Chavisme et péronisme : deux mouvements frères ?

Il y a plus de deux ans Hugo Chávez Frías décède. Président de la République bolivarienne du Venezuela au pouvoir de 1999 à 2013, il est le symbole du « virage à gauche » survenu en Amérique latine au début des années 20001. Chávez est une figure controversée à la fois adulée et haïe, il a sans conteste marqué l’histoire de son pays et celle du continent.

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A bien des égards le défunt président vénézuelien rappelle un autre grand leader latino-américain, l’argentin Juan Domingo Perón. Le chavisme comme le péronisme2 sont qualifiés de populismes, ce vocable flou et péjoratif est réfuté par leurs partisans qui préfèrent les classer comme des « mouvements nationaux et populaires ». Le débat autour du qualificatif adapté incarne à lui seul les profonds clivages que génèrent ces deux phénomènes politiques. Plutôt que de choisir entre les deux, il serait pertinent de les combiner. Le péronisme comme le chavisme sont des populismes au sens où ils reposent sur le leadership d’un chef charismatique prétendant défendre les intérêts du “peuple” face à une minorité, en l’occurrence les “élites”. Aussi, le chavisme et le péronisme sont des mouvements populaires qui dépassent la seule figure du leader pour transformer en profondeur leurs sociétés qu’ils prétendent incarner.

Avant de comparer le chavisme au péronisme, il faut garder en tête le fait qu’il s’agit de deux mouvements politiques et de deux pays différents avec des histoires, des économies et des sociétés propres. On parle également de deux époques distinctes, avec des nouveaux équilibres des pouvoirs, des nouveaux facteurs technologiques et des mutations culturelles. Néanmoins certaines variables restent inchangées comme par exemple le processus électoral comme principale source de légitimité politique, l’influence des médias sur la vie politique ou encore la tension entre les pays latino-américains et les États-Unis.

Comme le dit l’adage : « comparaison n’est pas raison ». Il ne suffit pas de comparer des éléments, d’en souligner les points communs pour conclure qu’ils sont les mêmes. Ainsi, comparer le chavisme au péronisme ne permet pas d’affirmer que le chavisme est le péronisme ou encore qu’ils sont des mouvements semblables en toute part.

Cependant comparer les caractéristiques de ces deux mouvements met en évidence les héritages culturels, les liens idéologiques et les pratiques politiques communes à certains pays latino-américains. Connaître le péronisme aide à comprendre le chavisme. 

Points communs :  politiques économiques et sociales, récits fondateurs et pratique du pouvoir.

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A gauche Hugo Chávez, à droite Eva Perón, l’autre figure du péronisme.

     –Les temps bénis des « bonanzas »3. Lors de leurs arrivées au pouvoir, Chávez et Perón bénéficiaient d’une conjoncture économique favorable. L’Argentine comme le Venezuela ont des économies mono-exportatrices, la viande en Argentine, le pétrole au Venezuela.  A la fin de la décennie 1940 en Argentine et au début des années 2000 au Venezuela, les cours des prix de ces deux produits phares étaient en augmentation du fait d’un accroissement de la demande mondiale. La demande européenne en viande argentine augmentait fortement pour combler les besoins d’un continent ravagé par la guerre. La demande mondiale en pétrole explosait avec la (ré)-émergence de grandes puissances aux économies très énergivores comme la Chine. Les excédents des balances commerciales du Venezuela et de l’Argentine permettaient aux gouvernements d’investir dans des politiques sociales ambitieuses et coûteuses. Schématiquement le pétrole finançait les « missions bolivariennes », et la viande argentine les nombreux programmes sociaux du péronisme.

     –Les fragilités économiques : mono-exportation et « mono-dépendance ». A long terme, ce modèle économique ne pouvait atteindre les objectifs fixés par ces gouvernements. Quand l’Europe fut reconstruite grâce au plan Marshall et sa puissance agricole restaurée, les importations de viande argentine ont diminué. Les mauvais résultats économiques ont menacé la stabilité du gouvernement de Perón qui est renversé par un coup d’Etat militaire en 1955. Au Venezuela, la chute du cours du pétrole et la contraction de l’économie internationale suite à la crise de 2008 a provoqué une déstabilisation de l’économie. Les problèmes de financement des missions ont eu pour conséquence une augmentation du mécontentement populaire à l’égard du gouvernement. Ainsi le chavisme et le péronisme, dont la popularité dépendait des programmes sociaux et de la proposition d’une alternative crédible, se basaient sur des modèles économiques instables car sensibles aux variations de l’économie internationale.

    –Le concept de justice sociale. Les discours chavistes et péronistes partagent un thème central : celui de la justice sociale. Chávez et Perón se présentent comme ceux qui vont rompre avec des décennies de domination de l’oligarchie, mettre en œuvre une politique de redistribution des richesses et favoriser la mobilité sociale. Au vu du haut niveau des inégalités sociales enregistré dans ces pays, on comprend mieux la sensibilité de la population à ces thématiques. Afin de respecter leurs promesses, les gouvernements chavistes et péronistes ont appliqué des politiques assez similaires : protectionnisme et planification économique, nationalisations des secteurs stratégiques comme les chemins de fer en Argentine ou le pétrole au Venezuela. Toutefois ces politiques ont rencontré de nombreux obstacles comme la mauvaise gestion et les conséquences des revirements de conjoncture économique. Surtout la corruption persistante et l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie péroniste ou chaviste a montré les limites de ces politiques et un dévoiement des idéaux de base.

    –Progrès social. Malgré les défis et certains renoncements dans leurs politiques économiques, les premiers mandats de Perón et de Chávez sont synonymes de progrès social inédit. Les politiques des gouvernements péronistes ont permis une avancée sans précédent de la législation sur les droits du travail (comparable à celles du Front populaire en France) ainsi qu’une démocratisation de l’accès à la santé, à l’éducation et au logement. Un des succès de la « révolution bolivarienne » souvent mis en avant est le système national des missions (SMN). La mission Robinson a permis une augmentation significative du taux d’alphabétisation. Les missions Barrio Adentro et Mercal ont permis l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène avec l’ouverture de consultations médicales gratuites et des subventions à l’acquisition d’un logement. Ces mesures permirent à des millions de personnes de sortir de la pauvreté.

D’autres politiques sont également synonymes de progrès social, comme celle en faveur de l’égalité homme-femme, avec le droit de vote des femmes en Argentine ou encore la lutte contre les discriminations faites aux femmes au Venezuela. Les deux mouvements se légitimèrent en partie en défendant l’inclusion politique des femmes. Sur le thème des droits des « peuples originaires », le gouvernement du général Perón bien que peu porté sur la question comme une bonne partie de la société argentine, a décidé d’une série de mesures destinées à protéger ces populations (réglementation du travail indigène, modification d’un article de la Constitution discriminant les populations indigènes…). Les gouvernements de Chávez sont allés encore plus loin notamment en reconnaissant dans la nouvelle Constitution de 1999 le caractère multiéthnique, pluriculturel et plurilingue de la république vénézuélienne ainsi que des droits spécifiques des communautés originaires sur leurs territoires ancestraux.

     –Deux « jours de la loyauté », deux mythes fondateurs. Un des points communs les plus frappants entre ces deux mouvements est la similarité des « récits fondateurs » semblables à des véritables contes. Ils mettent en scène un héros en lutte contre un groupe puissant et malintentionné. Après une lutte acharnée, le héros gagne grâce à l’appui de ses nombreux et humbles amis. Pour adapter ce récit aux cas argentins et vénézuéliens, il suffit de remplacer le mot « héros » par Perón ou Chávez, l’expression « groupe puissant » par « oligarchie », les « personnes malintentionnés » par « impérialistes » ou « États-Unis » et « amis » par « peuple », « masses » ou « syndicats ».

Le 17 octobre 1945, Perón, un militaire a la popularité croissante à la tête du Ministère de la Guerre et du Secrétariat du Travail, est arrêté et emprisonné par les Forces armées. Le colonel Perón voulait donner des droits à ceux sans défense et rendre la dignité aux humiliés. Face à lui, un pouvoir oligarchique oppressif cherche à maintenir coûte que coûte ses privilèges qui sont aussi ceux des grandes puissances étrangères. Le « petit peuple » de la banlieue sud de Buenos Aires répondit aux appels au secours des syndicats et marcha comme un seul homme jusqu’au centre de la capitale occupant la Place de Mai pour exiger et obtenir la libération de son leader. Ainsi, selon la mythologie péroniste naquit le mouvement péroniste lors de ce jour d’été quand les masses fusionnèrent avec leur chef.

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Le 11 avril 2002, Chávez, président de la république vénézuélienne est séquestré par les militaires lors d’une tentative de coup d’État. Premier président d’origine indigène, élu avec un programme politique et social ambitieux promettant de redistribuer les richesses, ses premières mesures s’attaquèrent aux privilèges de l’oligarchie et furent prises en dépit de la farouche opposition de cette dernière. Réunie dans la Fedecámaras, la principale organisation patronale et appuyée par les médias de communication qu’elle possède, l’élite économique avec l’appui d’une partie de l’Armée tenta de renverser Chávez. Le peuple de Caracas réagit et la foule investit les grands axes de la capitale pour obtenir la libération d’« El Commandante ». Ce récit chaviste du 11 avril n’insiste bien évidemment pas sur les affrontements de rue entre forces loyalistes et golpistas.

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Il y a donc de nombreuses similitudes entre ces deux « jours de la loyauté » pour reprendre l’expression associée au 17 octobre par les péronistes. On note néanmoins des différences comme le fait que Chávez était président en 2002 alors que Perón ne l’était pas en 1945. De plus le 11 avril fut un jeudi sanglant alors que le 17 octobre fut plutôt pacifique.

     -Le leader, la figure centrale. Ces récits nous indiquent quelques caractéristiques communes à ces deux mouvements : ce sont des mouvements politiques intimement liés à la figure d’un leader dont ils portent le nom. Le leader ne l’incarne pas seulement, il le contrôle. L’exercice du pouvoir est hautement personnalisé sans que cela ne signifie pour autant que ce soient des dictatures. Perón et Chávez sont des présidents démocratiquement élus qui se sont soumis plusieurs fois au verdict populaire. Malgré leurs accents autoritaires, ils tolèrent une opposition légale bien qu’ils la critiquent vertement et emploient de nombreux moyens de pressions légaux et illégaux à son encontre. Au sein du mouvement le chef ne souffre que de très rares contestations. Peu nombreux sont les militants qui osent mettre en doute son action tant le chef fait l’objet d’un respect et d’un amour inconditionnel.

Le culte poussé de la personnalité est un autre aspect partagé par le péronisme et le chavisme. Il s’explique par le charisme des deux dirigeants, leur talent oratoire et leur capacité à électriser les masses. Le leader sait comment être aimé et détesté. Ses choix politiques et ses manières de faire contribuent à cristalliser l’opposition entre ses partisans et ses opposants. Perón comme Chávez sont aimés et détestés. Leurs partisans les plus fidèles leur vouent un culte quasi divin quand leurs opposants les plus farouches ne peuvent supporter la simple vue de leur portrait. Toutefois le leader n’est pas une victime de tant de passion, il en profite, la manipule pour servir ses propres intérêts. Il mobilise l’amour de ses partisans pour défendre sa politique et parfois pour sauver sa propre existence. Il joue avec la haine dont il fait l’objet pour diaboliser et décrédibiliser ses opposants.

    –L’ennemi, l’agent mobilisateur. La dénonciation des menaces de la part d’un quelconque ennemi est un élément incontournable à tous les discours politiques. Une mobilisation a besoin de quelque chose ou de quelqu’un contre lequel lutter que ce soit une personne, un pays, un système ou un vice supposé. Dans les mouvements populistes, la dénonciation d’un ennemi, en l’occurrence une élite, est exacerbée. Bien évidemment les ingérences étrangères expliquent l’omniprésence de ce type de discours mais il est avant tout une ressource politique stratégique « bon marché » savamment manipulée par les dirigeants.

Ainsi, la rhétorique anti-impérialiste et anti-oligarchie sont des axes essentiels des discours chavistes et péronistes. Les États-Unis sont présentés comme l’ennemi à abattre. Perón a axé son élection en  1946 sur le slogan « Braden o Perón ». Il s’agissait de choisir entre l’ambassadeur des États-Unis en Argentine ou le militaire patriote. Chávez se voulait comme le chef de file d’une Amérique latine opposée aux intérêts de l’impérialisme nord-américain. L’inimitié entre Washington et Caracas est bien connue et les extravagances verbales du leader vénézuélien ont participé à sa popularité mondiale comme lorsqu’il qualifiait à la tribune des Nations Unies le président George W. Bush de « diable », d’« âne » ou encore d’« ivrogne ». Dénoncer l’oppression nord-américaine via ses agents, les grandes compagnies du secteur des matières premières, ou encore l’interventionnisme continu contre les gouvernements « populaires » et l’appui aux « réactionnaires » sont des lieux communs aux discours chavistes et péronistes.

Chávez et Perón sont des militaires, tout deux se représentent comme les héritiers d’une tradition militaire latino-américaine qui voit les Forces armées comme le recours de la Nation face à “l’Étranger”. Comme lors des guerres d’indépendance face à l’Espagne au début du XIXe siècle, c’est l’armée qui doit défendre les intérêts de la Nation. Il se veulent les « nouveaux libertadores » latino-américains en marche vers une « seconde indépendance », cette fois-ci économique.

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Perón et Chávez en uniforme militaire.

Le libertador peut s’appuyer sur une légitimité démocratique incontestable. Les deux dirigeants se sont présentés plusieurs fois face aux électeurs et n’ont jamais été défaits par le suffrage. Chávez s’est présenté quatre fois à la présidence (1998, 2000, 2006, 2012) et s’est soumis à un référendum révocatoire en 2004 qu’il a remporté haut la main. Perón se présente à la présidence en 1946, en 1952 et même après dix-huit ans d’absence, il l’emporte en 1973. Les deux dirigeants ont encouragé une forte politisation de leurs sociétés respectives, une politisation qui les a servi en leur permettant de jouir de la sanctification électorale pour légitimer leur pouvoir.

Chavisme et péronisme partagent de nombreux points communs tant dans leurs manières de se voir, de s’exprimer que de s’organiser et d’agit. Il est tout aussi intéressant d’analyser quelques différences pour saisir les particularités de chacun des mouvements et nuancer la comparaison.

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Manifestant du groupe politique kirchnériste MUP célébrant Chávez y Kirchner « Nous suivrons son exemple », Buenos Aires, le 25 mai 2015. Crédit photo : Nicolas Sauvain©.

Différences : perspective continentale, composition du leadership et du mouvement.

       -La dimension latino-américaine du chavisme. Un élément important de différenciation entre le chavisme et le péronisme est leur relation à la dimension latino-américaine de leur mouvement. Schématiquement, le chavisme lève les bannières de la « Patria Grande », la grande patrie latino-américaine, quand le péronisme célèbre l’argentinité avant tout. Le kirchnérisme, mouvement politique argentin qui se veut l’héritier du péronisme, a une dimension latino-américaine plus marquée que son référent idéologique. On peut expliquer cette priorité nationale du péronisme par l’histoire spécifique de la nation argentine. Ce pays a durant une très grande partie de son histoire regardé vers l’Europe et rejeté son caractère latino-américain. Au contraire, le Venezuela est la patrie de Simón Bolivar, le Libertador à l’origine du concept d’unité continentale. Le Venezuela n’a jamais douté de son appartenance à la communauté latino-américaine. On peut également comprendre l’absence de perspective latino-américaine du péronisme relativement au chavisme par des contextes régionaux différents. « El Commandante » a pu trouver de plus en plus de soutiens à mesure que les pays latino-américains élisaient des gouvernements de gauche. De son côté Perón était l’ami du président brésilien Getúlio Vargas et du chilien Ibañez del Campo mais leur projet d’union économique ABC (Argentine, Brésil, Chili) n’a jamais abouti. Cependant Chávez a réussi avec l’ALBA (l’Alliance bolivarienne pour les Amériques) à proposer une organisation d’intégration régionale pour promouvoir ses choix politiques. Cela s’explique aussi par le fait que dans les années 1950 les organisations régionales étaient moins nombreuses qu’aujourd’hui.

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« Les hommes comme eux ne meurent pas, ils sèment ». Discours de Nicolas Maduro successeur de Chávez. A l’arrière-plan, les portraits de Néstor Kirchner et Hugo Chávez aux côtés de leurs libertadores nationaux, l’argentin José de San Martín et le vénézuélien Simón Bolívar.

     –Il manque une Evita. Autre élément qui distingue le chavisme du péronisme est la composition du leadership, celui-ci est unique dans le chavisme quand il est dual dans le péronisme. Le péronisme se caractérise par deux visages, le second étant celui d’Evita, la charismatique première femme de Juan Perón. D’un point de vue péroniste on pourrait dire qu’il manque au chavisme une figure féminine d’exception. Au couple présidentiel paternaliste incarné par Juan et Eva, on ne trouve pas d’équivalent dans le Venezuela de Chávez. Son ex-femme, Marisabela Rodriguez n’a ni le charisme ni l’exposition médiatique d’une Evita.

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Bannières à l’effigie de Chávez et Evita, à Buenos Aires, le 25 mai 2015. Nicolas Sauvain©.

     –Un mouvement plus homogène que l’autre. Le chavisme est un mouvement plus homogène politiquement que le péronisme. Le péronisme est un mouvement transversal au sens où il a attiré des militants de cultures politiques diamétralement opposées. Ainsi, il n’y a pas de chaviste de gauche ou de chaviste de droite comme on peut trouver un péroniste de gauche ou un péroniste de droite. De la même manière on ne trouve pas autant de tensions à l’intérieur du mouvement chaviste que dans le mouvement péroniste. Il n’y a pas eu de massacre d’Ezeiza au Venezuela4. Les tensions internes au chavisme sont davantage conjoncturelles que structurelles. Elles ont été aggravées par la disparition du leader qui a exacerbé des rivalités de factions dans la lutte pour la succession du dirigeant bien plus que de réelles luttes idéologiques de fond. On peut comprendre cette différence par le fait que le chavisme avait une orientation politique plus claire que le péronisme. Chávez a toujours fait des références directes au socialisme en utilisant les thèmes et le champ lexical propre à la gauche quand Perón utilisait les thèmes de la gauche (droits des travailleurs, égalité, lutte contre l’oligarchie) sans jamais utiliser le terme de « socialisme ».

Enfin, le parcours des deux dirigeants diverge. Quand l’un des deux a été victime d’un coup d’Etat (Perón  en 1955) suivi par des années d’exil et un retour triomphal, l’autre est resté sans interruption au pouvoir. Cependant tous les deux sont morts au pouvoir un an à peine après leur ultime réélection. Ces décès en exercice laissent leurs partisans dans le désarroi et rend leur héritage fragile. Si le péronisme a sans conteste survécu à Perón, il est encore trop tôt pour savoir si le chavisme survivra à Chávez.

Nicolas SAUVAIN

1Les pays qui entament la « vuelta a la izquierda » sont le Venezuela en 1999 avec Hugo Chávez, le Brésil en 2003 avec Luiz Ignacio Lula da Silva, l’Argentine en 2003 avec Néstor Kirchner, l’Uruguay en 2005 avec Tabaré Vázquez et davantage encore avec José « Pépé » Mujica en 2010, la Bolivie en 2005 avec Evo Morales, l’Équateur en 2007 avec Rafael Correa et le Paraguay en 2008 avec Fernando Lugo.

2Le péronisme est l’un des mouvements politiques les plus importants d’Amérique latine. Il est apparu avec l’arrivée au pouvoir de Juan Domingo Perón en 1946. Le péronisme définit son programme autour de trois axes principaux : justice sociale, indépendance économique et souveraineté politique. Bien plus qu’un phénomène particulier d’un moment précis de l’histoire argentine, le péronisme est un mouvement qui domine la vie politique du pays depuis près de sept décennies.

3La bonanza fait référence à une période de prospérité, de développement économique et de progrès social, ce terme est utilisé en Argentine pour désigner les premières années du péronisme.

4A son retour en Argentine en juin 1973, une fusillade éclate entre les partisans de Perón à l’aéroport d’Ezeiza, le courant d’extrême-droite du péronisme tenta de mater celui d’extrême-gauche, il s’agissait alors de savoir lequel des deux prendrait le dessus dans le nouveau mandat de Perón.

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