres. Dès 1965, l’Etat s’arroge le monopole de la distribution alimentaire, les agriculteurs ne pouvant alors plus vendre directement auprès des particuliers. La fixation étatique des prix a aussi posé problème, ceux-ci étant parfois proches des niveaux occidentaux pour un salaire moyen de onze euros par mois. Cependant, il semblerait que cette approche des questions économiques soit progressivement remplacée par un système plus libéral, notamment aux vues des avancées impulsées par le gouvernement de Raul Castro depuis 2008.

Cuba, seule contre tous ?

La seconde raison expliquant l’engouement pour les récentes évolutions vient de l’idée que l’embargo américain est responsable de l’absence d’envol économique de l’île. Or, son impact est à relativiser. Car si le régime cubain se borne à parler d’un « blocus », force est de constater que l’embargo n’empêchait pas de commercer avec un grand nombre de partenaires potentiels.

Depuis 1960, Cuba subit en effet un embargo américain ayant eu des effets néfastes sur le développement du pays. Dès juillet 1960, les Etats-Unis décident d’interdire les exportations américaines vers Cuba à l’exception des produits alimentaires et médicaux avant de rompre les relations diplomatiques le 3 janvier 1961. Ces sanctions ont été appliquées en réponse à la nationalisation de propriétés américaines sur l’île avant que le conflit ne s’insère dans la Guerre froide. Le 3 février 1962, le président Kennedy décrète un embargo total, avant l’interdiction en mars 1962 de toute entrée sur le territoire américain de produits cubains. L’embargo comportait aussi une interdiction de séjour à Cuba pour les Américains. Il sera par la suite régulièrement renforcé notamment en 1992 par la loi Toricelli qui l’étend aux entreprises américaines installées hors du territoire et en mars 1996 par la loi « Helms-Burton » rendant possible les poursuites judiciaires contre des entreprises étrangères dans certains cas.

        L’ampleur de l’embargo a pu participer à freiner l’expansion de l’économie cubaine, d’autant plus qu’il fût un temps généralisé aux alliés des Etats-Unis (à l’exception de la France, de l’Espagne et du Canada) et accompagné d’une exclusion de Cuba de l’Organisation des Etats Américains en 1962. Les sanctions imposées portaient également sur une exclusion du Fonds Monétaire International et de la Banque centrale, ce qui rend toujours difficile le remboursement de la dette cubaine (13 milliards d’euros dus aux pays occidentaux, 26 milliards aux pays de l’ex-URSS). Preuve de l’influence de l’embargo, l’annonce d’une normalisation progressive de ces relations a entraîné le renouveau de l’attractivité de l’île. En témoigne l’affluence à la Foire Internationale de la Havane les 6 et 7 novembre 2015 avec 570 entreprises étrangères attirées par le futur grand marché cubain. Néanmoins, bien que l’influence des sanctions américaines soit indéniable, elle doit être relativisée.

En effet, l’amélioration de la situation économique de l’île ne dépend pas exclusivement de la position américaine. Il faut rappeler que l’embargo n’a jamais été un blocus, terme préféré par le régime castriste pour justifier la mauvaise situation économique du pays. Tout d’abord, les relations avec les Etats-Unis n’ont pas été totalement rompues. En témoigne la signature en 1965 d’un accord entre les deux pays pour encadrer le départ de migrants cubains ou encore la sortie de l’embargo des produits alimentaires en 2000, faisant des Etats-Unis le premier exportateur vers Cuba en la matière. Ultime preuve du réchauffement des relations entre les deux pays, l’abstention des Etats-Unis lors du vote de la résolution de l’Assemblée générale des Nations-Unies du 26 octobre 2016 concernant la levée de l’embargo. Jusqu’alors, les américains avaient toujours voté contre [2].

De plus, Cuba n’a jamais été entièrement isolée du reste du monde. Durant la Guerre froide, l’URSS importait massivement vers Cuba, membre du COMECON à partir de 1972, fournissait l’île en pétrole et subventionnait fortement le régime, à tel point que son effondrement a entraîné la chute des revenus cubains de près de 40%. Les années 1970 sont marquées par le soutien financier du régime aux nations arabes lors de la guerre du Kippour, ainsi que par des interventions armées pour soutenir le mouvement de libération angolais et le gouvernement éthiopien.

François Hollande et Raul Castro à La Havane en mai 2015 Source : http://www.europe1.fr/international/visite-a-cuba-hollande-recu-par-fidel-castro-940532
François Hollande et Raul Castro à La Havane en mai 2015
Source : http://www.europe1.fr

Progressivement, l’isolation de Cuba s’est également réduite du fait du rapprochement avec les pays latino-américains rendu possible  par les arrivées au pouvoir de gouvernements socialistes dès la fin des années 1990. En 2005, l’île devient membre de l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), avant de conclure des accords avec le Venezuela qui assure son approvisionnement en pétrole à prix réduits contre l’envoi de 23 601 médecins cubains dans ce pays.  En 2014, le Brésil devient un partenaire majeur en investissant dans la construction du port de Mariel. Enfin, preuve supplémentaire de la faiblesse de l’impact de l’embargo, les relations commerciales avec l’Europe ont faiblement été touchées. Parmi les investissements directs à l’étranger (IDE) à Cuba, 25% proviennent d’Espagne, 20% du Canada, 19% d’Italie et 6% de France, qui est donc le quatrième pourvoyeur d’IDE vers Cuba. Les entreprises françaises sont d’ailleurs présentes en nombre sur l’île : Pernod-Ricard, Alcatel, Total, Alstom… ont en effet su prendre les précautions juridiques nécessaires pour investir à Cuba sans tomber dans les filets des règles complexes de l’embargo. Récemment, Bouygues et le groupe Aéroport de Paris ont remporté un appel d’offre pour l’agrandissement et la gestion de l’aéroport José Marti de La Havane, preuve supplémentaire que l’embargo, toujours présent, rend tout de même le marché cubain accessible, y compris aux proches alliés des Etats-Unis.

Cuba, nouvel eldorado ?

Les récentes évolutions concernant la question cubaine mènent à penser que tout va mieux dans l’île. Or, après avoir rappelé que tout n’était pas si chaotique avant, il est également nécessaire de préciser que l’ampleur des avancées actuelles doit être nuancée, les incertitudes et les défis étant encore nombreux.

Sur le plan politique, rien n’indique un transition prochaine vers la démocratie, le système actuel ayant encore de beaux jours devant lui, même si cela se fera sans Raul Castro. En matière de développement, les attentes sont également nombreuses. Les infrastructures de l’île restent obsolètes. L’accès à internet y est jusqu’à présent permis par un système de câble sous-marin reliant Cuba au Venezuela et lui donnant accès à la fibre optique. Le prix de la connexion reste cher pour les Cubains et un accès à domicile demeure un cas particulier. La majorité des Cubains doit se rendre dans des cybercafés ou dans les rares zones Wifi disséminées sur le territoire. Néanmoins, l’embargo dans le secteur de la télécommunication a été levé en 2013 et, en décembre 2016, Google a signé un accord avec Cuba pour permettre l’installation de serveurs du géant américain sur l’île pour un accès plus rapide à internet.

C’est avant tout sur le plan économique que les changements se font ressentir. Dès 2011, le gouvernement a mis en place une série de réformes surnommée « actualisation du régime » visant à encourager la croissance nationale mais aussi l’attractivité de l’île. Le statut de travailleurs à fonds propres a ainsi été légalisé pour un plus grand nombre de professions dans une économie encore largement étatisée. Si ce statut avait de nouveau été autorisé en 1978, il ne concernait alors que peu de métiers. Désormais, ce sont près de deux-cent professions qui pourront jouir de cette avancée. Le salariat privé a été autorisé, ces salariés pouvant eux-mêmes disposer du statut de travailleurs à fonds propres. En parallèle, les coopératives non-agricoles ont été légalisées. Or, ces coopératives industrielles et commerciales restent encore peu nombreuses en raison de la complexité et de la lenteur du processus d’autorisation administrative.

Les nouvelles lois cubaines facilitent désormais l’arrivée d’IDE, permettent aux entreprises étrangères d’entrer dans le capital d’entreprises publiques, autorisent le rapatriement de leurs bénéfices et leur permettent d’embaucher des salariés cubains. L’attractivité du territoire s’en trouve donc renforcée, d’autant plus qu’elle s’accompagne de l’ouverture de nouveaux marchés (voitures, ordinateurs et télécommunications notamment). Néanmoins, il est difficile de parier que cette ouverture économique va se poursuivre. En effet, le Congrès du parti communiste cubain de 2016 aura été l’occasion pour les dirigeants du pays de préciser qu’il n’y aura aucune « thérapie de choc » ni remise en question profonde du régime. L’ouverture économique cubaine serait-elle déjà à son maximum ? Sur ce point, rien n’est sûr.

Raul Castro au Congrès du Parti communiste cubain le 16 avril 2016 Source : la1ere.francetvinfo.fr
Raul Castro au Congrès du Parti communiste cubain le 16 avril 2016
Source : la1ere.francetvinfo.fr

La révision de la position américaine permet cependant de renforcer l’attractivité de l’île qui propose désormais plus de débouchés pour les entreprises étrangères, notamment du fait de l’amélioration de la situation économique de ses habitants. En effet, Barack Obama a autorisé le quadruplement du montant des fonds pouvant être envoyés par des américains vers Cuba chaque année. Or, ces remesas constituent l’une des principales sources de financements à Cuba et représentent, deux à trois milliards de dollars par an.

Si les avancées sont réelles, des incertitudes demeurent et sont en partie indépendantes de la volonté du gouvernement cubain. Bien que les relations diplomatiques avec les Etats-Unis aient été rétablies, l’embargo est toujours en vigueur, seul le Congrès américain ayant le pouvoir de l’abroger. Or, sa majorité républicaine reste fortement opposée à son retrait. De plus, Donald Trump avait annoncé au cours de sa campagne vouloir revenir sur les concessions faites par Barack Obama. Reste à savoir si le Président élu restera fidèle à ses promesses de campagne ou s’il agira en homme d’affaire conscient des opportunités économiques sur place. Enfin, la stabilité cubaine reste tributaire de la situation vénézuélienne. La crise traversée actuellement par le Venezuela [1] a déjà poussé Nicolas Maduro à réduire la quantité de pétrole exportée vers Cuba ce qui aurait provoqué une réduction de moitié de la croissance cubaine au premier semestre 2016. Le modèle cubain n’est donc pas complètement remis en cause et reste dépendant des décisions de puissances étrangères. Une autre révolution cubaine aura-t-elle lieu ?  Affaire à suivre.

 

Camille Savelli

 

[1] Voir le blog de l’écrivaine cubaine Wendy Guerra : http://www.elmundo.es/blogs/elmundo/habaname/

[2] Voir notre article sur le bilan de la présidence de Barack Obama : https://classe-internationale.com/2016/11/11/la-presidence-obama-etre-le-king-of-cool-etait-il-suffisant/

[3] Voir notre article Pénuries alimentaires, crise sanitaire et rupture politique :  le naufrage vénézuélien

/https://classe-internationale.com/2016/10/05/penuries-alimentaires-crise-sanitaire-et-rupture-politique-le-naufrage-venezuelien/

 

Bibliographie

Ouvrages

Olivier Languepin “Cuba, la faillite d’une utopie”

Ludo Mendès “Cuba no”

Articles

http://www.lesechos.fr/16/04/2016/lesechos.fr/021846907618_cuba—pas-de–therapie-de-choc–pour-modernier-l-economie–selon-raul-castro.htm

http://www.lesechos.fr/03/02/2016/lesechos.fr/021670707297_cuba-poursuit-sa-lente-mutation-economique.htm#MtD0hDS8oZQhO5Yg.99

http://www.humanite.fr/cuba-reformes-economiques-le-renard-dans-le-poulailler-573652

http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/10/cuba-ce-que-la-levee-de-lembargo-americain-va-changer-ou-non/

http://www.rfi.fr/emission/20141218-impact-allegement-embargo-americain-economie-cubaine

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/12/18/six-chiffres-qui-racontent-cuba_4542739_4355770.html

http://www.lesechos.fr/04/08/2016/lesechos.fr/0211184141000_cuba–en-voie-de-normalisation–confie-a-la-france-une-infrastructure-strategique.htm  

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