Cartographier la politique étrangère américaine avec Henry Kissinger

« Les morts gouvernent les vivants » écrit Auguste Comte, et Henry Kissinger se charge à juste titre de nous le rappeler. A l’heure du crépuscule du système international uni-multipolaire (1) , un retour historique sur la politique étrangère américaine s’impose, non pas pour en tirer mécaniquement les évolutions futures, mais pour comprendre les racines intellectuelles des choix passés, pour mieux circonscrire les ré-interprétations futures de l’exceptionnalisme américain, déjà enclenchées par Donald Trump. Bien qu’imprévisible dans ses choix, d’un isolationnisme de campagne à un interventionnisme unilatéral (en Iran, au Venezuela), parfois même une synthèse des deux (guerre commerciale avec la Chine) le Président américain s’en tient à ce qu’il peut tirer du corpus culturel américain : n’est pensé, puis mis en œuvre, que ce qui est pensable. Continuer de lire « Cartographier la politique étrangère américaine avec Henry Kissinger »

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La rétrocession de Hong Kong : bras de fer entre Margaret Thatcher et Deng Xiaoping

Après un entretien houleux avec Deng Xiaoping, Margaret Thatcher trébuche devant les caméras en descendant les marches du Palais de l’Assemblée du Peuple à Pékin. Cet épisode de l’automne 1982 est diffusé en boucle sur les télévisions chinoises. La chute de la Dame de Fer devait symboliser la fin de l’Empire britannique et du « Siècle de la Honte ». Deux ans après cet incident, en 1984 Margaret Thatcher s’incline devant les exigences chinoises et accepte la rétrocession de Hong Kong à la Chine, prévue pour 1997. Continuer de lire « La rétrocession de Hong Kong : bras de fer entre Margaret Thatcher et Deng Xiaoping »

Trump : un regain de climato-scepticisme aux États-Unis ?

« Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre l’industrie américaine non-concurrentielle ». Voici un tweet de Donald Trump datant du 6 novembre 2012, jour de la réélection de l’ancien président des États-Unis Barack Obama, résumant sa pensée climato-sceptique : une combinaison de rejet par principe de toute réglementation qui pourrait ralentir la croissance des États-Unis et du dogme républicain qui refuse la science du climat comme un complot quasi-communiste contre les États-Unis. Continuer de lire « Trump : un regain de climato-scepticisme aux États-Unis ? »

La politique du Vatican en Amérique latine et l’action du Pape François

Le mois dernier, le Pape François se rendait à Panama pour célébrer aux côtés de nombreux jeunes les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) (1). Un événement qui permet de s’intéresser à l’influence du Vatican sur le continent latino-américain et notamment au rôle qu’y joue le Pape. L’Amérique latine est considérée comme le continent le plus catholique au monde, mais depuis plusieurs années l’influence de l’Église catholique traverse une crise durable dans cette région, notamment auprès des populations. Depuis l’arrivée des colons en 1492, l’Église a toujours eu une place très importante sur le continent, notamment au travers de nombreuses missions d’évangélisation. En revanche, depuis plusieurs décennies le monopole de la religion catholique est remis en question par l’émergence de nouveaux courants religieux, en particulier les évangélistes qui rassemblent de plus en plus de fidèles. Face aussi à un processus de sécularisation de la société et à des faits sociaux de plus en plus répandus, sur lesquels l’Église est parfois jugée trop conservatrice, on remarque un réel recul de la foi catholique dans la région. En 2013, l’élection du premier Pape latino-américain, le Pape François, a initié un nouvel élan pour la politique du Vatican en Amérique latine et a offert de nouvelles perspectives pour le rôle de l’Église dans la région. Continuer de lire « La politique du Vatican en Amérique latine et l’action du Pape François »

La politique de la carotte et du bâton : Hun Sen, maître du Cambodge ?

Vouloir tenir son pays d’une main de fer lorsque l’on est chef de gouvernement suppose d’être capable de faire preuve de fermeté ou d’ouverture selon les circonstances. Au pouvoir depuis 1985, le Premier ministre du Cambodge Hun Sen l’a bien compris. S’il souhaite se maintenir au pouvoir, il lui faudrait compenser une politique répressive à l’égard de toute voix discordante par une politique proche des aspirations de la population cambodgienne. Comme lorsqu’il s’agit de faire avancer un âne. Le seul emploi du bâton ne suffit pas ; celui de la carotte est également indispensable. Alors que son parti nommé Parti du Peuple Cambodgien (PPC) a remporté l’ensemble des 125 sièges au Parlement lors des élections générales du 29 juillet 2018, le Premier ministre a simultanément affiché sa préoccupation à l’égard de la population. Classe Internationale vous expose aujourd’hui ce cycle « répression-ouverture » comme axe de la politique gouvernementale cambodgienne. Continuer de lire « La politique de la carotte et du bâton : Hun Sen, maître du Cambodge ? »